La Corse, le Grand Tour de l’île de Beauté – 2013.

Pour mon carnet « inaugural » sur le site, je t’emmène faire un tour en France, un pays à travers lequel j’ai traîné mon sac à dos à de nombreuses reprises! Plus précisément on va explorer ensemble cette splendide région de Corse que j’ai exploré en 2013! Laisse-toi guider, je m’occupe de tout!

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Une petite escale à Marseille… avant le départ du ferry.

Démarrer un périple en Corse en transitant par Marseille, pourquoi pas ? L’avion c’est bien, mais pour les courtes distances, la destination te tombe dessus avant même d’avoir cligné des yeux. J’ai eu envie de faire autrement: TGV jusque Marseille où j’arrive vers 13h30 (donc un après-midi libre, super!), et en soirée j’embarque pour le ferry à destination de Bastia. Atteindre la Corse par la mer, c’est pas une chouette idée, çà?

Alors, en attendant l’embarquement prévu à 18h, je vais consacrer mon temps à découvrir le fameux Mucem (Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée), qui a tout récemment ouvert ses portes! Il faut dire que ce musée est d’une grande audace architecturale: un cube de béton de plus de 50 m de côté entouré d’une sorte de « rideau » de béton mat, on dirait presque de la dentelle! Une prouesse que l’on doit à l’architecte Rudy Ricciotti. L’intérieur de cet immense et riche musée n’est pas en reste, en particulier ces allées qui courent entre les parois de verre et la coque de béton. Il y a des jeux de lumière qui se conjuguent à l’infini quand le soleil est de la partie.

Jouxtant le Mucem, l’ancien fort Saint-Jean, construit au 12ème siècle, servait à contrôler l’entrée du port. Durant la Seconde Guerre, les allemands s’y installèrent et une explosion de munitions détruisit une grande partie du fort. Et en cette année 2013, il est ouvert au public après une magistrale rénovation qui a duré de nombreuses années. J’ai adoré me balader au hasard à travers escaliers, petites salles et chemin de ronde (le panorama sur la mer et le port, quel bonheur!). C’est ma troisième fois à Marseille, mais la découverte de cet ancien site fortifié est inédite!

Vue sur le port depuis le fort Saint-Jean.

L’heure d’enregistrement des passagers « piétons » du ferry est prévue à 18h, soit une heure avant le départ. Je vais récupérer mes affaires à la consigne de la gare Saint-Charles et je me rends au port de la Joliette, où je recevrai mon ticket d’embarquement m’indiquant mes numéros de pont et cabine. C’est un navire « mixte » de la SNCM (passagers avec ou sans véhicule), baptisé le « Pascal Paoli », qui m’amènera à Bastia. L’orientation à bord est très facile, la cabine est quand-même spacieuse pour une personne.

19 heures, c’est parti. La mer semble bien agitée et le vent souffle fort. Une annonce est faite par le commandant comme quoi le navire pourrait accuser un retard de 45 minutes maximum. En attendant, nous longeons les côtes: les calanques, Toulon, Cassis… J’en profite pour contempler le coucher de soleil. Progressivement, il commence à faire nuit, et je reconnais l’île de Porquerolles devant laquelle passe le ferry. Après, il changera son cap pour partir en pleine mer durant la nuit, et contourner le Cap Corse pour rallier Bastia. La nuit, la mer bouge pas mal, ça tangue un peu mais c’est pas désagréable, on se sent un peu bercé dans son lit…

Au fait, connais-tu la nuance entre roulis et tangage? Fastoche: le roulis, c’est quand le bateau bouge de droite à gauche, et le tangage, c’est quand il bouge d’avant en arrière.

Arrivée à Bastia.

Je suis réveillé vers 7h plutôt soudainement, en effet il y a un haut-parleur dans chaque chambre, ça donne un truc du genre: « Messieurs dames bonjour, il est 7 heures et nous accosterons à Bastia…etc… » Le débarquement se fera un peu en retard; en attendant, je vais sur le pont pour m’offrir mon premier contact visuel avec la Corse. Je vois que nous longeons la partie est du Cap Corse, et Bastia se rapproche. Le soleil est de la partie, le vent aussi; qu’est-ce que çà souffle!

Le temps pour le navire d’opérer un grand arc de cercle pour se positionner, nous entrons dans le port de commerce (oui, le port de plaisance serait un peu trop exigu!) et voici enfin le débarquement! Me voici donc à Bastia! Point de passage obligé entre le port et la ville, je traverse la vaste place Saint-Nicolas, avec ses nombreuses terrasses, ses platanes et ses palmiers, son vieux kiosque et surtout, sa statue de Napoléon en empereur romain au look plutôt « body-buildé ». L’Empereur aurait-il pris des stéroïdes??

