Partager la publication "Voyage en Turquie – 3ème partie: en route vers l’ouest du pays – juin 2024."
Istanbul, Ankara, la Cappadoce… Que de chemin parcouru depuis que j’ai posé le pied pour la première fois dans le quartier stambouliote de Galata! Sais-tu que malgré ces 10 premières journées d’une intensité rare, nous n’en sommes qu’à la moitié de ce périple hors normes? Parfaitement! Je vais donc quitter la Cappadoce pour me diriger vers la côte ouest de la Turquie. Pas d’une traite, bien sûr, il faut bien se dire qu’Izmir est encore à presque 800 km d’où je suis en ce moment! Quelques étapes très intéressantes, souvent hors des sentiers battus, nous attendent. Alors, si tu es prêt(e), je le suis aussi, y a plus qu’à démarrer!
Sultanhanı et Afyonkarahisar.
Voici que débute une nouvelle journée, elle est particulière car c’est aujourd’hui que je quitte cette belle Cappadoce qui a su m’étonner plus d’une fois. Direction l’ouest du pays donc, comme je le disais en intro, mais avant d’atteindre Izmir et même de continuer plus loin par après (hé oui!), je devrai me coltiner deux grosses étapes de roulage réparties sur deux journées, à travers la Turquie intérieure. Alors oui, c’est vrai que la majorité des touristes prennent directement l’avion pour faire ce style de trajet, mais comme tu sais que je ne fais pas partie de cette majorité, j’ai préféré poursuivre le périple en voiture, afin de découvrir les facettes de cette Turquie méconnue qu’on ne fait généralement que survoler.
Je quitte donc İbrahimpaşa pour un premier trajet, pas trop long, d’environ 130 km, qui me conduira à environ 100 km au nord de Konya; bien sûr, étant donné la taille gigantesque du pays, 100 km sur la carte, c’est comme un saut de puce. ce n’est pas encore de l’autoroute pour le moment, mais la D300, une « quatre bandes » assez monotone avec d’interminables lignes droites, traversant un paysage légèrement vallonné couvert de champs, essentiellement des céréales. C’est la pleine période des moissons ici, ça s’active de tous les côtés, mais à la différence du machinisme XXL des pays d’Europe de l’ouest, je ne croise que des petits tracteurs tractant des remorques du même acabit, qui font la file à l’entrée des petites coopératives agricoles disséminées dans la région.
Ce qui m’a surpris également, et c’est valable pour toute la Turquie, c’est le nombre de vieux modèles de voitures qui circulent encore sur les routes, et qui arrivent encore à dépasser vaillamment les modèles plus récents. Par exemple, des Renault 11 et 12, je te garantis que tu vas en croiser des dizaines. La raison en est simple: ces modèles on été fabriqués dans le pays à partir des années 1970 jusqu’au tout début des années 2000! En définitive, les derniers modèles construits ne sont pas si vieux que çà. Par contre, la marque Tofaş, çà je ne connaissais pas. C’est une marque de voiture turque créée dans les années 1960, issue d’une association avec la marque Fiat. Après 2008, la marque spécifique Tofaş a été remplacée par le logo de Fiat. Au niveau des camions, j’ai souvent croisé d’antiques modèles Fargo et DeSoto, qui ne sont plus fabriqués, mais qui semblent increvables et savent tout faire.







Je vais me faire un petit arrêt intermédiaire, histoire de ne pas faire un trajet trop long en une traite, et pour ménager un peu la voiture, car le soleil cogne sec aujourd’hui. Nous sommes aux débuts d’une grosse vague de chaleur qui va aller en s’amplifiant dans les jours à venir, et j’avoue que les derniers jours du voyage seront un peu compliqués à cause des températures écrasantes. Bref, pour l’instant, me voici arrivé à Sultanhanı, une petite ville où à première vue il ne semble pas se passer grand-chose; mais si de temps à autre un autocar de touristes s’y arrête, c’est qu’il y a une raison. Et cette raison, c’est son fameux caravansérail.
Celui de Saruhan (tu te souviens, les derviches en Cappadoce?) était déjà impressionnant, mais le caravansérail de Sultanhanı est encore un cran au-dessus. Bâti au 13ème siècle et agrandi après un incendie, il a fini par devenir le plus grand caravansérail du pays. L’extérieur en met déjà plein les yeux: ça fait immédiatement penser à une forteresse, ce qui n’est pas complètement faux car les caravansérails servaient à abriter les caravanes marchandes, humains comme animaux, contre les pillards durant la nuit (et en sus, l’hébergement était gratuit!). L’entrée principale est du même calibre, vraiment monumentale. À l’intérieur, une petite mosquée dans la cour précède l’immense bâtiment principal, soutenu par un vrai festival de colonnes et d’arcades qui évoque presque une cathédrale. Moi, je sais pas pourquoi mais ça me fait penser à la Citerne Basilique d’Istanbul, mais sans l’eau… Le caravansérail accueille souvent des expos temporaires; lors de mon passage, on pouvait y admirer de belles tapisseries.










