Voyage au Portugal 2016 – 3ème partie: l’île de Madère.

Après la suite de mon exploration du Portugal « continental », qui s’est clôturé par la découverte de Lisbonne, je poursuis mon périple avec la découverte de Madère, « L’Île aux Fleurs », ce bijou posé en plein océan Atlantique…

Arrivée sur l’île de Madère.

Le vol depuis Lisbonne, avec la compagnie portugaise TAP, dure environ 1H45; après avoir survolé l’océan Atlantique, voici l’archipel de Madère qui se profile à l’horizon. Les atterrissages sur l’île de Madère ont souvent mauvaise réputation à cause des coups de vent parfois violents qui déstabilisent les appareils, les obligeant parfois à effectuer un « Go around », une remise de gaz pleine puissance pour ne pas se poser et reprendre de l’altitude aussi sec. Mais mon atterrissage se fait en douceur. Et pas d’applaudissements, ça fait du bien aussi…

Madère, ce n’est pas qu’une seule île, c’est un archipel: l’île principale se nomme Madère (logique), et Porto Santo se trouve à quelques dizaines de km; on trouve aussi les Ilhas Desertas ou Îles Désertes, sanctuaire pour les oiseaux marins et donc inhabitées, et enfin les Îles Selvagem, qui bien que faisant partie de la région de Madère, sont plus proches en distance des Îles Canaries. A Madère, on se trouve à environ 1000 km de Lisbonne, un peu plus de 600 km des côtes marocaines, et à 500 km à peine des Canaries.

Comme on est toujours au Portugal, le décalage d’une heure en moins est toujours d’application!

Madère possède aussi son drapeau « régional »:

L’aéroport est à 20 km de Funchal, mais il existe un bus « express » qui fait le trajet en un peu plus de 30 minutes, pour 5€. La voie rapide, toute en courbes, longe l’océan au plus près; on devine déjà le relief bien montagneux de l’intérieur de l’île. C’est autre chose que les sinistres voies rapides et centres commerciaux de certaines autres villes! Les habitations sont étagées sur plusieurs niveaux, et ce qui frappe aussi c’est l’absence de plages, Madère étant surtout une île montagneuse d’origine volcanique sortant des eaux. Des plages, il y en a, mais très peu sur l’île, et pour voir une vraie plage de sable fin de plusieurs km, il faut aller sur Porto Santo!

FUNCHAL.

1ère impression sur le centre-ville.

Me voilà à Funchal! Joli nom, Funchal, hein? Celà vient du mot « funcho », qui signifie fenouil en portugais. Lorsque les premiers Portugais ont découvert Madère au 15ème siècle, du fenouil sauvage poussait abondamment à l’emplacement de la ville actuelle. Quant à Madère, « Madeira » en portugais signifie « bois » car avant sa colonisation, l’île était quasiment recouverte de forêts laurisylves.

J’atteins vite le centre-ville, car Funchal n’est pas immense. Première impression: le calme, la tranquillité. Oui, il y a de la circulation, mais on est loin de la frénésie de ce que j’ai pu voir à Palma de Mallorca ou à Las Palmas de Gran Canaria. Et il n’y a pas de boutiques de souvenirs tous les 10 mètres. Pas de tourisme à outrance. Après avoir franchi une petite rivière qui coule comme mon petit doigt, je pénètre vraiment dans le centre de Funchal. Les petites rues sont souvent pavées, et les trottoirs sont ornés de calçadas, ces petits pavés formant des mosaïques en noir et blanc sur le sol. Les habitations arborent souvent de charmants volets verts. Mon petit hôtel est tout près de la cathédrale; bâtie au 15ème siècle, elle est de style gothique mais l’art manuélin y est aussi présent; sa façade est sobre, où on voit le crépi blanc contraster avec le basalte noir.

Cathédrale de Funchal.
Funchal: Praça do Municipio.

L’Avenida do Mar (le front de mer).

Avant de poursuivre mon exploration de la ville, je vais déguster une petite spécialité de l’île, genre “snack”: le bolo do caco. C’est un petit pain rond, préparé à base de farine et de patate douce, servi chaud, découpé en petites parts, avec du beurre à l’ail; ça se mange nature ou peut s’accompagner par exemple de chorizo ou de fromage. Mais franchement, même sans garniture, rien que le beurre, la couche croustillante et l’intérieur qui fond dans la bouche… c’est tout con comme recette, mais c’est trop bon et on devient vite addict!! Bolo signifie « gâteau » et caco évoque la plaque de roche volcanique utilisée traditionnellement pour cuire cette petit merveille. Et comme boisson, rien de tel qu’une bouteille de l’excellente bière de Madère, la Coral (et dire qu’en France, Coral c’est une… lessive!).

Après le centre-ville, l’Avenida Arriaga, bordé d’arbres appelés jacarandas, rejoint la parc Santa Catarina. Je passe près du superbe bâtiment de la “Banco do Portugal”, à l’architecture monumentale, et en face se dresse la statue de Zarco, un des découvreurs de l’île. Le parc est vaste, fleuri, et offre une vue de rêve sur la baie de Funchal.

