Partager la publication "Voyage en Turquie – 4ème partie: de Éphèse à Antalya, fin du voyage – juin 2024."
Bien que dans quelques jours la boucle sera bouclée, il me reste encore quelques belles (et très chaudes) journées pour parachever cet intense périple de la meilleure façon qui soit. Je vais maintenant progresser vers la côte sud de la Turquie, entre sites antiques incroyables et plages magnifiques, pour terminer en beauté en posant mon sac pour la dernière nuit à Antalya. Tu es toujours avec moi, bien sûr? Oh oui je sais, il fait une de ces chaleurs, c’est dingue… mais c’est çà aussi, la Turquie!
- Éphèse, un site antique rempli d'histoire… et de touristes.
- Selçuk, une petite ville qui cache bien son jeu…
- Les sites antiques de Priène et Milet.
- Le lac de Bafa et Héraclée.
- Bodrum et Hisarönü: deux salles, deux ambiances…
- Dalyan et Caunos.
- Kayaköy et son village-fantôme.
- Patara, la plage XXL de Turquie.
- De Gelemiş à Çıralı.
- Termessos et Aspendos, ou comment finir un voyage en beauté.
- Antalya, la dernière étape avant le retour.
- DERNIER "DEBRIEF" DE CE PÉRIPLE DE FOU:
Éphèse, un site antique rempli d’histoire… et de touristes.
Souviens-toi, à la fin du carnet précédent, on s’était quitté à Şirince, que je quitte aujourd’hui de bon matin pour des raisons « stratégiques » quant à ma destination première du jour. Bien que je n’aie que 10 petits kilomètres à faire, il est hautement préférable d’être sur place dès l’ouverture. En effet, le site archéologique que je m’apprête à explorer est quasiment devenu un symbole des dérives du surtourisme dans le pays, avec des hordes de touristes, surtout des croisiéristes en excursion, qui se déversent ici de façon encore plus brutale que l’armée des Huns de Attila. Donc voilà… Bienvenue sur le site antique d’Éphèse!
Le nom d’Éphèse, quand on demande d’évoquer les sites antiques les plus connus du pays, sort souvent en premier, en alternance peut-être avec Troie ou le théâtre d’Aspendos. Ancienne cité grecque, elle a été l’une des cités les plus importantes et rayonnantes d’Asie Mineure. Elle disposait même d’un port sur la mer Égée, mais son ensablement signa le début de son déclin, et un séisme au 7ème siècle n’a certainement pas arrangé les choses non plus. C’est donc un peu irréel de voir les vestiges de la cité à environ 7 km de la mer! Attention, c’est du lourd: le site est immense, et ses vestiges sont parmi les mieux conservés du pays. Donc on va pas se mentir, ça en vaut sacrément la peine, à condition de s’y prendre de façon judicieuse. Voilà pourquoi j’atteins déjà le grand parking de l’entrée nord pile poil pour 8 heures, juste pour l’ouverture! Dans quelques heures, cet endroit ressemblera à une séquence de film catastrophe avec ses autocars qui font la file pour tenter de se garer de façon plus ou moins acceptable…
C’est du lourd aussi… sur les prix: on est à plus de 40 Euros l’entrée, là. C’est abuser… Pour ma part, j’ai opté pour le Museumpass Turkiye, qui donne l’accès à des dizaines de sites à travers le pays pour 15 jours, cela pour 165€. OK ça peut sembler cher, mais c’est plus vite amorti qu’on le croit! Bref, il est temps de pénétrer dans Éphèse. Et ça démarre en fanfare avec cette large voie dallée de 500 m de long, encore bordée de colonnes, appelée la voie arcadiane. Elle reliait le grand théâtre à l’ancien port. À cette heure, encore personne; ça ne va pas durer!






Quand on parle du loup… Le voilà justement face à moi, l’incroyable théâtre antique d’Éphèse, l’un des plus grands du monde, d’une capacité de 25.000 personnes. Sa taille est au diapason de la renommée du site, difficile de dire le contraire.


Au-delà du théâtre, commence la rue de Marbre, moins longue et bordée elle aussi de restes de colonnes et autres frontons. Tu remarqueras sûrement une petite barrière métallique, qui semble protéger quelque chose. En effet, c’est une dalle, sur laquelle est gravé un visage de femme et une empreinte de son pied. Alors non, Éphèse ne se la jouait pas « Hollywood Walk of Fame » à la mode antique; cette empreinte indiquait en fait la direction d’un lupanar, autrement dit une maison close à l’époque! Bref, cette rue de Marbre nous conduit au monument emblématique d’Éphèse, celui qui la résume en une seule image 9 fois sur 10: la célébrissime bibliothèque de Celsus. Fondé par le fils du gouverneur Celsus pour lui faire honneur, c’était une des plus grandes bibliothèques du monde antique, avec environ 12.000 ouvrages (ça peut remplir combien d’étagères Ikea, çà?). Elle fut incendiée par les envahisseurs Goths au 3ème siècle; sympa, merci les gars… Bon, c’est vrai qu’il n’en reste que la façade principale, mais on n’a pas l’occasion d’en voir aussi souvent qui tienne encore debout aussi vaillamment. Les décorations, les sculptures, les colonnes réparties sur deux niveaux, voici l’endroit le plus photographié (ou devrais-je dire instagrammé?) du site! Il n’est même pas 9 heures du matin, et les touristes commencent déjà à affluer; en plein aprem, ça deviendra invivable.



Me voilà maintenant au tout début d’une autre longue rue dallée de marbre, la rue des Curètes, qui grimpe jusqu’à l’agora supérieure de la cité. Il y a un tas de vestiges et monuments intéressants qui la bordent, dont certains sont aussi fonctionnels qu’indispensables, comme les latrines publiques, où on papotait de tout et de rien avec son voisin tout en faisant… ce qu’on avait à faire. Pas de Moltonel triple épaisseur en ce temps-là, on s’essuyait le postérieur à l’aide d’un tersorium, genre de bâton avec une éponge à l’extrémité, qui était conservé dans un seau de vinaigre ou de saumure. Les riches avaient leur propre tersorium, les moins aisés devaient s’en partager un. Pas vraiment l’extase au niveau hygiène, donc…


Les vestiges, dont certains bien conservés, s’alignent le long de cette large rue en pente: Temple d’Adrien, Fontaine de Trajan, Porte d’Hercule… Retourne-toi de temps à autre pour profiter de la magnifique vue plongeante sur le bibliothèque de Celsus (et le flot de touristes, ben ouais), et modère tes efforts lors de la grimpette, parce que les coins d’ombre à Éphèse, on peut pas dire qu’il y en a des masses… Quant à ce vaste bâtiment qui ressemble un peu à un hangar, on y reviendra plus tard, en attendant je continue jusqu’au sommet de la rue des Curètes.






En poursuivant la montée, on atteint le point le plus haut d’Éphèse: l’agora supérieure, vaste espace divisé en deux parties, l’une à pour la politique, l’autre pour le commerce. Le mignon petit Odéon, version mini du théâtre antique, servait aussi bien pour les spectacles que pour des séances du Conseil de la cité et avait une capacité de 1400 places.