Je quitte Sultanhanı pour une très grosse étape de roulage de 300 km, en majorité sur autoroutes, ça fera gagner du temps même si je ne suis pas spécialement fan de ce genre de routes. C’est en milieu d’aprem que j’arrive enfin à Afyonkarahisar, une petite ville perdue de la Turquie intérieure, à 400 km encore de la côte ouest. Un peu long à retenir comme nom, mais pas de souci, en Turquie tout le monde l’abrège en Afyon. Alors pourquoi (et comment) j’ai choisi cet endroit bien loin des circuits touristiques? Déjà, pour ne pas doubler la distance qui doit me rapprocher de la côte ouest, et enfin un peu au hasard, en fouillant sur Google maps et en ayant vu quelques photos, je me suis dit « pourquoi pas ». Et je ne regrette pas mon choix.
L’entrée en ville est un peu bordélique, c’est plein de petites rues souvent à sens unique, et la circulation est loin d’être disciplinée. Heureusement, je trouve un parking gratuit à proximité de mon petit hôtel (non, pas de Airbnb cette fois). Je dépose mon sac et me voilà prêt à entamer mon exploration de cette modeste ville encore authentique, idéale pour observer la vraie vie quotidienne du pays. À propos, tu dois savoir que Afyon en français signifie opium. Pas de panique, aucun cartel asiatique de drogue ne fait sa loi ici! La culture du pavot dans la région, contrôlée par l’Etat même, est destinée à l’industrie pharmaceutique et les graines servent même d’ingrédient à la cuisine locale, voilà tout. Je fais d’abord un tour dans la ville basse, pas vilaine du tout avec ses petites rues commerçantes et son petit parc. Je remarque qu’il y a beaucoup de boutiques de charcuterie dans le centre-ville, ce qui est facile à expliquer, une des spécialités locales (avec les loukoums) est une saucisse réputée dans tout la pays: la Cumhuriyet sucuk, au boeuf ou à l’agneau, à laquelle on ajoute des épices. Impossible de la manquer à Afyon, quand on voit les chapelets de saucisses accrochés en vitrine!









Bon, s’il y a une ville basse, faut pas être Sherlock Holmes pour en déduire qu’il y a une partie haute! C’est à l’assaut de celle -ci que je vais me lancer. Mais auparavant, il faut parler de la raison principale pour laquelle in vient à Afyon: son ancienne forteresse, perchée au sommet d’un incroyable rocher d’origine volcanique, et dont la ville tire son nom; Afyonkarahisar, c’est « la forteresse noire de l’opium ». De chaque coin de la ville, on ne voit qu’elle! Il est possible d’y grimper, mais ce n’est pas évident. Il existe des volées de marches qui y conduisent, mais il arrive qu’e l’accès en soit fermé à cause de chutes de pierres. Comme c’est le cas aujourd’hui, bien dommage. Il y a bien un autre sentier pourrait servir d’alternative, mais dans le genre casse-gueule, il peut prétendre à un podium! Sa pente défie toute logique, et c’est du petit caillou bien traître qui se dérobe sous la semelle. Alors, à moins d’être un chamois… Même moi je n’ai pas tenté le coup.





La vieille ville d’Afyon me donne réellement l’impression d’être dans un village. Se perdre à travers ces petites ruelles en pente, aux pavés disjoints et bordées de vieilles maisons parfois colorées qui leur donnent un petit air des îles Canaries, est une expérience immersive dans le quotidien des habitants qui (heureux soient-ils) ne doivent pas croiser des hordes de touristes comme à Göreme. Les papis devient autour d’un thé, un groupe de femmes sont occupées à trier je ne sais quels légumes, les gosses qui se coursent à vélo, quelques mosquées et petites supérettes d’un autre âge… On est déconnecté de l’agitation de la ville basse, et bon dieu, ça fait du bien pour une fois de ne pas entendre parler anglais. Ah, ils sont bien loin, les Hello my friend d’Istanbul… Je peux aussi profiter de quelques jolis points de vue sur la ville basse.













Je reviens en soirée dans la ville basse pour le repas du soir, et j’ai envie de manger autre chose qu’un kebap ou des köfte. À Afyon, ce n’est pas difficile, les spécialités culinaires étant variées et sortant parfois de l’ordinaire. Je porte mon choix sur un lokantası, comme on appelle en Turquie ce genre de resto traditionnel et pas encore trop cher. Bien bien, voyons le menu et cherchons des plats moins courus… Ah, le keşkek par exemple. Ce curieux plat, mélange de viande d’agneau, d’épices et de blé ou d’orge, a un peu la consistance du porridge, était à la base un plat préparé pour les mariages et certaines fêtes religieuses. J’ai de la chance, certains restos turcs le servent à l’année. Je fais suivre par une assiette d’agneau en sauce avec du riz et des frites (des frites turques, pourquoi pas?). Un petit dessert pour finir, mais pas un künefe ou un sütlaç, ce serait trop simple. Goûtons donc au ekmek kadayifi, une tuerie absolue au miel (le kadayifi, que j’avais déjà goûté en Grèce) servie sur du pain moelleux et recouverte de cette crème épaisse appelée kaymak.
Lokantası Selim Usta – Millet Caddesi, 27A (ville basse).