Le port de plaisance de Funchal est assez vaste, mais pas « bling-bling » comme à Ibiza ou à Saint-Tropez; bon, quelques bateaux de croisière s’arrêtent à Funchal, ainsi que le ferry qui fait l’aller-retour une fois par jour à Porto Santo, mais on est loin de la saturation que connaît venise, par exemple.. Près du port, un petit musée, dédié à une superstar née sur l’île en 1985. En plein Euro 2016, c’est quasiment un demi-dieu ici: hé oui, Cristiano Ronaldo, « CR7 » himself, est né à Funchal, il a même sa statue face au musée qui lui est consacré! Citation de Carlos Queiroz, entraîneur portugais: « Le Portugal a une équipe nationale appelée Cristiano Ronaldo et un groupe de joueurs qui courent après lui » (!)

Après le centre commercial Marina, l’Avenida do Mar longe l’océan; c’est une très belle promenade piétonne à faire. C’est là quon trouve les principales stations de taxis et arrêts de bus. Le réseau de bus est très bien foutu, il y a beaucoup de lignes qui partent dans tous les sens, mais il faut dire que certains bus ne sont plus de première jeunesse..

Funchal.
Funchal.
Les bus de Madère!
CR7 est dans la place!!

Le mercado dos Lavradores (marché).

Un truc qui attire beaucoup de touristes à Funchal, c’est le mercado dos Lavradores ou marché des Laboureurs. Il fut inauguré en 1940 en pleine période fasciste sous Salazar. L’entrée monumentale laisse place à une multitude d’étals plus colorés les une que les autres: marché aux poissons, fleurs, fruits, légumes, dont certains assez exotiques comme mangues, papayes, fruits de la passion (ou maracuja, dont on fait un soda gazeux local), ou encore plus curieux tels l’anone, qui ressemble à une poire ronde bosselée, ou encore le cériman, sorte d’hybride entre la banane et l’ananas, de par sa forme et son goût!

Oh oui c’est magnifique, plein de couleurs et de senteurs,on a envie de tout acheter, tout goûter! MAIS ⚠️ toute médaille a son revers. C’est un endroit hyper touristique, et certains vendeurs, sans scrupules, sont devenus des pros pour plumer les pigeons qui veulent bien mordre à leur hameçon. A force de voyager, je suis devenu méfiant (sans être parano, je te rassure) sur certains lieux comme celui-ci, et j’observe. C’est bien rôdé comme technique: grands sourires, on fait goûter des morceaux de fruits dans des raviers (en ajoutant du sucre pour sublimer le goût!); mmhh, trop boon!! Allez, on achète un cériman, deux ou trois anones? Ouaiis, on va se régaler… Trop tard, le poisson est ferré, voilà le moment de découvrir la p’tite note! J’ai fait semblant de rien et demandé à un couple combien ils avaient payé leurs quatre fruits… 14,50€!! Je revois encore leur air dépité. Ok, message reçu. Un vendeur qui « alpague » le client et qui en fait des tonnes, mauvais plan. Renseignements pris près de certains habitants, il semble que les vrais prix “locaux” se pratiquent à l’étage du bas, pour des produits similaires, d’ailleurs davantage fréquenté par les habitants de Funchal.

J’ai « cassé le mythe »? Peut-être, mais cette mise en garde me paraissait indispensable pour qui aurait l’occasion de visiter ce marché. Et j’insiste que c’est le fait de seulement quelques marchands véreux, et que ça ne reflète en rien l’attitude et le caractère général des madériens. A bon entendeur…

Funchal: mercado dos Lavradores.

La « vieille ville ».

Pas loin du marché s’étend la « Zona Velha » ou vieille ville de Funchal, le plus vieux quartier de la ville. C’est un quadrillage d’adorables petites ruelles pavées bordées de maisons du 17ème siècle, et certaines ont encore des barreaux de fer à leurs fenêtres, qui servaient à se protéger des attaques des pirates. Peut-être les a-t-on gardé pour les touristes? Le quartier de Santa Maria a une autre particularité: Joao Carlos Abreu, ex-secrétaire au Tourisme de Madère, a eu l’idée, pour « revitaliser » le quartier le plus ancien de la ville, de faire peindre des vieilles portes d’entrées par des artistes de l’île. C’est original, très diversifié et parfois marrant. Mais ce coin est devenu aussi très touristique, comme en témoignent ces restos aux menus “polyglottes” avec des rabatteurs parfois lourdingues dans les rues santa Maria et Dom Carlos I. Heureusement, il y a toujours moyen de trouver plus de quiétude dans des rues plus excentrées du vieux quartier, avec des petits bars authentiques.

Dans le prolongement de la Rua Santa Maria, le fort Sao Tiago a été construit au 17ème siècle en tant que forteresse pour défendre le port de Funchal contre les attaques de pirates, et abrite désormais le musée d’art contemporain.

