Partager la publication "Voyage au Cap-Vert – 2ème partie: Sal et São Vicente."
Et c’est reparti pour de nouvelles aventures avec la deuxième partie de cet intense voyage au Cap-Vert! Après Santiago et Fogo, on va faire connaissance avec deux autres îles: d’abord Sal, que je n’avais pas prévu d’explorer initialement, mais suite à une avarie de ferry qui m’a bousillé la visite de l’île de Brava, j’ai dû trouver un plan B. Alors j’ai choisi Sal. On verra si on peut y sortir un peu des sentiers battus! Après, je t’emmène sur l’île de São Vicente et sa capitale Mindelo, le « berceau culturel » de l’archipel où LA star du pays, Cesária Évora, vit le jour en 1941. Alors sans plus tarder, mettons-nous en route!
Arrivée sur l’île de Sal.
Si tu as suivi mon carnet précédent, j’avais fait une petite escale le temps d’une soirée et d’une nuit à Praia, sur l’île de Santiago, pour une question disons de « logistique aérienne ». Me revoici ce matin à l’aéroport de Praia pour un court vol de 50 minutes à destination de l’île de Sal, à 200 km au nord de Santiago. Le petit avion de Cabo Verde Airlines atterrit vers 13 heures à l’aéroport Amilcar-Cabral (du nom de cet homme politique qui fut l’artisan principal de l’indépendance du Cap-Vert et aussi de la Guinée-Bissau, et finit assassiné à Conakry en 1973). C’est le principal aéroport du pays, desservant des destination internationales, et il se trouve à quelques km d’Espargos, la capitale de l’île.


Voici donc l’île de Sal, qui est la plus ancienne de l’archipel. Ce n’est d’ailleurs pas difficile à deviner quand on voit son relief quasiment plat (avec de rares exceptions comme le Monte grande, haut de 405 m, un concurrent de taille pour le Pico do Fogo 🙂) et sa maigre végétation. C’est très similaire à l’île de Fuerteventura, dans les Canaries. Et dire qu’autrefois, c’est-à-dire il y a des millions d’années, se dressait ici un volcan, dont le cratère a fini par s’effondrer sur lui-même. Alors ce cratère effondré, un peu plus bas que le niveau de la mer, se remplissait régulièrement d’eau de mer, qui en s’évaporant laissait une croûte de sel cristallisé. L’exploitation du sel a ainsi fonctionné durant des siècles, principalement à Pedra de Lume, où le cratère du volcan se trouve. Sal, sel, salines… Tu vois, l’origine du nom de l’île n’était pas une énigme compliquée à résoudre!
C’est à Santa Maria, tout au sud de l’île, que je poserai mon sac pour deux nuits. Elle se trouve à 15 km de l’aéroport et un trajet en taxi dure tout au plus 20 minutes. Cela me permet d’avoir un premier aperçu visuel de cette île plate et presque désertique. Les reliefs de Santiago et Fogo sont bien loin! Donc, me voilà arrivé à Santa Maria, la ville principale de Sal au niveau touristique. Pour rappel, Sal et Boavista sont les deux îles les plus touristiques de l’archipel, leurs longues plages de sable fin et les vagues fougueuses propices au surf en sont les raisons principales.
Santa Maria a deux facettes: le long de la plage interminable, se dressent des complexes hôteliers d’une capacité de plusieurs centaines de chambres chacun (des resorts, comme ils disent), qui ne seront jamais sur le podium d’un concours d’élégance architecturale. Certains sortent encore de terre, ça pousse comme des champignons, ces machins-là… Tu t’imagines bien que ce n’est pas ici que j’ai choisi mon hébergement. J’ai plutôt eu l’envie de brandir une croix et de clamer Vade Retro, Satanas! Non, moi j’ai bien sûr opté pour la Santa Maria « originelle », avec ses petites rues qui se coupent à angle droit, tantôt pavées, tantôt asphaltées (avec les nids-de-poule qui vont avec!), aux maisons parfois colorées avec goût, où un dessin de street art pointe ici et là le bout de son nez. Au niveau des habitations, l’homogénéité n’est pas toujours le maître-mot, et ça semble parfois bordélique: beaucoup de maisons en périphérie sont encore en construction, quand elles ne sont pas en mode pause, déjà habitées certes mais dont les murs sont encore au stade des parpaings. Manque de moyens financiers, on s’en doute. La rue principale est la plus commerçante avec ses restos plus ou moins racoleurs (hé oui) et ses boutiques dédiées aux souvenirs ou aux articles de surf. Heureusement, la petite église est sympa. Bon, comme tu vois, c’est ni Praia ni São Filipe, mais il subsiste dans certains coins une atmosphère toujours authentique.