Il est temps de rebrousser chemin et de s’intéresser enfin à cette grosse bâtisse énigmatique qui doit renfermer à coup sûr quelque chose d’important. Un musée, j’imagine. Non, c’est bien mieux que çà. C’est ici que sont conservés les vestiges des fameuses maisons en terrasses d’Éphèse. En gros, c’est ici que se trouvaient, étagées sur une colline, 6 vastes et opulentes maisons romaines occupées par des habitants qui n’avaient pas vraiment de problème d’argent, si tu vois ce que je veux dire. Elles sont protégées des grosses chaleurs et autres vicissitudes climatiques par ce bâtiment climatisé; cette fraîcheur vraiment inattendue permet une meilleure conservation des mosaïques, peintures et polychromies de l’ensemble, très fragiles et qui sans cela ne feraient pas long feu. Ce petit havre de paix se visite en empruntant des passerelles surplombant les maisons, qui bénéficiaient de l’eau chaude et froide et d’un système de chauffage via des tuyaux d’argile passant sous le sol. Par contre, c’est surprenant de constater, malgré l’effet jubilatoire causé par la climatisation (on dépasse les 30 degrés dehors!), qu’il n’y a que très peu de monde qui visite l’endroit. En fait, il faut savoir que l’accès aux maisons en terrasses implique encore un supplément tarifaire de 12 €, et que les groupes se contentent généralement de la visite extérieure. Un mal pour un bien, en définitive! Heureusement, ça ne concerne pas mon Museumpass Turkiye!






Selçuk, une petite ville qui cache bien son jeu…
La petite ville de Selçuk n’est qu’à 3 km du site d’Éphèse, et on pourrait croire naïvement que le grand site antique lui fait de l’ombre, qu’il ne s’y passe rien et qu’il n’y a rien à voir. Alors oui, la majorité des visiteurs n’ont d’yeux que pour Éphèse, mais ne pas s’arrêter à Selçuk constituerait une belle bourde. Car l’Histoire a laissé ici des traces indélébiles, et non des moindres. En bordure de la ville par exemple, voilà un petit site antique, dont les vestiges sont plutôt rares: quelques bases et frontons de colonnes, dont une seule encore debout (et qui sert de support à un nid de cigognes), et ça s’arrête là. C’est assez, euh… dépouillé, presque miteux, sans vouloir être méchant. Et pourtant… Tu te souviens des cours d’histoire à l’école? On t’a peut-être parlé des mythiques Sept Merveilles du monde antique. Entre autres, le Temple d’Artémis? Hé bien, tu sais quoi? C’est ici même qu’il se trouvait!
Même en faisant de gros efforts d’imagination, c’est impossible de se l’imaginer tel qu’il l’était en 560 av. J.-C. Ses 115 m de long sur 55 m de large, soutenus par 12 colonnes, étaient recouverts d’un incroyable toit en marbre. Sa construction fut financé par le roi Crésus (qui n’avait pas vraiment de problèmes de fin de mois!) et détruit par un incendie et reconstruit à l’identique. Du fait qu’il était consacré à la déesse Artémis, l’Artémision (son autre nom) constituait un refuge inviolable pour quiconque y demandait asile. Saccagé par les Goths au 3ème siècle (ça leur suffisait pas, la bibliothèque de Celsus?), c’est la poussée du christianisme qui lui donnera le coup de grâce, le culte aux dieux antiques devenant has been. Abandonné et démantelé, ses pierres ont servi à la construction de la basilique Saint-Jean de Selçuk, ainsi qu’à celle de Sainte-Sophie à Istanbul.




Juste pour info, voici les six autres Merveilles du monde antique: les pyramides de Gizeh en Égypte, les jardins suspendus de Babylone, la statue de Zeus à Olympie, le mausolée d’Halicarnasse, le colosse de Rhodes et le phare d’Alexandrie.

Bon, on va aller se balader un peu dans Selçuk! Pas mal de circulation sur l’artère principale qui coupe la ville en deux, mais dans l’ensemble cette petite ville est agréable à arpenter, dévoilant ici et là quelques vieilles pierres. Sur une petite place, voici une statue assez étrange d’Artémis, dotée d’une multitude de… euh, çà c’est la question! Les suppositions divergent: des seins, des grappes de fruits, voire des testicules de taureau, symbole de fécondité? Personne n’est encore tombé d’accord. En tout cas c’est pas banal comme statuaire. Un autre truc étonnant, c’est le nombre de cigognes qu’on peut croiser ici. Elles aiment visiblement s’arrêter dans cette région de Turquie, avant d’entreprendre leur voyage migratoire vers l’Afrique.






J’ai évoqué le christianisme un peu plus haut, et en effet il a laissé une sacrée empreinte à Selçuk. En parlant d’empreinte, c’est une fameuse pointure de la religion catholique (elle était facile, celle-là) qui a vécu ici: ce n’était autre que Sain-Jean, surnommé l’Évangéliste, qui s’est installé à Éphèse après avoir fui les persécutions romaines en Palestine. C’est d’ailleurs ici qu’il rédigera son Évangile, ainsi que le dernier livre du Nouveau Testament: l’Apocalypse. À l’emplacement de sa tombe, fut érigée une petite église, qui deviendra la basilique Saint-Jean au 6ème siècle. On ne peut pas dire qu’il en reste grand-chose, quoique le site soit quand-même plus « parlant » que le Temple d’Artémis. Une maquette à l’entrée donne une idée de ce à quoi elle ressemblait à l’époque. Et le tombeau de Saint-Jean est toujours visible, entouré de quatre petites colonnes.







En surplomb de la basilique, la forteresse d’Ayasoluk, construite au 6ème siècle et qui fait son petit effet avec ses 17 tours crénelées. C’est le point culminant de Selçuk, et la vue sur les alentours verdoyants vaut vraiment la grimpette!





Les sites antiques de Priène et Milet.
Je quitte Selçuk pour un court trajet de 60 km vers le sud, dans une chaleur qui en deviendrait presque désagréable tellement c’est écrasant. Même avec les deux vitres ouvertes (jamais de clim, comme je te disais), j’ai l’impression de rouler face à un sèche-cheveux géant. Ça me rappelle un peu cette vague de chaleur en Sicile en 2019. Tant pis, faudra faire avec, je modérerai mes efforts et boirai plus de flotte. Et on va où comme çà? Je vais consacrer l’aprem à la découverte de deux sites antiques, bien moins connus (et donc moins fréquentés, youpi!) que le site « surexploité » d’Éphèse, mais qui n’en sont pas moins dénués d’intérêt. Mon premier arrêt sera pour le site de Priène, une ancienne cité grecque puis romaine qui a connu le même problème qu’Éphèse, à savoir l’ensablement de son port ainsi que les caprices du fleuve Méandre et ses dépôts d’alluvions. Imagine-toi qu’on se trouve ici à 15 km de la mer Égée!
En plus d’être un endroit très paisible, du fait que les visiteurs sont sacrément moins nombreux qu’à Éphèse, le paysage qui entoure Priène est sublime, cerné par les pins et dominant une plaine agricole, avec un petit côté sauvage apporté par un relief assez accidenté. Pas de grandes voies dallées ici, juste des petits sentiers, parfois un rien casse-gueule, pour relier les différentes parties de la cité, et il peut arriver de devoir enjamber un bloc ou un fragment de colonne pour atteindre l’un ou l’autre endroit. Les vociférations des croisiéristes sont remplacés par les stridulations des cigales, autrement plus agréables.




