Partager la publication "Les marchés de Noël de Mulhouse et Montbéliard."
Ma petite virée de décembre spéciale « marchés de Noël » se passera en France, entre Alsace et Franche-Comté, ce qui au final n’est pas trop éloigné de la Belgique. Et j’avais envie, comme j’en ai l’habitude, de sortir un peu des sentiers battus, à savoir de n’aller ni à Strasbourg ni à Colmar, qui sont quand-même les deux pierres angulaires des marchés de Noël alsaciens, on ne peut le nier, mais qui sont devenus victimes de leur succès et saturés de visiteurs (* j’y suis déjà allé, mais je n’exclus pas d’y retourner un jour). Alors ce sera Mulhouse! Concernant Montbéliard, l’idée de m’y rendre me titillait depuis quelques temps, son marché de Noël étant fort réputé, et comme cette dernière ne se trouve qu’à 65 km de Mulhouse, alors faisons donc d’une pierre deux coups!
Ma première idée était d’y aller en voiture, mais 550 km, c’est pas rien. J’ai donc choisi une alternative qui va me rappeler mes premières escapades: le train! Je laisse ma voiture à Lille, où j’emprunte le TGV à destination de Strasbourg, pour prendre ensuite un TER à destination de Bâle qui passe précisément par Mulhouse. C’était bien agréable de renouer avec le rail, avec le balancement de la voiture (et non pas du wagon, attention!), le tacatac des roues sur les rails, et surtout ce sacré jingle d’annonce teum teum teleum (au début des années 2000, c’était un genre d’accord de guitare, tu te souviens?).
Il est un peu plus de 13 heures, et me voici donc arrivé à Mulhouse, dans le département du Haut-Rhin (68). Quand on parle de marché de Noël alsacien, ce n’est jamais Mulhouse qu’on citera en premier, non. Strasbourg, Colmar et les villages de la Route des Vins lui font trop d’ombre, et elle a toujours son ancien statut de ville industrielle à se coltiner, ce qui n’aide pas le charme à opérer! Au 18ème siècle, on l’avait même surnommé la « Manchester française » ou « la ville au cent cheminées », grâce à l’essor fulgurant de son industrie textile, spécialisée notamment dans l’impression sur étoffes. Les cités ouvrières construites en périphérie servaient à héberger les milliers d’ouvriers qui bossaient ici. Et puis les guerres son arrivées… 14-18, où les allemands y sont allés de bon coeur dans la destruction de la ville; l’essor industriel est stoppé net. Et 40-45, encore plus barbare, où une des rues principales, la rue du Sauvage, fut renommée par ces cons de nazis en rue Adolf-Hitler. Sauvage pour Hitler… y a une certaine cohérence, non? En tout cas, tout cela a sonné le glas de l’industrie textile.
Je sors de la gare pour rallier le centre-ville, qui n’est qu’à 10 minutes à pied. Les rails du tramway partent dans plusieurs directions et s’entrecroisent, c’est le mode de transport préférés des habitants. Ce qui frappe d’emblée, c’est qu’on n’a pas l’impression de se retrouver dan une ville typiquement alsacienne: hé non, pas de joyeuses maisons à colombages à balcons fleuris, pas de mignons petits canaux, même pas un foutu nid de cigognes sur l’une ou l’autre cheminée… À Strasbourg, Colmar ou Riquewihr, oui, mais ici à Mulhouse, ça marche pas comme çà. Je ne dis pas pour autant que Mulhouse est moche, que nenni! Mais c’est pas pareil, quoi. Le square de la Bourse, entouré d’immeubles à arcades, et la rue du Sauvage, qui est la principale artère commerciale de la ville, seront ta port d’entrée dans le centre-ville. C’est assez vivant et animé, et il y a des commerces de tous les styles (comme un supermarché Carrefour City, si tu dois faire des emplettes).






À l’extrémité de la rue du Sauvage, voici la Place de l’Europe, avec son fameux centre commercial Porte Jeune, surnommé « le grand cube » par les mulhousiens, et la Tour de l’Europe, impressionnant gratte-ciel triangulaire de 112 m de haut, inaugurée en 1973 et à vocation essentiellement résidentielle. L’espèce d’ovni tout au sommet est un ancien resto panoramique tournant.


Mulhouse a la particularité d’avoir installé des plaques de rues bilingues, en français et en alsacien, dans le but de préserver la langue et l’identité régionale. Si la traduction littérale est majoritaire, d’autres noms de rues ont été créés suivant une déviation linguistique, une anecdote… voir ce lien.


La vieille ville à proprement parler n’est pas immense, et se cantonne à quelques bonnes vieilles petites rues bordées d’anciennes maisons, mais je le répète, on est loin de la Petite-France à Strasbourg ou du quartier des Tanneurs à Colmar! Mais force est de constater que les lieux ne sont pas dénués de charme, surtout la rue des Franciscains, à mon goût.