MONTE et le jardin botanique.

Sur les hauteurs de Funchal, à 600 m d’altitude, s’étale le petit village de Monte, avec ses magnifiques « quintas » (grosses villas) et ses jardins. Pour y aller, les courageux peuvent monter à pied, mais il existe un autre moyen plutôt cool pour y arriver: le téléphérique! Il fait un peu plus de 3 km de long pour un trajet de 15 minutes; autrefois c’était un train à crémaillère qui assurait la montée, mais son activité a cessé en 1943. Il faut compter 15€ pour un aller-retour. La traversée au-dessus des toits de Funchal, avec l’océan et le port en arrière-plan, est un régal.

Arrivé là-haut, voici l’église de Monte, avec son mélange de chaux blanche et de basalte noir, qui offre une superbe vue sur la baie de Funchal. Juste en contrebas, de curieux équipages attendent d’embarquer des passagers: des paniers en osier à deux places, montés comme des traîneaux, manoeuvrés par deux hommes en blanc coiffés de chapeaux de paille et chaussés de grosses bottes. Ce sont les « carros de cesto » (*paniers d’osier en portugais), qui offrent une poussée d’adrénaline à leurs passagers durant la descente des rues en pente de Monte; les deux conducteurs dirigent l’engin en utilisant une corde reliée à l’avant du panier pour tourner, et les semelles de leurs bottes (doublées de morceaux de pneus!) pour ralentir dans cette descente de ouf. Autrefois, les carros de cesto étaient utilisés par l’aristocratie madérienne pour descendre à Funchal. Je ne l’ai pas fait. Un peu trop touristique à mon goût.

300 mètres plus loin que le téléphérique de Funchal, un second téléphérique conduit au Jardin Botanique (Jardim Botanico). Cet endroit est sublime! Sur une surface de 8 hectares, regroupées par thèmes, poussent des centaines de plantes exotiques ou endémiques de Madère: paliers, cactus (certains d’une taille incroyable), orchidées, magnolias… C’est aussi un lieu d’étude pour les scientifiques, il comporte également un petit musée d’histoire naturelle. Après celà, pour redescendre sur Funchal, soit le bus 31, soit à pied, par des petites ruelles à la pente très prononcée! A pied, c’est faisable en 20 minutes.

Archive: l’ancien train à cémaillère de Monte.

Le crépuscule s’est déjà installé, il est temps de goûter aux petites spécialités madériennes. J’ai déniché un petit resto hors des rues attrape-touristes, et je vais essayer une espetada. C’est une grosse brochette de boeuf tendre, frottée à l’ail, cuite à la braise et traditionnellement enfilée sur une branche de laurier. C’est soit servi à même l’assiette, ou suspendue à la verticale par une pique en métal. En guise de dessert, ce sera un « pudim de maracuja », un genre de pudding avec des oeufs, du sucre, de l’écorce d’orange et du lait de maracuja (*fruit de la passion). Tes papilles gustatives frétillent? Comme je te comprends…

Je poursuis cette belle soirée dans un petit bar où je découvre la poncha: c’est, avec le vin de Madère, la boisson typique et populaire de l’île, préparée avec de l’eau-de-vie de canne à sucre (l’industrie de la canne à sucre est encore bien présente sur Madère), du miel, et du jus de citron ou de fruit de la passion. Une petite tuerie, et pas trop alcoolisée, ce qui n’est pas à négliger! Je termine la soirée en flânant sur le front de mer, avec le ciel étoilé et les lumières des habitations étagées sur les collines en toile de fond. Si c’est pas finir une journée en beauté, çà…

Câmara de Lobos et le Cabo Girão.

Ce matin, je quitte Funchal, je vais visiter l’île durant trois jours en voiture louée dans une petite agence locale, celles-ci souvent moins chères que les grandes enseignes. Pour quitter Funchal par l’ouest, et parcourir l’île dans le sens des aiguilles d’une montre, le moyen le plus pratique est d’emprunter l’Estrada Monumental. C’est une voie rapide sinueuse, où les magasins et centres commerciaux alternent avec des hôtels rivalisant de mocheté; moi, je vois pas trop le côté “monumental”…

8 km seulement séparent Funchal de Câmara de Lobos, un joli petit port de pêche protégé par deux falaises, avec ses petites maisons blanches à tuiles rouges et ses petits bars à poncha; c’est réellement un lieu plein de charme, malgré que, sur les hauteurs des alentours, se soient construites des nouvelles habitations franchement moins jolies.

