Balade(s) dans le sud de la France – 2022.

Le sud de la France… oui j’avoue, c’est plutôt vague comme dénomination! Je ne savais pas trop quoi mettre comme titre. Alors pour ce petit voyage de septembre, l’action va se passer dans le sud-est du pays, essentiellement en Provence. Mais pas dans la Provence des champs de lavande et des mas entourés d’oliviers; non, je vais plutôt t’emmener dans des décors plus montageux: la vallée de la Roya, le parc du Mercantour, les gorges de Daluis et du Cians… Entre Alpes-Maritimes et Alpes-de-Haute-Provence, avec une incursion dans le Var, une virée courte, certes, mais qui promet d’ête intéressante!

Sospel et la vallée de la Roya.

Pour démarrer ce petit voyage de la meilleure façon, atterrir à l’aéroport de Nice m’a semblé la meilleure option. De là, je récupère ma voiture de location; cette fois je ne suis pas passé par une agence « classique », c’est devenu la folie au niveau des prix… Non, je vais tester Getaround (anciennement Drivy); pour faire simple, c’est un peu le Airbnb des voitures, louées en grande partie par des particuliers. C’est vachement moins cher, même avec un rachat de franchise, et certains véhicules disposent d’un genre de QR code apposé au pare-brise pour pouvoir les déverrouiller via l’appli sur smartphone. C’est rare que je fasse un coup de pub, mais une fois n’est pas coutume. Il fait beau, mais cette énorme barre noire nuageuse, au loin sur la mer, ne me dit rien de bon… Je ne sais pas trop dans quelle direction ça bouge.

Ok c’est bon, le proprio m’a remis les clés (une petite Fiat Panda, petit modèle sympa), je peux y aller! Donc je suis dans le département des Alpes-Maritimes (06), en région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA pour les intimes). Mon premier arrêt, à 50 km de Nice, sera pour Sospel, un village tout joli niché dans la vallée de la Bévéra, du nom de la rivière qui le traverse et en même temps, le coupe en deux. Les ingrédients de base qui fleurent bon le midi de la France sont bien là: les ruelles pavées qui zigzaguent comme çà leur chante, les maisons colorées aux volets verts, les placettes et les fontaines… Avec le soleil, du moins pour l’instant!

Sospel.
Sospel.

Le vieux pont fortifié, qui relie les deux parties du village, a été détruit et reconstruit plusieurs fois au fil des siècles. C’était un ancien pont à péage, et jusque dans les années 1960, la tour abritait encore un commerce. L’autre édifice emblématique de Sospel, c’est la cathédrale Saint-Michel, dont la taille imposante peut susciter l’étonnement par rapport à la taille du village. Un étonnement qui fait vite place au ravissement suscité par la beauté architecturale de la Place Saint-Michel. En effet elle est très belle, il faudrait être aigri jusqu’à la moelle pour oser dire le contraire!

Sospel: le vieux pont.
Sospel: cathédrale Saint-Michel.

Comme entrée en matière, Sospel n’était pas mal du tout! Avant de repartir, je dégots une boulangerie avec une poignée de chaises en terrasse, pour manger simple et pas cher: un part de pissaladière (une « tuerie » niçoise composée de pâte à pain, d’oignons et de pissalat, une sorte de pâte d’anchois ou de sardines), ainsi qu’une part de tourte aux courgettes. Presque en face du vieux pont, que demander de mieux?

À 20 km au nord de Sospel, le paysage de montagne s’affirme de plus en plus. En contrebas de la route, voilà qu’apparaît un gros village, qui s’étire le long d’une rivière. Cette rivière, c’est la Roya, qui serpente au milieu de la vallée du même nom. Les derniers contreforts des Alpes sont tout proches, et l’Italie ne se trouve qu’à quelques km à vol d’oiseau (d’ailleurs, jusqu’en 1947, la région était encore italienne).