En début de soirée, je me dégote un petit resto pas trop ostentatoire, sans rabatteurs devant, pour m’offrir un bon plat de poisson local: le garoupa, autrement dit du mérou grillé, avec du riz, des crudités et quelques frites. Attention aux arêtes, elles viennent facilement avec la chair quand on la détache…

Je serais bien allé faire un tour sur la plage, mais il y a eu un léger changement de programme, plutôt positif dirais-je. J’étais à la fin de mon repas quand, au loin, j’entends une rumeur encore étouffée, mélangeant roulements de tambours et sifflets. Tiens, c’est curieux, çà… Surtout que je n’avais pas encore la moindre idée de ce que c’est, avant que je ne me le fasse expliquer par après! Le joyeux brouhaha se rapproche, ce petit cortège s’avançant dans la rue principale. En première ligne, voici un groupe d’homme portant chacun une barque miniature bariolée autour de la taille, supportée à l’aide de harnais, dansant et donnant des coups de sifflet au même rythme que les joueurs de tambours qui suivent derrière. Ces petits bateaux, ce sont des navizins, qui symbolisent l’attachement des capverdiens à l’océan qui les entoure et fait partie de leur vie. Il y a même une élection du plus joli navizin à la fin des festivités. Ce qu’on sait moins, c’est qu’ils disposent d’une petite fente pour accueillir une éventuelle petite obole (ce que j’ai fait avec un porteur en échange d’un petit cliché). Le rythme est répétitif mais très entraînant, comme tu le verras dans la vidéo. Je me suis même surpris à faire deux ou trois pas, c’est dire…
Alors, c’est quoi ces réjouissances endiablées? Hé bien, ce sont les fêtes de São João (Saint-Jean), une fête mi religieuse mi profane qui a lieu dans le courant du mois de juin, sur toutes les îles de l’archipel. Et cette danse si particulière à laquelle se livrent hommes et femmes en duo, en se percutant le ventre, c’est la fameuse Cola San Jon, importée vraisemblablement par les premiers esclaves africains, et qui fut interdite sous la dictature portugaise parce que, selon ces gens étroits d’esprit, elle mimait un acte sexuel… J’adore cette ambiance bon enfant et spontanée; et comme tu peux le remarquer, aucun touriste « européen » ne suit le groupe. Ils doivent être à la plage ou cloîtrés dans leurs foutus méga-hôtels. Par contre, j’ai entendu un gérant de resto, probablement expatrié british prétentieux, déclarer à deux clients « c’est juste une attraction touristique ». Ben voyons. Pas du tout, c’est la joie, l’exubérance, le respect de traditions ancestrales! Cet abruti condescendant n’a rien compris. Moi, j’ai pris mon pied à participer, même passivement, à cette explosion d’allégresse!








Une journée à la découverte de Sal.
Je vais consacrer cette journée à me balader un peu au hasard sur l’île, à la recherche surtout de petits coins hors des sentiers battus. Mais cette fois, pas de voiture de location, je vais m’initier à la pratique du transport en aluguers, ces petites camionnettes de type Hiace servant de taxis collectifs, qui vont partout quelle que soit l’île où ils opèrent. Pour les trouver, c’est pas toujours facile, et Google Maps ne t’aidera pas. Le meilleur moyen est de demander aux locaux eux-mêmes, c’est infaillible! Une fois que l’arrêt principal des aluguers est localisé, il faut à présent choisir le bon. Ils n’ont généralement pas de panneau indiquant leur destination, alors ça se fait par voie orale, en demandant. Pas de panique, on a vite fait de trouver son aluguer, mais c’est parfois plus aléatoire vers des coins plus paumés. Tu as trouvé ton bonheur? Super, tu grimpes à bord et tu t’installes. Capacité maximale de 15 personnes, en plus des diverses marchandises (et animaux parfois!) qui iront sur le toit! Ils n’ont pas d’horaire fixe et partent habituellement lorsqu’ils sont pleins (tu risques de comprendre le sens véritable de l’expression « plein comme un oeuf 🚌🥚). Alors pour descendre, soit tu te rends au terminus (par exemple Espargos dans le cas présent), soit tu dis « paro » ou « vou parar » au chauffeur, ce qui signifie en gros je stoppe, je descends. Tu paies (10 fois moins cher qu’un taxi) au début ou à la fin du trajet. Tu vois, c’est pas sorcier.