Câmara de Lobos, « chambre des loups » en français: drôle de nom! Sauf qu’ici, du loup on ne voit pas la queue, mais la nageoire! En fait, celà vient du phoque moine, appelé aussi loup des mers, qui était abondant dans le secteur lors de la découverte de l’île au 15ème siècle. Aujourd’hui, ces phoques vivent seulement sur les Ilhas Desertas. Sinon, la pêche marche encore très bien ici, surtout la pêche nocturne; les petites lumières que je voyais hier soir au loin, c’était donc çà! Et le port est encore très vivant, avec des vieux pêcheurs qui jouent aux cartes ou sirotent une poncha dans des petits bars (paraît qu’elle est originaire d’ici, la poncha). Le village n’est pas mal non plus, avec sa petite église et son kiosque.

Quittant Câmara de Lobos, la route devient sinueuse et grimpe, offrant des points de vue de plus en plus extras. J’arrive bientôt au belvédère de la falaise du Cabo Girão; voici une des grandes attractions de l’île, car cette falaise, haute de 580 m, serait la 3ème plus haute du monde (le record mondial se situe à Hawaï). Le panorama est hallucinant du haut du Cabo Girão, et on y a même installé un genre de plate-forme en verre pour avoir les 580 m en à-pic directement sous les pieds; marrant de voir que malgré tout, certaines personnes font un blocage et ne tentent pas même de faire deux pas. Moi, je me suis pas privé et j’ai adoré. Il y a aussi un petit téléphérique qui permet d’aller voir ce qui se passe en bas. Les petites parcelles cultivables qui bordent l’océan sont minuscules vues du sommet!

Carte de l’île de Madère.
Câmara de Lobos.
Câmara de Lobos.

Cabo Girão.
Cabo Girão.

Ribeira Brava et Ponta do sol.

Voici maintenant Ribeira Brava, une petite ville coupée en deux par une rivière qui a donné son nom à la localité. Cette « rivière sauvage » (en français), qui lors de mon passage, n’était qu’un filet d’eau, peut se muer en torrent si il pleut abondamment. Des petites rues tranquilles s’éparpillent autour de l’église São Bento, une des plus belles de l’île, avec son clocher garni de carreaux de faïence bleus et blancs. Les montagnes des alentours sont en grande partie recouvertes de bananeraies, cette culture ayant remplacé progressivement les plantations de canne à sucre.

C’est plutôt cool de rouler sur l’île, les routes sont larges et bien entretenues, et les madériens ne jouent pas les pilotes de rallye. En outre, les paysages sont superbes, alternant les plantations de bananes et de canne à sucre, étagées en terrasses. Si les maisons traditionnelles se fondent bien dans le décor, quand on se rapproche de la côte (très belle au demeurant), certains immeubles à étages viennent un peu gâcher l’ensemble.

Ponta do Sol, à l’embouchure d’une petite vallée encaissée, est aussi un bien joli petit villageavec sa belle église et son “centre historique” grand comme un mouchoir de poche.

Paysage sur l’île de Madère.
Ribeira Brava.

Estreito da Calheta – Maddalena do Mar.

Autre chose de très agréable à Madère, c’est le climat: il fait chaud, mais ça reste légèrement en-dessous des 30 degrés; quand je repense à l’Andalousie l’année d’avant avec ses 40 degrés… Madère jouit d’un climat subtropical avec une influence océanique, avec des étés doux et des hivers frais. Je dois dire que ça me rappelle un peu le climat des Canaries. Mais comme l’île est aussi très montagneuse, en altitude le temps peut changer très vite (comme tu le constateras par la suite!). Pour rejoindre Estreito da Calheta, on peut soit rester sur la voie rapide, ou rattraper la petite route côtière qui passe entre l’océan et d’immenses falaises. Toujours les cultures principales de l’île: bananes, canne à sucre, vignes. Hé oui, le célébrissime vin de Madère! Mais patience, j’en toucherai un mot plus tard.

Au sujet de la canne à sucre, sa culture fut autrefois florissante à Madère; dans les environs de Calheta, il y avait une dizaine de « moulins à sucre ». Un seul a subsisté, fonctionnant toujours et transformé partiellement en musée. Le musée, appelé Engenho (*moulin) da Calheta, permet encore d’assister (attention, pas toute l’année) à la transformation du sucre de canne en miel et en eau-de-vie de canne à sucre. Ici sont exposées certaines pièces du 19ème et 20ème siècles qui étaient utilisés sur les plantations. Une salle de dégustation permet de goûter à l’un de leurs petits rhums (mais modérément… je suis en voiture!). Tiens, ça me fait repenser que sur Gran Canaria, à Arucas, on produit également du rhum! J’ai aussi goûté une autre délicieuse pâtisserie madérienne, le « bolo de mel »: c’est un petit gâteau rond, préparé avec de la mélasse de canne à sucre ou du miel; sa texture ressemble au pain d’épices, en plus collant.

Petit arrêt à quelques km de là, à Maddalena do Mar pour un petit casse-croûte totalement improvisé. En cherchant un petit bar, je repère sur le bas-côté un petit camion style « food-truck » qui vend, devine quoi? Des bolos de caco, avec bière ou poncha! Tout bon pour moi, çà! Là, je suis vraiment dans la vraie Madère « anti-touristique », savourant mon bolo en compagnie de quelques agriculteurs du coin avec qui j’ai échangé quelques mots sur la météo.