Mais cette vallée de la Roya, même sans la connaître, on en a forcément entendu parler dans les médias. En octobre 2020, elle a vécu un cauchemar éveillé, elle a plongé en enfer. La monstrueuse tempête Alex a laissé l’apocalypse derrière elle, avec force pluies diluviennes et crues d’une violence inouïe. 10 morts, 8 disparus, une vallée défigurée, des maisons éventrées… Depuis, la vallée panse se plaies, se reconstruit. Travaux routiers avec circulation alternée, reconsolidation des berges, nouveaux ponts… Deux ans après, il y a encore un boulot monstre. Je suis en admiration devant la ténacité et l’optimisme des habitants de cette vallée sinistrée, un peu à l’image de ce qui s’est passé à Vaison-la-Romaine en 1992. Standing ovation.

Le village dont je parlais plus haut, traversé par la rivière, c’est Breil-sur-Roya. Ce petit bourg médiéval s’étire le long d’un méandre de la Roya, et régale les visiteurs d’un festival de ruelles étroites, de porches sombres, de vieilles maisons avec des lampadaires accrochés aux murs. Mais ça sent un peu aussi le Piémont italien, tellement proche en même temps… J’aime bien ce cadran solaire avec l’inscription Fugit Tempus, « le temps passe vite ». C’est tellement vrai (surtout quand on voyage)!

Breil-sur-Roya.
Breil-sur-Roya.

J’avais des appréhensions sur cette masse nuageuse au large de Nice tout à l’heure. Hé bien ça y est, elle s’invite sur la vallée de la Roya! Les premières gouttes commencent à tomber alors que j’arrive au niveau de Fontan, où je bifurque pour rejoindre mon prochain arrêt. Cela va crescendo, et quand je vois une lueur fugace, je comprends tout de suite. Un orage, allons donc! Je vais attendre dans la voiture que ça passe. Ça ne sert à rien de grincer des dents, ça paraît si futile, en imaginant la boule au ventre que doivent avoir les habitants de la vallée à l’approche d’un orage.

Le petit village perché de Saorge est une des pépites du département, et classé parmi les plus beaux villages de France. Je valide entièrement: c’est même plus que perché, il est carrément accroché à son piton rocheux, et les maisons ont l’air de dégringoler en cascade jusque dans la vallée. Je ne pense pas qu’il ait besoin de Stéphane Bern pour se faire de la pub… Saorge, médiéval jusqu’au bout des ongles, est un labyrinthe de ruelles qui montent, descendent, se transforment en escaliers ou en passages couverts un peu inquiétants. Après une bonne pluie, ça peut salement glisser par endroits, alors on évitera les semelles « peau de banane »! Un peu excentré du village, le monastère du 17ème siècle offre une vue à se damner sur le village.

Saorge.
Saorge.
Monastère de Saorge.

La route suit le cours de la Roya, qui fait toujours l’objet de gros travaux de réfection. Cette année 2020 a été bien funeste pour la région. Tout en profitant d’une petite accalmie météo, j’arrive à Tende, à 14 km de Saorge. Le décor ici aussi est plutôt spectaculaire, le village étant bâti en amphithéâtre sur un affleurement rocheux. Il ne manquerait plus que la mer tout en bas pour que Tende ait un petit air de Bonifacio en Corse!

La vieille ville est bien belle, ayant tout ce qu’il faut pour plaire: les ruelles et escaliers, les vieilles bâtisses aux toits de lauzes, les petites fontaines cachées… En son coeur, se dresse la collégiale Notre-Dame-de-l’Assomption, dont le clocher semble avoir un lointain air de famille avec celui de l’église de Saint-Tropez! Et ce pan de mur qui se dresse vers le ciel, à côté d’un campanile, qu’est-ce donc? C’est tout ce qui reste du chateau des Lascaris, édifié au 14ème siècle et détruit par les troupes de Louis XIV. Le campanile en faisait partie et s’appelait la Tour de l’Horloge. Détail insolite: l’intérieur de l’enceinte est devenu le cimetière de la ville.

Tende.
Tende.