Deux monuments se démarquent particulièrement sur le site de Priène: les vestiges du Temple d’Athéna, dont quelques colonnes tiennent encore vaillamment debout, le reste étant éparpillé en morceaux sur le sol, les divers séismes ayant sévi au fil des siècles n’ayant pas été sensibles à la beauté des lieux. Quand on voit la superficie initiale du monument, on se dit que ça devait être terrible à l’époque. Les colonnes qui se dressent, avec la montagne en arrière-plan, font facilement leur effet « waouw »… et sans les troupeaux de touristes, ça touche au sublime! L’autre star de Priène, c’est son théâtre, plus petit que son copain d’Éphèse, mais dans un état de conservation remarquable; il pouvait accueillir 6000 personnes. Oui, une très chouette visite, au final!






À 20 km de Priène, le site de Milet n’a pas du tout la même tête que sa voisine Priène. Fini les montagnes et les pinèdes, on se trouve maintenant au milieu d’une plaine agricole fertile où serpente le Méandre (il porte bien son nom, en somme). Si je te dis que Milet aussi possédait un port sur la mer Égée, tu n’auras pas de mal à le croire. Hé oui, « on prend les mêmes et on recommence »: ensablement et dépôt alluvionnaires, merci les gars! Et si ce n’était pas suffisant, les Perses l’ont bien saccagé au 5ème siècle av. J-C, ce qui a accentué encore d’un cran son déclin. Il y a eu du beau monde ici: une école réputée y avait pignon sur rue, et Thalès (oui, le gars du théorème, qui a fait détester les triangles à plus d’un!) y a enseigné.
Le monument vedette de Milet, c’est son impressionnant théâtre d’une capacité de 15.000 personnes, presque aussi grand que son confrère d’Éphèse. Au-delà du théâtre, le site est assez étendu et les vestiges pas toujours bien conservés et parlants. Et il y a moins d’ombre qu’à Priène, soit dit en passant…










Le lac de Bafa et Héraclée.
Allez, un dernier trajet de 40 km et la voiture pourra se reposer; y a pas que les humains qui souffrent de la chaleur! Je longerai bientôt une vaste étendue d’eau cernée par un relief légèrement montagneux; c’est en même temps mon objectif et mon étape de ce soir. Ce petit lac, de 15 km de long sur 5 km de large, c’est le lac Bafa, qui a la particularité d’être salé car autrefois, il faisait office de golfe donnant sur la mer Égée. Même tuile que pour les sites archéologiques visités précédemment, on dirait… La plupart des touristes préférant rester sur la côte, un petit séjour sur les rives du lac Bafa porte l’expression « hors des sentiers battus » à sa quintessence! De la tranquillité, du dépaysement, de l’authenticité, tu vas en prendre une double ration ici!
Pour atteindre le tout petit vllage de Kapıkırı, il faut quitter la D525 qui part vers Milas pour emprunter un petit chemin vicinal qui va peu à peu se rétrécir au point qu’) certains endroits deux voitures sont presque rétro contre rétro pour se croiser. Au moins les cars de touristes ne s’aventurent pas dans le secteur, et de toute façon, quelques kilomètres après Kapıkırı, ça devient une piste qui finit en cul-de-sac. Ici la ruralité se dévoile dans toute sa sincérité: un tracteur qui passe, un vieux moustachu accompagné de son âne qui trimballe je ne sais quoi, les femmes du village, assises en groupes devant une maison qui écossent des haricots… Des poules ou des chèvres qui se baladent quasi en liberté, avec quelques chiens errants par-ci par-là, dont un jeune kangal déjà bien costaud avec lequel j’ai marché côte-à-côte quelques instants…









Bon, et Héraclée alors, c’est quoi? C’est simplement l’ancien nom de Kapıkırı, qui encore plus loin dans le temps s’est d’abord appelée Latmos, éponyme du Mont Latmos au pied duquel la cité s’est construite. Comme à Éphèse ou Priène, ici aussi c’était un port actif, le lac constituant jadis un golfe. Et tout çà est parti en eau de boudin à cause des alluvions apportés par un certain fleuve Méandre, hé oui encore lui, le cours d’eau psychopate destructeur de cités antiques! On trouve encore des vestiges des fortifications sur les pentes du Mont Latmos, mais il ne reste pas grand-chose de la cité originelle. Il faut bien chercher dans le village, des fois ça se devine plus que çà ne se trouve.






Ah oui, il serait peut-être temps que je te le montre de plus près, ce lac Bafa! Ses berges sont très paisibles et reposantes, et le coucher de soleil qui fait scintiller ses eaux est magnifique. Mais ce soir, un bruit lointain de moteur d’avion trouble le silence et semble se rapprocher. Et voilà que déboule un Canadair, qui frôle le lac pour se ravitailler en eau, puis s’envole vers le sud, sans aucun doute pour aller circonscrire un feu de forêt ou de brousailles. Je n’aperçois nul panache de fumée au loin, donc c’est sûrement pas la porte à côté. Je profite de ce moment pour saluer en pensée le courage de ces pilotes.







Pour passer la nuit à Kapıkırı, il existe seulement deux petites maisons d’hôtes (pansiyon en turc), j’ai choisi la Selenes Pansiyon, pas chère et qui fait aussi restaurant, ça tombe bien. Un petit truc à goûter que je ne connaîtrais pas encore? Oui! Voyons voir le Saç kavurma, un plat de viande d’agneau avec des tomates et des oignons. Et ils ont de la bière, pour une fois ça changera de l’ayran! Heureusement, une petite brise s’est levée en soirée, tentant de rafraîchir comme elle peut l’atmosphère surchauffée par le soleil qui donne tout ce qu’il a de ces jours-ci!

Bodrum et Hisarönü: deux salles, deux ambiances…
Il est 8 heures du matin quand je quitte le lac Bafa, et les températures s’affolent déjà; oui, ça va encore chauffer grave aujourd’hui. Je me dirige vers le sud pour un trajet de 80 km qui va m’amener à mon premier contact avec la côte sud du pays. La petite ville balnéaire où je m’arrête est appréciée des touristes estivaux au budget disons « confortable », elle est parfois surnommée la « Saint-Tropez de Turquie »: bienvenue à Bodrum! D’ailleurs, c’est aussi un ancien village de pêcheurs. Alors ici, c’est vraiment l’antithèse de Kapıkırı, où j’étais hier soir. Les boutiques et les restos voient leurs prix grimper en flèche, les petites barques de pêche sont remplacées par les yachts luxueux des petits malheureux habituels… Ce n’est plus l’ambiance de Foça. Fort heureusement, tout n’est pas à jeter à Bodrum, la ville est, je dois dire, plutôt jolie, et les autorités ont eu assez de bon sens pour ne pas laisser les promoteurs bétonner et défigurer l’endroit à tout va! Et le bleu de la mer Égée est magnifique, presque hypnotisant. Certaines ruelles de la ville sont recouvertes par de larges voiles afin de se protéger des ardeurs du soleil. Bien pensé!