Visiblement, très peu de touristes européens tentent l’expérience, et l’immense majorité des passagers sont capverdiens. Ce sont à coup sûr des habitués, car le chauffeur s’arrêtera souvent en bord de route, au milieu de nulle part, pour débarquer l’une ou l’autre personne, parfois chargée de multiples sacs à provisions, qui partira à travers un sentier poussiéreux pour aller dieu seul sait où. La place vacante sera vite comblée par un autre client qui attend sur le bas-côté. Pas d’arrêt spécifique à l’aéroport, mais on peut se faire déposer le long de la route en face, à 200 m à peine. Côté vitesse, je ne peux que confirmer ce que j’ai constaté sur Santiago: ça trace sec! Nous dépasserons parfois des pick-ups chargés à l’arrière de passagers bien blancs de peau, mais on n’a pas affaire ici à des aluguers! Non, ce sont des véhicules affrétés par des hôtels pour conduire les touristes sur les plages de l’île, où ils s’étaleront comme des crêpes toute la journée! Ils me font un peu marrer, ils se prennent pour Mike Horn parce qu’ils sont à l’arrière d’un Toyota Hilux, les cheveux au vent…
Je descends à Espargos, mais ce n’est pas encore ma destination finale. Moi je me rends à Palmeira, à seulement 4 km à l’est. Je ne trouve pas d’aluguer tout de suite, mais 4 km à pied, c’est peu de chose. Je me mets en route pour un petit parcours de 45 minutes pedibus. Et me voici donc arrivé à Palmeira, qui est le port principal de l’île. Outre un petit port de pêche aux barques colorées, dont les petites échoppes accueillent les locaux comme quelques touristes égarés, on y trouve aussi une usine de désalinisation d’eau de mer, qui est quasiment un élément de survie pour la population, la sécheresse et le cruel manque d’eau douce les pénalisant durement. D’ailleurs, les hébergements demandent fréquemment à leurs clients de rationner la consommation d’eau; mais les gros hôtels remplissent malgré tout leurs piscines sans que les scrupules les étouffent…



Le village en lui-même n’est pas vilain, c’est plein de petites maisons colorées et de rues pavées, et quelques murs ont même droit à une pincée de street art. Tu remarqueras aussi quelques palmiers disséminés un peu partout, ce sont eux qui sont à l’origine du nom de Palmeira.







En longeant le port, voilà que je distingue, au loin, une colonne de poussière qui commence à se former. Un début de tornade au Cap-Vert, c’est une blague ou quoi?? C’est pas çà du tout, en fait. Voilà que se profile à l’horizon, avec les décibels des moteurs vrombissants qui vont crescendo, une des activités touristiques que je maudis le plus: les débilos en quad!! Mon dieu, ici aussi, au Cap-Vert… Après les Cyclades et la Cappadoce, les revoilà avec leurs engins bruyants et puants. Comment peut-on prétendre apprécier l’exploration d’un lieu de cette manière? Ça m’échappe totalement. Et si jamais il y a des accros de cette pratique qui me lisent… hé ben tant pis pour vous, les gars!

Je vais maintenant quitter Palmeira pour revenir à Espargos, mais j’hésite sur la façon de le faire. Taxi? Non, je ne crois pas. Faire le trajet à pied une deuxième fois? Je sais pas trop… à moins de tomber par hasard sur un aluguer à Palmeira. Ce qui a été justement le cas, c’est pas génial çà? Sur une placette, en voilà un en « phase de chargement ». Et il ne peut aller qu’à Espargos, car au-delà de Palmeira, ce n’est plus de l’asphalte mais de la piste! Adjugé, un p’tit tour de plus en Hiace! Coût faramineux 🤭 du trajet: 60 CVE, soit +/- 0,50€! Tu fais quelle distance pour 50 cents avec un taxi parisien?
Voici donc Espargos, la petite capitale de l’île de Sal, qui s’est développée en même temps que l’aéroport (qui servait à la base de point-relais entre l’Europe et l’Amérique du sud). Le problème, c’est qu’une fois les touristes fraichement débarqués à l’aéroport, ils n’ont d’yeux que pour les plages et les hôtels resorts de Santa Maria, où ils filent à la vitesse du son. Espargos est alors délaissée, et finalement c’est un avantage, car cela permet aux voyageurs plus curieux d’explorer une ville beaucoup plus authentique, faite davantage pour les capverdiens que pour les touristes « short-casquette »! J’ai vraiment aimé cette atmosphère 100% couleur locale, les petites rues aux maisons bigarrées, les petits commerces et les restos de poche où les touristes ne mettent jamais les pieds (un buffet d’hôtel insipide, c’est bien mieux, hein…), bref une vraie vie sans fioritures et sans boutiques de souvenirs à la mords-moi le nœud.










Quant à cette étrange petite colline, dont la présence semble presque incongrue dans le décor, c’est le Monte Curral, atteignant l’altitude himalayesque de 110 m. C’est bien dommage qu’elle soit hérissée d’antennes de télécommunications et d’un radar militaire. On ne peut pas accéder au sommet proprement dit, l’endroit étant gardé par des soldats qui doivent sourire une fois tous les cinq ans… Lot de consolation: le point de vue sur Espargos et l’aéroport au loin n’est pas à jeter!