Je reviens maintenant vers le quartier de la gare, non pas pour déjà repartir mais pour m’offrir la visite d’un petit musée bien en rapport avec le passé industriel de Mulhouse dans le secteur textile. C’est le musée de l’impression sur étoffes, dont l’aventure a commencé en 1833 lorsque les industriels du textile décidèrent de conserver leurs créations et d’enrichir cette collection avec des pièces venant du monde entier, pour arriver à la création de ce musée en 1955. L’impression textile trouve ses origines en Inde, où le coton est coloré à l’aide de pigments naturels et de sels « mordants » pour bien fixer les couleurs. C’est pour çà qu’on appelle « indiennes » ces tissus bigarrés. Ce musée est un vrai sanctuaire: un peu plus de 6 millions de motifs conservés (!) et des milliers de pièces exposées par roulements. D’abord imprimées à la main (regarde-moi cette incroyable collection de planchettes à impression), des machines aussi énormes qu’inquiétantes avec leurs engrenages et leurs courroies prirent le relais par après. Bref, voilà un petit musée sympa où, même si on n’est pas intéressé à la base, on finit par se prendre au jeu de vouloir en savoir plus!








Bien bien, et le marché de Noël dans tout çà? On y arrive, car je déboule enfin sur la Place de la Réunion, le vrai centre névralgique de Mulhouse, avec ses hautes maisons étroites et colorées, et bien évidemment son marché de Noël qui y est installé! D’année en année, il est impossible d’être blasé, la magie opère toujours quand on voit les chalets de bois, les sapins décorés et les illuminations (enfin bon pas encore tout de suite, là il fait encore jour). Le grand édifice en pierre qui veille sur tout çà, c’est le Temple Saint-Étienne, pas si vieux que çà puisqu’il date de 1886. « Ah bon, c’est pas une cathédrale? », entends-je dire. Ben non, car la religion protestante réformée est bien ancrée en Alsace, donc ici c’est un temple. C’est même le plus haut de France dans le genre. Il tient compagnie à l’ancien Hôtel de Ville, tout de rose vêtu avec des fresques en trompe-l’oeil sur ses façades. Tu y verras, accroché à une chaîne, un étrange masque de pierre qui tire la langue; c’est le Klapperstein, autrement dit la « pierre des mauvaises langues », que les personnes coupables de médisance ou de diffamation devaient porter publiquement autour du cou dans les rues de la ville. Attention, c’est une réplique, l’original se trouve au musée Historique! Ne trouves-tu pas qu’il serait intéressant de le fabriquer en série pour accrocher au cou de la plupart des politicards?😛😛



















Je vais m’intéresser de plus près à l’ancien Hôtel de Ville, car à l’intérieur se trouve le Musée historique de la ville. Et pour ne rien gâcher, l’entrée est gratuite! Il présente divers aspects de la vie alsacienne au fil des siècles (meubles, art religieux, jouets, reconstitution de pièces « comme autrefois »…) dans une muséographie agréable et bien agencée. Le clou du spectacle, c’est la salle du Grand-Conseil, où les mariages sont toujours célébrés.









Lorsque je sors du musée, l’obscurité du début de soirée s’est installé; c’est à ce moment-là qu’un marché de Noël, où que ce soit, se pare de lumières et se sublime. Tu penses bien que Mulhouse ne déroge pas à la règle! Le Temple Saint-Étienne se par d’un bleu électrique et les illuminations, qui s’étendent dans toute la ville, sont magnifiques. Le marché de Noël de Mulhouse est moins médiatisé et moins couru que ses grands frères de Strasbourg et Colmar, c’est vrai, mais les visiteurs se retrouvent gagnants en faisant connaissance avec un marché plus confidentiel et bien dans la tradition alsacienne. On n’a pas le sentiment d’être écrasé par la foule, les vendeurs des chalets font moins dans le « commercial », ne font pas leur show et arrivent encore à dire bonjour et à sourire. Un marché de Noël à taille humaine, quoi.









Il existe un autre marché de Noël, plus petit (une dizaine de chalets), sur la Place de la Concorde, à 300 m de là. Il a été créé récemment à l’initiative de association de commerçants du Cœur de Mulhouse, d’où son nom « Marché du Coeur ».

Bon c’est pas tout çà, mais un marché de Noël, c’est aussi pour manger et boire! C’est donc ici que je vais m’improviser mon petit repas du soir! Je me décide pour une portion de spaetzles, ces petites pâtes alsaciennes garnies de morceaux de saucisses et nappées de sauce au munster; belle entrée en matière. La suite? Un ravier de choucroute accompagnée d’une bonne saucisse fumée. On peut aussi trouver des bretzels salés ou sucrés, de la poêlée de champignons, des tartines gratinées… Côté sucré, c’est la gaufre de Mulhouse, aussi fine que croquante, qui est la star de stands sucrés. Et bien entendu, l’inévitable vin chaud, qui se décline maintenant dans les 3 couleurs: rouge, blanc et rosé. J’ai testé le vin chaud rosé pour la première fois, c’est pas mal du tout! Mais y a pas que le vin! Jus de pomme chaud, jus d’orange chaud au miel, « planteur » au rhum chaud… l’embarras du choix!




Après cette première belle introduction à la découverte de Mulhouse, aujourd’hui ce sera journée musées! Outre le Musée historique et le musée de l’impression sur étoffes, Mulhouse peut se targuer deux musées « techniques », que je classe sans hésiter dans la catégorie poids-lourds. Ce matin, on va aller voir le premier d’entre eux. Mais comme ils sont excentrés, il faut emprunter le tramway du réseau Solea, bien tissé (sans faire de jeu de mots), efficace et ponctuel. Le Mulhouse City Pass permet d’emprunter le réseau de façon illimitée, en plus d’un tas de réductions pour les musées et la gratuité d’un d’entre eux au choix. Ici, je vais emprunter la ligne 1 (que l’on peut prendre Place de la République ou Porte Jeune) jusqu’à l’arrêt « Musée de l’auto ». Le nom de l’arrêt est déjà un sacré indice quant à ma destination!

