Partager la publication "Les Açores – 2ème partie: São Jorge et Pico."
Après la découverte de São Miguel et Terceira, mon petit périple à travers l’archipel des Açores se poursuit, et je t’emmène faire connaissance avec d’autres îles qui, elles aussi, regorgent de surprises. On va d’abord aller explorer São Jorge, cette île aux falaises abruptes et vertigineuses, encore en dehors des sentiers battus, pour ensuite s’intéresser à Pico, une des stars de l’archipel, pour une raison aussi simple qu’évidente: son volcan, qui se trouve être le point culminant de tout le Portugal, îles comprises. Ça s’annonce encore passionnant, inattendu parfois, et même avec un chouïa d’imprévu, comme tu le verras. Alors on y va sans plus tarder…
São Jorge, l’île brune.
Dans le précédent carnet, on s’était quittés à l’aéroport de Lajes, sur Terceira, où je vais prendre le vol quotidien qui me conduira sur l’île de São Jorge. Le trajet est très court, 35 minutes à peine, et l’avion n’a même pas le temps d’atteindre son altitude de croisière qu’il amorce déjà sa descente! Il est tout petit, l’aéroport de São Jorge, et il ne dessert que São Miguel et Terceira; il n’accueille que les petits avions à hélices de Sata Azores Airlines, la piste étant trop courte même pour un Airbus A320. J’y récupère ma voiture de location pour deux jours, et je me mets en route dare-dare.
Voici donc São Jorge, faisant partie du groupe central des îles de l’archipel, à l’ouest de Terceira et au nord de Pico. Sur une carte, c’est la plus facilement reconnaissable: imagine-toi un très long cigare de 55 km de long sur une largeur de 7 km maximum; la version « mini » et insulaire du Chili, en quelque sorte! São Jorge, c’est l’île brune, en raison de la couleur de ses falaises qui bordent la majorité de sa côte, ainsi que ses sentiers de randonnée. São Jorge, c’est aussi une histoire volcanique très ancienne, qui a créé cette particularité unique dans l’archipel: les fameuses fajãs, ces petites portions de plaines tout au bord de l’océan, certaines habitées, parfois difficiles d’accès, résultant d’éboulements ou de coulées de lave qui ont atteint l’océan. On en compte environ 70 sur São Jorge. Je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec les fajãs de Madère. Dernière chose, attention à la prononciation, car on a souvent tendance à « espagnoliser » en disant « Sa-ô Djorgué ». Mais ici c’est le Portugal! De ce fait, ça ressemble plutôt à « San Jorge », comme le prénom Georges.


Les falaises, les fajãs… Hé bien moi je demande un autre mot en F: le fromage! C’est une des grandes spécialités de l’île, et le queijo de São Jorge est reconnu parmi les meilleurs de tout le Portugal. Fabriqué à partir de lait de vache, c’est un fromage à pâte dure et au goût puissant, peut s’affiner jusqu’à 24 mois, où il devient plus sec et plus piquant. Et… te souviens-tu de la pub « la Hollande, l’autre pays du fromage »? C’est pas peu dire: le fromage de São Jorge tire ses origines des colons flamands qui s’établirent sur l’île au 15ème siècle, et chacun sait qu’ils n’étaient pas des débutants quant à l’art de fabriquer le frometon…
Tu sais quoi? C’est justement par le fromage que je vais débuter ma découverte de l’île. Direction le petit village de Beira, à 6 km de l’aéroport, pour la visite de la coopérative Uniqueijo; en portugais (prends une grande inspiration): União de Cooperativas Agricolas de Lacticínios de São Jorge. C’est l’une des trois grandes fromageries de São Jorge, bien que le fromage soit aussi produit dans des fermes de manière plus confidentielle. La visite guidée dure une bonne heure, et agroalimentaire oblige, ça ne rigole pas avec les consignes d’hygiène: charlotte sur la tête, blouse en plastique jetable, protection plastique passée sous les semelles, masque (qui rappelle les sales heures du Covid)… À la guerre comme à la guerre, hein? Pas de photos autorisées des différentes étapes de fabrication, c’est un peu frustrant. Heureusement, la dégustation finale, sur différents niveaux d’affinage, est formidable. Et la boutique bien achalandée permet d’acheter du fromage sous vide, pour qui souhaite en ramener de voyage.



Je vais aller maintenant explorer un peu la partie ouest du « cigare » São Jorge, en faisant d’abord un petit stop à Rosais, qui offre encore une architecture différente que ce que j’ai pu voir sur São Miguel et Terceira; c’est beaucoup plus sobre sur São Jorge, et si on trouve bien quelques imperios sur l’île, ils n’ont plus grand-chose à voir avec les feux d’artifice de couleurs de leurs homologues de Terceira! Non, en réalité, celui qui se fait le mieux remarquer, c’est le « voisin d’en face », le volcan de Pico! Les jours de beau temps, l’oeil est attiré vers lui comme un aimant, à l’instar du Stromboli depuis les îles Éoliennes voisines, au nord de la Sicile!





La petite dégustation de fromage m’a mis en appétit, et çà tombe assez bien, car à l’entrée du village, un petit resto local, pas touristique pour un sou, me fait de l’oeil. Je ne demande qu’à continuer mes découvertes de la cuisine açorienne! En entrée, voici une spécialité que j’avais déjà aperçue sur des menus à São Miguel et Terceira, mais que je n’ai pas encore testé: le Morcela com Ananás est une curieuse alliance entre le boudin noir (morcela) et l’ananas de São Miguel, ici légèrement grillé. Ce mélange sucré-salé improbable fait pourtant mouche! On le sert parfois avec des piques en bois, ce qui lui donne un petit air de pintxos basques. Mon plat principal, lui, n’est pas conseillé aux appétits d’oiseau, c’est clair! La linguiça com inhame est un plat de guerrier, composé de saucisse grillée, de boudin noir, parfois agrémenté d’autres viandes (j’ai eu droit à un burger!), avec des légumes comme de l’igname, des carottes, du maïs… Si on n’est pas rassasié après çà, je comprends pas!
Restaurant O Branquinho – à l’entré du village de Rosais, si on vient de Velas.


Un long trajet de… 5 minutes me mène ensuite au Parque Florestal das Sete Fontes, autrement dit un petit parc de 12 hectares qui foisonne de plantes et d’arbres comme les cryptomerias (ou cèdres du Japon), et sillonné par un tas de petits sentiers. Ce décor me rappelle vachement la forêt laurisylve qu’on peut voir sur Madère ou Tenerife. Près du parking se dresse la mignonne petite chapelle de São João Baptista.






Depuis le parking, un sentier grimpe sur un kilomètre, entre bouquets d’arbres et prairies à vaches (celles à qui l’o doit le fabuleux fromage local) pour atteindre le miradouro do Pico da Velha, qui offre une vue imprenable sur la partie ouest de São Jorge, ainsi que sur les îles de Pico et Faial.






Je retourne au parking, pour prendre cette fois une toute petite route qui part à droite juste derrière la chapelle. De revêtement en dur, on passe vite à de la terre battue creusée de quelques nids-de-poule, après quoi la route finit en cul-de-sac. De là, un court sentier conduit à un autre point de vue extraordinaire: le miradouro Ferrã Afonso, qui te donne un spectaculaire aperçu de la topographie côtière de São Jorge, avec ses titanesques falaises dont certaines peuvent atteindre 600 m de haut. Par temps clair, on peut apercevoir les îles de Terceira et Graciosa.