Je pensais par la suite me rendre aux salines de Pedra de Lume, mais c’est un des spots les plus touristiques de Sal avec Santa Maria. Par ailleurs, le nombre de minibus d’excursions (pas des aluguers, ceux-là!) qui y vont m’a dissuadé de mon projet initial. Les touristes d’excursions ne sont pas toujours des plus discrets et ça risque de gâcher l’expérience. T’inquiètes, je te montrerai des salines, mais pas celles de Pedra de Lume! En attendant, je retourne à la « station » des aluguers pour revenir à Santa Maria. Une fois qu’on a pigé comment ça fonctionne, c’est facile de s’y retrouver, et j’avoue que je me prends vraiment au jeu!
Sitôt arrivé à Santa Maria, je n’ai qu’un saut de puce de 1 km à faire, en contournant la ville par le nord, pour mes retrouver au coeur des salines de Santa Maria, beaucoup moins touristiques qu’à Pedra de Lume et, qui plus est, d’accès gratuit. Je n’y croiserai que deux visiteurs, ainsi que quelques ouvriers oeuvrant à l’extraction du sel. Ce paysage plat et monotone, balayé par le vent, est presque fantomatique. En fait, les nombreuses parcelles de salines appartiennent ici à des particuliers qui revendent leur sel à des coopératives. Pas de machines compliquées, tout se fait à la main. Ils n’ont pas un travail aisé, les travailleurs du sel, quand je vois la vigueur qu’il leur faut pour percer la croûte de sel avec leurs pioches. Tout çà pour un salaire dérisoire. Sal, c’est aussi un fossé: celui entre le monde des salines, où gagner sa vie dignement est un challenge quotidien, et celui de la Santa Maria de bord de plage, touristique en diable, avec ses kitesurfeurs et ses touristes qui n’en ont rien à carrer de l’île…











La transition est un peu rude, je le conçois, mais en début de soirée je m’en vais quand-même faire un petit tour du côté de la plage, sachant bien qu’en soirée, les touristes commencent à déserter pour aller dans les restos ou regagner leurs hôtels; certains n’en sortent même pas, paraît-il, restant toute la journée au bord d’une piscine… Plus beaucoup de monde, en effet, les lieux sont plus tranquilles et les locaux se réapproprient la plage. Quelques barques se reposent sur le sable. Tiens, il y a un petit match de foot improvisé bien animé! En tout cas, ça fait du bien de marcher le long de la plage, les pieds dans l’eau. Voilà une petite journée qui se termine bien!





BILAN: Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en arrivant sur Sal. Une réplique de Boavista, sacrifiée sur l’autel du tourisme de masse, avec des « rôtissoires à touristes » (des plages touristiques, si tu préfères) et des hôtels sans goût aux innombrables chambres? Soyons rationnels, c’est en partie le cas, mais pas que! La ville originelle de Santa Maria est encore authentique et populaire, ses salines n’ont rien à voir avec celles de Pedra de Lume, et Espargos est la définition même du lieu hors des sentiers battus. C’est cette facette de Sal qui m’a convaincu. Comme tu le vois, il y a toujours moyen d’échapper aux touristes oisifs qui ne s’intéressent à rien, hormis de savoir où ils vont poser leur serviette sur le sable. Et puis, je suis tombé au bon moment, en pleine fête de São João (je crois encore entendre les sifflets et les tambours)!
L’île de São Vicente et sa capitale Mindelo.
Je quitte l’île de Sal en fin de matinée, en me faisant déposer en aluguer face à l’aéroport. Le vol, toujours opéré par Cabo Verde Airlines, ne durera que 55 minutes. J’arrive à l’aéroport international Cesária Évora en tout début d’aprem. Hé oui, La seule, l’unique Cesária Évora, la « Diva aux pieds nus »! São Vicente, c’était son île, les deux sont indissociables. Le fait qu’une statue de la star se dresse à la sortie de l’aéroport n’est pas le fruit du hasard. Mais je t’en reparle plus tard, promis. Donc, me voici maintenant sur l’île de São Vicente, bien loin d’être la plus vaste, et pourtant la deuxième plus peuplée de l’archipel et l’une des plus connues, surtout à travers sa célèbre capitale Mindelo, qui est une référence à elle seule dans les domaines musical et culturel. Ce qui saute aux yeux quand on la voit d’en haut, c’est sa sécheresse, son aridité et sa quasi-absence de végétation. L’approvisionnement en eau a été en partie résolu en partie par une usine de dessalement de l’eau de mer. Bien qu’elle soit aussi d’origine volcanique, son relief est loin d’égaler celui de Fogo; mais c’est déjà moins plat que Sal, et son point culminant, le Monte Verde, atteint 750 m. Voilà, dans les grandes lignes, mon terrain de jeu pour les deux jours à venir!

Je ne prends pas d’aluguer cette fois, car leurs horaires sont aléatoires sur ce trajet, comme ils viennent du petit village de São Pedro au sud, leur fréquence est plutôt faible. Donc, un petit coup de taxi, qui ne coûtera pas plus de 11€, va me conduire à la capitale de São Vicente, j’ai nommé: Mindelo. L’arrivée en ville, comparée à Praia, est moins… déstabilisante, dirais-je. Pas de maisons en cours de construction aux emplacements anarchiques ni de voies rapides sans goût, non, ici on déboule en ville en longeant l’océan, et la ville s’étale élégamment le long de sa petite baie. Là, Mindelo marque déjà un point! Je me fais déposer à mon hébergement pour deux nuits, que tout le monde connaît ici: c’est la Simabo Guesthouse, mix de maison d’hôtes et d’auberge de jeunesse, qui gère en même temps un refuge pour animaux (chiens et chats surtout) et une petite clinique vétérinaire. C’est cette raison qui m’a poussé à venir ici.
Bon ben, par où commencer mon exploration de Mindelo? Allez, je me décide pour le bord de mer d’océan (c’est l’Atlantique, quand-même)! La flânerie est bien agréable, avec une petite brise sympa pour contrer la chaleur (ça tape bien aujourd’hui). Il y a même quelques palmiers qui ajoutent une note de gaieté à l’ensemble. Quant à cette énorme masse rocheuse au loin, au début je pensais que c’était l’extrémité de la petite baie qui enserre Mindelo. En réalité, c’est l’île de Santo Antão que j’aperçois. À vol d’oiseau, elle n’est qu’à 15 km de distance. J’ai presque l’impression de pouvoir la toucher en tendant le bras, c’est fou! Quant à cette majestueuse statue d’aigle, c’est l’Àguia do Mindelo, qui rend hommage à la première traversée aérienne de l’Atlantique Sud en 1922.