Me voici donc face à un immense bâtiment, que l’on rejoint via une élégante passerelle. Devant l’entrée, une sorte de « sculpture verticale » représentant des châssis de voitures devance une vaste baie vitrée. Je crois que ça annonce la couleur: je vais visiter le mythique Musée national de l’Automobile, le plus grand au monde dans ce domaine, avec plus de 500 véhicules exposés! Mais comment tout çà est arrivé jusqu’ici? Tout commence avec deux frères, Hans et Fritz Schlumpf, industriels franco-suisses qui font vite fortune dans le textile (forcément). Fritz, passionné d’automobiles (il participe à des courses avec une Bugatti 35), commence à se constituer secrètement (!) une collection monstre de voitures anciennes au début des années 1960, et il les « planque » dans les bâtiments d’une ancienne filature de laine. La collection grossit, grossit, mais dans les années 1970, catastrophe: la crise du textile, en plus d’une relation conflictuelle avec ses ouvriers, fait redescendre Fritz de plusieurs étages. Un beau jour de 1977, un groupe de syndicalistes et d’ouvriers licenciés pénètrent dans le fameux entrepôt et découvrent, sidérés, l’invraisemblable collection. Tu vois d’ici l’ampleur du scandale! Les voitures sont confisquées (hé oui Fritz, quand richesse et égoïsme ne font qu’un), mais dieu merci, le Conseil d’État fait classer la collection à l’inventaire des monuments historiques en 1978, et en 1982, le musée est inauguré et ouvert au public.
Bon allez, fin du petit cours d’histoire, entrons donc dans ce musée hors-normes. Y a de quoi faire, avec 25.000 m² de superficie et environ 560 voitures exposées! Les premiers véhicules qui t’accueillent sont la Bugatti 35 (celle que pilotait l’ami Fritz) et une belle F1 Ferrari 312B, pilotée entre autres par Jacky Ickx et Mario Andretti (qui n’étaient pas des débutants, pour sûr!).



On peut maintenant entrer dans la salle principale du musée. Impossible de ne pas écarquiller le yeux, de faire un petit sifflement et de murmurer « waouww »… La taille des lieux laisse pantois, et l’architecture genre 19ème siècle, avec ces piliers imitant les candélabres du pont Alexandre III de Paris, accentue encore la majesté de l’endroit. Oh la la, je vais me régaler! Bon, attaquons l’exploration, mais je ne vais pas détailler chaque voiture, tu t’en doutes.


La plus grande des trois salles s’appelle « Espace Aventure », pour symboliser l’aventure de l’Histoire automobile, retracée de 1878 à nos jours. Au moins, les voitures sont classées par période, c’est bien. Les toutes premières Peugeot, les De Dion-Bouton, Panhard-Levassor, le marrant petit tricycle Léon Bollée de 1896 (60 km/h quand-même), la célèbre Jamais Contente, étrange saucisson sur roues qui fut la première voiture à franchir les 100 km/h en 1899… Cocorico, elle est d’origine belge. Mais c’est pas l’originale, ici c’est une réplique. La vraie se trouve au Musée national de la voiture du château de Compiègne.





C’est un vrai tourbillon de modèles, de marques, dont certaines ne me disent absolument rien (Bardon, Rhéda, Hurtu, Darracq, Barré…). On voit les véhicules évoluer au fil des ans, et certaines marques se mettent même à l’utilitaire en fabriquant des petits bus. Certains modèles ne subsistent plus qu’en deux ou trois exemplaires au monde! J’ai bien aimé ce petit Scott « Tricar », mélange de voiturette et de side-car, qui filait jusqu’à 80 km/h mais n’avait pas de marche arrière.






Les carrosseries, les moteurs, les performances évoluent. Voilà les premières Audi ou Alfa-Roméo, et quelques marques connues pour leurs camions ou tracteurs, mais beaucoup moins pour leurs voitures…






On avance dans les décennies, et les voitures deviennent de plus en plus reconnaissables. Voilà la petite Simca 1000, la Renault 4L, la NSU Ro 80 au design si particulier, les fleurons de Citroën comme la Deudeuche, la SM (crème de la crème dans les années 19700), et la mythique DS, que je ne peux m’empêcher de rattacher aux films de Luis de Funès 😁. Elles tiennent compagnie entre autres à la petite Fiat 500 et à la Panhard 24 CT. Et que dire de ce petit ovni de 1948, la Panhard Dynavia, prototype d’étude à une meilleure pénétration dans l’air…





Ce qui est positif aussi, c’est que le musée n’est pas « figé » et poussiéreux, il y a plein d’écrans passant en boucle des extraits vidéo, et les visiteurs peuvent même profiter de quelques animations comme des simulateurs de conduite, un changement de roue sur une voiture de course, une tentative de démarrage à la manivelle « comme on faisait avant », et surtout la fameuse voiture-tonneau, à éviter si on vient juste de manger… Un petit espace espace est par ailleurs consacré aux modèles de voitures à pédales pour enfants; de quoi leur transmettre le virus!