Maddalena do Mar.
Estreito da Caletha: museu dos engenhos (canne à sucre).
« Bolo de mel ».

Jardim do Mar – Paúl do Mar.

Je longe toujours la côte sud, accompagné d’une belle météo. Jardim do Mar, en plus d’être un petit village magnifique, a la particularité d’être bâti sur un promontoire ayant résulté de l’effondrement d’une partie de la falaise voisine. Pour y aller, c’est pas compliqué, il n’y a qu’une petite route qui se finit en cul-de-sac. Ensuite, la découverte de Jardim do Mar se fait à pied, en se perdant dans le dédale de ruelles et escaliers aux petites maisons, bordées d’un foisonnement de plantes et fleur exotiques, avec de temps en temps ici une petite rigole en pente où l’eau glougloute, là une parcelle de plantations de bananes. En contrebas, une petite promenade est aménagée au bord de l’océan avec une vue imprenable sur la falaise.

La falaise, en contrebas de Jardim do Mar.
Jardim do Mar.

A quelques km, le petit village de Paúl do Mar est peut-être un poil moins bucolique que Jardim do Mar, mais l’environnement n’est pas mal du tout: d’un côté l’océan Atlantique avec deux petites plages, de l’autre la route qui longe de près les imposantes falaises, avec quelques petites bananeraies qui s’y accrochent. Le style de son église étonne un peu, il faut dire qu’elle est toute récente, elle date du 20ème siècle. Assez photogénique devant la falaise, je trouve…

Paúl do Mar.

Ponto do Pargo.

La route quittant Paúl do Mar et qui monte vers Ponta do Pargo est vraiment spectaculaire, elle grimpe en lacets sur quelques km et offre des points de vue démentiels sur la côte et le village tout en bas. En outre, le paysage commence à changer, ça devient plus boisé, il y a encore quelques cultures en terrasses mais elles cèdent un peu leur place à des pâtures pour vaches, moutons et chèvres. Dans les virages, des grands bacs à fleurs blancs ont été installés en guise de rambardes; de temps en temps, sans crier gare, une petite cascade d’eau tombe directement sur la route (ça tombe bien j’avais pas encore testé les essuie-glaces…).

Le relief du village de Ponta do Pargo est plutôt plat, par rapport aux localités de la côte sud où je suis passé. Mais c’est le discret panneau « Farol » qui a attiré mon attention; farol signifie “phare” en portugais. Un phare? Allons voir çà de plus près. Celui-ci, construit en 1922, domine une falaise de plus de 300 m de haut, qui permet de contempler l’océan et un vaste paysage de falaises abruptes, un environnement encore sauvage et rude. Près du phare démarre un vieux sentier utilisé autrefois par les gens du coin pour aller chercher les marchandises acheminées par bateau tout en bas. Quand je vois la dénivelée, j’ose à peine imaginer la grimpette avec 30 à 40 kg de barda sur le dos!

Dans les environs, Achadas da Cruz est un minuscule village connu pour son téléphérique vertigineux qui descend tout en bas d’une falaise de 350 m de hauteur. Il est toujours essentiellement utilisé par les paysans locaux pour accéder à leurs parcelles de cultures, et pour en remonter leurs produits. Attention, il n’y a pas de service « liftier », si t’es en bas il faut appuyer sur un bouton pour ramener le téléphérique!

Route de Paúl do Mar à Ponto do Pargo.
Route de Paúl do Mar à Ponto do Pargo.
Ponto do Pargo.
Falaise d’Achadas da Cruz.
Falaise d’Achadas da Cruz… avec le câble du téléphérique, ça te donne une idée de la pente!

Porto Moniz et Seixal.

Je continue maintenant vers la partie nord de l’île, dans un paysage de forêts qui me rappellent le Parque rural de Anaga sur l’île de Tenerife. Normal, c’est le même genre de forêt, la « laurisylve ». Je suis aussi surpris de voir la météo se modifier, le ciel se voile peu à peu de gris, et voilà des petites gouttes qui tombent sur mon pare-brise, la température aussi commence à baisser… Je suis bientôt dans le brouillard et il bruine; çà c’est fort, il y a à peine une heure, c’était plein soleil et presque 30 degrés! Mais il y a une explication: les vents dominants, les alizés du nord-est, amènent souvent des nuages, de l’humidité et des précipitations dans les pentes orientées vers le nord. Il arrive alors régulièrement que la côte sud soit inondée de soleil alors que dans le nord, brouillard et pluie s’en donnent à coeur joie!

Donc, j’arrive à Porto Moniz sous une petite pluie, et en plus le vent souffle bien! La brume qui s’accroche aux falaises leur donne un côté mystérieux. Alors, Porto Moniz est une petite station balnéaire connue pour ses piscines naturelles d’eau de mer et son aquarium, installé dans l’ancien fort João Batista, édifié en 1730 pour se protéger des attaques des pirates. Assez touristique quand-même, beaucoup d’hôtels et restos; mais vu la météo, pas trop de monde dehors.