Après le rond-point « de l’Aigle », comme on dit ici, voici la Praça Dom Luis, avec ce superbe ancien bâtiment colonial tout de bleu vêtu (occupé de nos jours par une agence de voyages), et SURTOUT, en face de celui-ci, un endroit emblématique, devenu icônique pour les admirateurs de Cesária Évora: une gigantesque oeuvre murale, non pas une peinture comme on pourrait le croire mais une sculpture de son visage réalisée directement sur un des murs de la bibliothèque municipale. Son auteur, un artiste surnommé Vhils, s’en est donné à coeur joie en 2019, à coups de burin et de perceuse (!) pour réaliser ce qui allait devenir un immanquable lors d’une visite à Mindelo. Sacré boulot, chapeau bas! Cesária est tellement représentative du Cap-Vert qu’elle se retrouve même sur les billets de 2000 CVE!




200 mètres plus loin, toujours en longeant l’océan, voilà un monument qui va inévitablement ramener tes pensées vers Lisbonne: une réplique de la Tour de Belém, mais en plus petit et pas au détail près, ne nous emballons pas! Petit cadeau souvenir des portugais, qui l’érigèrent entre 1918 et 1921. Elle abrite un petit musée de la mer, qui ne cassera pas trois pattes à un canard, mais en contrepartie, je t’exhorte vivement à grimper sur la terrasse au sommet, pour admirer Mindelo d’un peu plus haut. Je crois que c’est la partie préférée des petits groupes d’écoliers qui viennent visiter la tour!





Partons maintenant explorer le centre-ville de Mindelo, plus propice à une vraie immersion dans la vie quotidienne des mindelense (les habitants de Mindelo, tu l’auras compris). Tiens, ça commence super bien, car voilà le marché en plein air de la Praça Estrela, souvent surnommé marché africain, qui est un vrai feu d’artifice de fruits et légumes exotiques (bananes, papayes, igname, manioc…). Je fais même d’une pierre deux coups, car en même temps je repère l’endroit principal en ville d’où démarrent les aluguers. Cela me sera utile pour demain…

C’est très agréable de se balader au gré des rues pavées, parfois pentues, avec ses anciennes maisons coloniales colorées. L’adage capverdien No Stress ne se dément toujours pas, les gens sont relax, c’est reposant de ne pas croiser de personnes pressées qui marchent à l’accéléré comme à Paris, comme s’ils étaient poursuivis par des tueurs à gages 🤭. Les plus vieux papotent, jouent aux cartes, et les femmes préparent le repas du soir sur le pas de leur porte. Je dirais que l’atmosphère est nonchalante, dans le bons sens du terme, à ne pas confondre avec de la paresse comme pourraient en juger certains touristes à l’esprit étroit! Cela dit, un des rares bémols que je pourrais formuler est que certains jeunes (ou quelquefois moins jeunes), désoeuvrés et désabusés par le chômage et la vie compliquée, choisissent la mauvaise direction et se réfugient dans l’alcool (l’excès de grogue peut faire des dégâts) ou la mendicité. Le tourisme de masse, surtout à Boavista et Sal, encourage indirectement cette pratique. Oh, ils ne sont pas agressifs, mais les « Give me money » plaintifs tapent vite sur le système. Et leur donner une obole ne les aide en rien, excepté à stagner dans cette situation. Vaut mieux faire un don à l’une ou l’autre association. Mais pas d’inquiétude pour autant, on n’est pas dans une favela d’Amérique latine…









Et si tu aimes le street art, les découvertes sont multiples à Mindelo, au gré des façades ou des murs nus propices à accueillir des fresques et peintures, souvent à l’initiative des habitants eux-mêmes.