Aussi passionnant qu’ébouriffant, n’est-ce pas? Mais on est loin d’avoir fini la visite! La deuxième partie du musée s’appelle « Espace Course », et il na faut pas être Sherlock Holmes pour deviner ce qu’on va y découvrir! Dans cette grande et longue salle, sont rangées sagement un régiment de voitures de course, classées chronologiquement. Les premières Panhard & Levassor, Delage ou Serpollet, du début du 20ème siècle, ouvrent le bal. C’est ensuite un feu d’artifice de modèles Bugatti et Ferrari (faut dire que Fritz Schlumpf avait une passion maladive pour la marque Bugatti), ainsi que quelques Mercedes, Alfa-Roméo ou Maserati, et un étrange bolide espagnol de marque Pegaso. Voilà ensuite le défilé des F1 (Williams, Renault…) et de voitures qui ont participé aux 24 Heures du Mans, comme cette Porsche 908 LH de 1968. Ah, j’oubliais qu’avant d’entrer dans la salle, un petit espace est consacré aux voitures de rallye…










Il me reste la troisième et dernière grande section du musée à explorer. Et non pas des moindres. La plupart des visiteurs commencent par là, moi j’ai préféré garder le meilleur pour la fin! Maintenant c’est le haut du panier, la crème de la crème: bienvenue dans l’Espace Chefs-d’oeuvre! Tu as compris qu’on va pénétrer dans le Saint des Saints. Je ne sais pas trop pourquoi, mais l’éclairage est différent ici, plus sombre, plus tamisé. Pour accentuer un certaine effet de prestige, peut-être?

Ici, c’est le repaire des premières Rolls-Royce, des Bentley, des Hispano-Suiza, des Voisin et autres Mercedes-Benz (dont la 770, pesant presque 3 tonnes, malheureusement souvent associée aux voitures d’apparat des gradés du régime nazi).






Entre autres, les voitures de la marque Isotta Fraschini étaient réputées pour leur luxe et leur puissance pour leur époque. Produites dans les années 1920, leur moteur V8 de 120 chevaux était considéré comme le plus puissant du monde à cette époque. Le modèle Tipo 8A, au prix élevé, était un joujou recherché pour la jet set du moment, comme l’acteur Rudolph Valentino.




C’est surtout ici que se trouve le gros du contingent Bugatti que Fritz Schlumpf a glané frénétiquement, que ce soit en cabriolet, coupé ou limousine. Rends-toi compte que le musée abrite un total de plus de 120 modèles de la marque Bugatti!




Et en parlant de Bugatti, il est temps pour moi d’aller voir la reine incontestée de ce musée. En peinture, il y a la Joconde; en sculpture, le David de Michel-Ange; et dans le monde de l’automobile, il y a la Bugatti Royale. Elle est là, dans toute sa magnificence et sa démesure. Je suis hypnotisé. Ce monstre de 6 mètres de long et de 3 tonnes possède un incroyable moteur de 12 litres libérant 300 chevaux, pouvant lui faire atteindre les 200 km/h! Propulser 3 tonnes à 200 km/h, et on n’est qu’en 1930! Les autres voitures de cette époque atteignaient à peine 80km/h! Quant à l’intérieur, beaucoup de fauteuils de salon modernes sont 10 fois moins confortables que l’habitacle, reliés au poste de conduite par un téléphone! Mais voilà, gros problème: trop de luxe tue le luxe. Ce à quoi il faut ajouter la fameuse Grande Dépression (la crise économique des années 1930), qui contraignit tout le monde, même les plus fortunés, à resserrer les cordons de la bourse. Résultat des courses pour Ettore Bugatti qui eut les yeux plus gros que le ventre: seuls 6 modèles seront construits, impossibles à vendre vu leur prix prohibitif (660.000 francs en 1930, 10 fois plus qu’une Rolls). La Royale (dite aussi Type 41) qu’on voit ici est le modèle surnommé Coupé Napoléon ou Coupé du Patron, car Ettore Bugatti en fit sa voiture personnelle. On estime que, de nos jours, une Bugatti Royale mise aux enchères pourrait atteindre le prix inimaginable de … 40 millions d’Euros.





Si c’est pas finir en beauté, çà! Allons, la visite est quasiment terminée. En revenant vers la sortie, tiens donc, voici deux limousines de luxe destinées aux chefs d’état: une Mercedes-Benz 600 et une Hongqi CA770, emblématique voiture chinoise utilisée entre autres par Deng Xiaoping. Mais en comparaison avec la Bugatti Royale, hein…



Hé bien, voilà une matinée qui a été richement employée! J’en ai les mirettes qui tressautent encore! Mais la journée n’est pas terminée. Là, je reviens vers le centre de Mulhouse, histoire de grignoter un petit quelque chose sur le marché de Noël (qui ouvre à partir de 10H), avant de repartir dare-dare à l’arrêt du tram, pour emprunter cette fois la ligne 3. Je descends à l’arrêt « Musées », nom qui n’a pas été choisi au hasard…
Un court trajet de 500 m à pied m’amène face à un vaste hangar curieusement bigarré. Bienvenue à la Cité du Train, le plus grand musée ferroviaire d’Europe, qui s’étend sur 60.000 m², soit encore plus démesuré que le Musée national de l’Automobile! Faut dire aussi qu’un train, ça prend plus de place qu’une voiture… Après la route, les rails! Ce fantastique musée a ouvert ses portes au public en 1971, dans les anciens bâtiments de la SNCF, sous le nom de Musée français du chemin de fer. Il a été rebaptisé Cité du Train en 2005. Il y a ici plus de 120 locos, voitures et wagons qui nous attendent!