La star de Bodrum, c’est le château Saint-Pierre, bâti au 15ème siècle par les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean pour se prémunir des offensives ottomanes. Il en jette vraiment avec ses tours crénelées et ses remparts sur lesquels il est possible de se balader, et il abrite également un musée d’archéologie sous-marine qui est loin d’être ennuyeux. Pour la petite histoire, le château a été construit en partie avec des pierres du mythique Mausolée d’Halicarnasse (encore une des 7 Merveilles du monde, hé ben dis donc!) qui se trouvait dans le coin. Seulement, pour en trouver les traces, c’est encore plus dépouillé que le Temple d’Artémis de Selçuk, quelques bouts de colonnes jonchant le sol et c’est tout. C’en est presque désolant quand on pense que ce bâtiment mesurait au moins 40 m de haut et que c’était en fait le tombeau du roi Mausole, dont le nom est à l’origine du mot « mausolée ». Et le petit musée attenant ne relève pas vraiment le niveau, çà c’est con…













Avec cette chaleur de malade , cela devient assez éprouvant, c’est rare quand ça m’arrive mais j’ai un petit coup de mou, j’ai envie de me poser et de souffler quelques heures au frais. Même les bouteilles d’eau dans le coffre sont presque tièdes, c’est pour te dire! Donc après Bodrum, je vais faire le trajet jusqu’à mon étape de ce soir en une fois, en laissant tomber l’arrêt prévu à Akyaka, une autre petite ville côtière pas mal du tout, paraît-il, mais je ne pourrais pas le vérifier… Je passe outre Marmaris, qui est bien pire que Bodrum au niveau touristique, et bifurque vers la région de la presqu’île de Bozburun, plus au sud. Les routes se font plus étroites et dégradées, les forêts de pins dégagent leur bonne odeur et les cigales offrent un concert gratuit. Mais je croise bientôt d’autres sortes de bestioles: presque toutes les deux minutes, je croise un vieux 4X4 genre Land Rover « pick up » transportant, sur des banquettes, des touristes qui ne voyagent certainement pas à ma façon et qui tirent une de ces tronches… D’où diable sortent-ils? J’apprendrai plus tard que certaines plages du coin, difficilement accessibles, leur servent de rôtissoire pour la journée, et on vient les rechercher avant la soirée. Pour aller où, j’en sais rien.
Enfin bref, j’arrive enfin à Hisarönü, un petit village côtier super tranquille où je pose mon sac cette nuit. Entouré de collines boisées, il se trouve au bord de la petite baie du même nom et possède deux plages; si la plus grande n’est pas top, la plus petite est vraiment ravissante, et il y a encore quelques petites barques qui se balancent au gré des eaux turquoises de la mer. Bon, admettons, il y a peut-être un ou deux hôtels un poil plus chers dans les environs immédiats, mais dans l’ensemble, Hisarönü est un très bon point de chute pour s’éloigner de l’agitation de Bodrum… et des touristes bourrés de Marmaris!









Il fait un peu moins chaud (j’ai bien dit « un peu ») en ce début de soirée, et je profite du calme de la plage, presque vide à présent, la majorité des touristes préférant se faire frire en plein aprem par des températures qui ferait péter le mercure d’un thermomètre. J’ai repéré un ou deux petits restos sans fioritures en bordure du village, c’est l’occasion d’aller manger un morceau. Alors, que vais-je tester aujourd’hui? Hé bien voilà une bonne occasion de découvrir le pide turc, cette pizza de forme allongée qui me rappelle instantanément la pastrmajlija de Macédoine du nord. Il y en a plusieurs sortes, au fromage, à la viande hachée, aux épinards… En Turquie, on aime bien la servir découpée en morceaux. C’est super bon, pas trop lourd sur l’estomac et bon marché!
Bafra Pidecisi Hisarönü – Marmaris Datça Yolu, 15.


Dalyan et Caunos.
Je quitte Hisarönü de bon matin pour dépasser Marmaris et partir vers l’est. Mon premier stop du jour sera pour la petite ville de Dalyan, pas vilaine sans pour autant être la plus belle de Turquie. C’est surtout le paysage qui l’entoure qui relève vachement le niveau: Dalyan est longée par une large rivière sinueuse, où des barques couvertes, le long des quais, attendent les visiteurs pour une petite balade. Donc faut pas se leurrer, c’est un peu touristique ici, sans être invivable, heureusement. Mais attends, je n’ai pas fini ma description: sur la rive opposée, face à la ville, se dressent des falaises où s’agrippe un peu de végétation. Bon, des falaises, et puis après? Regardons mieux. Qu’est-ce donc que ces cavités creusées dans la roche, abritant d’étranges monuments supportés par des petites colonnes? Hé bien, ce qu’on aperçoit, c’est une nécropole, composée de plusieurs tombeaux lyciens. Ce sont des sépultures rupestres, datant du 4ème siècle av. J.-C. , dont l’architecture est typique de cette région, qui s’appelait autrefois, comme de juste, la Lycie. Au vu de leur aspect particulier, on les appelle parfois « tombeaux-maisons ».










Voilà pour Dalyan, il est temps de s’intéresser à Caunos. Féru(e)s de sites archéologiques, j’ai quelque chose pour vous! Caunos, c’est une ancienne cité portuaire, qui fut l’une des plus prospères du sud de la Turquie. Elle a été grecque, romaine, perse… jusqu’à ce qu’un gros souci, dont la nature ne te surprendra même pas si tu as bien suivi les parties précédentes de ce carnet, fasse encore son apparition: ensablement, dépôt d’alluvions… On prend les mêmes et on recommence! Enfin presque, ici ce n’est pas le fleuve Méandre le coupable, mais la rivière Dalyan, qui a peut-être voulu le copier, je sais pas… Voilà pour l’histoire.
Caunos se trouve sur la rive opposée à Dalyan, à 1 km au sud. Le site est accessible en voiture, mais c’est la galère assurée: il faudra se farcir un monstrueux détour de… 70 km en 1H30! On ne va pas y aller à la nage non plus, c’est entendu. Par contre, il existe un moyen plus court (distance comme durée) et plu fun de s’y rendre: à 1 km au sud du centre-ville, une petite embarcation du genre « bac », appelé ici le feribot et pouvant transporter les piétons ainsi que quelques voitures, fait la navette d’une rive à l’autre toutes les 30 minutes, pour trois fois rien. Une fois franchi le cours d’eau, il ne restera que 800 m à pied à parcourir pour atteindre les ruines de Caunos. Les vestiges du site, plus ou moins bien conservés, n’ont pas été restaurés à outrance et se déploient dans un décor resté assez sauvage, avec la rivière en contrebas qui se ramifie en petits canaux. Le théâtre est particulièrement joli, et il n’est pas rare d’y croiser une chèvre sauvage et même une tortue terrestre en goguette. Et dire qu’autrefois il surplombait la mer!