Bon, je crois qu’il est temps de reparler de ce petit bout de femme qui représente à elle seule tout le Cap-Vert, celle qui a sa statue face à l’aéroport, son visage en sculpture de 10 m de haut sur un mur, et son portrait dans tous les bars et restos de Mindelo. Un monument, une icône: Cesária Évora. Ce serait bien le diable qu’on ne lui ait pas consacré au moins un musée! Sois tranquille, bien sûr qu’il existe un musée consacré à elle à Mindelo! Et je dirais que c’est une obligation d’y aller, pour rendre hommage à cette chanteuse partie de rien qui a sublimé la morna, ce style musical emblématique du Cap-Vert.
C’est quasiment un lieu de pèlerinage pour tout capverdien qui se respecte! Photos, extraits audio et vidéo, entre autres celui de ses funérailles à Mindelo (*lien vidéo), où des milliers de personnes venues lui rendre hommage ont repris en choeur Sodade, un de ses plus grands titres. Crois-moi, ça prend aux tripes. Quant à cette table sur laquelle une bouteille de cognac côtoie un cendrier, c’est vraiment très symbolique, car ce sont ces deux éléments qui ont contribué à sa fin… D’ailleurs, en montant à l’étage, tu verras, sur le balcon, cet écriteau peut-être unique au monde dans un musée, qui t’invite à en griller une petite, en mémoire ce « Cize », le petit surnom de Césaria… 🚬






Cesária Évora est née en 1941 à Mindelo. Cesária grandit dans une famille pauvre, avec ses quatre frères et sœurs. Suite au décès précoce de son père, elle se retrouve dans un orphelinat où elle prend des cours de chant. C’est à l’âge de 16 ans qu’elle commence à chanter dans des petits bars locaux, suite à la rencontre avec un marin portugais, chanteur et guitariste. De fil en aiguille, elle devient l’étoile montante de la scène musicale capverdienne. Mais en 1975, coup du sort: suite à l’indépendance du pays, le nouveau régime politique entraîne la la fermeture des bars. Cesária se retire de la scène et se mue dans le silence durant 10 ans. 1985 sera l’amorce d’un nouveau tournant dans sa vie: pour les 10 ans de l’indépendance, elle enregistre un album à Lisbonne en compagnie d’autres artistes capverdiens. Elle est remarquée par un producteur français d’origine capverdienne, José da Silva, qui fera redécoller sa carrière, et son titre-phare Sodade la propulsera au niveau international. Cesária s’éteint le 11 décembre 2011 à Mindelo, sa « ville de coeur » depuis le premier jour. Trois jours de deuil national seront décrétés.
Quoi d’autre à découvrir à Mindelo? Au hasard de ta balade, tu tomberas forcément sur ce gros palais colonial de couleur rose. C’est l’ancien Palais du Gouverneur, là où vivait l’ancien gouverneur portugais (c’était pas difficile à déduire, aussi). Il a été rebaptisé Palácio do Povo (Palais du Peuple) après l’indépendance du Cap-Vert. Et le bâtiment jaune qui se trouve derrière, c’est le Liceu Velho (l’Ancien Lycée), qui abrite actuellement une école d’art et une antenne de l’Université du Cap-Vert.



À deux pas de là, la Praça Amílcar Cabral (appelée Praça Nova avant l’indépendance) est comme qui dirait le centre névralgique de Mindelo, l’endroit où les habitants se rencontrent, où les amoureux viennent roucouler, où les gosses de la petite école d’à côté viennent en récré jouer autour de la fontaine… C’est un des coins les plus vivants de la ville. On y trouve un musée bien intéressant, mais on y reviendra plus tard.




La soirée s’amorce en douceur, et je commence à avoir une petite faim! Et j’ai justement repéré, à un ou deux endroits de la ville, de curieux petits stands orange sur roues appelés Bifana na hora, qu’on peut traduire par « bifana à la minute ». Pour rappel, la bifana c’est ce sandwich rond à la viande de porc marinée. Allez, le gars me l’a faite en un peu moins de deux minutes, mais ne pinaillons pas, pour 200 CVE c’est cadeau…

Je me dégote un minuscule bar-resto à 100 m de la Praça Dom Luis, à la devanture tellement discrète que je suis certain de n’y trouver aucun touriste. En effet, c’est du 100% authentique capverdien, avec des nappes à carreaux sur les tables et des chaises en plastique rouge. Voilà enfin l’occasion de goûter au vrai plat national du pays, celui qu’on cite en premier quand on évoque la cuisine capverdienne, j’ai nommé: la cachupa! C’est un peu la cousine éloignée de la feijoada du Portugal. La base du plat, ce sont les haricots et le maïs. Si ce sont les seuls ingrédients présents, elle s’appelle alors cahupa pobre. Pour la cachupa rica, on y ajoute de la viande de porc et du chorizo, du morcela (boudin noir), des patates douces… Il y a encore une troisième variante appelée cachupa refogada, faite à partir des restes de la cachupa de la veille, réchauffée dans une poêle avec des oignons et un œuf au plat. Simple, mais copieux et délicieux! Voilà donc comment se conclut cette première super journée sur São Vicente!
Bar Boaventura Domingas – à 100 m de la Praça Dom Luis, vers le sud.