Je serais bien curieux de voir la pointe ouest de l’île. Pour y aller, il faudra emprunter une longue piste de terre battue ocre sur 4 km, quasiment en ligne droite, ce qui lui confère un air de piste africaine. Après une bonne grosse pluie, ça doit être dantesque d’y circuler en voiture! Alors que par temps sec, un autre problème s’invite: la poussière, qui va faire changer de couleur à la carrosserie des véhicules! Mis à part ces menus détails, c’est un régal que de traverser ce paysage de pâturages séparés par des murets, tout comme sur Terceira. Même cas de figure sur São Jorge: les bovidés sont plus nombreux que les Homo Sapiens.

Tout au bout de la piste, se dresse un phare, désaffecté et abandonné depuis 1980 suite à un séisme qui a fragilisé sa structure. En principe l’accès en est interdit, mais le grillage entrouvert indique que la consigne est peu suivie. Je plaide coupable, oui j’y suis allé jeter un oeil, mais je n’encourage pas à le faire, la part de risque tant bien réelle. Que veux-tu, quand je vois un truc abandonné, ça me démange toujours… On est donc ici à Ponta dos Rosais, le bout du bout de São Jorge, la proue du navire, le bout du cigare! Peu avant le phare, un sentier pentu conduit à un curieux bâtiment blanc et bleu, ressemblant à un poste d’observation, ce qui est bien le cas. C’est une vigia da baleia, un endroit d’où on guettait les baleines durant la période où la chasse se pratiquait, et qui s’est étalée du 19ème siècle jusqu’en 1987. Les guetteurs, armés de puissantes jumelles, communiquaient avec les bateaux via des signaux de fumée. Les baleines sont bien tranquilles de nos jours, et le point de vue de là-haut est exceptionnel.






Les fajãs du nord de São Jorge.
Je vais maintenant me diriger vers la partie nord de l’île, plus sauvage et moins habitée qu’au sud. Seuls deux villages ponctuent la route: Norte Grande et Norte Pequeno. J’aime bien l’église de Norte Grande, trapue et élégante à la fois, qui me rappelle les églises du sud de Terceira. Si les eux villages n’ont rien de bien transcendant, en réalité sur la côte nord, c’est tout en bas que ça se passe. C’est ici qu’on trouve les fajãs les plus spectaculaires et les plus belles de São Jorge!

Et justement, à 3 km de Norte Grande, une petite route dégringole de façon vertigineuse jusqu’à l’une d’entre elles: la fajã do Ouvidor, dont on peut avoir un premier aperçu depuis un miradouro. C’est une des plus grandes fajãs de São Jorge, et les falaises qui l’entourent n’ont rien à envier à celles de Madère. Le coin est réputé pour ses piscines naturelles, qui se sont creusées au fil du temps dans la roche volcanique.





Plus à l’est, entre Norte Grande et Norte Pequeno, la fajã da Ribeira da Areia est plus petite et confidentielle. Une poignée de maisons, une petite chapelle et c’est tout. Cela n’empêche nullement le décor d’être toujours aussi grandiose.



Au-delà de Norte Pequeno, la route continue et rejoint la fajã dos Cubres, tout aussi charmante que ses copines vues précédemment. Quelques maisons, une joli église, il n’en faut pas plus pour qu’une fois encore le charme opère. Le petit lagon saumâtre (pour info, un mélange d’eau douce et d’eau salée), qui sépare le village et l’océan est un spot bien connu de tous les habitants de São Jorge pour la pêche aux crevettes.




Après le village, la petite route continue encore sur 500 m jusqu’à un petit parking, après quoi c’est terminé. D’ici à la pointe est de l’île, plus aucun ruban d’asphalte. C’est la partie la plus sauvage et difficile d’accès de l’île, du moins quand on est motorisé. C’est donc à pied, par un sentier long de 4 km, que je vais non seulement découvrir la fajã star de São Jorge, mais aussi y passer une nuit! Je ne sais pas encore que cette nuit-là sera la plus belle et la plus dépaysante de tout ce séjour…
C’est parti. Je m’engage sur ce large sentier, avec cette terre rouge si caractéristique, résultant de l’oxydation du basalte volcanique qui, sur São Jorge, contient un paquet de fer. Ça ferait le bonheur de centaines de courts de tennis en terre battue! Inaccessible aux voitures (dieu merci), il est néanmoins praticable en quad; certains hébergements (oui, il y quelques gîtes et maisons d’hôtes) proposent un service de transfert en quad depuis la fajã dos Cubres pour les pantouflards qui ne savent pas aligner deux pas. Mais bon, quand bien même, tu connais cet amour profond que je porte à ces engins de malheur! Le sentier est assez facile, çà monte et ça descend mais ce n’est pas abrupt à négocier. Un marcheur moyen peut faire le trajet en une bonne heure. Le parcours passe par la minuscule fajã do Belo, qui te donne déjà un avant-goût du bout du monde qui nous attend plus loin…






Ma destination se rapproche doucement, et je profite déjà de quelques échappées sublimes sur cette fantastique fajã qui possède elle aussi un petit lagon saumâtre. Je vais longer ce dernier avant d’entrevoir les premières maisons et l’église de ce bout du monde presque irréel. Bienvenue à la fajã da Caldeira do Santo Cristo.





Je lâche un sifflement de stupeur sans le vouloir: c’est trop beau, c’est magique, féerique. Non, je n’exagère pas! Si tu te demandes où se trouve la plus belle des fajãs de São Jorge, ne cherche pas plus loin, on y est! Les petites maisons en pierre de lave sont éparpillées au milieu des pâturages (y a des vaches chanceuses, quand-même!) et reliées par un lacis de ruelles en terre ou grossièrement pavées. Mais ce qui rend l’endroit exceptionnel, c’est bien l’absence totale de voitures; ça fait même un peu bizarre, mais c’est réellement un instant à savourer que de se retrouver ici, hors du temps, dans cette vaste plaine côtière bordée des deux côtés par des falaises colossales. En fait, cette fajã est née d’un gigantesque glissement de terrain causé par le tremblement de terre de 1757, et au fil du temps, des gens s’y sont installés. Un autre séisme, en 1980, provoqua d’autres éboulements, qui contraignit une majorité d’habitants à déménager sur d’autres parties de l’île. Autre détail intéressant: l’électricité n’est arrivée ici que dans les années 1960, et d’abord à l’aide de générateurs! Les câbles électriques n’ont fait leur apparition qu’en 2020! Et le ramassage des poubelles se fait à l’aide d’un petit quad doté d’une petite remorque.












Au milieu de ce microcosme isolé à l’écart de l’agitation, se dresse l’église Santo Cristo, qui fait face à l’océan et au petit lac d’eau saumâtre qui a sa particularité: c’est le seul endroit des Açores où l’on peut trouver des palourdes (amêijoas en portugais), de taille légèrement supérieure à la normale et au goût incomparable. J’aurai l’occasion d’y goûter ultérieurement, tu t’en doutes déjà! Et comme je te le disais, c’est dans ce coin de paradis que je vais passer une nuit, dans une grosse maison d’hôtes rustique, toute en pierre, gérée par des personnes adorables, contentes de faire découvrir leur jardin secret aux visiteurs de passage qui prennent le temps de s’y immerger. J’y prendrai un repas du soir et un petit-déj’ d’anthologie. Et quel plaisir la nuit, de n’entendre que le vent qui souffle et les remous des vagues de l’océan… ainsi qu’un autre son surprenant dont je te parle tout de suite après.