Le ferry longe le Cap Corse.
Bastia en vue!
Bastia: Place Saint-Nicolas.
La statue de Napoléon version « Schwarzenegger » sur la Place Saint-Nicolas!

Après avoir déposé mon sac à l’hôtel, en avant pour la visite de la ville! Pour accéder au Vieux-port, on serpente par de petites rues qui ne font que monter et descendre; le terme « plat » ne se prête vraiment pas au relief de Bastia! Les bâtiments sont souvent délabrés, les enfants jouent en travers des ruelles, le linge sèche sur des fils…un petit air de Naples! Et, face au port, voilà l’église Saint-Jean-Baptiste: avec ses deux tours, elle est la plus grande de Corse. A côté, le Vieux-Port, très beau avec ses terrasses de cafés, restaurants, offre un superbe point de vue sur la citadelle.

Pas mal de tags « nationalistes » sur les murs, j’en verrai beaucoup durant mon tour de l’île; et sur les routes, les panneaux bilingues sont tagués sur les noms en français; grosse similitude avec la Pays Basque que j’ai visité l’année précédente. Mais je ne suis pas chez moi, en tant que voyageur, je crois qu’il faut savoir garder une certaine objectivité. en espérant toutefois que ça ne prenne pas la même ampleur qu’en Catalogne en 2017!

Bastia: le port et la cathédrale.
Bastia: le port de plaisance.
Un exemple de graffiti nationaliste.

Surplombant le port, voici le quartier de la Citadelle. La citadelle de la ville de Bastia est aussi appelée quartier Terra-Nova. Pour y accéder, rien de tel que de gravir le grand escalier du Jardin Romieu à partir du Vieux-Port, pour entrer dans la citadelle et se retrouver place du Donjon. Le musée d’Histoire de Bastia se trouve sur cette place. De là-haut, une superbe vue sur le port, la mer, et au loin, la petite île de Capraia et la célèbre Île d’Elbe (souviens-toi les cours d’histoire: Napoléon, l’exil sur une île…). Plus loin encore – hors de vue malheureusement – la Toscane (que je découvrirai en 2017!). Il faut dire que la Corse est plus proche de l’Italie (90 km) que de la France (180 km).
Quoi d’autre dans ce quartier? L’oratoire de la Sainte-Croix, la cathédrale Sainte-Marie avec une vierge en argent de 600 kg, et plein de ruelles s’entrecoupant à angle droit. En soirée, un plaisir d’y flâner, presque personne, car la foule se concentre sur les quais du Vieux-Port.

A l’écart de la ville, par un sentier démarrant à derrière le Palais de Justice, on accède, après 30 minutes de marche, à l’oratoire de Monserato. Cet édifice modeste, presque banal, abrite un monument rarissime: un « Scala Santa » ou Escalier Saint. En fait, il y a très peu d’autres monuments de ce type dans le monde: Rome, Lourdes, Fatima au Portugal. Il est dit que celui qui le gravit à genoux est absous de tous ses péchés. Le Scala Santa rappelle les marches gravies par le Christ à Jérusalem le jour de la Passion. C’est un privilège accordé en 1884 par le pape Pie VII pour remercier les bastiais de leur aide aux prêtres romains exilés en Corse par Napoléon Ier.

Nom de rue bilingue (français et corse).

Pour manger en soirée, plusieurs restos se côtoient sur la place du Donjon, avec les sempiternels « menus corses » qui, souvent, n’ont de corse que le nom! Mais comme la majorité des touristes n’est pas gênée qu’on leur jette de la poudre aux yeux… Exemple: la charcuterie prétendue corse, dans bien des cas, est en réalité de la viande importée du continent (la France, donc), des pays de l’Est, voire de la Chine! Hé oui, ça casse le mythe! J’y ai eu droit aussi (…) en goûtant une assiette de charcuterie dans un resto de la citadelle, justement. Le figatellu (une saucisse de foie de porc) n’est plus produit après le mois de mai; si on en sert en été, il y aura fort à parier que ce sera un produit congelé… Le gros problème est que l’offre est largement inférieure à la demande en période estivale, alors l’importation est nécessaire! C’est le manque de saveurs dans les produits qui m’a alerté. je ferai heureusement connaissance avec la VRAIE charcuterie très bientôt…A suivre!

Le Cap Corse, de Bastia à Barcaggio.

Il est temps à présent de débuter mon tour de l’île en voiture, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Une belle entrée en matière avec le tour du Cap Corse en deux jours (et non pas en un jour comme la plupart des visiteurs!).
Nous sommes dans le département de la Haute-Corse (2B). Le Cap Corse sur la carte, c’est ce qu’on nomme « l’île dans l’île » ou « le Doigt de la Corse », 40 km de long et de 10 à 15 km en largeur. Un doigt pointé vers la ville italienne de Gênes, qui a longtemps dominé la Corse. L’intérieur du Cap Corse recèle un paysage montagneux, où les villages se découpent en hameaux épars, et la route qui en fait le tour passe par des « marines », qui sont en fait des mini-ports faisant office d’annexes littorales des villages à l’intérieur des terres. Paysage de vignobles aussi: les vins et le muscat du Cap Corse sont réputés (Mattei, clos Nicrosi,…).
Tu verras aussi que les deux versants du Cap sont bien différents: plages et relief plus doux sur la parie orientale, falaises abruptes côté ouest.