Un petit tour sur l’île de São Vicente.
J’ai choisi de ne pas louer de voiture sur São Vicente, à l’instar de Sal, l’île où je me trouvais précédemment. Je vais donc renouveler la chouette expérience du transport en aluguer collectif! Mais avant toute chose, pour bien démarrer une journée, il n’y a pas 36 alternatives: un bon petit-déj’ dans une petite pâtisserie bien d’ici. J’ai bien aimé entre autres le pão de Deus, un petit pain sucré à la noix de coco, qui en réalité nous vient du Portugal.
Pastelaria Morabezza – sur Avenida Baltazar Lopes da Silva.


Je retourne du côté du marché de la Praça Estrela, vu que c’est là que se trouve le point de départ de la majorité des aluguers à Mindelo. Pour rappel, la règle du jeu est simple: on cherche son véhicule en demandant la destination au chauffeur, et dès que c’est fait, on embarque! on paie avant ou une fois arrivé, c’est égal. Cette fois, c’est plutôt marrant car j’embarque en passant par le coffre et en rabattant une partie de la dernière banquette! Oui, c’est parfois folklorique. Une femme monte avec des sacs de légumes et deux poules dans une caisse en carton. Ah, je ne suis pas le seul « blanc » cette fois, il y a deux touristes qui grimpent aussi à bord. Ils descendront au niveau du Monte Verde, pour accéder au sommet à pied, on s’en doute. Pour ma part, je continue jusqu’à la partie nord-est de l’île. Tiens, je te propose quelques petits tours de roue:
Pour ma part, je descends à Baía das Gatas, un gros village côtier à 11 km de Mindelo, prisé des mindelense aisés qui y possèdent souvent une résidence secondaire et vont y prendre du bon temps les weekends. Par contre, en semaine, c’est mort de chez mort. Je ne croiserai quasiment personne, hormis quelques gamins jouant sur la plage et un expatrié français (bien sympa) venu s’installer sur São Vicente pour se « déconnecter » complètement. À part çà, même si c’est fantomatique en semaine, le coin n’est pas vilain avec ses quelques maisons colorées et ses barques du même acabit sur la plage. Cependant, Baía das Gatas, la « baie des chats »… Quels chats?? J’en vois aucun, moi! Hé non, c’est dans l’océan qu’il faut chercher: le nom vient du requin-chat, une petite espèce inoffensive de requin qui vit dans les parages. Je ne suis pas sûr qu’il fasse « Miaou », celui-là…
Bref, un coin très (trop?) tranquille… du moins pour le moment, car je suis tombé sur un grand panneau explicatif à propos d’un projet d’hébergements de haut standing avec des petites maisons sur pilotis. Inquiétant, çà… São Vicente va-t-il emboîter le pas à Boavista? Affaire à suivre. J’espère que l’océan Atlantique, qui n’est jamais une mer d’huile et lance furieusement ses vagues contre les rochers, contrecarrera ce projet loufoque…















Pour rallier ma prochaine étape, un autre petit village appelé Salamansa, je ne ferai pas appel à un aluguer, mais à mes guibolles! Situé à 5 km à l’ouest de Baía das Gatas, on peut longer la route asphaltée ou, bien mieux encore, longer l’océan au plus près via un sentier qui semble assez peu connu, étant donné le nombre restreint d’empreintes de pas d’éventuels randonneurs. Attention, ne rêve en aucun cas d’un joli sentier arboré et ombragé, ce sont deux termes qui s’appliquent rarement sur São Vicente! Non, c’est bien pierreux et poussiéreux, on pourrait presque croire qu’on se trouve en plein désert, s’il n’y avait le rugissement des vagues de l’océan tout proche pour te démontrer le contraire. Je ne croiserai personne durant le trajet, hormis deux ou trois pêcheurs à l’approche de Salamansa, qui se profile au loin…




Allez, encore un p’tit effort, et j’entre enfin dans Salamansa, un autre petit village en bord d’océan, que j’ai trouvé un peu plus « vivant » que Baía das Gatas. Au moins, il y a un peu de monde qui circule, et c’est justement l’heure de sortie des écoliers qui mettent un peu de vie dans les rues! Salamansa est surtout connue pour son immense plage de sable blanc, si bien qu’on ne puisse pas vraiment dire que le village a les pieds dans l’eau, étant donné la largeur inhabituelle de cette impressionnante bande de sable. C’est un petit paradis pour les kitesurfeurs, et les mindelense aiment aussi s’y retrouver les weekends.
En tout cas j’ai bien aimé l’atmosphère de Salamansa, plus authentique que Baía das Gatas. D’autant plus qu’on mange super bien dans l’unique resto-bar du village, fait de bric et de broc, posé en plein dans le sable, sorte de cabanon à la sauce capverdienne. Crêperie chez Zoé, ça s’appelle, rapport aux origines des anciens proprios. Un plat de poisson, ça me tente bien… Je goûte au bedion, sans trop savoir à quoi j’ai affaire. Tendre et savoureux, comme la plupart des poissons évoluant dans les eaux de l’archipel. En fait, bedion est l’appellation locale pour désigner le poisson-perroquet.