Kayaköy et son village-fantôme.
Je progresse bien, toujours vers l’est, et je m’arrête maintenant dans le village de Kayaköy, à 10 km au sud de Fethiye. Peu fréquenté par les touristes, voilà pourtant un des endroits les plus insolites de la côte sud, tant sur le point historique que visuel! La vision de ce village abandonné, composé de centaines de maisons en ruines sans toit ni fenêtres, étagées sur un relief accidenté, est aussi inattendue que spectaculaire. Que diable s’est-il passé? Pour faire court, Kayaköy fut autrefois peuplé d’un mélange de grecs orthodoxes et chrétiens. C’est alors que la fameuse guerre d’indépendance turque mit les pieds dans le plat après 1923, en procédant à un « échange de populations » entre la Grèce et la Turquie. Exit donc les grecs, qui devaient être remplacés par des musulmans venant de Grèce. Seulement voilà, il y a eu un gros souci: la mayonnaise n’a pas pris, et aucun d’entre eux ne voulut s’installer ici pour diverses raisons (topographie, climat aride…). Bide total. Kayaköy ne fut jamais réinvesti, et un séisme dans les années 1950 n’arrangea pas les choses, loin de là. De nos jours, il est possible d’y errer sans but, au gré des vieilles ruelles qui tiennent plutôt du sentier pierreux et instable, dans une atmosphère silencieuse et pour le moins étrange…











Je me trouve maintenant au plus près de la Côte Turquoise ou « Riviera turque », qui file jusqu’à Antalya. Mais certains coins sont exploités un peu trop « jusqu’à la moëlle » au niveau touristique. Comme la fameuse plage d’Ölüdeniz, surpeuplée en été, et la Vallée des Papillons, abritant de nombreuses espèces de… devine quoi, que l’on peut surtout observer au printemps et en début d’été. Non, pour continuer ma route, je vais prendre comme qui dirait un chemin de traverse, en rejoignant un petit plateau d’altitude par une route de montagne qui grimpe tout en virages parfois serrés. Je me fais une petite halte à Karaağaç, minuscule village perdu tout là-haut, qui se résume à une poignée de petites maisons éparpillées comme si on les avait jetées au sol comme des dés à jouer, et une mosquée au format de poche. On dirait presque que les seuls habitants du coin sont des chèvres et des moutons en semi-liberté. L’un d’entre eux me suivra sur 300 mètres, en bêlant à intervalles réguliers; que me veut-il? En langage mouton, c’est soit « dégage de là » ou « laisse-moi venir avec toi », au choix. En tout cas je ne peux pas l’emmener, ça serait mal vu aux contrôles de sécurité de l’aéroport au retour…






La descente vers la côte est un régal, les points de vue sur la mer en contrebas sont sublimes. Mais quand on se retrouve en bas, là c’est une autre histoire: les serres en plastique se succèdent comme un océan, illustrant un côté moins glamour de ce coin de Turquie avec la culture intensive de certains légumes, dont la tomate est en première position. De cette façon la production peut s’échelonner tout au long de l’année. Ça me rappelle l’île de Gran Canaria et ses bananeraies sous serres…




Patara, la plage XXL de Turquie.
Je bifurque sur une petite route qui part vers la côte et aboutit en cul-de-sac à Gelemiş, un petit village encore bien préservé de l’agitation touristique mais qui offre néanmoins un bon choix de petits hébergements pas chers en pansiyon. Si on vient jusqu’ici, c’est pour deux raisons. La première, c’est le site archéologique de Patara, qui se trouve juste à côté. Patara, c’était tout simplement le plus grand port de l’ancienne Lycie, jusqu’à ce que son ensablement (non mais ça devient une manie!!) scelle son sort. Mais, me diras-tu, où son les photos? Euh, nulle part, y en a pas. J’ai fait l’impasse sur la visite du site, une fois n’est pas coutume, en préférant me concentrer sur la raison N°2 de venir traîner dans le secteur: l’incroyable plage de Patara.

Alors, pour y accéder il y a deux moyens. Le premier passe obligatoirement par le site antique, ça veut donc dire que l’un dans l’autre, tu paies l’accès à la plage. Pas cool, çà c’est plutôt pour les touristes. L’autre façon d’y parvenir, c’est de faire comme les turcs. On continue vers l’ouest du village, jusqu’à ne plus rencontrer aucune construction; ensuite un discret panneau « Patara Kum Tepeleri » (traduction: dunes de sables de Patara) te fera emprunter une piste cabossée mais praticable en voiture sur 1 km. Au bout, on se gare un peu n’importe comment, entre les pins, mais il y a de la place pour tout le monde. Les gens du coin viennent en couple ou en famille au sommet des dunes, se prennent en photo, écoutent de la musique, boivent un coup…
Et puis enfin, la voilà, cette plage de Patara, face à moi. Wa-ouwww.. Ça n’a plus rien à voir avec la plage d’Hisarönü, ici on est à un autre niveau… Patara, c’est une des plus belles plages de Turquie, et surtout la plus longue avec 18 km, carrément! Ni resto ni hôtel, l’endroit reste vierge de toute infrastructure par souci de préserver l’environnement. Son accès en est même interdit de nuit, pour ne pas déranger les tortues marines qui viennent y pondre. La mer a l’air si proche… mais entre la théorie et la pratique, il y a un fossé, enfin je veux plutôt dire des dunes! Il faudra zigzaguer sur environ 800 m, en faisant attention où on marche si on évolue pieds nus, en se méfiant des pierres qui affleurent ou des petits arbustes épineux qui aiment s’étaler sur le sol! L’astuce est de repérer ces « chemins » créées par les empreintes de pieds des gens qui y viennent en journée, et aussi de bien repérer son point de départ tout là-haut! Parce qu’il faudra bien remonter, et sur du sable, c’est pas toujours une sinécure…






De Gelemiş à Çıralı.
Certaines pensions en Turquie ne proposent pas de petit-déjeuner, comme c’est le cas pour moi ce matin. Je vais donc me trouver quelque chose au hasard dans Gelemiş. C’est assez facile de dégoter un bar ou petit resto ouvert, même à 8 heures du matin, pour prendre un kahvaltı traditionnel ou un truc plus simple, genre börek ou pogača. Mais j’ai remarqué qu’un mot revient couramment dans la carte des petits-déj’ en Turquie: menemen. Sans trop savoir à quoi j’ai affaire, je vais donc essayer çà. Hé bien, un menemen, c’est une sorte d’omelette « customisée » avec oignons, tomates et poivrons. Accompagné de quelques tranches de pain, il peut constituer un solide repas matinal avant d’attaquer la journée.
Aspendos restaurant – dans le centre du village, sur Fesleğen Sok.

Alors j’espère que tu n’en as pas marre des sites archéologiques de Turquie, parce que j’en ai encore quelques-uns à te faire découvrir. Comme tu le constates, il n’y a pas que la Grèce qui en a la primeur! Je vais me rendre d’abord à 30 km au nord de Gelemiş pour atteindre (je devrais plutôt dire « débusquer ») un site peu connu et encore moins visité: le site antique de Pinara. La petite route de montagne qui y mène s’arrête brusquement pour se muer en piste pierreuse au niveau du petit parking. Il y a bien une petite billetterie, mais pas souvent ouverte, semble-t-il. C’est pas grave, il n’y a pas de barrière ni de tourniquet ici, et on se balade au hasard dans les alentours proches à la recherche des vestiges éparpillés comme si un gosse de géant un peu caractériel avait balancé ses Lego au sol.
Pinara, c’est une ancienne cité lycienne progressivement abandonnée et qui a bien morflé en 1957 à cause du fameux tremblement de terre cette année-là. Il reste encore beaucoup de tombeaux qui ressemblent à ceux de Dalyan, au milieu d’un paysage vraiment sauvage. Il n’y a personne d’autre que moi. À mon avis, le préposé de la billetterie doit trouver ses journées très longues… Le plus bel élément encore visible de Pinara, c’est son théâtre, entouré de broussailles (certains arbustes ont même poussé entre les gradins!) et n’ayant fait l’objet d’aucune restauration. L’ambiance y est très particulière. À un moment j’entends des bêlements de chèvres, tiens donc… Je ne pense pas souffrir d’hallucinations auditives, mais le mystère est vite résolu: c’est un vieux chevrier qui fait paître son petit troupeau dans les ruines mêmes du théâtre! Ah, certaines personnes ont un bureau de travail hors du commun!