Bergama, entre Acropole et Asclepieion.
Départ très matinal de Afyon, afin d’être au maximum à la fraîche avant les grosses chaleurs de la journée. J’ai une très grosse étape de roulage ce matin, heureusement ce sera la dernière de ce genre. Direction Bergama, vers l’ouest, où je ne serai plus qu’à 30 km à vol d’oiseau du littoral égéen. Pour s’improviser un petit-déj’ rapide et pas cher, rien de tel que les stations-services avec leur minimarket; un ou deux croissants fourrés et un café, on avale çà à l’arrache, et le tour est joué! Je ferai deux ou trois arrêts, car j’en ai facilement pour 5 heures de route, et je pense arriver à destination vers 11 heures.
Voici donc Bergama, anciennement appelée Pergame, à ne pas confondre bien sûr avec Bergame l’italienne. C’est une petite ville agréable, dont on fait le tour assez rapidement, mais c’est dans les alentours immédiats que ça devient intéressant. Pour les amateurs d’Histoire et d’archéologie, Bergama c’est le rêve. Perché sur sa colline, le site de l’Acropole domine la ville, tandis que l’Asclepieion se trouve un peu plus à l’ouest. Mais une chose à la fois, on y viendra. En attendant, je me gare sur le grand parking gratuit aux abords de la ville, et juste à côté, voilà déjà un imposant monument partiellement en ruines mais qui en impose encore. C’est la Basilique Rouge, vestige d’un ancien temple romain où on vénérait les dieux égyptiens. Une belle bête: 60 m de long, 26 m de large, 20 m de haut; l’utilisation de la brique rouge comme matériau te donne un sacré indice sur l’origine de son nom. Pas forcément grand-chose à voir, mais c’est assez spectaculaire d’errer entre ces hautes murailles de briques, et quand le vent souffle bien comme aujourd’hui, cela confère une petite touche d’étrangeté.














Ne serait-il pas l’heure de casser la graine? Mais par cette chaleur, on va oublier les trucs de style iskender kebap dégoulinant de beurre fondu! Non, je vais tester une des versions de la pizza turque, à savoir la lahmacun. Cette sorte de pizza ronde à pâte très fine est garnie de légumes ou de viande hachée. On la mange avec les doigts, par petits morceaux, ou alors comme beaucoup de turcs le font, en la roulant comme un wrap. Et qui plus est, ce n’est pas trop lourd!
Arzu Pide Ve Çorba Salonu – au début de Mermer Direkler Cad.

Avant de s’attaquer au « plat de résistance » que constitue l’Acropole, je pars découvrir le site de l’Asclepieion, à 15 minutes à pied à l’ouest de la ville. Un asclepieion, dans l’Antiquité, c’est un peu comme un centre médical de nos jours. Enfin bon, pas tout à fait, c’était plutôt un sanctuaire dédié à Asclépios (ou Esculape), dieu de la médecine. Les patients qui y venaient passaient la nuit sur place, espérant entrer en contact avec la divinité à travers leurs rêves; le lendemain, un prêtre interprétait ces rêves et prescrivait les remèdes ad hoc. Je ne pense pas que ce genre de protocole pourrait encore fonctionner de nos jours… Ici à Bergama, l’Asclepieion était surtout spécialisé dans les cures thermales, bains de boue et traitements à base de plantes. L’accès principal, une large voie dallée de 800 m, en met déjà plein les yeux. Les malades étaient traités aux petits oignons: des bains, un bâtiment circulaire à deux étages relié à la « source sacrée » par un passage souterrain, une bibliothèque, un amphithéâtre…









Je quitte le site pour traverser la ville à nouveau, car j’ai gardé le meilleur pour la fin: on va aller explorer ensemble ce fameux site antique de l’Acropole, dont les premières pierres furent posées au 8ème siècle av. J.-C. de fil en aiguille, Pergame s’est développée et prospéré aussi bien dans l’agriculture que dans le commerce, pour devenir une des cités les plus importantes d’Asie Mineure. Je ne vais pas t’imposer un cours d’histoire détaillé, le mieux c’est encore d’y aller tout de suite pour se rendre compte de visu de ce qui reste à voir sur le site!
Bon, déjà, comment atteint-on le sommet de cette colline de presque 300 m de haut? Plusieurs options se présentent. D’abord à pied, par un chemin qui grimpe, grimpe…mais par temps chaud, c’est pas l’idéal. Il y a la voiture aussi, mais le chemin est étroit et le parking loin d’être immense, et payant de sucroît. Mais il existe un moyen plus insolite de grimper là-haut: le téléphérique! Même si c’est pas tout à fait le même délire que celui de l’Aiguille du Midi à Chamonix, c’est toujours marrant d’utiliser ce mode de transport. Mis à part peut-être quand le vent souffle aussi fort qu’aujourd’hui! J’ai pris un tas de téléphériques lors de mes voyages, mais pour tanguer et se balancer par grand vent, celui-ci ne fait pas dans la demi-mesure! Cette inclinaison inquiétante venant d’un vent latéral m’a fait croire un instant (même si techniquement ça ne se peut pas) que la cabine allait heurter un des pylônes… Enfin bref, je suis arrivé sans encombre, tu t’en doutes.


Le premier truc qui saute aux yeux dès qu’on fait ses premiers pas sur le site, qui passe même avant les vestiges, c’est ce panorama de ouf sur les alentours et la ville en contrebas. C’est ébouriffant, et je ne fais pas de jeu de mot à deux balles à cause du vent! Allez, on y va. Après être passé à côté de vestiges couchés au sol (colonnes, frontons), je prends déjà une claque visuelle digne d’un uppercut de Mike Tyson: face à moi, l’amphithéâtre, qui pouvait accueillir 10.000 personnes, s’étage à flanc de colline. Non, en fait le verbe « s’étager » serait plutôt un sacré euphémisme! J’aurais dû dire dévaler, dégringoler… Sacré bon sang, quelle déclivité! De son sommet, quand on descend ses marches, on pourrait presque se croire à la verticale. Il est à juste tire le plus « raide » théâtre antique du monde. Acrophobes, s’abstenir!