Pour revenir à Mindelo, je ne vais pas faire appel à un taxi, mais y aller à l’instinct, en essayant de tomber sur un aluguer par hasard (ou par chance). Au pire, je demanderai à quelqu’un. Il y en a bien qui font un crochet par Salamansa pour rallier Mindelo, mais moins souvent que pour Baía das Gatas ou Calhau, à l’est. Mais ma bonne étoile est avec moi car en me retournant, en voilà justement un qui déboule! Petit signe de la main pour l’arrêter et aller aux infos: oui, il va à Mindelo, mais il ne démarre que dans 20 minutes. Pas de souci, je ferai un petit tour en attendant, en me faisant quand-même indiquer le lieu du départ. J’aime bien l’ambiance parfois festive dans ces petites Toyota Hiace: ici, en attendant de partir, la radio crache de la musique brésilienne et pas qu’à 20 décibels, une gamine et sa maman commencent à danser sur leur banquette arrière… Tu t’imagines çà dans un bus de la RATP? Complètement utopique…
Retour à Mindelo en fin d’aprem, et en soirée je m’aventure un peu sur les hauteurs de la ville, pour dégoter un petit resto loin des touristes. Je trouve mon bonheur dans une petite rue aux pavés disjoints, où je m’enverrai un bon burger capverdien (ben oui, pourquoi pas?) et des frites de manioc, une première pour moi! C’est ce qui s’appelle bien finir sa journée!
Cusinha D’Terra – dans une petite rue sans nom, adjacente à la Rua Fanon (Google maps est ton ami 🙂).
Aujourd’hui, c’est mon dernier jour sur São Vicente. Et ce ne sera même pas une journée complète, car cet après-midi je vais prendre le ferry qui me conduira sur l’île voisine de Santo Antão. Une journée-charnière donc, mais dont je dois quand-même « combler » la matinée! Je me balade encore un peu dans Mindelo, mais je retourne néanmoins du côté de la Praça Amilcar Cabral, afin d’en savoir plus sur ce bâtiment à toit rouge avec, en arrière-plan, un genre de façade complètement atypique composé de ronds de toutes les couleurs. Ça m’intrigue, tout çà, faut que je sache. En réalité, ceci est un musée, appelé ici le CNAD (pour Centro Nacional de Artesanato e Design), installé à la fois dans cet ancien bâtiment colonial et dans une nouvelle structure moderne, dont l’extravagante façade est composée de couvercles de barils recyclés et repeints! Toute une symbolique car ces barils métalliques font partie intégrante de la vie capverdienne: ils servent par exemple de contenants dans les marchés aux textiles, ou sont transformés en tôles pour faire des toitures. Bref, on y trouve un aperçu de l’artisanat de l’archipel, comme le tissage, les instruments de musique, le travail du bois et du métal… Ce n’est pas pléthorique, mais super intéressant. Allons, plus que trois petites heures avant d’embarquer pour Santo Antão! Mais çà… ce sera pour le prochain carnet!






DEUXIÈME « DEBRIEF » DU VOYAGE:
Voilà la deuxième partie de ce périple qui s’achève, avec deux autres îles ayant chacune leur personnalité! D’abord Sal (que je n’aurais pas dû visiter si le service de bateaux pour Brava n’avait pas capoté), aride et plate, qui attire surtout les touristes pour les plages, c’est vrai, mais qui possède encore quelques coins authentiques pour qui prend la peine de « gratter l’écorce ». Et surtout, le hasard a super bien fait les choses en me faisant découvrir la fête de São João, ce feu d’artifice de sifflets et tambours, véritable exaltation de l’âme capverdienne! Ensuite São Vicente, sa bouillonnante capitale Mindelo, ses villages côtiers hors du temps, et surtout celle qui a vu le jour ici, et dont je suis devenu fan absolu: Cesária Évora. Mais l’aventure continue, et je n’exagère pas en te disant que tu vas en prendre plein les yeux!
« Je voudrais aller jusqu’au bout de mes forces, si Dieu me le permet. Pourtant, je ne suis pas raisonnable. J’ai arrêté de boire mais, malgré l’avis du médecin, je continue à manger des batatinhas et à fumer. Je ne peux pas faire autrement, c’est ma vie. »

Que de dépaysement !
Des noms jamais entendus… des photos fort réussies, l’humour… tout le cocktail est au rendez-vous.
PS : BB a beaucoup aimé le chat-requin 😀
À bientôt 🐈😻
Bonjour Emilia, c’est vrai, « dépaysement » est le terme le plus approprié qui soit pour ce voyage au Cap-Vert!
Mais attendez de voir la suite… Santo Antão va vous étourdir tellement les paysages sont fantastiques!
À bientôt pour de nouvelles aventures!
J’aime beaucoup la chanteuse aux pieds nus. Aller à ´son musée ´ doit être très émouvant 🎶🎶
Oui, je suis devenu un fan absolu!
Excellent ! Encore un super voyage semble t-il !
Hé oui, comme tu le dis si bien!
C’est très bizarre, ce commentaire était destiné à ton dernier article, sur les Açores… Je ne sais pas ce qui s’est passé ! 😅
T’inquiète, le Cap Vert aussi bien que les Açores, c’était génial! 😁