C’est agréable de rouler à travers les petites routes de campagne de la région. Le relief est montagneux et c’est verdoyant, je dois dire que ça change des plateaux arides de Cappadoce ou des champs de céréales à n’en plus finir du centre du pays. Bref, à 25 km de Pinara, voici encore un autre endroit qui prouve que la Lycie était jadis une région de première importance, tant au niveau culturel que commercial. Me voilà donc arrivé, par une petite route sinueuse, sur le site antique de Tlos. Ah, il est superbe, celui-là! Une partie du site grimpe à l’assaut d’une imposante colline, promesse d’un panorama exceptionnel une fois qu’on est tout là-haut. Au gré de la montée, on croise des tombeaux lyciens et des chapelles rupestres, pour arriver au sommet où trône une forteresse ottomane en ruines. Attention toutefois au sentier, un peu casse-gueule par endroits et qui peut glisser s’il pleut. En contrebas, les anciens thermes côtoient les vestiges du stade, dont les gradins sont encore bien visibles. Le théâtre antique, par contre, n’est vraiment pas au top de sa forme: plusieurs gradins se sont effondré, et son accès est interdit, dommage. Tlos est peu fréquenté lui aussi, c’est à croire que les touristes ne retiennent de la Turquie qu’Éphèse, et dans une moindre mesure, Bergama et puis c’est tout. En même temps, c’est plutôt cool de ne pas être entouré de troupeaux braillards et toujours pressés (ça n’engage que moi)!













Ils sont bien beaux, tous ces sites archéologiques, mais j’irais bien respirer un peu d’air iodé et voir un peu la mer, moi. Donc direction la côte, pour m’arrêter à Kaş, une petite ville balnéaire adorable et pas encore complètement asphyxiée par le surtourisme. Attention, je ne dis pas que tu seras seul(e) au monde, mais on est quand-même dans une atmosphère plus populaire et moins bouillonnante qu’à Marmaris ou Bodrum. Le petit port est diablement mignon, et les petites ruelles (attention, ça grimpe parfois), bordées de petits commerces et restos, ne ressemblent pas à des autoroutes à piétons. L’ensemble du tableau est au final très réussi! Et tu te dis peut-être que ça fait pas de tort, une petite « parenthèse » par rapport aux ruines et autres vénérables pierres. Mais tu connais l’expression « chassez le naturel, etc etc… ». Si tu veux tomber sur un tombeau lycien au détour d’une ruelle ou sur le front de mer, viens donc à Kaş, ici c’est possible! Il y a aussi un théâtre antique un peu excentré, mais je ne suis pas allé lui rendre visite.












Il fait encore une chaleur à faire fondre l’Antarctique. À un moment je croise un gars occupé à arroser les fleurs d’un parterre avec un tuyau d’arrosage. Je lui demande de m’envoyer un coup de jet d’eau carrément sur moi! Il croit une seconde que je bluffe, mais j’insiste et il le fait finalement. C’est indescriptible comme ça m’a fait du bien! Il a dû se dire qu’il avait affaire à un barjot, peut-être qu’il n’a pas tout à fait tort. En tout cas, avec la chaleur, je fais l’impasse sur les kebap ou autres grasses joyeusetés. Un petit dessert local suffira amplement pour cette mi-journée. En voilà un que je ne connais pas encore: le kabak tatlısı, dessert à base de citrouille confite, garni d’éclats de noix et baignant dans une curieuse et épaisse crème au sésame. Un assemblage assez étonnant au premier abord, mais pas désagréable du tout.
Bay Köfte – 15 Temmuz Demokrasi Meydanı, 16A (ruelle adjacente à Bilginler Sok).

Je pensais remplir une partie de l’aprem avec la visite d’un autre site archéologique, mais cette chaleur de taré va m’obliger à faire la même chose qu’avant-hier, c’est-à-dire lâcher un peu les visites et souffler un peu, recharger ses batteries une partie de la journée. Je trace donc direct jusqu’à mon étape de cette nuit: le petit village tranquille de Çıralı, en bord de mer, où les hébergements de style pansiyon ne manquent pas, un peu à l’image de Gelemiş près de la plage de Patara. Ça tombe bien, ici aussi il y a une plage très sympa, moins imposante que Patara certes, mais très photogénique avec les montagnes qui l’entourent. Elle est aussi interdite d’accès durant la nuit pour foutre la paix aux tortues qui viennent y pondre.
Au bout de cette plage de 4 km, se trouve une des entrées du site d’Olympos, dont l’ancien port était un des plus importants de l’ancienne Lycie. L’autre accès se situe à l’autre extrémité du site, tout au bout d’une route qui a un peu vendu son âme au diable en laissant pousser comme des champignons des restos, hôtels et bars qui vont cracher de la musique jusque tard le soir. Tout le contraire de Çıralı, en somme! Je n’y suis pas allé, en définitive. De plus, il est assez marrant de constater qu’à partir de Çıralı, l’accès sud se fait par la plage, alors que l’accès nord nécessitera un détour en voiture de presque 20 km!

À l’instar des nombreux hébergements à Çıralı, le petit village dispose aussi de quelques petits bars et restos tout simples, où on ne t’assomme pas avec des décibels de musique. J’en profite pour parfaire un peu plus mes connaissances de la gastronomie autochtone. Ah, le menu propose quelques soupes, çà c’est un bon début. Une que je n’ai pas encore testé, voyons voir… OK, va pour l’işkembe çorbası, qui n’est pas la plus banale de la bande! C’est une soupe aux tripes, de couleur blanchâtre, parfois agrémentée de jus d’ail ou de jaune d’oeuf. Ça semble rébarbatif comme çà, mais c’est super bon, et de nombreux turcs qui ont passé la nuit à faire la fête et à turbiner à la bière ou au rakı s’en prennent un bol au petit matin pour se « nettoyer » l’appareil digestif. Après cette soupe étonnante, je me prends le tout aussi inattendu patso, un gros sandwich garni de frites mais sans viande (!), auquel on peut ajouter une petite sauce, genre mayo ou ketchup. C’est impossible d’être blasé de la bouffe turque, il y a toujours une surprise qui t’attend quelque part… Et j’ai eu un peu de compagnie lors de mon repas, comme tu peux le voir!
Merhaba Restaurant – Çıralı Mevki, 5.