Je repars à présent en sens inverse, direction mon lieu d’hébergement pour cette nuit. Un peu avant Fontan, je bifurque vers une toute petite route, la D42, qui va me conduire très haut au-dessus de la vallée. Ah, elle est gratinée celle-là, avec ses virages serrés comme c’est pas permis et son étroitesse qui rend impossible tout croisement par endroits! Et ça grimpe, ça grimpe… Pour corser encore un peu plus l’affaire, des pierres sur la route indiquent des chutes potentielles. Hé ben moi, j’adore genre de routes (là c’est mon « moi » barjot qui s’exprime).

C’est dans le hameau de Berghe-Inférieur que je pose mon sac. Une poignée de vieilles et solides maisons de pierre, accrochées sur une colline boisée, des chataîgniers tout autour, avec une vue plongeant et vertigineuse sur la Roya, tout en bas. Un genre de « mini-Saorge », moins connu et cependant plus authentique. Ton esprit perspicace aura peut-être déduit qu’il existe certainement un Berghe-Supérieur; en effet, il se trouve à 3 km et est encore plus haut perché! C’est au gîte Le Berghon que je passerai la nuit; enfin presque, moi ce sera une petite chambre d’hôtes, dans une vieille maison du village très bien aménagée. Après un chouette petit repas du soir, j’explore un peu Berghe et les proches alentours. Pas longtemps cependant, voilà encore un orage qui ramène sa fraise. Bon dieu, j’espère que c’est pas parti comme çà pour toute la semaine!

Berghe-Inférieur.
Berghe-Inférieur.

Le parc national du Mercantour.

Après un solide petit-déj’ tel que les gîtes en ont le secret, me voilà reparti, revenant vers Sospel pour poursuivre mes aventures. Je vais emprunter la route du col de Turini, qui relie Sospel à la vallée de la Vésubie et culminant à 1607 m. Le nombre de virages serrés est en adéquation avec la diversité des points de vue sur les montagnes boisées. Une curiosité sur la route: la chapelle Notre-Dame-de-la-Menour, dont l’escalier d’accès passe tout bonnement au-dessus de la route. Le col de Turini est aussi un « saint-graal » pour les fanas de course automobile: c’est l’un des passages mythiques du rallye de Monte-Carlo.

Sommet du col de Turini.
Col de Turini.

Je ne m’attarderai pas au sommet du col, c’est un peu trop touristique avec les boutiques un peu kitsch et les véhicules en tous genres (voitures, camping-cars) plutôt nombreux, sans compter les motards et les cyclistes. Je vais descendre vers la vallée de la Vésubie, en passant par La Bollène et Roquebillière. Le décor montagneux devient de plus en plus majestueux. Il faut dire aussi que j’ai pénétré dans le fameux parc national du Mercantour, créé en 1979 et à cheval entre les Alpes-Maritimes et les Alpes-de-Haute-Provence. Cette zone de 685 km² est un vrai festival de paysages plus époustoufflants les uns que les autres; le Mercantour a un caractère clairement alpin, avec une touche méditerranéenne très prononcée. Ce tréléscopage d’influences promet d’être très intéressant.

Et voici un bon exemple de cette mixité de caractères avec Saint-Martin-Vésubie, surnommé comme de juste la « petite suisse niçoise ». C’est vrai qu’on pourrait facilement se croire dans un village au coeur des Alpes, mais on est aussi seulement à 70 km de Nice. La couleur des maisons et des volets, l’église au clocher à bulbe, la rue principale piétonne et sa rigole centrale… tout celà fleure bon le midi!

Saint-Martin-Vésubie.
Saint-Martin-Vésubie.