C’est très intéressant de déambuler parmi ces ruines, et d’autant plus paisible que ce n’est pas la grande foule comme sur le site d’Éphèse, pour ne citer que lui. Il ne reste pas forcément grand-chose de la bibliothèque et de quelques petits temples; par contre le Temple de Trajan, dont les colonnes de marbre sont toujours debout, n’a rien à envier à certaines constructions du même acabit que j’ai pu voir en Grèce. Les fondations même du Temple sont super bien conservées également.







Alors pour redescendre en ville, on peut le faire en téléphérique, cela va sans dire, mais pourquoi pas à pied, en suivant l’ancienne voie romaine dont on devine encore quelques dalles et pavés? Elle conduit à la partie basse de l’Acropole, où bizarrement bien peu de touristes s’aventurent. On y trouve entre autres les vestiges du gymnase et du Temple d’Héra, moins impressionnants certes mais dans un décor plus sauvage, plus authentique qu’en haut.




Pour sortir du site, rien de plus simple, il suffit de passer le discret tourniquet en bordure de la petite route qui grimpe vers le sommet du site. Après, il n’y a plus qu’à rejoindre Bergama en traversant son vieux quartier populaire et ses vieilles maisons, pour atteindre un petit cours d’eau à sec franchi par deux anciens ponts.






Foça, l’ancienne Phocée.
Je vais demander à ma petite voiture un dernier petit effort de 80 km pour aujourd’hui. après, promis, les étapes seront sacrément inférieures aux 300 km qu’elle s’est avalée presque deux fois de suite! Enfin la côte ouest, la mer, on y est! C’est la mer Égée pour être précis, et les îles grecques de Chios et Lesbos ne sont qu’à 70 km à vol d’oiseau. C’est à Foça que je poserai mon sac pour cette nuit, à 60 km au nord-ouest d’Izmir. Foça, c’est la descendante de l’antique cité de Phocée qui se trouvait ici, mais dont il ne reste quasiment rien. Elle était habitée par des grecs, qui finirent par s’y trouver un peu à l’étroit et partirent explorer les mers Égée et Méditerranée. Ils ont fini par s’établir, entre autres, dans le sud-est de la France, pour y fonder la ville côtière de Massalia, qui plus tard s’appellera Marseille. Les p’tits grecs de Phocée à l’origine de Marseille… Tu comprends mieux pourquoi on la surnomme la Cité Phocéenne?
La vieille ville n’est pas bien grande, elle se cantonne à quelques petites ruelles qui conservent leur tranquillité, car la majorité des visiteurs se concentre plutôt sur le port. Le mélange de maisons anciennes, de style grec ou ottoman, est aussi homogène que joli, d’autant plus que certaines habitations sont très fleuries, ça me fait d’ailleurs vachement plaisir de revoir les couleurs éclatantes des bougainvillées, qui me rappellent mon voyage dans les Cyclades l’année précédente! C’est dans une de ces vieilles maisons en pierre que je loge en Airbnb, où habitent l’hôte et sa famille; je pense qu’on pourrait les prendre en photo pour illustrer les mots « gentillesse » et « hospitalité » dans le dictionnaire. L’hospitalité turque n’est pas une légende, crois-moi bien!





Il fait très chaud aujourd’hui, et il va falloir cohabiter avec ce type de temps jusqu’au finish de mon périple! Heureusement qu’en bord de mer, il y a toujours une petite brise pour contrebalancer un peu. Bref, me voilà sur le petit port de Foça, vraiment charmant avec ses petites barques de pêche et ses petites terrasses de bars et restos. Au moins on n’y est pas noyé par la foule, et il n’y a pas de méga yachts de gros richards pour défigurer le tableau. C’est encore familial et authentique par ici, contrairement à Bodrum ou Marmaris. Les familles turques adorent se balader sur le front de mer, le long des vestiges des remparts et de l’ancienne forteresse génoise.













Pour manger en soirée, ce n’est pas le choix qui manque, que ce soit le long du port ou dans la rue commerçante Atatürk Cad. Ça ne te coûtera pas un bras et ce n’est pas trop racoleur. Je me choisis un petit lokantası toute simple, qui propose plein de trucs différents dans de grands plats en inox; on peut se faire un mix en prenant un peu de ceci, un peu de cela… Bon alors, quelques mantı (tu te souviens, les raviolis), des fasuliye (gros haricots blancs), de la viande d’agneau et une petite ratatouille de légumes, ça me semble une excellente combinaison! Je traîne encore un peu sur le port en fin de soirée pour rentrer chez Tansel, mon hôte, pour m’installer dans le jardin, autour d’une table, en compagnie de la famille en discutant de mille et une choses et en picorant ensemble une cerise ou une prune d’une corbeille de fruits. Du point de vue immersif et instructif, on est quand-même bien au-dessus d’un tour en quad dans la poussière cappadocienne, je pense…
Karatas Ev Yemekleri – Atatürk Cad, 194.