Termessos et Aspendos, ou comment finir un voyage en beauté.
Hé bien, nous voilà presque au bout du périple. C’est aujourd’hui que je restitue la voiture de location et passe ma dernière nuit en Turquie (du moins pour ce voyage)! En attendant de remonter vers Antalya, j’ai encore une matinée à employer à bon escient, et je sais de quelle manière je vais m’y prendre. Je t’invite à prendre une dernière rasade de vieilles pierres et de murs multiséculaires. Je quitte donc Çıralı pour longer la côte sur environ 80 km, me rapprochant considérablement d’Antalya. Mais je vais utiliser des routes secondaires pour m’enfoncer à l’intérieur des terres, au milieu d’un paysage boisé et montagneux. J’arrive finalement sur une petite route de montagne qui monte tout en lacets et finit en cul-de-sac sur un petit parking ombragé par les arbres. Je suis arrivé aux portes du site antique de Termessos.
Termessos, c’est un vrai bijou. Si je devais choisir le site antique qui m’a procuré le plus de plaisir, je pense que ce serait celui-là. Il est resté tel quel et n’a jamais été restauré de façon abusive, dans un environnement aussi sauvage que grandiose. Ces montagnes tout autour, c’est d’une beauté pas possible! Mais Termessos ne se donne pas aussi facilement: il te faudra monter jusque là par un sentier qui serpente entre les arbres (et un peu d’ombre, ça fait du bien, crois-moi!) en profitant de quelques trouées donnant sur un panorama qui te met des étoiles dans les yeux. La particularité de l’endroit, fait rare en Turquie, est qu’il se situe à une altitude de plus de 1000 m. Donc ici ce n’est pas une histoire d’ensablement qui a eu sa peau, mais un sale tremblement de terre en 518 qui a ravagé la cité et a détruit son aqueduc, lui coupant son approvisionnement en eau. Termessos a également eu son moment de bravoure en résistant héroïquement aux assauts d’Alexandre le Grand, qui n’était quand-même pas n’importe qui (lequel passa ses nerfs en ravageant et brûlant les champs d’oliviers autour de la cité; un peu chafouin, Alex).


Une fois arrivé sur le site, on voit bien qu’ici c’est différent. Les larges voies dallées bordées de fières colonnes de marbre? Non, à Termessos tu peux oublier. Les vestiges s’éparpillent sur un terrain chaotique et envahi par les arbres, et la nécropole est un vrai fatras de colonnes et de tombes renversées, qui me rappellent un peu le site de Priène. Mais Priène n’a pas un décor naturel de cet acabit! D’ailleurs, on surnomme parfois Termessos le « Machu Picchu turc » (bon, c’est peut-être un rien exagéré). Et pour ne rien gâcher, le site est très peu visité, je ne croiserai d’ailleurs que deux personnes. Les groupes de touristes préfèrent se rendre à Pergé, Aspendos ou Sidé, plus facilement accessibles. Ils font ce qu’ils veulent, et moi aussi je fais ce que je veux…









Qui dit site antique dit généralement théâtre. Et ici à Termessos, ça touche au sublime. Quel autre site antique peut se vanter d’avoir un décor naturel aussi incroyable? Les prétendants ne se bousculent pas, j’en suis persuadé. D’un capacité de 4000 places, il n’est forcément pas intact à 100%, mais son état de conservation est surprenant, quand on constate l’ampleur des dégâts que le séisme a occasionnés. On peut en faire le tour en parcourant les gradins, et il reste encore des vestiges de son mur de scène.



Le prochain site où je vais m’arrêter se trouve à 50 km à l’est d’Antalya. J’atteins enfin le site antique d’Aspendos, dont la pièce maîtresse est son fameux théâtre. Mais si on compare avec Termessos, touristiquement parlant c’est le jour et la nuit! Déjà, l’immense parking t’annonce tout de suite la couleur: c’est pas fait pour une poignée de voitures, mais plutôt pour des légions d’autocars. Là j’en compte déjà quatre; ouïe ça sent pas bon… Il faut dire que le théâtre d’Aspendos, sans doute le mieux conservé et le plus beau de Turquie (il a de la gueule à revendre, je le confirme) est victime de son succès. Ses gradins et son mur de scène pourraient illustrer le mot « impeccable » dans le dictionnaire, alors forcément il attire les visiteurs comme un aimant! Il a connu plusieurs phases de restauration, mais le hic c’est que trop de restauration tue la restauration (c’est quoi çà pour une phrase?!). Alors oui, il est aussi impressionnant que magnifique, mais cette perfection frelatée a un petit côté « premier de la classe », un peu trop propre sur lui, tu vois? Il est d’une grande beauté, OK, mais le charme n’y est pas. Je veux dire que j’aime 10 fois mieux un théâtre un peu dégradé et noyé dans la nature ou bien entouré de montagnes comme Pinara ou Termessos, par exemple. En même temps, les goûts et les couleurs… Chacun son idée, n’est-ce pas?
Quelques petites infos sur ce théâtre, d’une capacité de 15.000 places, il a été bâti sous le règne de Marc-Aurèle au 2ème siècle et a servi de caravansérail pendant un petit temps. L’arène pouvait être inondée d’eau durant les batailles navales, les fameuses naumachies, c’était pas pour rien qu’un aqueduc passait à proximité. Des toiles attachées à des piliers de bois protégeaient les spectateurs des intempéries et du soleil. L’acoustique de sa scène est exceptionnelle, on peut, paraît-il, entendre quelqu’un parler à voix basse depuis les gradins supérieurs. Alors bien sûr, les touristes font leur petit cirque pour tester la chose, en frappant dans leurs mains ou en poussant de petits cris… Je parie qu’un de ces quatre, il y en a un qui va roter ou péter (si c’est pas déjà fait 🙄)!






Antalya, la dernière étape avant le retour.
Hé bien voilà, la boucle est bouclée, du moins en ce qui concerne la partie « motorisée » de mon périple, car me voici arrivé à l’aéroport d’Antalya pour y rendre ma voiture de location, avec laquelle j’ai partagé tant de routes et de kilomètres. Je ne suis plus qu’à une quinzaine de kilomètres d’Antalya, et pour la rallier, c’est hyper facile, sans devoir s’embêter avec des taxis chers et des lignes de bus lentes et tordues. Antalya dispose d’un petit réseau de tramway (c’est pas peu dire, il n’y a que 2 lignes!) dont la ligne T1A, qui relie directement l’aéroport aux portes de la vieille ville en 25 minutes et une dizaine d’arrêts intermédiaires. L’autre ligne, la T2, longe la côte et utilise encore des modèles de trams plus anciens. Bienvenue donc à Antalya, que je t’emmène explorer de ce pas!
Antalya, son port, sa vieille ville, ses palmiers… et aussi ses immeubles et hôtels pas toujours de bon goût qui ont poussé comme des champignons dans sa périphérie, hé oui! On est dans une ville côtière agréable certes, mais qui s’est laissé un peu hypnotiser par le chant des sirènes du tourisme. J’en veux pour preuve que l’aéroport accueille quelques compagnies low-cost, c’est un signe révélateur. Mais pas de panique, il y a toujours moyen de s’égarer dans quelque ruelle discrète de la vieille ville pour se retrouver seul, même si ça ne dure pas longtemps. En même temps, c’est pas Marmaris qui, elle, s’est carrément vendue au tourisme de masse… Je loge dans une petite pansiyon en bordure de la vieille ville. Au moins, les prix ne se sont pas encore envolés pour tous les types d’hébergement. Et j’ai la clim, dieu merci car le four à micro-ondes climatique qui sévit en Turquie ne s’est pas encore arrêté, si tu vois ce que je veux dire.
Les abords de la vieille ville sont délimités par la mer et le boulevard Cumhuriyet. Et le long de ce pourtour, il y a déjà quelques monuments intéressants à se mettre sous la dent. Entre autres, quelques mosquées, un ancien marché couvert, la Tour de l’Horloge (Saat Kula) qui se dresse sur une vaste esplanade, et les vestiges des remparts dont il reste encore de belles portions. La Porte d’Hadrien vaut surtout le coup d’oeil, elle en jette vraiment avec ses arcades et ses colonnes de marbre. Ma foi, cette découverte d’Antalya ne commence pas trop mal!