Porto Moniz.

Ah, quelques trouées de bleu commencent à apparaître dans le ciel! Et me voici maintenant à Seixal, un petit village de pêcheurs qui possède une belle plage de sable noir (pour rappel, les plages sont rares sur l’île). C’est beaucoup moins touristique que Porto Moniz. Les vignes sont très présentes aux alentours, et c’est le nom de Seixal qui a donné son nom au « sercial », un des vins de Madère les plus secs.

Autour de Seixal, les gigantesques falaises finissent en à-pics dans l’océan, qui est beaucoup plus agité ici que sur le côté sud. Ce qui explique le percement de nombreux tunnels dans la montagne pour faire passer la voie rapide, qui en principe devrait faire le tour complet de l’île. Mais pour l’instant, faute de capitaux nécessaires, certaines portions ne sont toujours pas construites. Mais l’ancienne route côtière existe toujours! Sa construction, dans les années 1950, est un truc de dingue. Construite quasiment à ras de l’océan (souvent tumultueux), elle a été creusée à main d’homme, ceux-ci souvent suspendus à la falaise; il y eut même quelques décès à déplorer, paraît-il. Les croisements avec un camion ou un autocar ne devaient pas être tristes!

A présent elle est désaffectée et fermée à la circulation, la plupart des accès sont barrés par des chaînes ou des blocs en béton. En principe, interdit aux véhicules…en théorie. Mais voilà, j’ai un défaut: je n’en fais qu’à ma tête 😕. J’ai repéré un accès sans chaîne, avec juste des blocs disposés en chicane, mais une voiture peut passer. Un panneau explique grosso modo « A vos risques et périls ». La sortie doit se trouver à un ou deux kilomètres; je m’y engage. Je vois des petits blocs de roche sur la route, résultant de chute, c’est évident! Mais c’est rare. Tant pis, j’y vais, je ferai quelques clichés, et je rejoins la voie rapide un peu plus tard. Pas d’impact sur la carrosserie, c’est le principal (j’espère juste que la dame de l’agence de location ne lira pas mon carnet)! Près de Porto Moniz, il y a même une portion encore plus « glauque »: il n’y a plus de revêtement et le tunnel obscur, parsemé de flaques d’eau, est un rien flippant.

Seixal.
Seixal.

L’ancienne route côtière.

São Vicente et ses environs.

Après une succession monotone de tunnels, voici São Vicente, un autre village côtier encaissé entre de superbes falaises. São Vicente est divisé en deux parties: d’abord le village en lui-même, éloigné de l’océan de quelques centaines de mètres; très joli, d’une belle homogénéité, avec ses petites rues pavées bordées de maisons blanches à toits rouges et sa mignonne petite église. Et il y a le front de mer, nettement moins attirant avec sa succession de restos et de boutiques à souvenirs. Heureusement qu’il y a cette jolie plage de galets et les falaises qui font face à l’océan déchaîné.

Je reprends la route vers Ponta Delgada. Ce n’est plus vraiment une voie rapide, la route ici suit l’océan au plus près, traverse des petits hameaux préservés, mais reste encore relativement bonne. Mais après Ponta Delgada, subsiste encore un tronçon de l’authentique route côtière, beaucoup plus étroite avec des croisements difficiles entre voitures et des tunnels sans éclairage! Sachant que j’ai même dû rabattre mon rétro pour une camionnette, je me dis que si un bus vient en sens inverse, en plein tunnel je risque d’être en galère… Heureusement ce ne fut pas le cas, et le tronçon n’est pas si long. De plus, les vues sur la côte en contrebas étaient fantastiques. Après Boaventura, la route s’enfonce à l’intérieur des terres, traversant des petits villages où le temps semble s’être arrêté, dans un paysage montagneux avec des petites cultures en terrasses et des vignes, parsemées de petites maisons blanches.

Qui dit vigne,, dit vin, et c’est l’occasion d’évoquer le formidable VIN de Madère, un vin doux naturel au même titre que les portos et les xérès, dont le processus de fermentation a été arrêté en ajoutant de l’alcool. C’est un breuvage presque indestructible, j’ai entendu dire qu’il existe des bouteilles de madère vieilles de 300 ans!

Pour en savoir un peu plus sur le sujet, ça se passe ICI.

Un autre alcool madérien est le « Tim Tam Tum ». C’est une liqueur traditionnelle, composée de plusieurs herbes, servie surtout pendant la période des fêtes.

La levada do Castelejo.