À l’instar du musée de l’Automobile, le musée est divisé en plusieurs sections. La première d’entre elles où on met les pieds, c’est le parcours spectacle, qui va aborder diverses thématiques comme les vacances, la montagne, la guerre… Et la claque visuelle débute sans transition avec une authentique Micheline de type 22, qui roule sur des pneus conçus par Michelin et adaptés au rail. Michelin, micheline… logique! Juste à côté, une locomotive à vapeur Forquenot 340 circulait pour la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (PO).



La partie « montagne » montre entre autres une spectaculaire loco chasse-neige et quelques petits trains de montagne. La thématique de la guerre (juste à côté des « vacances », faudra m’expliquer) présente quelques wagons militaires, dont un sinistre wagon ayant servi à la déportation, ou encore cette mise en scène un rien effrayante d’une locomotive couchée sur le flanc suite à une action de sabotage de la Résistance.




Quelques intérieurs de voitures aussi, de la banquette en bois à des ameublements plus recherchés comme cette voiture-restaurant de train d’époque.





Voici maintenant le deuxième espace appelé « les Quais de l’Histoire », qui va nous faire découvrir l’histoire du chemin de fer, depuis les premières machines à vapeur du 19ème siècle jusqu’au TGV. Les nombreuses machines sont classées chronologiquement par « quais », ce qui explique le nom de cette section. Ce sont bien sûr les toutes premières locos à vapeur qui ouvrent la danse, avec la Buddicom de 1844, avec sa jolie livrée verte, la Crampton de 1880 (le seul exemplaire restant), la Nord 701 de 1885…




Nous voici au quai N°2, nous sommes au début du 20ème siècle. Les locomotives se font plus puissantes et plus performantes; le réseau ferroviaire français tisse sa toile de plus en plus loin. Quelques modèles « vapeur » sont présentés, comme la Pacific 231 de 1908, la Nord 231 avec sa plaque « Flèche d’Or » qui symbolisait un service ferroviaire et maritime prestigieux qui reliait Paris (Gare du Nord) à Londres (Victoria Station), via un ferry entre Calais et Douvres, service qui a fonctionné jusqu’en 1972. La superbe SNCF 232 U 1, surnommée « la Divine », est la quintessence des locomotives à vapeur et a fonctionné jusqu’en 1961. J’aime bien aussi cette voiture de voyageur à double étage, lointain ancêtre des TGV Duplex…






Le quai N°3 s’intéresse aux débuts des locos électriques et des autorails. Et justement, en parlant d’autorail, voilà un modèle qu’on peut qualifier de chef-d’oeuvre, car son papa n’est autre qu’un certain… Ettore Bugatti. Quoi, le concepteur même de la Bugatti Royale? Parfaitement. Alors, pourquoi, comment? Tu te souviens du flop commercial de la Bugatti Royale, dont les modèles lui sont restés sur les bras, ainsi que des dizaines de moteurs. Alors il eut un éclair de génie: pourquoi ne pas recycler ces moteurs sur le rail? Les voitures de luxe, ça se casse la gueule? Essayons un train rapide! Et de là est née l’épopée de l’autorail Bugatti, dont chaque modèle sera équipé de 4 moteurs de Bugatti Royale! Y avait que Bugatti pour tenter un tel coup de poker!. En tout, 88 exemplaires seront produits de 1933 à 1938. 23 mètres de long, 40 tonnes, 800 chevaux, pour une vitesse moyenne de 140 km/h. Des sièges confortables et réversibles pour les passagers, mieux lotis que le conducteur qui était cloitré debout dans un espace confiné, la tête sous une espèce de kiosque vitré à la visibilité réduite. Un assistant posté « en bas » communiquait d’ailleurs avec lui. Pour dire son succès, Le 30 juillet 1933, le président Albert Lebrun emprunte un autorail Bugatti « présidentiel » pour assister à l’inauguration de la gare maritime de Cherbourg, parcourant 372 km en seulement 3 h 15. C’est celui-là, avec l’inscription ETAT, qui est exposé au musée.







Parmi les autres autorails, on peut voir un Renault VH 2211 bleu de 1933, un Decauville de 1945 ou le fameux « Picasso » avec son poste de conduite latéral surélevé. Ce côté décalé et asymétrique rappelle les oeuvres de Pablo Picasso aux visages biscornus.



On profite aussi de nombreuses vues sur l’intérieur de voitures, certaines très luxueuses, ainsi que des éléments comme des postes de conduite ou d’anciens appareils de signalisation ferroviaire. Côté tchous-tchous, le spectacle continue avec des locos électriques comme la célèbre « Capitole » qui faisait la liaison Paris-Toulouse (d’où le nom), la BB 9004, connue pour son record de vitesse sur rail de 331 km/h en 1955, ou les machines du réseau TEE (Trans Europ Express). Quelques locos diesel sont présentées, dont le modèle dit « Fer à repasser », cousine de la mythique « Crocodile » suisse.