Izmir, la méconnue.
Départ de Foça, après un sympathique petit-déj’ que je qualifierais de familial, pour un court trajet de 60 km vers le sud. Rien de plus aujourd’hui, la voiture doit être ravie de cette petite trêve après avoir bouffé autant de kilomètres! Un « saut de puce » donc, à l’échelle du pays, mais pour atteindre au plus près la tentaculaire Izmir, je devrai me coltiner un menu sans saveur composé de voies rapides, de bretelles de sortie et de feux tricolores. Voilà donc Izmir, troisième ville du pays après Istanbul et Ankara, qu’on appelle encore souvent par son nom traditionnel, à l’époque de sa fondation par les grecs: Smyrne. Elle se trouve au bord de la mer Égée, à 80 km de l’île de Chios. Alors oui, c’est vrai qu’elle est moins fastueuse et magnétique qu’Istanbul, moins « parlante » qu’Ankara historiquement, mais ça lui fait gagner des points en authenticité, et la vie quotidienne à Izmir est plus « sincère », moins conditionnée par les flux de touristes comme à Istanbul. Mais alors, me diras-tu, pourquoi des bateaux de croisière s’arrêtent-ils au port d’Izmir? Oh, çà… T’inquiètes, c’est pas pour ici, c’est pour embarquer en autocar les troupeaux en excursion sur le site d’Éphèse, à 80 km d’ici (au pas de course, bien sûr)!
Se garer en plein-centre-ville, en rue, n’est pas vraiment la meilleure idée du siècle. Non, le mieux c’est encore de laisser son carrosse dans un des parkings souterrains qui bordent le Kültürpark, un vaste espace vert au nord de la ville, quadrillé de larges allées où les palmiers sont au garde-à-vous, lieu de promenade très prisé des smyrniotes (les habitants d’Izmir, pour qui aurait « sauté » le paragraphe précédent! 😉).





Je dépose mon sac au petit hôtel bon marché (hé non, c’est pas toujours en Airbnb) en bordure de la vieille ville. Si la chambre est petite et dépouillée, cela m’importe peu, mon seul but étant d’y dormir, du moment que je dispose d’un système de clim’ ou d’un ventilateur (par temps très chaud, c’est presque une question de survie)! En tout cas, des températures de 33°C ne sont pas idéales pour s’envoyer un kebap bien gras, non. Je mangerais bien un petit truc froid, tiens. Voici une excellente opportunité de goûter au sandwich local, le kumru, à la forme élancée si particulière et garni de tomates, de fromage de brebis, de salami ou de sucuk (saucisse épicée). Pas d’adresse particulière à t’indiquer, mais le kumru se trouve facilement dans des petits stands partout en ville et dans le Bazar d’Izmir.

Côté circulation, Izmir n’a rien à envier à Istanbul et Ankara! C’est tout aussi frénétique et intense, surtout sur les grandes artères, et aux feux, le bonhomme piéton vert ne dure parfois qu’une quinzaine de secondes. Il vaut mieux traverser d’un bon pas, faudrait pas gêner le départ des pilotes de F1 du grand prix d’Izmir… Par contre, le réseau de transports en commun n’est pas mal du tout, avec une ligne de métro bien répartie et efficace et un maillage de lignes de bus qui l’est autant. J’aime bien, sur certains bus, ce système de porte-vélos qui doit être bien profitable à certains usagers qui joignent l’utile à l’agréable!


J’ai évoqué, plus haut, le Bazar d’Izmir. Et comme il se trouve à deux pas, c’est une occasion rêvée pour fuir le bruit des moteurs et le relent des gaz d’échappement. Le Bazar (Kemeraltı Çarşısı en turc), c’est le coeur battant d’Izmir, le lieu de référence pour appréhender au mieux la vie quotidienne de la ville. Autrefois, c’était ici le terminus de la plupart des caravanes qui venaient de l’est lointain. C’est un vrai labyrinthe de venelles étroites se coupant et se recoupant, qui te feront parfois revenir à l’endroit même où tu es passé(e) et ne jamais retrouver l’échoppe que tu as croisé 5 minutes auparavant.
On est bien loin des voûtes et colonnes imposantes des bazars d’Istanbul, je le concède, les bâtiments modernes côtoient les anciens de façon illogique, c’est vrai aussi. Qu’à cela ne tienne: le Bazar d’Izmir, c’est un bain immersif dans la vraie vie de la cité et de ses habitants. C’est le Bazar des smyrniotes, pas des touristes. Les couleurs bariolées des tapis alternent avec les boutiques de céramiques et d’objets en cuivre (ainsi que des babioles de souvenirs made in tu-sais-où, on ne peut rien y faire), et il est encore possible de trouver de vrais antiquaires dans des endroits bien cachés. Les sens de l’odorat et du goût vont tourner à plein régime, avec tous ces échoppes débordant d’épices et de bonbons, ces petites charrettes de fruits et légumes, ces petite boucheries ou autres étals de poissons, qui sont entourés de glace ou régulièrement passés au jet d’eau pour en conserver la fraîcheur… Si tu n’es pas passé(e) par là, tu n’as rien vu d’Izmir et tu n’en as pas pu en capter l’âme.