La route continue, enchaînant les virages, dans un Madère plus rural parsemé de petits villages à vocation agricole, loin des infrastructures touristiques de la côte sud. Après São Jorge et sa charmante église, je passe près de Santana et Porto da Cruz, j’y suis presque. Je veux parler de mon hébergement airbnb pour deux nuits, dans la campagne madérienne loin des sentiers battus. Une petit chemin, quelques maisons traditionnelles, des petites parcelles de cultures… parfait! Mon hôte Antoine est français et installé à Madère depuis 15 ans, il est guide de randonnée sur l’île; une allure cool avec queue-de-cheval, barbe bien fournie (sur le coup, il me rappelle Antoine le chanteur-navigateur), il marche pieds nus chez lui. Sa femme Cilene est moitié portugaise moitié brésilienne. Un verre de Madère en guise de bienvenue, on s’installe sur la terrasse extérieure qui donne sur la campagne et au loin, on voit la côte nord avec l’océan, et on devine au loin le bateau qui revient de Porto Santo. Oh, je vais me plaire ici, c’est clair!

Accessible depuis la petite route parun petit sentier, la maison d’Antoine se trouve juste face à la levada do Castelejo. Mais qu’est-ce qu’une levada, me demanderas-tu. Une levada est un petit canal d’irrigation, le plus souvent creusé à flanc de montagne, qui permet d’acheminer (de “levar”: conduire) l’eau des vallées humides du nord vers les cultures du sud, où l’eau fait défaut. Les plus anciennes datent du 15ème siècle et ont demandé un travail colossal de plusieurs années. Largeur maximum d’un mètre pour une profondeur de 50 à 70 cm; elles sont doublées d’un sentier pour permettre leur entretien, ainsi que le plaisir de la balade le long de leur cours, d’à peine 1% de dénivelée.

La levada do Castelejo démarre le long des habitations dans un paysage rural où des petites parcelles de cultures sont travaillées par les habitants; la levada s’enfonce dans un paysage verdoyant et boisé, en surplomb d’une vallée encaissée. Je croise même des chèvres s’y abreuvant, venant d’une pâture en contrebas, 10 mètres plus bas; mais comment elles ont fait pour grimper jusqu’ici?! Et quelle tranquillité: le glouglou de la levada n’est interrompu que par des cris d’oiseaux, ou des bêlements de chèvres au loin.

Levada do Castelejo.

Randonnée entre le Pico do Arieiro et le Pico Ruivo.

Le lendemain matin, je démarre très tôt, lever vers 6 heures (sans faire trop de bruit pour ne pas réveiller la petite famille); il fait encore noir quand je me dirige vers le centre de l’île, par une route qui serpente dans la forêt. Destination: le Pico do Arieiro, un des sommets de l’île avec ses 1816 m. Parmi les autres points culminants, il y a aussi le Pico Ruivo (1862 m) et le Pico das Torres (1852 m). Dans la forêt, il commence à tomber quelques gouttes, ça m’embête, la randonnée que je vais entreprendre est déconseillée par temps de pluie ou brouillard. Heureusement, je vois au loin le sommet du Pico do Arieiro inondé de soleil, encore une preuve de la météo aussi capricieuse que versatile sur Madère!

J’arrive au parking du Pico do Arieiro, avec pour point de repère cette station de défense aérienne construite en 2011, quelque peu incongrue dans ce paysage. Il est 7h30, les bus touristiques ne sont pas encore là, seules deux ou trois personnes sont venues pour admirer le lever du soleil, et repartent ensuite dare-dare. Bon, mon petit sac à dos, une bouteille d’eau et la crème solaire, on peut y aller! Cette randonnée, de haut niveau, n’est pas vraiment une promenade de santé: j’en ai pour 5 à 6 heures de marche maximum, une dizaine de km aller-retour avec des montées parfois éprouvantes. Au début, ça commence en douceur, le sentier est large et pavé; on atteint vite un mirador où le panorama embrasse une partie de la côte nord, avec l’île de Porto Santo au loin. Aujourd’hui c’est plutôt mer de nuages avec le soleil qui se lève! Puis les escaliers taillés dans la roche font leur apparition, taillés de façon inégale. J’arrive bientôt à l’un des passages les plus spectaculaires du parcours: une arête rocheuse d’à peine 2 à 3 m de large, taillée en escaliers; de chaque côté, 300 mètres de vide! Et dire qu’avant il n’y avait pas de cordes de sécurité! Pour les personnes sujettes au vertige, je pense que ça s’arrête ici. Mais comme je ne suis pas concerné, on continue!

Quelques tunnels sont à traverser, et il faut se munir d’une torche ou une lampe de poche pour les traverser. Quelques portions de sentier sont planes, bordées de vipérines, ces magnifiques plantes à fleurs bleues, et les escaliers nécessitent de bons mollets. J’évolue dans un paysage grandiose de montagnes sur des sentiers maintenant pierreux, parfois au bord du vide, et les gardes-fous ne sont que de simples piquets avec des cordes. Le sentier se scinde alors en deux pour rallier le Pico Ruivo, mais attention: seul le sentier « Ouest » (à travers les tunnels) est accessible, la variante « Est » est fermée suite à un éboulement (il doit encore l’être actuellement). Sur le trajet, on voit quelques grottes qui autrefois servaient d’abris aux bergers; actuellement, d’après ce qui jonche le sol, ça sert… de toilettes sauvages aux randonneurs indélicats. Des échelons métalliques (pas très esthétiques) ont été aménagés pour franchir des escarpements rocheux. J’arrive enfin au Pico Ruivo après 2H30 d’efforts!