Et, last but not least, voici le dernier quai », celui consacré à la grande vitesse, et donc au TGV que je n’e présente à personne, que je n’ai pas besoin de présenter, je pense. C’est en 1981 que le premier TGV est mis en service, avec sa mémorable livrée orange, sur la ligne Paris-Lyon. Et de fil en aiguille, voilà que le 3 avril 2007, une rame expérimentale atteignit la vitesse décoiffante de 574,8 km/h! Pour s’imaginer à la place d’un conducteur de TGV, un poste de conduite, avec écran virtuel, retrace les étapes d’une liaison Paris-Genève.


Et quand on a tout vu en dedans, on peut sortir voir l’espace extérieur appelé « Panorama ferroviaire », où quelques motrices et voitures sont exposés, comme le fameux TGV qui a atteint 515 km/h le 18 mai 1990, ou encore cet autorail De Dietrich de 1937, utilisé par le Général de Gaulle pour ses déplacements.





Hé ben voilà, on en a terminé! J’espère que je n’ai pas été trop long? Parce que moi, ce genre de musée m’a toujours passionné. Je pense que si tu n’aimes les musées techniques, tu risques de t’ennuyer ferme si tu viens à Mulhouse! À côté de la Cité du Train, se trouve un autre musée que je n’ai pas visité: Electropolis, qui retrace l’aventure de l’électricité de l’Antiquité jusqu’à nos jours, avec plein d’expériences interactives et ludiques pour les jeunes… et moins jeunes.
Je retourne dans le centre de Mulhouse, histoire de souffler un peu dans mon petit hébergement, avant de reparti en soirée pour le repas du soir. Pas au marché de Noël, non, je vais au restaurant. Mulhouse possède quelques bonnes tables typiquement alsaciennes, et le Zum Sauwadala est de ceux-là. L’enseigne des deux petits cochons, et les nombreuses figurines porcines à l’intérieur ne sont pas là par hasard, car le nom du resto se traduit par « À la petite queue de cochon ». Alors, choucroute, baeckeoffe, jarret braisé? Non, je vais essayer des plats moins courus. En entrée, ce sera du bibalakaes, un fromage battu aux herbes qui rappelle un peu le tzatziki grec, accompagné de pomme-de-terre en robe des champs et d’un morceau de fromage munster (oui, celui qui sent fort!), aussi délicieux que nourrissant. Après, j’opte pour des fleischschnacka (euh, combien ça vaut au scrabble?), un plat fait de viande farcie cuite et roulée dans de la pâte, avant de faire cuire le tout. Ils sont servis avec un fond de bouillon et une salade verte. De par son aspect, ce plat se traduit littéralement par « escargot de viande »; moi, ça me fait penser aux gâteaux marbrés de Papy Brossard 😅. Et pour faire glisser tout ce beau monde en douceur, rien de tel qu’un bon pichet de riesling! Après çà, petit passage sur la Place de la Réunion pour m’offrir une gaufre de Mulhouse, pour finir en beauté cette très chouette journée!
Restaurant Zum Sauwadala – 13, rue de l’Arsenal.



Aujourd’hui, on va aller voir un peu ce qui se passe hors de Mulhouse. On va même changer deux fois de département! Pour ce faire, et pour plus de liberté de mouvement, j’ai choisi de louer une voiture pour la journée, non pas via les enseignes classiques, mais par Getaround, qui et un peu le Airbnb de la voiture (que j’ai déjà utilisé en 2022). Un côté encore plus pratique est le « Getaround Connect » qui permet de déverrouiller le véhicule à l’aide du Bluetooth d’un smartphone. Allez, y a plus qu’à sortir de Mulhouse et prendre les routes secondaires pour éviter les péages d’autoroutes, et de toute manière je ne ferai pas de longues distances.
Après juste 30 km parcourus, je quitte déjà le Haut-Rhin pour entrer dans le Territoire de Belfort (90), un des plus petits départements de France avec une superficie de 610 km². Coincé entre l’Alsace et la Franche-Comté, il a gardé les influences de ses deux voisins, un peu comme une double identité. Comme l’a si bien dit une guide conférencière de Belfort: « Ici, on boit du vin du Jura et d’Alsace, on mange de la choucroute avec des saucisses de Morteau et non des knacks, on a du munster et du comté. Nous avons pris des influences des deux « . Sa petite capitale, c’est Belfort. C’est là que je vais marquer mon premier arrêt.
Belfort n’est pas la destination N°1 de vacances en France, beaucoup ne sauraient même pas la situer sur une carte, et sa réputation d’ancienne ville de garnison grise et triste (à vocation militaire, pour qui n’aurait pas compris ne l’aide pas trop. Mais moi, j’aime bien tordre le cou à ce genre de préjugés. On va donc voir tout çà de plus près! Pour se garer, facile, il y a un tas de places gratuites aux abords de l’imposante citadelle. Vu la taille de ses fortifications, elle est forcément inratable et domine toute la ville. Son plan en étoile ne trompe pas: ça sent le Vauban à plein nez! Elle date du 17ème siècle et a fait superbement son job durant la Guerre de 1870. Attention, en décembre toutes ses parties ne sont pas accessibles, mais on peut faire le tour des fortifs toute l’année. Certains passages peuvent être un poil glissants, surtout quand il a bien plu comme c’est le cas aujourd’hui; heureusement le temps restera sec pour le reste de la journée.