J’aime bien les ruelles de la vieille ville, se coupant souvent à angle droit et abritant une multitude d’anciennes maisons ottomanes du 17ème siècle, dont la plupart on été restaurées, un peu trop même dans certains cas. Certaines ont été converties en petits hôtels ou pansiyon, ceci explique cela. Mais en errant au hasard, en prenant tantôt à gauche tantôt à droite, on peut encore débusquer des coins dérobés et tranquilles où quasiment personne ne passe. À croire que les touristes ont des oeillères comme les chevaux…










Mais si je devais choisir le coin le plus mignon et charmant d’Antalya, ce serait sans hésitation son vieux port qui remporterait la palme. Même si c’est un chouïa touristique (les excursions en bateau ou les vendeurs de babioles à la con), l’endroit n’est pas trop saturé par la foule et a su garder une pointe d’authenticité avec ses barques de pêche et ses petits vendeurs de moules au citron, qu’on mange sur place ou qu’on emporte en sachet. Et vu depuis le haut des fortifications, où s’étend un petit parc, le vieux port est encore plus craquant et photogénique.









Hé bien au final, Antalya n’est pas mal du tout, et les immeubles sans âme qui voulaient jouer les oiseaux de mauvais augure en sont pour leurs frais, je les ai vite oubliés! Je remonte du port vers l’esplanade où se dresse la Tour de l’Horloge, d’où le panorama sur les toits de la vieille ville est de premier ordre. Et la soirée s’amorce doucement, la dernière de ce sacré périple, faut-il le souligner. Pour mon dernier repas, parviendrai-je à dénicher une nouvelle spécialité pas encore testée, après tant d’autres goûtées et approuvées? La réponse est oui, car Antalya possède son petit plat local: le Tahinli Piyaz, une salade de haricots blanc agrémentée de tomates et d’oignons hachés et nappée d’une sauce au sésame. Une petite assiette de cette spécialité copieuse et rafraichissante peut s’accompagner par exemple de quelques köfte pour avoir un repas complet et pas cher. Voilà une façon bien sympa de finir cette dernière soirée! Je ne me coucherai pas trop tar, demain matin j’attrape un tram vers 6 heures pour revenir à l’aéroport où m’attend mon vol retour (j’ai trouvé un vol direct pour Bruxelles avec Pegasus).
Piyazcı Sami – 25 Sok, 1( à 150 m de la Tour de l’Horloge).





DERNIER « DEBRIEF » DE CE PÉRIPLE DE FOU:
Périple de fou, et encore le terme est léger! Que de découvertes et d’aventures depuis mes tout premiers pas à Istanbul! Un véritable feu d’artifice de sites archéologiques, de plages, de coins plus secrets… dans un pays où nos habitudes d’européens sont bousculées: religion, coutumes, cultures différentes, et même un changement de continent: excepté Istanbul, je suis allé en Asie pour la première fois, ça compte dans une vie de voyageur! J’ai découvert un pays immense (dont je n’aurai vu qu’une partie) aux horizons très variés et où le sens de l’accueil et de l’hospitalité spontanée prennent tout leur sens. Y retournerai-je? Je peux déjà t’annoncer que oui. Mais j’en dis pas plus pour l’instant…
“If I go the turkish bath, I risque, I risque énormément. But if I reste ici, I risque encore plus… So, I risque on the two tableaux !”

- La côte et les plages du sud de la Turquie sont sublimes… à condition de ne pas se choisir une « rôtissoire à touristes » où on se marche dessus en journée!
- Ah ben, les sites antiques, c’est une évidence! Plus particulièrement s’ils sont perdus dans un environnement sauvage, quasiment laissés en l’état et peu fréquentés (j’en ai recalé un, devine lequel).
- Le lac Bafa et le petit village de Kapıkırı on été une chouette découverte, loin de l’agitation de la côte.
- La diversité surprenante de la cuisine turque, qu’il serait aussi stupide que réducteur de résumer à kebap – loukoum – raki.
- Le peuple turc, dont la gentillesse et l’affabilité font voler en éclats certains préjugés qui peuvent encore avoir la dent dure.

- Le site antique « recalé, tu seras d’accord avec moi si je te dis Éphèse, dont la surfréquentation touristique est à la limite de l’indécence…
- Bodrum n’est pas moche, je le concède, mais au vu des boutiques chic et de certains restos, ça pue un peu le fric.
- Sinon, que dire d’autre? Peut-être le trafic aux abords des villes, avec les feux de circulation qui deviennent vite énervants et certains autochtones qui ont l’air fâchés avec leurs clignotants…

Grandiose ! J’y reviendrai plus tard pour bien assimiler tous vos détails.Quel voyage !
Hé bien, bonne lecture! J’attends vos ressentis avec impatience.
En Asie !
J’avais par gourmandise lu votre texte sur mon iPhone car je n’avais pas l’ordi à portée de main, j’ai pu enfin me régaler sur grand écran de tout ce que vous nous avez fait découvrir. La gastronomie, bon je n’arrive pas à retenir tous les noms 😄
Extraordinaires paysages, je suis allée de découvertes en découvertes. Les dunes de Patara, wouah, les couleurs au lac Bafa (subjuguée), la plage Hisarönü !!!
Extraordinaire,
Grandiose
Quel voyage !
Vous avez dû avoir chaud…
J’aime toujours l’humour, du style omelette customisée…
Merci pour les rasades de vieilles pierres.
J’ai même vu une enseigne ´coiffeur ´
Je ne connaissais pas la race Kangal pour le chien, mais je vous aurais bien vu revenir avec un mouton 😀
En résumé, j’ai tout aimé et merci du si beau partage, car c’est un gros travail.
À bientôt. BB se joint à moi pour vous féliciter. 😻
Mille fois merci, Emilia. Quel voyage, oh que oui, je confirme! Je pense n’avoir jamais mis autant de temps pour raconter un seul voyage. Et nous n’en avons pas fini avec la Turquie, étant donné que je suis retourné en septembre durant une semaine (au moins ça fera carnet moins long 😁)! Mais avant de m’y attaquer, je vais commencer mon petit carnet traditionnel de Noël comme chaque année. Je ne dis rien sur la destination, en tout cas ce n’est ni en France ni en Allemagne…
À très bientôt, caresses à BB (j’aimerais bien la voir à côté d’un kangal rien que pour comparer les tailles 😀😀).
Je rêve de Noël en Suisse ou en Autriche… j’attends la surprise… 😻