Après le repas du soir, je prends un peu le fais sur la terrasse de ma chambre, avec le fracas des vagues en guise de trame sonore. Mais dès qu’il fait nuit, un son tout aussi étrange qu’inquiétant se fait entendre: imagine-toi un mélange de cri de canard et de bébé qui pleure (non, je ne me fous pas de toi!). Hé bien çà, c’est le cri du puffin cendré (appelé ici cagarro), un oiseau marin nocturne qui s’époumone de la sorte toute la nuit! C’est aussi curieux que déstabilisant que d’entendre ce bruit pour la première fois; le cerveau s’interroge et les oreilles sont presque en situation de déni… Et que dire quand on le voit planer dans le ciel nocturne, tel un fantôme aux grandes ailes blanches… On le trouve en majorité dans les Açores, mais aussi sur Madère et dans les Canaries.

Et voilà ce fameux cri:
La côte sud de São Jorge.
C’est carrément magique de se réveiller et de prendre son petit-déj’ face à l’océan, loin de tout. Il ne reste plus qu’à refaire la petite rando d’hier en sens inverse pour revenir à la fajã dos Cubres. Je ne croise personne, hormis un quad. Ah, voilà la fajã qui se profile au loin! Arrivée au parking, OK la voiture est toujours là. Pour rejoindre la partie sud de l’île, comme je l’expliquais plus haut la route ne va pas plus loin que la fajã dos Cubres. Donc, peu après Norte Pequeno, celle-ci trace un genre de diagonale qui va traverser l’île dans sa largeur, dans sa partie intérieure très peu habitée, parsemé de rares fermes au milieu des prairies à vaches. Plus vers l’ouest, c’est le royaume des plateaux d’altitude et des petits lacs de cratères, ou se dresse le Pico da Esperança, point culminant de São Jorge à 1050 m d’altitude. Comme tu le vois, il n’est pas rare que le brouillard s’invite quelques instants avant de d’estomper quand on perd de l’altitude.




Le sud de São Jorge comporte aussi quelques fajãs, qui offrent un certain contraste par rapport à leurs copines du nord, plus difficilement accessibles et pas toujours gâtées par la météo changeante de l’archipel. Comme les pluies viennent généralement du nord, c’est toujours les fajãs dos Cubres, da Caldeira do Santo Cristo et autres qui se les prennent en pleine poire. Et l’accessibilité souvent difficile leur confère cet aspect sauvage et isolé. Par contre, le versant sud, plus ensoleillé, est plus propice à l’élevage et à l’agriculture, et les reliefs moins escarpés (sculptés par des coulées de lave et non par des éboulements) ont permis à l’habitat rural de bien se développer. Je vais justement explorer l’une d’entre elles, la fajã de São João, qu’on atteint au terme d’une route qui descend en lacets. Force est de constater qu’elles est superbe, avec ses ruelles pavées, son église aussi mignonne que riquiqui, et ses arbres fruitiers omniprésents. On y entretient même des vignes, et apparemment ils sont en pleines vendanges.









Je continue ma route vers l’est, en passant près d’une des trois grandes fromageries de l’île, la queijaria Finisterra, en version longue Cooperativa de Lacticínios do Topo. Pas de visite ici, mais on peut s’y arrêter pour jeter un oeil à l’ancienne presse à fromages exposée dans une cour, et faire un petit achat, avec une petite dégustation à la clé. Ça tombe bien, j’avais comme une nouvelle petite envie de fromage.


À 1 km de là, le mini hameau de Cruzal est traversé par une rivière bordée par un ancien moulin à eau, d’où démarre un petit sentier qui conduit à une cascade bucolique, au débit légèrement inférieur à celles des chutes du Niagara. 😊


Il ne me reste que 5 km à parcourir pour atteindre la localité la plus à l’est de São Jorge: Topo, un gros village aux maisons anciennes qui, lui aussi, a pris cher lors du fameux séisme de 1757. Il recèle quelques bonnes surprises, comme sa petite église qui me rappelle encore celles du sud de Terceira, ainsi que le couvent São Diogo, et, ô miracle, un bel imperio qui a décidé de s’afficher en couleurs comme ses cousins de Terceira!





Pour atteindre le « bout du bout », l’extrémité est de l’île, il faut se rendre à 2 km de distance du village, jusqu’au petit phare rouge et blanc qui est toujours en activité depuis 1929. Un peu plus loin, une petite piscine naturelle creusée dans la roche côtoie l’océan. Je dirais que c’est l’extrémité de l’île à 99%, car en face, à environ 200 m de distance, un petit îlot sert d’habitat à plusieurs espèces d’oiseaux; c’est d’ailleurs une zone protégée.





C’est dans le petit resto-bar appelé Olhar Ilhéu, face au phare, que je goûterai finalement les fameuses palourdes (amêijoas) de São Jorge, au goût puissant et iodé, mais attention, excellence oblige, il faudra facilement compter sur un bon 30€ pour une assiette de 500 grammes. Au pire, tu peux éventuellement te rabattre sur des lapas, autrement dit des patelles, plus petites et à une seule coquille, et surtout moitié moins cher… Après ce petit repas sortant de l’ordinaire, je me ferais bien u!n petit plaisir sucré. Pour ce faire, il faut s’excentrer un peu du village et prendre un chemin de campagne (il faut le trouver, celui-là!); à deux pas d’un petit ermitage, une petite pastelaria qui ne paie pas de mine propose un tas de petites douceurs: pasteis de nata, queijadas, biscuits, et leur spécialité, les espécies, ces petits anneaux fourrés d’un mélange de citron, de cannelle et autres épices. Il n’y a pas de vitrine, tu frappes à la porte, si c’est ouvert on t’ouvre, et tu fais tes petits achats dans la salle de fabrication. Cet endroit hors du temps s’appelle la pastelaria Dôcilha.


Je repars à présent vers l’ouest (pas le choix, ma voiture n’étant pas amphibie 🙂) tout en restant le long de la côte sud. Une vingtaine de kilomètres après la fajã de São João, je prends la route qui descend vers une autre fajã très belle et particulièrement intéressante: la fajã dos Vimes. Les petites maisons, les parcelles d’arbres fruitiers et de maïs, la petite église, tout est là. Au loin, le volcan Pico joue à cache-cache dans les nuages, ne laissant poindre que le bout de son sommet. Sur la jetée, un mini-grue bleue servait autrefois à décharger diverses marchandises.







Je m’offre une petite pause au Café Nunes (dont les murs, pour anecdote, sont recouverts de billets de banque du monde entier), pour déguster un petit café. Mais celui-ci n’est pas comme les autres: il est produit ici, sur São Jorge! Malgré l’étonnement que cela suscite souvent, il y a bel et bien une petite plantation de café dans les Açores, une des très rares en Europe paraît-il (une autre se trouvant sur Gran Canaria), produisant un excellent arabica 100% açorien! Ben quoi, on fait pousser des ananas et du thé sur São Miguel, on fait du vin sur Terceira, alors pourquoi pas du café sur São Jorge? Climat idéal, richesse du sol volcanique, les caféiers sont à l’aise ici! Ce sont les propriétaires du café Nunes qui en gèrent la production, d’environ 700 kg par an, depuis trois générations. Le café est récolté à la main d’avril à juillet, en sélectionnant seulement les fruits rouges qui seront mis à sécher pendant 30 jours. Les fruits sont ensuite écrasés pour en retirer les grains qui seront ensuite torréfiés dans une grande poêle sur une cuisinière. Le gérant m’a montré les caféiers un peu plus haut, et des photos de la récolte de 2025. Comme quoi les Açores n’en finissent pas de me surprendre… (* la photo des grains de café mis à sécher est une image d’illustration, vu qu’on est hors saison).