C’est parti! Premier stop: la marine d’Erbalunga. La première qu’on rencontre en venant de Bastia, et justement une des plus craquantes: petites ruelles, vieilles maisons donnant directement sur le petit port (quel plaisir ils doivent avoir chaque matin à ouvrir leurs volets!). Et surtout les vestiges d’une tour génoise. Un mot sur ces tours: édifiées au 16ème siècle, il y en a encore 67 debout en Corse, elles en sont devenues un des symboles. Chaque tour était en vue de la suivante; en cas d’invasion par la mer, l’alerte était donnée de tour en tour par allumage de feux et signaux de fumée, en 3 heures de temps, l’info était transmise à toute l’île! Le « texto » de l’époque, quoi…

Après avoir passé la marine de Sisco, voici celle de Pietracorbara, avec une autre tour en ruines.
Je m’enfonce vers l’intérieur des terres pour atteindre le hameau de Ponticellu, avec sa petite église Saint-Clément et son pont génois. Ce modèle de pont, construit sous domination génoise, est connu pour sa forme caractéristique en dos-d’âne.

La route qui longe la mer est splendide (les photos parlent d’elles-mêmes!). Voici la petite marine de Porticciolo, avec son petit port et sa plage; regarde le panneau original sur un mur du port! Plus loin, la marine de Santa Severa, avant de rejoindre Macinaggio.

Hameau de Ponticellu.
Marine de Porticciolo.

Macinaggio fait partie de la commune de Rogliano, ce n’est plus une marine, c’est un port de plaisance à part entière, et un peu snob je trouve… Très (trop?) couru en été, mais il y a une belle plage à 2 km par le « sentier des douaniers ». Beaucoup de circulation sur la route, manque d’authenticité: non, pas top, je ne ferai qu’y passer.
A partir de Macinaggio, la D80 s’enfonce à l’intérieur du Cap pour rejoindre Centuri et Pino. Je vais marquer un arrêt à Rogliano.
Rogliano est un village perché, en pleine montagne, d’où la vue sur la côte est sublime. Deux églises (Sant’Agnellu et Saint-Côme), des ruines de tours et de chateaux-forts, un petit lavoir traditionnel,… et des éoliennes modernes qui gâchent l’ensemble. Elles poussent comme des champignons en Corse!

Macinaggio.
Rogliano.

Pour atteindre l’extrémité du Cap Corse, il faut quitter la D80 et faire quelques km de route étroite et sinueuse (je serai souvent confronté à ce genre de route en Corse!) pour arriver au petit village de Barcaggio avec son tout petit port de pêche et, au loin, le petit îlot de la Giraglia, sorte de point sur le « i » que représente le Cap Corse. Une petite bière en terrasse d’un bar face au port, je savoure l’instant! Il font des bonnes bières en Corse: Pietra, Serena, Colomba…
A 3 km à l’ouest, se trouve le village encore plus minuscule de Tollare, avec ses affleurements de rochers en bord de mer.

Port de Barcaggio.
Port de Barcaggio, avec l’îlot de la Giraglia en arrière-plan.

La côte ouest du Cap Corse, jusqu’à Saint-Florent.

Je rattrape la D80 afin de longer la côte ouest du Cap, vers le sud, direction Centuri. Changement radical: les routes se font plus sinueuses, plus étroites, ça monte, ça descend, le marquage au sol échappe parfois à toute logique: dans un virage on se retrouve avec une bande trois fois plus large que l’autre! L’usager de la bande large en profite allègrement…au détriment de celui qui vient d’en face et doit serrer à droite en mordant dans les gravillons! Ajoutons le style de conduite assez fougueux des corses, et on comprendra qu’une attention plus soutenue que la normale est requise; il est même recommandé de klaxonner avant d’aborder un virage serré, et de se ranger pour laisser passer un autochtone trop « pressé ».

Bon c’est pas tout cà, mais me voici arrivé au port de Centuri. Un peu avant, je suis passé près du moulin Mattei, un ancien moulin à vent d’où le panorama est superbe! Le port de pêche de Centuri est un des petits bijoux du Cap Corse, assez encaissé avec ses petites ruelles. Pas de port de plaisance, ouf! Celà n’empêche pas en été que l’endroit soit un « aimant à touristes »! Mais savent-ils seulement que Centuri est le premier port de pêche à la langouste en France?
Dans les environs, au hameau de Pecorile, un exemple de « palazzo » ou « maison d’américain ». Qu’est-ce donc? Ce sont de luxueuses bâtisses construites par des cap-corsins partis faire fortune surtout aux Amériques et revenus au pays après avoir remporté le pactole.
C’est dans un petit établissement du port de Centuri que je pose mon sac à l’issue de cette première journée consacrée au Cap Corse.