Je quitte Saint-Martin-Vésubie pour entamer la route de la vallée de la Tinée, qui rejoint Valdeblore et Saint-Sauveur-sur-Tinée. Non loin de Valdeblore, je fais un petit stop à Saint-Dalmas, un petit village tranquille entouré d’un suberbe décor de montagne. Je reprends ma route, en grinçant des dents de temps à autre car je retrouve un des fléaux des routes du sud: les motards. J’en avais déjà parlé lors de mon voyage dans les gorges du Verdon. J’ai l’impression que leur seul but est de coller au cul des voitures (j’ai çà en horreur 🤬) et de les dépasser le plus vite qu’ils peuvent. Vous voulez pas aller faire mumuse sur des circuits, çà nous ferait des vacances! Fin de la parenthèse et du coup de gueule (j’espère que j’ai pas plombé l’ambiance, du coup).

Saint-Dalmas.
Vallée de la Tinée.

Après Saint-Sauveur-sur-Tinée, la petite route M30 se rétrécit un peu, grimpe à tout va et multiplie les virages (sans être aussi tordue que la D43 de Berghe, heureusement). Attention aux chutes de pierres, tellement imprévisibles; j’ai jamais entendu un caillou crier « atentioonn j’arrive droit sur ton pare-briiise!!! ». Bref, mon petit bonhomme de chemin m’amène à Roubion, dont j’ai déjà une vue intéressante quelques km avant. C’est un vieux village de montagne, station de sports d’hiver en saison, accroché à une falaise et protégé par une énorme barre rocheuse. Au menu, des ruelles escarpées, des escaliers, des fontaines, et les ruines d’un vieux chateau en surplomb. Il y a même un petit « plus » à Roubion: ses portes peintes, évoquant les métiers d’autrefois ou les scènes de travaux des champs. Ça me fait repenser aux portes peintes de Funchal, sur l’île de Madère.

Je me pose au petit resto l’auberge du Moulin pour manger un morceau: assiette charcuterie/fromage du coin, accompagnée d’une bière brassée à Saint-Martin-Vésubie. Un moment bien agréable, surtout que la météo est bien plus clémente qu’hier!

Roubion.
Roubion.
Bière Mounta Cala.

Je poursuis ma route en passant par le col de la Couillole (oui, il s’appelle comme çà), situé à 1678 m d’altitude. On est déjà un peu plus haut qu’au col de Turini. Pas de tsoin-tsoin touristique ici, c’est plus austère, plus dénudé: un panneau, une plaque commémorative et ça s’arrête là. Le col de la Couillole a marqué le Tour de France de 1975, avec le duel au sommet entre Merckx et Thévenet, ce dernier ayant finalement l’avantage suite à une défaillance du « Cannibale » (attention, je te rappelle que je suis belge…).

Col de la Couillole.

Les 8 km de descente du col de la Couillole m’amènent à Beuil, un autre petit village médiéval sympa doublé d’une petite station de sports d’hiver. J’aime bien son architecture montagnarde et ses maisons qui ont parfois jusqu’à trois étages. Une petite station-service permet de ne pas avoir de mauvaise blague si on ne fait pas gaffe en parcourant les petites routes de montagne; d’ailleurs il y a du passage à Beuil, le village est psitionné stratégiquement: la D30 (celle d’où je viens) rejoint la vallée de la Tinée, la D28 va d’un côté vers Valberg, de l’autre vers les gorges du Cians. C’est justement ces gorges que je vais maintenant traverser.

Beuil.
Beuil.

Les gorges du Cians et la vallée du Var.

C’est donc par la D28, en venant de Beuil, que je fais mon entrée dans les gorges du Cians, du nom d’un petit affluent du Var. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais je dois reconnaître que l’effet « waouh! » est garanti. Des parois de schiste rouge, déchiquetées, tourmentées, au milieu desquelles la route serpente tant bien que mal. C’est parfois si étroit, si encaissé qu’on frôle presque la roche et que le ciel n’est plus visible! Certains petits tronçons de route abandonnés sont remplacés par des tunnels. On peut quand-même s’y aventurer à pied, avec une bonne dose de prudence au vu de la taille des pierres qui ont dégringolé sur la route. Si on s’en prend une sur le crâne, même une boite entière de Doliprane ne suffira pas plus… Les paysages s’élargissent au fur et à mesure qu’on descend vers la vallée du Var.