C’est marrant de retrouver des noms de localité similaires à d’autres îles: je passe par Ribeira Seca (comme sur São Miguel) et Biscoitos (comme sur Terceira). Voici maintenant Calheta, deuxième plus grosse localité de l’île après Velas qui, même si elle n’est pas dans une fajã, n’en est pas moins bordée par des falaises impressionnantes qui s’étirent jusqu’à l’horizon. Gros village ou petite ville, difficile de choisir, quoiqu’il en soit ce petit port est agréable et authentique. Il faut dire aussi que São Jorge fait partie des îles des Açores hors des sentiers battus!






Toujours plus à l’ouest, comme disait le Prof Tournesol dans l’album « Le trésor de Rackham le Rouge » (!), Manadas était autrefois un petit port actif d’où partaient les tonneaux de vin et les oranges vers l’Europe. La culture des oranges marchait super bien aussi sur São Jorge, du moins jusqu’à la fin du 19ème siècle où une maladie s’est étendue sur l’archipel et a tout fait capoter.



Les églises de São Jorge sont plutôt sobres, mais à Manadas, pas loin du port, il existe une exception. Si je te disais qu’une des plus belles églises des Açores se trouve ici, sur São Jorge? Viens donc voir de plus près l’église Santa Barbara, bâtie à la fin du 18ème siècle, aux airs de modèle réduit de l’église São Sebastião de Ponta Delgada vue de l’extérieur. Mais retiens ton souffle avant d’y entrer, car la déco intérieure va carrément t’estomaquer! L’art baroque est ici porté à son sommet: ce plafond en bois recouvert de fresques, ces panneaux en azulejos, ce choeur si somptueux qu’il en ferait presque mal aux yeux… Ah oui, y a pas de doute c’est du lourd!








Velas n’est plus qu’à 12 km, dernière étape de roulage avant de restituer la voiture non pas à l’aéroport, mais dans la succursale de l’agence près du port. Me voici donc arrivé à Velas, la petite capitale de São Jorge, dont la taille n’a plus rien à voir avec Ponta Delgada ou Angra do Heroismo, dont elle semble être une version miniature. Les petites rues pavées dégagent une atmosphère de tranquillité, voire de nonchalance, et côté circulation, j’irais jusqu’à dire que la passage des voitures se fait au compte-goutte! Par contre, en parlant d’autre chose je remarque que le temps commence à changer, une grosse barre de nuages gris a fait son apparition derrière les collines entourant la ville; ça m’étonnerait pas qu’il pleuve dans pas longtemps…






Pas d’églises bleues ni d’imperios bariolés à Velas, c’est vrai, mais ce n’est pas pour autant que les édifices religieux sont ternes; le mélange de blanc et de noir leur donne un autre charme, tout simplement. Quoique dans le petit parc de Jardim da República, on retrouve un peu de couleur grâce au kiosque rouge et aux bancs du même coloris. J’aime bien aussi le design moderne et audacieux de l’Auditório Municipal, qui abrite la bibliothèque.








Et même le petit port de pêche cohabite harmonieusement avec la modeste marina, ce qui est assez rare pour être souligné. C’est de là que partent les ferries d’Atlanticoline pour les îles de Pico et Faial. Tout est à échelle humaine à Velas, et tout comme Calheta j’ai tendance à plus la considérer comme un gros village qu’une ville. C’est au port que je trouverai mon resto du soir, celui du Club Naval de Velas. C’est une petite tradition açorienne que les clubs navals (et non pas navaux ☝️), outre le fait d’organiser certains événements et proposer des activités nautiques comme la voile, la plongée ou l’observation des baleines, possèdent leur propre restaurant ouvert à tout public. Pas cher, convivial, et authentique, que demander d’autre pour cette dernière soirée sur São Jorge? Euh, certainement pas la pluie qui a commencé à tomber… Bah, on verra demain matin ce que ça donnera.






BILAN: je suis très content d’avoir choisi São Jorge pour ce petit voyage, j’ai ainsi pu explorer une île à l’écart des « circuits » classiques que font (trop) souvent les touristes qui viennent dans l’archipel. Moi qui raffole de coins du bout du monde et de randos qui sortent du lot, j’ai été royalement servi! Et puis, une île qui a une forme allongée de ce style, y en a pas des masses…
Pico, l’île grise… avec 50 nuances de gris!
Départ matinal pour me rendre à pied au port de Velas; il fait encore noir, mais je n’aperçois aucune étoile, signe que le ciel est bien chargé. Pour l’instant rien ne tombe, mais c’est pas très optimiste pour la suite. On verra bien! Le ferry de la compagnie Atlanticoline quitte São Jorge à 8 heures pour une traversée de 1H20 qui me conduira sur l’île de Pico. Ça me plaît toujours, ces traversées inter-îles en bateau, et c’est encore plus fun quand l’océan est agité (désolé pour celles et ceux qui souffriraient du mal de mer)! Il y a un petit bar à bord, qui me permet de prendre un petit-déj’ sommaire. Les dernières voitures embarquent, les amarres sont larguées, c’est parti.





La météo a décidé de faire la gueule aujourd’hui, le ciel est plombé et d’un gris à tomber en dépression nerveuse. Au loi, on devine plus qu’on ne voit l’île de Pico, et le volcan est bien planqué au milieu d’une chape nuageuse. Et voilà la pluie qui s’invite, non mais c’est vrai, plus on est de fous plus on rit, hein? Bénie soit ma petite veste de pluie qui m’accompagne depuis tant d’années! Ah, c’est quelque chose de rester sur le pont dans de telles conditions; en même temps c’est moi qui le veux bien… Ah, ça se dégage timidement ici et là, et le port de Madalena apparaît, voilé dans un léger brouillard.





Je pose enfin le pied sur Pico, l’île principale du groupe central et deuxième en taille de l’archipel après São Miguel. Pico, c’est l’île grise, en rapport avec la couleur de la cendre volcanique dont sont recouverts les versants du Big Boss local, le volcan de Pico, qui a l’insigne honneur d’être le point culminant non seulement des Açores, mais de tout le Portugal, avec ses 2531 m! Et dire qu’au fil du temps, les colons qui s’y sont installés ont réussi à y faire pousser la vigne, richesse des sols volcaniques aidant, au risque de me répéter. Pico a aussi connu une longue tradition qui, aujourd’hui encore bien qu’elle se soit arrêtée, est sujet à controverse: l’industrie de la chasse à la baleine. de nos jours, les cétacés vivent une vie plus paisible… à condition que les petits bateaux d’observation des baleines pur touristes ne les approchent pas de trop près (distance minimum réglementaire de 100 mètres).