Les vieilles tours génoises sont bien gardées!
Port de Centuri.
Hameau de Pecorile: exemple de « Maison d’Américain ».

Mercredi 26 juin, en route pour la fin de la boucle du Cap, destination Saint-Florent en soirée.
Les vues sur la côte sont toujours aussi incroyables. Je traverse Pino et j’en profite pour capturer quelques clichés, en bord de route, de mausolées familiaux. Ces monuments, construits surtout aux 18ème et 19ème siècles, constituent un véritable signe extérieur de richesse des familles corses puissantes. Toujours bien en vue (on veut en imposer), certains sont impressionnants avec des murs d’enceinte, des escaliers ou encore un mini-jardin entouré de cyprès.

Au niveau de Canari, un bâtiment assez incongru dans ce paysage de rêve: une ancienne usine de production d’amiante qui eut son « âge d’or » dans les années 1960. Les rejets de poussière d’amiante combinée aux mouvements de la mer ont donné cette couleur noire surréaliste aux plages de galets des environs! Selon les spécialistes, la présence d’amiante ne serait pas nocive pour les baigneurs, les particules n’étant pas assez infimes pour atteindre les voies respiratoires (ouais…ça reste à voir!). Certains voudraient conserver l’usine comme « patrimoine industriel », d’autres sont partisans de la destruction du bâtiment…

Marine (minuscule!) de Cannelle.
Ancienne usine d’amiante près de Nonza.

Arrêt au village de Nonza (les touristes confondent souvent avec Zonza, qui se trouve en Corse-du-sud), accroché aux parois rocheuses, comme s’il allait tomber dans la mer! Son église colorée est le point de départ d’une promenade dans les ruelles du village, après quoi on peut gravir les marches qui conduisent à la tour paoline (et non pas génoise, car construite sur ordre de Pascal Paoli en 1760, après la domination de Gênes!).

Nonza.

J’atteins Saint-Florent, la capitale de la micro-région du Nebbio, et un excellent point de chute après le tour du Cap Corse. C’est ici que je me pose pour cette nuit!
Un bémol sur la circulation, souvent infernale en centre-ville en été, quoiqu’en soirée ça a tendance à s’estomper. Le charmant port de plaisance est plus snob que les petites marines croisées ces derniers jours; ça se voit déjà à la taille grandissante des yachts!
La charmante vieille ville se parcourt à pied, et la citadelle du 15ème siècle se rejoint par un petit chemin de promenade fort apprécié en soirée; une belle occasion pour s’en prendre plein les yeux avec les maisons de la vieille ville qui ont quasiment les pieds dans l’eau!
La plage de la Roya est un peu excentrée de la ville, elle est sympa, mais c’est pas la plus belle de Corse.

Saint-Florent.
Fromage local: le brocciu (* prononcer « broutch’).

De Saint-Florent à Calvi, en explorant la Balagne.

Départ matinal de Saint-Florent pour s’enfoncer à l’intérieur du Nebbio, à travers montagnes et vignobles pour arriver à Patrimonio, un petit village, avec sa vaste église San Martinu et une statue-menhir de forme allongée, sculptée dans le calcaire, « emprisonnée » dans un abri grillagé (pour la protéger des tags, paraît-il).
Au-delà de Patrimonio, la route grimpe jusqu’au col de Teghime, d’où la vue porte jusqu’au golfe de Saint-Florent et, vers l’est, jusqu’à la mer au sud de Bastia.

Patrrimonio.
Patrimonio: la statue-menhir.

Sur la route de Murato, je fais une petite halte à Oletta, un petit village tout en ruelles qui montent et descendent. Plus tard, j’arrive à Murato. Le village est sympa sans être exceptionnel, mais on vient surtout ici pour c’est surtout pour admirer la surprenante église du 12ème siècle, avec ses murs extérieurs composés d’alternances de chlorite verte (apparentée au schiste) et de calcaire blanc, disposés en damier ou en zébrures. Un modèle de l’architecture pisane de cette époque. L’église est isolée par rapport au village sur une petite butte, et généralement ouverte en été. Mais comme l’essentiel est tout de même à l’extérieur…

Oletta.