Quand on parle de Belfort, on pense aussi, au quart de seconde, à un certain animal. Je pense que tout le monde a entendu parler du Lion de Belfort! Plus que la citadelle, c’est lui l’icône de la ville. Taillé dans le grès rose, il est légèrement plus grand que ses congénères en chair et en os: 20 m de long pour 10 m de haut. C’est la plus grande statue de pierre de France, rien que çà. Sculpté par Auguste Bartholdi (Colmar n’est pas loin 😉), le Lion tient une flèche qu’il a arrêté entre ses pattes et semble acculé de toutes parts tout en restant debout et faisant vaillamment face à l’ennemi. Comme disait Bartholdi: « le monument représente, sous forme colossale, un lion harcelé, acculé et terrible encore en sa fureur ». En fait, il symbolise la résistance de la ville, menée par le colonel Denfert-Rochereau, pendant le siège de Belfort par l’armée prussienne pendant la Guerre de 1870. Et à ce sujet, tu sais certainement qu’à Paris, il existe aussi une Place Denfert-Rochereau, avec sa réplique du Lion! En tout cas, la statue est aussi impressionnante qu’émouvante. Ce qui est parfois marrant, c’est que pour l’admirer, il faut accéder à une petite terrasse; alors certains visiteurs balaient la ville du regard pour le chercher… alors qu’il est juste derrière eux.



Il est temps de redescendre pour aller se balader un peu dans le centre-ville. Premier ressenti: ce n’est ni gris, ni triste! Faut être un sacré citron grincheux pour déclarer çà! Les petites rues pavées bordées de maisons colorées, avec une petite fontaine ici et là, évoqueraient même un peu le Midi de la France. Non, franchement c’est pas vilain du tout!





Et voici la Place d’Armes, coeur battant de la ville, avec ses maisons anciennes, ses terrasses et sa cathédrale Saint-Christophe en grès rose, sans oublier la statue du général Kléber (noon, rien à voir avec les pneus!), presque un voisin puisqu’il est né à Strasbourg en 1753. Mais là, il est coincé entre deux chalets en bois, car ici aussi il y a un marché de Noël! Bien sûr, on n’est pas dans la démesure de ceux de Strasbourg ou Colmar, mais il est plus convivial, plus confidentiel, et les enfants ne sont pas oubliés grâce à cette petite patinoire ou cette piste de ski avec de la vraie neige (je me demande comment elle tient par une météo aussi douce). À Belfort, la période du marché de Noël s’appelle « le Mois Givré », et le coin enfants sur la Place d’Armes, c’est le « Village des P’tits Givrés ». J’adore ces termes inventifs!






À deux pas de là, la Place de la République, vaste et aérée, avec sa Salle des Fêtes, à l’architecture néo-classique pas banale, inaugurée en 1847. Alors, on est bien d’accord que Belfort a plus d’un atout en poche?




Ah, voici un autre petit marche de Noël, dont certains chalets son carrément disposés sur le pont qui enjambe la rivière qui passe par Belfort; le nom de ce joli cours d’eau: la Savoureuse! Quoi de plus étonnant au pays du fromage Comté, de la croûte aux morilles ou de la poularde au vin jaune? Hé bien au final, je ne regrette nullement d’avoir passé un moment à Belfort. Mais la journée n’est pas finie. Retournons donc à la voiture et continuons…



Le court trajet de 20 km sera vite bouclé, et 10 km à peine après Belfort, je change déjà de département. Me voilà dans le Doubs (25), et peu après j’arrive aux abords de Montbéliard, qui m’intéressait depuis quelques temps quant son marché de Noël très réputé, un des plus beaux de France, dit-on. C’est ce que je vais aller vérifier, mais pas tout de suite. D’abord, trouver où se garer, car les places sont chères (au sens figuré!), mais avec un peu d’opiniâtreté on peut trouver son bonheur dans la périphérie immédiate, pas loin de la rivière Allan.


Quand on cite Montbéliard, on pense à ses fameuses saucisses, aux vaches de race montbéliarde (dont le lait sert à faire le comté), ou encore à la marque Peugeot (hé oui, Sochaux est juste à côté), mais peut-être un peu moins à son château du 13ème siècle perché sur un éperon rocheux. J’ai tenu à le visiter avant de partir dans le centre-ville. Il fut la propriété des comtes de Montbéliard puis des ducs de Wurtemberg à partir du 15ème siècle, faisant passer le monument du côté du Saint-Empire germanique durant quatre siècles. Après la Révolution, le Pays de Montbéliard est rattaché à la France, et l’autorité militaire prend possession du château et en fait une garnison militaire (on connaît la délicatesse des révolutionnaires), qui le restera jusqu’en 1933. C’est cette même année que la ville de Montbéliard deviendra propriétaire du château, qui sera rénové et transformé en musée.


Je ne regrette pas cette visite, car le parcours muséographique est très bien foutu, avec un vrai respect de la chronologie; dans les différentes salles, de grands écrans multimédias retracent les épisodes de l’histoire des lieux grâce à des comédiens en costumes d’époque. C’est clair, ludique et jamais ennuyeux. On passe par le chemin de ronde, les tours, les anciennes cuisines et d’autres salles qui n’en font pas des tonnes et restent relativement sobres. La vue sur la ville, depuis les terrasses, est superbe malgré le temps un peu gris aujourd’hui.