Madalena, c’est la ville principale de l’île, ainsi que son point d’entrée si on vient sur Pico par le ferry. Ici non plus, ne t’attends pas à du Ponta Delgada ou Angra do Heroismo, Madalena est comparable en taille à Velas, et ses maisons visent plus le fonctionnel que la fioriture. Conditions climatiques rudes (on en a une belle illustration aujourd’hui) et topographie compliquée n’ont pas vraiment permis aux colons de faire des folies architecturales! Madalena n’en est pas moche pour autant, son église à deux clochers face au port et les quelques rues pavées aux alentours en témoignent. Quand la météo le permet, on peut bien sûr admirer le volcan en arrière-pan; mais pour cette journée, c’est mort, il fait son timide, caché par ces foutus nuages…
Pour info, il y a un aéroport sur l’île, à 10 km à l’est de Madalena. Très peu de liaisons inter-îles: juste São Miguel et Terceira. Mais au moins, la longueur de sa piste l’autorise à accueillir des vols saisonniers venant de Lisbonne.








Je récupère ma voiture de location au port, en me disant que ses essuie-glaces ne vont pas chômer ce matin. Petit crochet par le supermarché (il y a un gros Pingo Doce près du centre, bien pratique), et je fais juste 2 km pour déjà m’arrêter. Déjà? Le moteur est à peine chaud! Ben oui, car j’ai envie d’en savoir un peu plus sur l’activité viticole de Pico. Ce long bâtiment en pierre avec ses volets rouges, ancienne dépendance agricole de l’ancien couvent des Carmes, est devenu un musée consacré à l’histoire du vin sur l’île de Pico. Son nom: le museu do Vinho da Ilha do Pico. Les moines qui y vivaient cultivaient déjà la vigne au 17ème siècle, et produisaient leur précieux nectar ici même. L’expo est très bien ficelée, intéressante et pas poussiéreuse pour un sou. Tu y verras des anciens instruments, des alambics, ainsi qu’un imposant pressoir vraiment balèze. Il y a un peu d’interactif aussi, les sens du toucher et de l’odorat étant mis à contribution dans certaines salles. Autour du musée, quelques parcelles de vignes, entourés de ces fameux murets de pierre (ça me rappelle Biscoitos sur Terceira) te donnent déjà un avant-goût de ce que tu pourras découvrir sur Pico. Et dans le jardin attenant, on trouve encore quelques dragonniers. Ah, et dernier truc: le feuillet explicatif en anglais est plastifié; ils avaient prévu le coup en cas de pluie, on dirait!












Dans la partie nord de l’île, entre Madalena et l’aéroport, il est possible de voir quelques parcelles en se perdant au gré des petits chemins ruraux, dont certains sont toujours en terre battue. Et sous la pluie, ça prend encore une autre dimension…




J’emprunte maintenant la route qui longe la côte nord de Pico, et du même coup les pistes de l’aéroport à quelques kilomètres du musée du vin. Mais ce n’est pas çà qui m’intéresse pour l’instant, c’est plutôt le tout petit village en face, de l’autre côté de la route. Son nom, c’est Cachorro. Heureuse coïncidence, au moment où je sors de la voiture, la pluie s’arrête. Cachorro est grand comme un mouchoir de poche, mais il me permet de découvrir l’architecture si typique de l’île de Pico. Ça transpire le volcanisme à 100%, les murs des maisons sont en basalte, certaines habitations sont blanchies à la chaux. Mais ce qui constitue vraiment la « signature » Pico, ce sont ces portes et volets peints en rouge vif, parfois en vert. Alors non, il ne faut pas chercher de corrélation avec la couleur de la lave (quoique, ça aurait pu!), c’est plutôt dans un but esthétique, pour accentuer le contraste entre le noir du basalte et le blanc de la chaux! L’effet est convaincant, et tu avoueras que visuellement, çà claque! On y cultive aussi quelques parcelles de vigne entre deux maisons…







Si tu as déjà été au Portugal, tu as certainement croisé cette spécialité appelée cachorro, variante locale du hot-dog. Et comme de juste, cachorro veut dire petit chien en français. Oui, mais alors, y a un village sur Pico appelé Petit Chien? Bizarre, çà, il faut enquêter… La réponse se trouve au bord de l’océan, avec ces roches basaltiques apparues après les coulées de lave de l’éruption de 1718, lave qui en se solidifiant a créé des rochers de formes tourmentées voire improbables, comme le plus célèbre d’entre eux… qui ressemble (c’est vraiment frappant) à une tête de chien! Ceci explique cela!





2 km après le hot-dog Cachorro, Lajido est de la même veine, avec ses petites rues, ses maisons à volets rouges ou verts, et surtout sa drôle de petite église, à la façade toute carrée, qui ressemblerait presque à une habitation s’il n’y avait les deux cloches et la croix. Dans le village, on peut découvrir un ancien pressoir à vin et une petite distillerie produisant un genre d’aguardente.












Pico et son ancienne industrie baleinière.
Tout en continuant à longer la côte nord, voilà que j’arrive à São Roque do Pico, un port de pêche doublé d’un gros village assez sympa. C’était ici un haut lieu de cette activité controversée et disparue en 1987: la chasse à la baleine et au cachalot. Impossible de faire 100 mètres sans que ce passé se rappelle à notre bon souvenir: sur le port, la statue d’un harponneur, sur une maison une vigie avec une girouette en forme de cétacé… Un musée est dédié à cette ancienne industrie, on s’y intéressera après que j’aie pris ma petite collation de midi au restaurant du Club Naval local. Si j’avais fait l’inverse, la transition aurait été un peu dure…










Si tu te trouves face à l’océan, devant la statue du harponneur, retourne-toi. Impossible de louper ce long bâtiment aux portes jaunes, qui affiche presque crânement en lettres rouges Vitaminas, Oleos, Farinhas, Adubos, Armaçoes Baleeiras reunidas Lda, en français « Vitamines, huiles, farines et engrais, usines baleinières réunies ». C’était ici la principale usine de transformation de baleines et cachalots des Açores, qui ferma ses portes après l’interdiction de la chasse. C’est maintenant un musée témoignant de ce passé révolu. Le ton est donné, on sait à quoi s’en tenir en y pénétrant. Alors attention, si tu es sensible à la cause animale ou vite impressionnable, réfléchis-y avant d’entamer cette visite. Car c’est du brut de décoffrage et rien n’est édulcoré. Les machines, les chaudières, le plan incliné extérieur destiné au découpage (hé oui), tout est resté tel quel! Certaines photos, montrant les différentes étapes depuis le remorquage sur le quai jusqu’aux produits finis, sont dures. J’ai donc choisi de ne pas les poster. Une visite éprouvante, c’est vrai, mais nécessaire pour mieux comprendre cette activité morbide pour les non-initiés, mais qui a fait vivre des centaines de personnes à l’époque (oui, je me fais un peu l’avocat du diable)…











L’extrémité est de l’île se rapproche, et quelques miradouros permettent d’avoir de jolis points de vue sur l’océan et São Jorge en face. Petit arrêt à Santo Amaro, qui a acquis sa notoriété en se spécialisant dans la construction navale: barques de pêche, navires de transport de passagers, navires baleiniers… quasiment tout venait de Santo Amaro! Il reste encore deux petits chantiers navals, ainsi que le museo maritimo pour se comprendre pourquoi le village était surnommé Terra dos barcos, « la cité des bateaux »…







Je n’en ai plus pour très longtemps avant d’atteindre la pointe est de l’île et le petit village de Manhenha, qui se résume à une poignée de maisons, un petit port et, 600 mètres plus loin, le Farol da Ponta da Ilha, autrement dit le « phare du bout de l’île », qui n’a pas usurpé son nom. Par temps clair, il peut facilement faire coucou à son collègue de Topo, à la pointe est de São Jorge!