Je rejoins maintenant l’Île-Rousse par des routes de montagne ignorant complètement la trajectoire rectiligne! On dit d’ailleurs en Corse qu’on ne compte pas un itinéraire en kilomètres, mais en heures de route! Je le crois volontiers… Je passe sur la route qui longe le désert des Agriate. Un désert?? Pas comme on se l’imagine: en fait, environ 16.000 hectares de végétation écrasée par le soleil (gare aux incendies!), et pas une habitation (à part un mini-hameau à Casta). En bord de mer, des plages qui font fantasmer tous les amateurs de baignade ou de bronzette: plage du Lotu, plage de Saleccia…accessibles à pied par le sentier des douaniers, par bateau de Saint-Florent ou par une piste de 12 km où le 4X4 s’avère indispensable! Et aussi, réglons une petite polémique sur l’orthographe: pas de « s » à Agriate, c’est un terme corse et le « s » disparaît au pluriel. Et certains guides de voyage connus se gourent encore…

J’atteins l’Île-Rousse, dans la région de la Balagne. Chouette ville avec ses petites rues, sa place Paoli et sa statue cernée de palmiers, ses belles plages aux portes de la ville, et des rails qui courent le long du bord de mer…Tiens donc? C’est le début de la ligne du « tramway de la Balagne » qui relie l’Île-Rousse à Calvi, dont les multiples arrêts sont quasiment dans le sable. Au-delà du port de commerce, se dresse le phare de la Pietra.

L’Île-Rousse.

Je pars maintenant explorer l’arrière-pays de l’Île-Rousse et de Calvi: la Balagne.
Voici d’abord Corbara, un superbe balcon sur la Méditerranée, qui se visite à la force des mollets tant les ruelles sont pentues; on peut monter jusqu’à la chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs (douleur des jambes à l’arrivée?) pour s’ébahir devant le panorama sur la mer.
Quelques km après Corbara, Pigna est aussi un très beau village posé sur une butte, qui se visite à pied. On y trouve beaucoup d’artisans: potier-céramiste, fabricant de boîtes à musique,…Aussi une boutique de produits régionaux bien achalandée.

Corbara.
Vue sur la baie de Calvi.
Pigna (* je suppose que la maison en construction doit être probablement terminée depuis 2013…).
Pigna.

Direction Sant’Antonino. Je l’aperçois de loin sur sa butte, quel nid d’aigle! Celà rappelle certains villages perchés du Vaucluse ou du Var. Je laisse la voiture au parking (aussi, je ne vois pas bien comment une voiture pourrait circuler dans le village…). Ruelles, venelles étroites et souvent voûtées, c’est un vrai petit labyrinthe, il faut s’y promener au hasard. L’église est excentrée à l’entrée du village. Une petite adresse originale: « la Maison du Citron », où un producteur d’agrumes vend sa production et propose du jus de citron au verre, pur ou coupé de vin blanc. Pour les enfants, une carafe d’eau et du sucre permettent d’adoucir l’acidité du jus; les petits téméraires qui le goûtent pur ont les muscles du visage qui se crispent!! Trop marrant, ils se mettent à ressembler à l’acteur Michel Simon…

Sant’Antonino.
Sant’Antonino.

Je redescend jusqu’à la côte pour enfin atteindre Calvi, la capitale de la Balagne. L’arrivée par la route n’est pas spectaculaire, c’est en arrivant par la mer ou à partir de la longue plage (super balade) qu’on peut admirer la citadelle contenant la vieille ville, avec le port de plaisance à côté. La légion Etrangère y est basée, et il n’est pas rare de croiser un légionnaire dans les rues.

C’est une des rares cités, avec Bonifacio, à toujours avoir été fidèle aux Génois: la devise de la citadelle « Semper Fidelis » – « Toujours Fidèle » – est assez explicite!
A quelques km, la chapelle Notre-Dame-de-la-Serra, au terminus d’une petite route qui monte, qui monte…et qui passe malheureusement passe à côté d’une décharge publique (j’ai dû suivre un camion à ordures, mes pauvres narines s’en souvient encore!), offre un panorama unique sur la baie de Calvi. Effet « waouuh! » garanti (le panorama, pas la décharge!!)!

Citadelle de Calvi.
Calvi: Vue sur le port.
Calvi: 4X4 de la Légion Etrangère.

Entre Calvi et Cargèse…

Je quitte Calvi de bon matin pour atteindre Porto en fin de matinée; à vol d’oiseau sur une carte, ça ne paraît pas si loin et pourtant… La route D81b est surement l’une des plus spectaculaires de l’île, avec ses innombrables virages et son tracé qui longe la mer, à flanc de falaise! Les conducteurs peu habitués à ce type de route doivent stresser grave…En Corse, les coups de klaxon avant les virages pour s’annoncer peuvent sauver d’une collision frontale. Je croise des Allemands avec un énorme camping-car rutilant; pas très fin pour sillonner la Corse…
Les célèbres rochers de la réserve de Scandola sont en vue au loin, la descente vers Porto commence.