Côté Histoire, Izmir n’est pas en reste. Un site archéologique en pleine ville, à quelques rues du Bazar, ça te dit? Direction le site de l’Agora, l’épicentre politique, social et culturel de l’ancienne cité de Smyrne! Reconstruite par les Romains après un séisme, puis laissé à l’abandon durant des siècles, des campagnes de fouilles l’ont sorti de l’oubli et lui ont offert un petit lifting bien réussi. Il est agréable d’y déambuler au milieu de toutes ces colonnes encore debout, et c’est encore mieux d’être à l’ombre en explorant ces incroyables galeries voûtées, qui abritaient un marché couvert. Il y a même encore des petites rigoles qui acheminaient l’eau et qui sont toujours fonctionnelles.










Izmir se situe sur les bords de la mer Égée, il est peut-être temps d’aller faire un petit tour de ce côté-là, qu’en dis-tu? Il suffit de dégoter la petite rue commerçante Anafartalar Cad, qui passe par le Bazar, et de la suivre jusqu’à la mer! On arrive ainsi sur la Place Konak (Konak Meydani), avec son élégante mosquée et sa Tour de l’Horloge (Saat Kulesi). C’est un coin de la ville toujours très animé, les locaux adorent y venir prendre une bouffée d’air iodé ou se prélasser sur les pelouses du parc qui séparent la Place Konak de le côte, histoire de fuir un peu le trafic débridé de la ville. Les groupes de touristes? Non, tu auras la paix, à cette heure ils ont déjà regagné leurs rafiots démesurés et ils ne visitent pas Izmir. Auront-ils seulement aimé leur excursion à Éphèse ? Ma tête à couper qu’ils vont cracher leur venin sur TripAdvisor, en clamant qu’il y avait… trop de touristes 🙄🙄.









Mince, c’est déjà le soir! Les journées filent à une de ces vitesses… Allons donc quérir bonne pitance (ça y est, je me prends pour Jacquouille dans « les Visiteurs »!) en revenant en ville, dans la zone entre le Bazar et le Kültürpark où j’avais repéré un ou deux petits restos pas chers. Il y a une rubrique « çorbası » dans le menu: des soupes turques, ah là, ça m’intéresse. Je porte mon choix sur la kelle paça çorbası, une soupe traditionnelle faite à partir de pieds et de tête de mouton. Plutôt insolite pour les occidentaux que nous sommes, mais pas d’inquiétude, on ne va pas t’apporter une tête entière d’ovin dans une assiette! Ces parties du corps mijotent lentement dans une grande casserole avec du sel et des oignons, jusqu’à ce que la viande se détache des os. Un goût assez prononcé, mais très bon avec un morceau de pain turc. Je vais essayer aussi le güveç, ce ragoût d’agneau aux légumes qui mijote au moins 3 heures dans un récipient en terre cuite qui, pour info, a donné son nom à cette spécialité qui peut se décliner aussi au boeuf ou au poulet. Mention spéciale aussi pour le nom de l’établissement, dont le gérant porte le même patronyme qu’un certain président turc. Mais aucun lien de parenté, m’a-t-il assuré…
Erdoğan Kebap Çorba Yemek Ve Pide Salonu – Anafartalar Cad, 787 (pas loin du Kültürpark).



Birgi et Şirince, quand les villages se suivent et ne se ressemblent pas…
Je quitte Izmir après un rapide petit-déj’, börek et ayran, c’est pas cher et c’est vite expédié! Huit heures du matin, et il fait déjà presque 28°C. Bon ben, il va encore faire caliente aujourd’hui, même les turcs commencent à éprouver la chaleur, c’est tout dire! Il faut juste s’adapter un peu: bien s’hydrater, chercher les coins d’ombre, faire des efforts modérés… Enfin que soit, c’est parti pour un « petit » trajet de 110 km vers l’est qui va d’abord m’amener dans le petit village de Birgi, entouré d’oliviers et de cyprès et d’une tranquillité absolue. Pas un car de touristes à l’horizon, pas de boutiques agressives, çà c’est le pied! Des rues pavées et ombragées, des petits ponts qui traversent un cours d’eau (à sec, comme ça arrive souvent en été), les bruits les plus courants étant un moteur de tracteur ou un bêlement de chèvre… c’est çà, Birgi.
Le village est-il beau, au moins? Plutôt deux fois qu’une! Ses anciennes maisons ottomanes (les konağı) et ses vieilles mosquées sont d’un charme fou. Une de ces vénérables habitations peut se visiter: le Çakırağa Konağı, un vrai petit manoir du 14ème siècle, qui offre une profusion de peintures, de boiseries et d’escaliers qui ont l’air de n’en faire qu’à leur tête. Les pièces, réparties sur 3 étages, sont assez dépouillées, mais c’est surtout l’architecture extérieure qu’on vient admirer ici. Enfin bref, c’est un petit bijou que ce village de Birgi, qui n’est pas totalement assoupi pour autant, quelques magasins, bars et restos lui conférant un peu d’animation. D’ailleurs, je m’offre une petite assiette de köfte avant de reprendre la route.
Gülsüm Ablanın Yeri – Muhittin Efendi Sok, 27.





