Montbéliard comporte un petit centre ancien avec quelques rues pavées aux maisons de couleurs gaies, un peu comme à Belfort. Je jette un petit coup d’oeil à la gare, où un sapin de forme, euh… non-conventionnelle a été dressé devant le bâtiment. Petit à petit, le flux de visiteurs augmente; le vrai secteur du marché de Noël est proche…



Je suis dans la rue Georges-Cuvier, une de principale artères piétonnes de Montbéliard. Il y a de plus en plus de monde, et ça va encore s’accentuer au fil des heures! C’est un des moments que je préfère, quand le jour décline mais qu’il ne fait pas encore entièrement nuit. Les illuminations, qui on fait la notoriété de la ville, ne sont pas encore toutes allumées. Encore un peu de patience! En attendant, je suis en pleine immersion dans ce marché de Noël comptant environ 200 chalets, je regarde, j’écoute, et surtout je hume toutes ces odeurs grisantes de vin chaud, de fromage fondu et de saucisses (on n’est pas à Montbéliard pour rien, hein). J’arrive sur la Place Saint-Martin, véritable épicentre de ce fabuleux marché, avec son Hôtel de Ville richement décoré (original, ces anges qui jouent de la trompette!) qui fait face au Temple Saint-Martin. Ben oui, comme à Mulhouse, ont est ici aussi en terre protestante, ceci explique cela! Les chalets, qui commencent doucement à se parer de leurs lumières, entourent le Temple. Un peu plus loin, sur une petite place donnant sur la rue Georges-Clémenceau, quelques autres chalets entourent un mignon petit manège rétro.






Beaucoup de stands sont dédiés à diverses formes d’artisanat (chapeaux, écharpes, bijoux, décoration, savons, poterie…) et du vrai, de l’authentique, car la camelote chinoise est persona non grata à Montbéliard! Pour ce qui est de se sustenter, pas de souci y a tout ce qu’il faut! Mais on n’est plus en Alsace: les choucroutes et autres bretzels ont cédé la place aux poêlées comtoises avec pommes-de-terre et saucisse de Montbéliard, aux énormes tartines gratinées au comté ou à la cancoillotte, un des fromages les moins caloriques qui soient, ou encore à la friture de carpe. Je m’envoie un monstrueux hot-comtois, variante calorique du hot-dog avec de la saucisse de Montbéliard et de la cancoillotte fondue, avec une petite bière de Noël pour changer. Il faut savoir aussi que chaque année, une région ou un département est mis à l’honneur; par exemple en 2025, c’est la Corrèze (« c’est loin mais c’est beau », comme disait Chirac en 2002 😁).
Il fait bien sombre maintenant, et enfin on y est: la ville s’illumine enfin, les illumination en mettent plein les yeux aux visiteurs. Ce n’est pas une coïncidence si le marché de Noël de Montbéliard se nomme « Les Lumières de Noël »! Ah, c’est d’une beauté! Et les gens affluent encore, la plupart attendant justement ce moment-là; on commence à être un peu serrés. Un peu plus loin, sur la Place Dorian, un petit train pour enfants fait face à une patinoire pour les plus grands.







Je quitte Montbéliard entre 18H et 19H. Sur le grand parking à proximité duquel je suis garé, s’alignent plusieurs autocars. C’est ce qui explique en grande partie le flux ininterrompu de visiteurs qui arrivent encore à cette heure! Montbéliard n’a sans doute pas besoin de çà, quand on sait qu’elle est encore plus petite que Mulhouse! Ce serait dommage qu’à la longue elle devienne une mini-Strasbourg… Enfin, qui vivra verra! Une petite heure de route me ramène à Mulhouse, où j’irai me mettre un dernier vin chaud derrière la cravate. Et demain matin, je rentre en Belgique.
Voilà encore une bien chouette petite virée de décembre qui s’achève, avec la découverte d’une Mulhouse parfois sous-cotée, et bien à tort! La ville est agréable, son marché de Noël n’a pas (encore) sombré dans la surenchère, et on y trouve des musées exceptionnels! Belfort a su me séduire aussi, on n’y fait souvent que passer, il faut prendre la peine de s’y arrêter. Et Montbéliard, ah, Montbéliard! Un vrai festival d’illuminations, de senteurs, de produits artisanaux… Mais, victime de son succès, n’y a-t-il pas un risque à court terme qu’elle se tire une balle dans le pied? Faudrait-il peut-être réguler le nombre de visiteurs? J’espère que ça n’arrivera pas. En tout cas, une fois de plus j’ai grandement apprécié cette petite escapade noëlienne!


Mulhouse ! J’y suis passée pour dormir ! Alors merci pour la découverte.
Le musée de l’impression sur étoffes me plairait XXL !
Le musée des voitures, wouah ! Il y a de quoi se régaler les yeux.
En résumé Mulhouse telle que vous la racontez me plaît.
Belfort, j’y suis allée plusieurs fois, j’en ai des souvenirs agréables que vous avez ravivés.
Merci pour la vidéo, ça donne l’impression d’être là-bas !
merci pour ces marchés de Noël un peu plus discrets somme toute très agréables tels que vous les racontez.
👏🏻👏🏻👏🏻
À bientôt 😻
P.S. J’ai oublié Montbéliard qui m’a beaucoup plu aussi. 😻
Bonjour Emilia, merci pour ce retour positif. Il est probable que je retourne en Alsace en fin d’année, histoire de revoir Strasbourg et Colmar, mais en essayant de sortir un peu des sentiers battus.
TOUS vos projets 2026 m’enthousiasment !