Et quand on a atteint l’extrémité d’une île, on fait quoi? Y a pas 36 solutions, on repart dans l’autre sens, en longeant à présent la côte sud en ce qui me concerne. Arrêt obligatoire à Lajes do Pico, l’alter ego de São Roque par rapport à son industrie baleinière passée; l’autre grosse usine de transformation de cétacés sur l’île, c’est à Lajes qu’elle se trouvait. Elle a connu la même reconversion et a été transformée en musée. Je n’ai pas eu l’occasion d’y jeter un oeil, il était fermé lors de mon passage. Mais sache qu’à Lajes, il y a deux musées! L’autre se situe sur le petit port, dans l’ancienne Casa dos Botes, autrement dit le bâtiment qui abritait les bateaux destinés à la chasse aux baleines. Il permet de mieux comprendre la vie des baleiniers en pleine mer, à travers l’exposition de divers outils (certains harpons font froid dans le dos) et même une barque grandeur nature. Une fois de plus, certaines photos, ainsi que le petit film documentaire qui passe toutes les 30 minutes, sont sans filtre et montre la réalité du métier dans toute son âpreté. Te voilà prévenu(e)…










Dans ce musée, dans un autre registre tu y découvriras aussi le scrimshaw, autrement dit l’art de sculpter ou graver dans l’ivoire d’une dent de cachalot. Çà c’est étonnant! Cette tradition a été apportée par des baleiniers américains, qui faisaient çà juste pour passer le temps. La finition des détails est juste incroyable. Cette tradition n’a pas perduré, et les soi-disant gravures que l’on voit dans certaines boutiques de souvenirs ne sont que du toc made in tu-sais-où…




Que cela ne t’empêche pas de faire une balade dans Lajes, au gré de ses petites rues pavées bordées de petites maisons à volets colorés, où la vie s’écoule bien tranquillement.








Comme l’après-midi est déjà bien avancé, je ne ferai pas le tour complet de l’île. Peu après Lajes do Pico, je bifurque à droite pour emprunter la seule route qui rejoint la côte nord en passant par l’intérieur de l’île, à l’est du volcan. Le relief montagneux de Pico explique le fait que ça n’arrête pas de grimper, et que le brouillard s’invite souvent, tout comme aujourd’hui. Pour les photos « points de vues », c’est mort… On verra demain. La route redescend ensuite pour rejoindre São Roque. Je continue vers Prainha, 12 km à l’est, où j’ai choisi de passer mes deux nuits sur Pico.
Prainha, c’est un petit village discret, dont les proches alentours sont quadrillés de chemins étroits et noyés dans la verdure. C’est pile poil au milieu ce petit paradis que je pose mon sac, dans une ancienne maison açorienne en pierre volcanique, que je vais avoir pour moi tout seul. Mon dieu, il y a même quelques vignes qui poussent au pied de ses murs, vu leur couleur ils ne vont pas tarder à être récoltés. Ah, c’est tentant, mais je n’y touche pas, ce ne serait pas réglo vis-à-vis de la proprio! Juste derrière, il y a un petit verger qui, vraisemblablement, fait partie du terrain. Les fruits du panier de bienvenue doivent provenir. Mais je vois des petits fruits rouges qui m’intriguent, il faut que je sache, j’en goûte un. Ah, je reconnais la saveur: ce petit arbre est donc un goyavier!









La côte n’est qu’à un kilomètre de là, c’est donc à pied que j’y vais, en suivant ce lacis de petites rues qui me conduisent à un petit resto agréable et sans prétention, en bordure d’océan, appelé Adega Açoriana. Allez, pourquoi pas un burger? Je l’accompagne d’un verre de vin rouge made in Pico, forcément, ainsi que d’une bière brassée sur Terceira, du nom un rien ambigu de… Climax. À noter aussi, à 350 m du resto, la présence d’un de ces fameux moulins à vent de cette couleur rouge vif si caractéristique et reposant sur un socle de pierre. Ces anciens moulins, autrefois utilisés pour moudre le grain, on été restaurés et peints de cette façon pour qu’on les remarque… un peu comme pour les maisons de Cachorro et Lajido!


Les vignobles de Pico.
Si tu suis régulièrement mes aventures, tu connais mon esprit aventureux et mon penchant pour les challenges physiques. Alors je devine qu’une question te démange: « Et le volcan? Il va faire l’ascension, c’est sûr »! Hé bien, au risque de te faire tomber à la renverse: non, je n’en ai pas eu l’occasion. Alors, défaillance physique? Incertitude, manque de motivation? Rien de tout cela! Malgré mes nombreuses années d’expérience de voyageur autonome, l’infaillibilité à 100% n’existe pas. Et sur ce coup, je me suis fait avoir comme un bleu, j’en suis pas fier… Je m’étais dit « ça doit être comme au Cap-Vert, pas besoin de réserver plusieurs jours à l’avance, ça devrait aller ». Mauvais raisonnement: le Cap-Vert, j’y étais allé en juin, ce qui n’était pas la haute saison là-bas, celle-ci couvrant plutôt les mois d’hiver. Donc y avait moins de monde en juin! Mais ici aux Açores, c’est pas pareil, on s’en doute. La grosse saison, c’est l’été, et début septembre, l’affluence est encore élevée. Ce qui implique un quota journalier de 300 visiteurs pour ne pas saturer les sentiers.Un guide n’est pas forcément obligatoire, mais il faut quand-même réserver si on entreprend l’ascension en autonomie. La montée est balisée, et une balise GPS portative est fournie. Problème: y en a pas assez pour tout le monde!
Tous ces critères réunis ont fait que j’ai foiré mon rendez-vous avec Mister Volcano… C’est ballot. Mais je peux déjà t’annoncer que ce n’est que partie remise: courant juillet de cette année, j’ai la ferme intention de retourner sur Pico et de me mesurer à lui. Je te raconterai, promis! En attendant, aujourd’hui il fait très beau, et le volcan s’offre tout entier à mon regard, à mon plus grand bonheur.
Bien bien, fermons la parenthèse et démarrons gaiement la journée, direction l’ouest de l’île, à quelques kilomètres au sud de Madalena, à proximité du petit village de Criação Velha. Tu te souviens qu’hier, je t’avais déjà montré quelques parcelles de ces fameuses vignes entourées de petits murets, pas sous leur meilleur jour à cause de la pluie… Hé bien, le Saint-Graal de la tradition viticole de Pico, ses vignobles les plus emblématiques, à tel point que l’Unesco les a classé en 2004, c’est ici, tout près, qu’ils se trouvent. Et tu te doutes bien qu’on va aller voir çà de plus près! C’est un véritable champ de murets en pierre volcanique, entourant chacun quelques pieds de vignes, quadrillées par des petits sentiers rocailleux ou en terre rouge, comme sur São Jorge. Ces murets protègent les ceps des vents marins et créent un petit microclimat à leur avantage. Un moulin à vent, tout de rouge vêtu, veille sur ce territoire hors du commun. Et sous le grand soleil de cette journée, le décor prend vraiment une autre dimension: d’un côté l’océan et l’île de Faial, et SURTOUT, vers l’intérieur des terres, le patron de Pico, le volcan dans toute sa majesté, barré ce matin d’un petit ruban de nuages, ce qui lui confère encore un peu plus de magie!

