Je ne vais pas rejoindre Şirince tout de suite, je vais utiliser l’aprem pour partir à la découverte d’autres vieilles pierres, Bergama et Izmir m’ayant mis en appétit! Il fait très chaud, et pourtant le pic de chaleur n’est pas encore atteint; on attendrait quelque chose comme 36°C dans les jours à venir sur la côte sud, du côté d’Antalya. Pour l’heure, je roule les vitres baissées en profitant du courant d’air; non, jamais de clim, ça ne sert à rien de transformer une bagnole en frigo si c’est pour quand-même ressortir dans un four! Enfin bref, le premier site archéologique que je vais découvrir est la cité antique de Nysa, tapie au milieu d’un somptueux paysage montagneux et cernée par des champs d’oliviers.
Ce qui est super ici à Nysa, c’est la facilité d’accès au site, même en voiture. À tel point qu’il n’y a aucun parking horrible comme celui d’Éphèse par exemple, et on peut aller se garer comme on veut à l’ombre d’un olivier sauvage isolé, presque en face du théâtre antique! Aïe, ça doit être l’anarchie totale avec des véhicules dans tous les coins alors? Non, relax, le site est un secret bien gardé, et au final peu fréquenté. On peut évoluer à sa guise au milieu des colonnes de l’ancienne rue principale et du forum, au sein d’un paysage encore sauvage, et se croire presque seul au monde sur les gradins de l’amphithéâtre fichtrement bien conservé. Le fond sonore? Quelques chants d’oiseaux et les stridulations des cigales, qui s’en donnent à coeur joie avec cette chaleur!











D’un site à l’autre, il n’y a qu’un pas; enfin je le dis vraiment au sens figuré, car il me faudra parcourir 50 km à l’ouest pour l’atteindre. À un moment sur le trajet, je vois un panache de fumée qui révèle un départ de feu de broussaille. Ouïe… La chaleur risque de favoriser ces feux de végétation et de forêt, il va falloir être vigilant sur ce point dans les jours prochains. Je croiserai d’ailleurs un camion de pompiers 10 minutes plus tard, pas compliqué de savoir où il se rend! Toujours est-il que je suis arrivé sur le site antique de Magnesia du Méandre, appelé de la sorte parce que le petit fleuve qui passe tout près, c’est le Méandre, tout simplement.
Le site principal connaît encore des fouilles très actives, et n’a pas encore révélé tous ses secrets. Assez vaste, avec des vestiges de temples, des pans de murs et quelques colonnes encore debout, et des latrines (les WC de l’époque, quoi) bien conservées, où on faisait ce qu’on avait à faire côte-à-côte, sans cloison de séparation. La pudeur n’était pas vraiment le souci numéro un en ce temps-là! Et en parlant justement de côte-à-côte, avec les groupes de touristes tu n’as aucun tracas à te faire, tu risques même d’être seul(e) au milieu de ces vénérables ruines. Pour ma part, il y avait juste un couple… et moi.










J’ai parlé de « site principal » car les vestiges de Magnesia sont un peu éparpillés autour de ce dernier. Des panneaux fléchés ont été installés afin de les trouver plus facilement; sans quoi il faudrait avoir un peu la fibre exploratrice pour les débusquer. Le théâtre antique, à 500 m de là, et noyé dans un paysage où les oliviers prédominent une fois de plus, n’est pas très parlant, dommage. Il est en grande partie enfoui par la végétation, et on devine plus qu’on ne voit les vestiges des gradins. Par contre, à 15 minutes à pied, encore plus excentré, se cache la carte maîtresse de Magnesia, son bijou: le stade. Il faut juste s’annoncer via un interphone devant une petite grille qui s’ouvrira le temps de la visite, en ignorant encore de la claque visuelle que tu vas te prendre. Voici un des stades antiques les mieux conservés au monde, et sa taille gigantesque va te faire sentir minuscule. Pas loin de 200 m de long, pour une capacité d’environ 30.000 spectateurs! Les travaux de dégagement ont débuté en 2011, des milliers de m³ de terre ont été enlevés, et ce n’est pas encore terminé. Lorsqu’il sera complètement visible et bien restauré, je pense qu’il pourra regarder le site d’Éphèse (à juste 25 km d’ici) droit dans les yeux sans rougir une seule seconde.






Allons, plus que 35 km à parcourir aujourd’hui pour rallier ma dernière étape du jour: le petit village perché de Şirince. Campé sur sa colline, au milieu d’un fabuleux paysage d’oliviers et de vignes, on se trouve ici dans un ancien village à population grecque, avant que l’avènement de la première République turque instaure le principe du « chacun chez soi » et fasse quitter le pays au habitants d’origine hellénique. Şirince est magnifique, c’est indéniable. Les ruelles pavées et biscornues qui grimpent, les vieilles maisons traditionnelles, les massifs de fleurs à foison… Mais le problème qui se pose… c’est que ça se sait!
Le grand parking à l’entrée du village, payant mais heureusement bon marché, est davantage conçu pour accueillir des autocars que les véhicules des locaux. Premier mauvais signe. Les week-ends, c’est parfois limite saturé. Qu’est-ce donc qui fait débouler les visiteurs comme çà? Les innombrables boutiques d’artisanat et de produits régionaux, plus particulièrement les vins du coin qui ont assez bien la cote dans le pays. Un autre truc revient très souvent, que ce soit en bouteille ou en pot, dénommé karadut. Le mystère sera vite résolu en m’achetant une petite bouteille de ce qui semble être du jus: c’est de la mûre noire, produite dans les environs sous forme de jus ou de confiture. Résultat de tout ce petit capharnaüm: une concentration d’échoppes et de petites boutiques dans le centre du village, avec les touristes qui vont avec, évidemment. Le tout devient vite un tant soit peu exaspérant, mais fort heureusement, si on s’aventure dans les ruelles qui montent à l’assaut du haut de Şirince, le calme et la vraie authenticité qu’on est en droit d’attendre refait vite surface.