Le Pico Ruivo (« Pic Roux ») tient son nom de la couleur de ses roches, vestiges d’anciennes éruptions volcaniques. Le panorama est encore plus étendu, mais pour moi ce sera encore la mer de nuages (remarque bien que c’est joli aussi). Ce n’est pas grave, les paysages traversés étaient somptueux, et comme c’est une rando aller-retour, je vais m’en délecter une seconde fois! Au fait, je ne t’ai ai pas dit que je n’ai croisé PERSONNE sur mon trajet aller; j’ai vraiment eu la sensation d’être seul au monde! Au retour, j’ai croisé les premiers randonneurs au bout d’une heure de chemin. Tiens, une flaque de pisse en plein milieu du sentier… Je vais pas commenter, je pourrais devenir grossier… 🤢😡

Pico do Arieiro.
Pico do Arieiro.
Rando Pico do Arieiro – Pico Ruivo.
Rando Pico do Arieiro – Pico Ruivo: la fameuse « arête » étroite.
Rando Pico do Arieiro – Pico Ruivo.
Petits extraits de cette belle rando.

Santana.

En regagnant mon point de départ du parking, les mollets tirent un peu! J’ai le temps de les reposer un peu en ralliant Santana, un gros village très étendu du nord de l’île. Il est surtout connu pour ses « palheiros », ces maisons de forme triangulaire avec un toit de chaume descendant très bas pour faciliter l’écoulement de la pluie. On en trouve dans le village, mais elles sont trop bien restaurées et colorées pour être authentiques, ce sont plutôt des attractions pour touristes. Il faut aller dans la campagne environnante pour en voir de vraies, mais il n’en subsiste pas beaucoup, certaines même ont été transformées en remises avec un toit de tôle.

Un petit resto sympa me permet de recharger mes batteries, avec une bonne « sopa de trigo », une soupe avec des grains de blé avec des oignons et des morceaux de viande, accompagné de mon nouveau péché mignon… des bolos de caco (tu avais deviné? Ah bon).

Dans les environs, sur la côte, la Rocha do Navio est accessible par un petit téléphérique. Le rocher isolé dans l’océan proviendrait d’un détachement d’un énorme bloc de la falaise.

Rocha di Navio.
Sopa de trigo – bolo do caco – bière Coral: la Sainte-Trilogie made in Madeira!

La levada da Bica da Cana.

Je vais consacrer le reste de la journée à explorer une levada moins connue et moins fréquentée, juste pour ne pas me retrouver en pleine « autoroute à randonneurs » sur les levadas les plus courues, telles la levada das 25 Fontes ou la levada do Caldeirão Verde. J’emprunte la même route qu’hier jusqu’à São Vicente, après quoi je monte vers le col de Encumeada, par une route de montagne sinueuse à souhait. Là-haut, il y a souvent du brouillard, et un effet de cascade des nuages quand ceux-ci, venant du nord, sont “aspirés” vers le bas par la différence de pression. Plus à l’ouest commence le plateau de Paul da Serra, un paysage curieux qui tranche avec la topographie générale de l’île. Une longue route en ligne droite traverse un relief plat quasiment sans arbres (en tenant bien compte que les éoliennes n’en sont pas!), où poussent surtout mousses et fougères. Etonnant de trouver un tel endroit, ça ressemble un peu aux grands causses français ou aux landes d’Ecosse! Quasiment inhabité, mis à part un hôtel planté là au milieu de nulle part, et beaucoup de vaches en liberté, souvent en bord de route (donc, attention!).

La levada da Bica da Cana commence au sud du plateau, à 1300 m d’altitude. Il faut repérer la statue du Cristo Rei en bord de route (beaucoup plus modeste que celle de Cacilhas!), la levada traverse la route 100 mètres plus loin. Elle ne traverse pas la forêt laurisylve comme la plupart de ses consoeurs, mais un plateau herbeux en pente douce où paissent des vaches en liberté. Il est fréquent d’en croiser une, se désaltérant au bord de la levada. Cette rando est facile, et offre de belles échappées sur la côte sud. Après avoir franchi une clôture disposée en escaliers, ça ressemble un peu à un truc d’entraînement militaire en plus petit (certains randonneurs pensent que l’accès en est intedit et ne passent pas l’obstacle…), la levada devient plus étroite et plus sauvage, jusqu’à sa source. Et je n’ai croisé que deux personnes au retour, c’est dire la tranquillité de l’endroit.

Une journée bien remplie, tant au niveau physique qu’émotionnel! Et chanceux avec la météo, c’est pas rien de le dire!