J’aimerais bien en savoir plus sur les vins de Pico, et les goûter surtout! Ça tombe bien, car la partie ouest de l’île est parsemée de plusieurs adegas, nom que l’on donne généralement aux caves viticoles au Portugal. Celle que j’ai choisi se trouve à 10 minutes de voiture de Criação Velha, entourée de ces petits murets entourant les vignes, un des paysages « signature » de Pico. Et le volcan n’est jamais bien loin, et il a même enlevé momentanément son écharpe de nuages… L’adega Lucas Lopes Amaral est une petite affaire familiale, où le seul petit bémol serait peut-être qu’il n’est pas possible de visiter les chais, mais un mal pour un bien, la séance de dégustation est passionnante et instructive. L’adega accueille parfois des petits groupes, mais comme ils sont en petit minibus, ça ne dépasse jamais la dizaine; aucune crainte de voir débouler un autocar chargé d’un troupeau de touristes braillards et indisciplinés!







Une petite escapade sur l’île d’à côté…
Sur ce coup-là, je t’avoue que je me suis décidé sur un coup de tête. En même temps, cette petite île de Faial est si proche, et sa capitale Horta est une petite ville dont rien que le nom résonne comme un mythe pour bon nombre de marins qui « font » la transatlantique! Alors voilà, je laisse la voiture à Madalena (qui se présente sous un bien meilleur jour grâce au soleil) et file dare-dare acheter un billet aller-retour au guichet de Atlânticoline. Les liaisons sont assez fréquentes en haute saison (5 à 6 fois par jour) et ne durent que 30 minutes. Sache qu’il n’existe pas de vol entre les deux îles: pour une distance de seulement 10 km, ce serait vraiment du grand n’importe quoi! Pas de danger, y a pas de connards d’ultra-riches en jet privé par ici! Et de toute façon, c’est bien plus fun de faire la traversée en bateau! La vue est magnifique, tant du côté de Pico où le volcan rejoue un peu à cache-cache avec les nuages (c’est marrant, 15 minutes avant, y avait rien!), que du côté de Faial qui se rapproche, laissant Horta se dévoiler peu à peu.







Ça y est, je débarque sur l’île de Faial, celle qu’on surnomme l’île bleue en raison du foisonnement des hortensias sur son territoire. Contrairement aux îles précédentes, je ne compte pas l’explorer entièrement, ayant préféré cette fois une escale de quelques heures pour me concentrer sur sa célèbre capitale, Horta. Comme je le disais plus haut, il suffit de prononcer son nom pour qu’un frisson parcoure l’échine de tous les marins, skippers ou autres plaisanciers qui y sont passé; en effet, c’est une escale-clé pour les navigateurs qui effectuent le long trajet entre l’Europe et les Amériques, ou inversement. elle a joué également un rôle capital dans le commerce au cours de l’histoire, ayant été un pivot entre l’Asie, l’Europe et l’Amérique. D’ailleurs, les murs du port de Horta sont recouverts de peintures laissées par les marins de passage, témoignant de leurs trajets et des noms de leurs bateaux, tout comme on peut le voir aussi à Angra do Heroismo, sur Terceira.






Petite précision: le port des ferries est un peu excentré du centre-ville, distant d’un bon kilomètre. Alors c’est soit taxi pour les pantouflards, soit longer la promenade de bord d’océan tout à son aise, en prenant garde à ne pas choper un torticolis, parce que tu verras, ici aussi ton regard va être irrémédiablement attiré vers Pico, pour contempler devine quoi?


Horta est un peu plus grande que Madalena ou Velas, mais reste malgré tout moins étendue que Ponta Delgada ou Angra do Heroismo. C’est très agréable d’arpenter ses petites rues, surtout le long de l’océan où les maisons anciennes semblent se bousculer les unes contre les autres pour profiter de la meilleure vue.






Pour manger ce midi, ça va être très spécial. C’est même une des raisons pour laquelle j’ai décidé de venir à Horta. Ce n’est pas un bar-resto anodin parmi les autres, celui-ci c’est un mythe pour les marins du monde entier: me voilà face au Peter Café Sport, appelé familièrement le Peter’s Bar, facilement reconnaissable à sa façade bleue et à ses deux cachalots blancs en guise d’enseigne! « Oh, combien de marins, combien de capitaines…« , disait Victor Hugo au début d’un de ses poèmes. Ces quelques mots pourraient résumer à eux seuls l’histoire et l’esprit du Peter’s Bar. Impossible de dénombrer tous les marins, baroudeurs des mers, plaisanciers, ou légendes comme Eric Tabarly ou Alain Gerbault… Ce lieu incroyable existe depuis 1918, créé par le grand-père du proprio actuel. Et attends de voir l’intérieur: aussi bien sur les murs qu’au plafond, tout est recouvert de pavillons du monde entier et d’anciennes photos. Près de l’entrée, sur un grand panneau d’affichage en bois sont épinglés des annonces (pour trouver un équipage par exemple), des télégrammes ou des lettres qui attendent leur destinataire. Car le bar fait encore office de poste restante! Maintenant, faut pas se leurrer, c’est devenu un peu touristique, mais l’âme des lieux n’a pas disparu, on sent toujours quelque chose dans l’atmosphère de ce Saint-Graal des gens de mer. Qui plus est, on y mange plutôt bien, et il est inconcevable de partir sans avoir goûté son légendaire gin do mar, un mélange de gin et de liqueur de fruit de la passion (maracuja en portugais). Comme on dit ici: « si tu n’es pas allé au Peter’s, tu n’es pas allé à Horta »…
Peter Café Sport – Rua José Azevedo 9.





Je continue mes déambulations dans la vieille ville, en passant près de l’église Nossa Senhora das Angústias, habillée de blanc et de pierre volcanique noire. Les habitations sont souvent bien colorées et pourvues de beaux balcons en fer forgé.





Au sud du centre-ville, l’atmosphère est différente: le petit quartier de Porto Pim est plus tranquille et authentique, car souvent délaissé par les touristes, qui vont rarement au-delà du Peter’s Bar. Dommage pour eux, tant mieux pour moi! Avec ses maisons basses, sa petite plage et son fort São Sebastião datant du 17ème siècle, c’est le coin préféré des locaux qui ont parfois envie de s’éloigner de l’agitation de la ville. De l’autre côté de cette anse qui protège la plage, je distingue un grand bâtiment doté d’une haute cheminée, comme j’en ai déjà rencontré sur Pico. Son ancienne affectation n’est donc pas un mystère pour moi (ni pour toi, je suppose). Et bien sûr, en toile de fond, le volcan, impossible d’y couper!