C’est la même chose pour la restauration, il est plus judicieux d’éviter les restos racoleurs du centre et de s’éloigner un peu pour trouver quelque chose de plus calme. Pour le repas du soir, une assiette de mantı à l’ail et une petite bière Efès, ce sera très bien. Une fois qu’une zone devient un peu plus touristique, on trouve davantage d’établissements servant de l’alcool. Hé bien, c’est l’occasion parfaite pour me frotter enfin à LA boisson de référence en Turquie, un des fleurons nationaux avec l’ayran: le rakı turc! Cette boisson anisée et distillée deux fois est fabriquée en Turquie à partir de raisins, et parfois à partir de figues ou de prunes. Le grand Atatürk lui-même ne détestait pas un petit verre de temps en temps; serait-ce pour cette raison qu’il fut emporté par une cirrhose en 1938? C’est très probable. Attention donc, il ne faut pas jouer aux durs si l’on n’est pas habitué, le breuvage fait quand-même dans les 45 degrés! Pour ma part, ayant déjà fait connaissance avec l’ouzo grec et les rakijas des Balkans, je ne peux pas dire que je fus pris au dépourvu… Autre chose: pas d’amalgame avec le raki crétois, ce dernier ne contenant pas d’anis!
Şirince Can Restaurant – 202 Sok, 14.

Je me dis que Birgi, beaucoup moins touristique, aurait été un point de chute plus authentique qu’ici à Şirince. Mais d’un point de vue pratique, ça n’allait pas, car ça me mettait à environ 90 km du site que je visiterai en tout début de lendemain, histoire d’éviter le tsunami de touristes qui vont s’y ruer en journée! En faisant étape à Şirince, je n’aurai que 10 petits kilomètres à faire. Mais pour en savoir plus sur ce site antique, l’un des plus importants (et visités) de Turquie, il faudra attendre un peu, car c’est dans le prochain opus de mon périple qu’il en sera question!
TROISIÈME « DEBRIEF »:
Entre sites archéologiques étonnants et petites villes hors des sentiers battus, La Turquie ne laisse jamais place à la monotonie. Istanbul et la Cappadoce m’avaient scotché par leurs richesses culturelles et naturelles, c’est un fait, mais visiter une ville méconnue comme Afyon ou un site antique plus confidentiel comme Nysa ou Magnesia, c’est une façon plus immersive, plus sincère d’appréhender l’histoire du pays et sa vie actuelle de tous les jours, sans se faire enquiquiner par les groupes de touristes et les « Hello my friend »… Encore quelques jours, et ce sacré périple sera terminé. Rendez-vous donc au prochain carnet!
« On m’a toujours dit que le yaourt devait être sucré pour plaire aux Américains. Mais quand les gens vont en Turquie ou en Grèce, 15 minutes après leur retour, ils commencent à dire à quel point ils ont apprécié le yaourt là-bas ».

- C’est dans les petites villes où les touristes s’arrêtent rarement, comme Afyon, qu’on peut réellement appréhender la vraie vie quotidienne des turcs, sans boutiques de souvenirs ni groupes de touristes avec un guide à drapeau…
- Les sites antiques que j’ai pu visiter lors de ce voyage n’ont pas encore été aspirés par le trou noir du tourisme de masse. Bon, c’est vrai que Bergama a son petit succès, mais à Nysa ou Magnesia, on se sentirait presque seul au monde.
- Foça, cette petite ville côtière qui conserve encore son atmosphère familiale et décontractée.
- Izmir, qui elle non plus ne s’est pas encore « istanbulisée » d’un point de vue touristique.

- Sur les voies rapides, ça dépasse parfois sec et sans clignotants. Même si j’ai vu çà aussi dans les Balkans, c’est toujours un peu irritant…
- Şirince peut-être, un rien trop touristique avec une concentration un peu outrancière de boutiques et d’échoppes dans le centre du village; mais en grimpant sur les hauteurs, on retrouve vite la tranquillité.

Merci pour ce billet riche en tout, photos, explications, les noms de la nourriture, l’humour…. quand à la vidéo, bravo, j’adore l’heure bleue et l’heure dorée que vous avez pu capturer.
Quand vous êtes avec la famille de votre hébergement, vous parlez turc ?
En voyant les modèles des voitures, je me dis qu’on est loin des citadines électriques qu’on veut nous faire acheter… je n’aime pas la clim non plus…
A bientôt, car la suite est attendue avec impatience.
Merci Emilia, je pense boucler le dernier opus du périple pour la mi-décembre, avant d’embrayer sur mon carnet spécial « marché de Noël » comme chaque année.
Non , je ne parle pas turc, je connais quelques mots de base mais de là à soutenir une vraie conversation, j’en suis très loin. J’ai testé plusieurs applications, mais en définitive c’est ce bon vieux Google Translate qui s’en sort le mieux, et c’est bien plus efficace que de lire les phrases idiotes de certains guides de conversation!
Au moins, ces vieilles bagnoles n’étaient pas bourrées d’électronique fragile et ne tombaient pas en panne pour un oui ou pour un non; la preuve, c’est qu’elles roulent toujours! Un peu comme les Yugo et les Lada dans les Balkans…
Allez, à bientôt, et caresses à BB, c’est devenu une tradition.
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