La marine de Porto (le village en lui-même est à 2 km): une bonne grosse tour génoise perchée sur un rocher, une plage de galets, et des constructions hotelières qui ne feront pas l’unanimité car trop modernes, çà détone sur l’agréable petit port de plaisance. Les diverses billetteries pour les excursions en bateau dans le golfe se trouvent ici. Les grands bateaux de promenade font très « attrape-touristes », mais certaines compagnies se démarquent avec des petites embarcations de maximum 10 places, type zodiac à moteur qui peut filer très vite sur l’eau; j’ai même aperçu un modèle type « off-shore »! je réserve un balade de 4 heures qui reprend l’intégralité du golfe (Capo Rosso, les calanche, réserve de Scandola, Girolata) en zodiac. Mais ce sera pour demain matin 9 heures!

Entre Calvi et Galéria.
Vue sur la réserve de Scandola.
Marine de Porto.

Après Porto apparaissent enfin les calanche de Piana (même chose que pour « Agriate »: pas de « e » au pluriel!). Ce site classé débute sur une route sinueuse à quelques km de Porto et qui va vers Piana. Encore une route démentielle avec ses virages à flanc de rocher et ses à-pics de 200 à 300 mètres, sans compter ces braves touristes qui s’arrêtent non pas où ils peuvent mais où ils veulent, ben oui que ne ferait-on pas pour immortaliser un beau cliché des calanche? Jusqu’à mettre ses quatre clignotants à la sortie d’un virage, celui qui suit n’a qu’à faire gaffe, laissez-moi régler mon zoom quoi!! C’était ma minute « coup de gueule », désolé, mais… pourtant il y a des endroits où l’on peut se parquer en sécurité, et il faut marcher un peu pour satisfaire son envie de photo. Ce que j’ai fait. J’ai vu un chauffeur local de camionnette de chantier pester et taper du poing sur son volant à l’encontre de ces indélicats. Je compatis, mon ami.

Les calanche de Piana.
Route des Calanche de Piana.

Passé ce point « stratégique » de la route, me voici arrivé au village de Piana, où je vais manger un morceau. Je descendrai ensuite jeter un oeil à la minuscule marine de Ficajola, par une micro-route en lacets à déclivité insensée et au croisement au centimètre (j’ai dû rabattre le rétro une fois). Je vous le dis, y a des endroits qui se méritent!

Cargèse et les villages de montagne.

Je descends maintenant vers Cargèse, avec son petit port de plaisance en contrebas. Quand on débute la visite de cette petite ville, on reste surpris par le face-à-face de deux églises: l’une de tradition catholique latine, l’autre de tradition grecque orthodoxe (voyez la première photo)!
Cargèse est peuplée de nombreux descendants de ces immigrés grecs qui, au 17ème siècle, arrivèrent en Corse pour fuir la domination de l’Empire Ottoman. D’abord installés au petit village de Paomia, tout proche, ils furent chassés et refoulés vers Ajaccio en 1731 pour avoir refusé de se joindre à l’insurrection contre les Génois. Mais à Ajaccio des frictions apparurent avec les Corses. En 1769 la Corse devient française. Le Comte de Marbeuf décida donc de donner un sérieux coup de pouce à ces grecs en faisant intervenir le roi pour construire une cité qui allait devenir Cargèse. Voilà comment tout a commencé!

Franchement, la décoration intérieure de l’église grecque est fantastique. Et la petite ville est sympa à arpenter. Dans les rues de la ville, beaucoup de graffitis indépendantistes en faveur d’Yvan Colonna, meurtrier présumé du préfet Erignac en 1998. Le père de Colonna était natif de Cargèse.

Je continue ma route en repartant vers le nord. Une fois arrivé à Sagone, je bifurque à gauche pour entrer dans un paysage montagneux que je ne quitterai plus jusqu’à Ota. Je m’arrête à Vico, petit village typique avec ses petites places et ses maisons qui semblent s’élancer vers le ciel. La vie y est plus authentique, moins « frime » que sur la côte. Je suis mon fil conducteur, la D70, et je constate que les conducteurs montagnards corses ont le coup de volant plutôt sec! Sans compter les animaux en liberté susceptibles de débouler sur la route après un virage, surtout des vaches et des cochons (qui appartiennent bien à des éleveurs qui, paraît-il, savent parfaitement où se trouvent leurs bêtes). Chaque année, il y a des accidents à déplorer, et les autorités cherchent des solutions…

Voici Evisa, un autre village de montagne. L’avantage est qu’il fait plus respirable, moins étouffant qu’en bord de mer en été. Ici commencent les gorges de la Spelunca, qui s’achèvent à Ota. Ces gorges serpentent sur une entaille profonde entre Evisa et Ota. Elles offrent un lot de panoramas vertigineux, avec, sur le tracé du ruisseau de Tavulella, quelques superbes exemples de ponts génois.
Qui plus est, un sentier de randonnée permet de parcourir les gorges entre les deux villages.