De retour sur Pico – Fin du voyage.
Si j’avais pu disposer d’un jour en plus, ça m’aurait bien branché de faire un tour à travers l’île de Faial en voiture. Mais on fait pas toujours ce qu’on veut… Bref, me voilà de retour à l’embarcadère du ferry qui me ramène sur Pico. Il fait toujours beau, mais je vois les nuages qui commencent à s’amonceler en hauteur. Et ça se passe avec une telle rapidité, c’est fou! D’où viennent-ils, comment se forment-ils si vite? J’aimerais bien voir à quoi ressemble un bulletin météo à la TV dans les Açores… J’imagine un truc du genre « Mesdames et messieurs bonjour, voici les prévisions pour demain… euh… un peu de tout, au final. Merci, à demain… ». J’en rigole, mais ce serait plausible, ne trouves-tu pas?
Me voilà revenu à Madalena, où je retrouve ma voiture qui m’attendait sagement pas loin de l’église. comme j’ai encore un peu de temps avant la soirée, je m’en vais explorer un peu la côte sud de l’île, au-delà de Criação Velha. Petit arrêt à São Caetano, un village paisible et un peu assoupi, qui offre de belles échappées sur l’océan et qui dispose d’un port à peine plus grand qu’un mouchoir de poche.






Quelques kilomètres avant Lajes do Pico, je prends à gauche, empruntant de nouveau cette route d’altitude qui traverse Pico du nord au sud. C’est le royaume des plateaux herbeux, alternant zones de tourbières et pâturages isolés, parsemé de petits lacs d’altitude. Les touristes se font un peu plus rares dans ce secteur, qui fait par contre le plaisir des randonneurs. Un des plus jolis lacs est le lagoa do Capitão, réputé pour son point de vue hors pair sur le volcan… du moins quand il fait clair et dégagé! C’est un peu la purée de pois là-haut à l’instant où je m’y trouve. En plus de l’ascension, voilà autre chose à rajouter sur ma liste « à faire en 2026 » 😁! Ah, une autre curiosité, si ça te branche: la route EN3, qui est tout simplement plus la longue ligne droite des Açores, traçant aussi droit qu’une balle sur 9 km, pour une longueur totale de 23 km.




Il ne me reste plus qu’à profiter de cette dernière soirée dans l’archipel, avant de consacrer la journée du lendemain au retour vers la Belgique! Si tu choisis de visiter Pico, sache qu’il n’existe pas de vol direct depuis/vers la France ou la Belgique. Le trajet se fera via une ou deux escales. Pour ma part, ce fut d’abord Pico – Terceira (où j’aurai assez de marge pour prendre un petit-déj’), ensuite Terceira – Porto (deuxième escale confortable, bon timing), pour terminer avec le dernier vol qui me ramènera à Bruxelles!
BILAN: j’ai particulièrement bien aimé ces deux îles lors de la deuxième partie de ce petit périple. São Jorge, peu touristique (tant mieux pour elle), au relief côtier tourmenté et avec ses fajãs exceptionnelles, séduira aussi bien les fanas de rando comme les amateurs de bonne bouffe (ha la la, le fromage, les palourdes!). Quant à Pico, malgré cette page d’histoire sombre que constitue la chasse à la baleine, elle recèle de nombreux coins surprenants, tant sur la côte qu’à l’intérieur des terres. Petite déception pour mon manque de vigilance quant aux préparatifs de l’ascension du volcan… Ce n’est que partie remise, je te le dis! Je n’ai pas trop perdu au change: ma petite virée à horta, sur Faial, m’a permis de découvrir une petite ville (et un bar!) iconique pour tous les marins du globe!
LE « DEBRIEF » FINAL DU VOYAGE:
L’archipel des Açores, destination encore un méconnue et même un peu mystérieuse, a vraiment été une belle découverte. Je le vois un peu comme un subtil mélange de Madère (les paysages, les falaises,ainsi que le style des maisons, s’en rapprochent), des Canaries (pour l’aspect volcanique) et du Cap-Vert, empreint de nombreux aspects de la culture portugaise; et les deux volcans « Pico », l’açorien et le capverdien, ils sont un sacré air de ressemblance, non? Et même si sa météo est la plus versatile qui soit, l’effet de surprise est toujours flagrant quand on y découvre la culture des ananas, du thé ou du café! Des fumerolles de São Miguel aux arènes à taureaux de Terceira, des fajãs de São Jorge aux vignobles de Pico, je suis allé de découverte en découverte, parfois inattendues. Dommage pour la non-ascension du volcan… mais comme disait Scharzy dans Terminator: « I’ll be back »…
« Être açorien, c’est avoir la mer pour horizon et le volcan pour racine ».

- Les paysages sont franchement spectaculaires, que ce soit les caldeiras de São Miguel, le patchwork de prairies de Terceira, les fajãs de São Jorge ou encore le volcan de Pico, alias le Big Boss des Açores.
- Côté architectural, c’est du haut niveau également, surtout avec les églises et imperios colorés de Terceira, ainsi que les maisons anciennes de Angra do Heroismo.
- Une destination encore à l’encontre du tourisme de masse: pas de guignols en quad (oui les gars, vous savez que je vous aime), pas de groupes avec un guide « parapluie », pas de défilé d’autocars… Et çà, C’EST TROP BON!!
- La nature s’en donne à coeur joie, avec ses paysages luxuriants, ses massifs d’hortensias et ses espèces animales endémiques (je te souhaite d’entendre au moins une fois le chant des cagarros!).
- Les açoriens sont sympas, autant que leur cuisine est excellente et roborative!

- La météo peut changer avec rapidité, même en été. Combien de fois les ascensions du volcan Pico n’ont-elles pas été annulées à cause de la pluie et du brouillard qui déboulent presque de façon surnaturelle…
- Même si l’industrie baleinière fut un pilier économique sur certaines îles, cette tradition, heureusement révolue de nos jours, perdure à travers quelques musées sur Pico. Attention à la nuance, je veux dire que leur visite est intéressante, mais que certaines photo sans fard risquent de poser problème aux plus sensibles.
- Certaines îles n’ont pas de liaison directe avec le continent européen; un mal pour un bien, cela les préserve du tourisme de masse!

J’en ai appris des choses !
Toutes plus intéressantes les unes que les autres. MERCI pour ce récit de votre magnifique voyage.
J’aime tout là-bas !
Le cri des oiseaux : incroyable !
Pour la 1ere fois je n’ai pas pu visionner vos vidéos (ça m’indique erreur 153) je vais creuser…
Bravo pour tout et je vous souhaite de pouvoir ´escalder’ le volcan en 2026.
À bientôt (BB vit doucement avec une piqûre hebdomadaire de cortisone, je croise les doigts pour que le temps s’étire encore un peu, elle est si mignonne, elle vous envoie plein de ronrons) 😻
Bonsoir Emilia, merci pour votre retour positif, comme d’habitude.
Bien étrange, cette erreur 153. Je suis allé sur mon site sans connexion (comme si j’étais visiteur), et j’ai même utilisé un VPN pour me connecter avec une IP en France pour vérifier au cas où: dans les deux cas, de mon côté ç’est OK je sais lire les vidéos. N’hésitez pas à revenir vers moi si vous trouvez une solution.
Vous pouvez éventuellement aller directement sur Youtube pour les visionner en direct sur ma chaine, pourquoi pas?
À bientôt, caresses à BB, en croisant les doigts aussi de mon côté…
Ça y est j’ai vu toutes vos vidéos 👏🏻👏🏻👏🏻
Le bruit de vos pas sur les chemins pierreux et le bruit des vagues ont intrigué BB .
Hier j’ai oublié de vous parler du cri des oiseaux. Incroyable ! Ça doit surprendre en direct la nuit.
Bonne journée. 😻