Evisa.

Ota, un joli petit village à une dizaine de km de Porto (Porto dépend d’ailleurs de la commune d’Ota). C’est ici que je pose mon sac, dans un gîte d’étape qui propose aussi quelques chambres doubles; suite à un petit « changement », je passerai la nuit dans un dortoir de 6 places…pour moi tout seul! Bon dieu, quel lit vais-je cjoisir? En bas, en haut?.
Chouette gîte d’étape pour randonneurs, avec un resto qui offre une terrasse époustoufflante sur le début des gorges, et un petit bar où les vieux du village conversent en langue corse. J’aime cette authenticité.

Le golfe de Porto en bateau.

Retour matinal vers la marine de Porto, d’où part la balade de 4 heures en zodiac dont j’ai parlé hier. A cause de travaux, je dois passer la route vers Porto avant 8h du matin, sans quoi je devrai me farcir un détour de 20km, et j’en ai pas trop envie!

J’atteins les embarcadères des différents bateaux de balade; voici mon zodiac. Le départ se fait en douceur, nous ne sommes que 9, plus le pilote Jérémy (super cool, je revois encore son visage). On longe les rochers au relief parfois surréalistes des calanche de Piana pour se diriger ensuite vers le Capo Rosso. Le Capo Rosso est la presqu’île qui ferme le golfe de Porto côté sud, c’est le point le plus occidental de l’île. Au sommet de sa falaise de 300 m de haut, on trouve la tour génoise de Turghiu (je l’ai photographiée par hasard avec la lune juste derrière, marrant). Au niveau de l’eau on trouve des grottes ou des passages à travers les rochers où le petit zodiac peut se faufiler, au contraire des plus grosses embarcations. Quelques petites vidéos prises par votre serviteur (ça vous donne une idée de la vitesse pour joindre un point à l’autre « en direct »):

Golfe de Porto: côte vers le Capo Rosso.
Golfe de Porto: côte vers le Capo Rosso.
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Du Capo Rosso, nous filons (et c’est un euphémisme!) vers la réserve de Scandola. Il arrive que le bateau « décolle » quelques dixièmes de seconde sur une vague pour retomber sur l’eau avec un « plaf »…Jérémy nous demande, pour la stabilité du zodiac, de nous mettre plus à l’arrière. Le vent change de direction et il paraît qu’à Scandola, la mer est un peu plus agitée. Si bien qu’avec la vitesse + le vent + les embruns, il nous est vivement suggéré d’enfiler des K-Way qui se trouvent dans un compartiment à l’arrière. Conseil sage et perspicace!
La réserve naturelle de Scandola est inscrite au Patrimoine Mondial de l’Unesco, et gérée par le Parc naturel régional de Corse. c’est un véritable festival de rochers déchiquetés, de falaises parfois étrangement striées, de petites grottes à fleur d’eau,…avec çà et là, une tour génoise qui monte la garde, tout là-haut.
Au sein de la réserve même règnent de multiples interdictions: pas de mouillage de bateau, ni plongée, ni pêche, ni chasse, ni cueillette,… et j’en oublie! Mais c’est clairement nécessaire pour la stabilité durable de cette exceptionnelle biodiversité qui y foisonne!
C’est vrai, la mer est plus houleuse qu’au Capo Rosso; une dame à côté de moi a l’air de serrer les dents, ça se voit qu’elle n’est pas à l’aise…manque d’habitude, sûrement; moi je me laisse bercer.

Golfe de Porto: réserve de Scandola.
Golfe de Porto: réserve de Scandola.

Nous faisons une halte de 50 minutes (c’est peu) au minuscule village de Girolata, qui n’est accessible qu’à pied par un sentier rocailleux. Aucune route n’y mène. Une poignée d’habitations, une petite plage sympa, une tour génoise…Heureux habitants! Beaucoup de bateaux aussi, c’est un coin très prisé par les plaisanciers.

Retour à Porto vers 13 heures, je vais maintenant descendre vers Ajaccio (à 80km de là), où j’arriverai en milieu d’aprem!

Ajaccio.

L’arrivée à Ajaccio n’est pas terrible, avec cette succession de centres commerciaux et cette circulation! Et le trafic dans la ville me rend déjà nostalgique des petites routes de montagne! Et en plus de çà, j’arrive à Ajaccio le jour même où le Tour de France fait l’étape Bastia – Ajaccio, où ils arrivent en fin d’après-midi; heureusement le parking de la Place du diamant (où le Podium est installé) est encore accessible. Et le Tour ne me passionne pas vraiment. Il y a bien longtemps j’aimais encore bien, mais depuis ces histoires de produits et de seringues, c’est plus pareil… Et le gérant de l’hôtel me confiera que pas mal de Corses s’en foutent un peu également.

Ajaccio, c’est le chef-lieu du département de la Corse-du-Sud (2A). Bien que la circulation en périphérie et sur les grands axes puisse être souvent compliquée, il y a une agréable zone piétonne dont la rue Fesch (où se trouve le musée Fesch) est l’artère principale. Des ruelles rejoignent le port de plaisance et la place du Diamant.
On sait moins que ce fut la première ville française libérée durant la Seconde Guerre mondiale.

L’arrivée de l’étape du tour se fera sans moi, je vais me balader dans la vieille ville et me ferai un petit resto en soirée. Je ne me coucherai pas tard, car demain je vais à Corte, pour une fois en utilisant le train, et comme je prends celui de 6h10 du matin…

Impossible de parler d’Ajaccio sans parler de l’enfant du pays, j’ai nommé Napoléon Bonaparte! On visite sa maison natale, la chapelle impériale qui abrite les sépultures de sa famille, et surtout la très imposante statue un peu excentrée de la ville, place d’Austerlitz.
Le chanteur Tino Rossi y est né aussi en 1907.

Le sommeil selon Napoléon: « six heures pour in homme, sept pour une femme, huit pour un imbécile »! Lui-même ne dormait que trois à quatre heures par nuit. Il pouvait s’endormir et se réveiller quasi sur commande.

Ajaccio: Palais Fesch.
Ajaccio: la rue Fesch.
Ajaccio: cathédrale Santa Maria Assunta.
Vue sur le golfe d’Ajaccio.

Corte.

Alors comme je disais, ce matin, je me rends à la gare pour prendre le train de 6h10 à destination de Corte. Le réseau des chemins de fer corses relie Ajaccio à Bastia; il se scinde à Ponte-Lecchia pour partir également vers Calvi. C’est un réseau à voie métrique (écartement des rails de 1 m). Le surnom du petit train, « U Trinighellu » (le tremblotant), est un peu dépassé depuis, que les vieilles michelines jaunes et rouges ont été remplacées par des rames plus modernes. On gagne en confort ce que l’on perd en « pittoresque » sur le tracé du trajet. Un peu dommage.Deux bonnes heures de trajet, avec une succession de virages, de tunnels, de petites gares de montagne (Vizzavona, Venaco, Vivaro…). a noter surtout le franchissement du viaduc du Vecchio, dit Pont Eiffel (du nom du constructeur, bien sûr), haut de 85 m.

Arrivée à Corte à 8 heures. C’est la capitale « historique » de l’île, siège du gouvernement de la Corse de 1755 à 1769, à l’initiative de Pascal Paoli, « le Père de la Patrie ». C’est lui qui dotera Corte de l’unique université présente en Corse. Le vrai coeur battant de l’île, c’est ici qu’il se trouve, pas de doute!Corte se divise en 2 parties: la ville basse, dont le cours Paoli est l’artère principale, finissant avec la place et la statue éponymes. Une excellente boulangerie-pâtisserie, « Casanova », pour goûter à des spécialités cortenaises: ambrucciata (beignet au brocciu) et falculelle, autre type de beignet présenté sur une feuille de chataîgner (ne pas manger la feuille, comme le fît le général De Gaulle lors d’une visite ici-même… Sacré Charles!). La ville haute, avec son lacis d’escaliers et de ruelles qui montent, sa citadelle au pied de laquelle est installé le Musée de la Corse, l’Église de l’Annonciation, la place Gaffory avec, derrière la statue éponyme, la maison criblée d’impacts de balles (souvenir d’une confrontation avec les Génois en 1746… c’était vraiment l’amour vache entre les deux nations).

Une boutique aussi pittoresque qu’historique: « A Casa Curtinese », l’épicerie de Jean-Marie Ghionga, figure parmi les plus anciennes épiceries d’Europe. A l’intérieur comme en-dehors, un joyeux capharnaüm de produits en tous genres: vins, liqueurs, charcuteries, fromages, … Une pancarte annonce: « seules les personnes ayant acheté seront autorisées à prendre des photos de l’intérieur ». Je peux le comprendre! Je pense qu’elle existe toujours.

J’ai surtout un souvenir intense d’une vraie « tranche de vie » corse au « Cyrnea Bar », à deux pas de la place Paoli, lieu de rendez-vous des vieux Cortenais qui discutent, se disputent, tantôt en corse tantôt en français, gueulent sur la patron qui leur gueule dessus aussi, naturellement… et après tout le monde redevient copains! Je vous assure, une vraie pièce de théâtre! Et le verre de pastis à 80 cents (attention, prix de 2013), essayez de trouver moins cher! Mais ce ne sera certainement pas sur le Vieux-Port de Marseille… Après vérification, ce bar existe toujours!

Corte.
Corte.
Corte: statue de Pascal Paoli.