Gorges du Cians.
Gorges du Cians.

Voici la fin de la D28. À partir de là, à droite c’est vers Digne, à gauche vers Nice. Moi je prends à gauche, en longeant un « petit » fleuve de 115 km qui finit sa course près de Nice: le Var, qui longe le parc du Mercantour et, bizarrement, ne traverse pas le département du même nom (* la clé du mystère ici). La route est très agréable et la vallée bien large, et me fait d’abors arrêter à Touët-sur-Var. Bon, au premier regard, rien de spécial. Mais levons la tête vers la haute paroi rocheuse à gauche de la route: de hautes et étroites maisons anciennes, serrées les unes contre les autres, semblent littérallement collées à la falaise, comme un jeu de légos emboîté à la verticale; c’est même encore plus impressionnant que Saorge! On dirait qu’elles se retiennent de tomber.

Son petit surnom de « village tibétain » n’est pas usurpé, même si je n’y ai croisé aucun moine priant ou agitant des cymbales. Il faudra avaler quelques volées de vieilles marches pour déambuler dans la vieille ville haute, avec ses ruelles et son église Saint-Martin, bâtie au-desus d’un petit torrent visible à travers une grille à l’intérieur de l’édifice.

Touët-sur-Var.
La vallée du Var.

Toujours en suivant le cours du Var, me voilà à Villars-sur-Var, qui domine le fleuve mais de façon nettement moins spectaculaire que Touët-sur-Var. Il n’en reste pas moins agréable à explorer avec ses ruelles, son joli lavoir et un beau panorama sur les montagnes. Le côté « italien » que j’ai vu dans la vallée de la Roya commence à s’estomper… Une curiosité: son monument aux morts, non pas accolé à l’église mais se trouvant à l’intérieur une chapelle.

Villars-sur-Var.

Après Villars, la vallée du Var commence à s’encaisser davantage, dans un paysage montagneux un peu plus aride et minéral. Mais il continuera sa course vers la mer sans moi, car je bifurque pour remonter le cours de la Tinée, elle-même affluent du Var. au fur et à mesure de ma progression vers le nord, les montagnes se reboisent, jusqu’à retrouver ces forêts de feuillus qui les recouvrent dans la vallée de la Tinée. Peu avant Saint-Sauveur-sur-Tinée, je prends une petite route, que j’ai failli louper car située quasiment à la sortie d’un tunnel. Ah, mais je la reconnais, c’est une partie de cette même route qui m’avait conduit de Saint-Dalmas à Roubion! Je prends une autre petite route qui va me conduire à mon étape de cette nuit; ça grimpe, et le cours de la Tinée, tout en bas, ressemble à un long serpent qui va rejoindre le Var 20 km plus au sud.

Je pose donc mon sac à Rimplas, encore un petit bijou de vieux village haut perché au-dessus de la vallée de la Tinée. Il reste néanmoins à l’écart de l’agitation touristique, se trouvant en retrait de cet axe routier qui relie les vallées de la Tinée et de la Vésubie. Ce qui en fait un oasis de tranquillité, au gré de ses ruelles biscornues, ses passages couverts et cette amusante petite rigole d’eau vive qui dégringole à travers tout le village. Même la petite église est à croquer! Un tas de petits sentiers de randonnée fera le bonheur des amateurs de marche. Moi j’ai jeté mon dévolu sur une curieuse piste, où subsistent des vestiges de revêtement en béton. Serait-ce une ancienne route carrossable abandonnée? Je n’en sais pas plus…

En tout cas, la nuit sera paisible dans ce petit hôtel rural, solide bâtisse en pierre un peu en retrait du bourg. Et le petit resto du village, le Pous Café, est une quintessence de convivialité, d’authenticité et de bonne bouffe, comme on n’en voit plus que très rarement (ces raviolis à la tomme, c’était de la bombe!). Une dernière errance à travers les ruelles sombres et silencieuses (hé oui en septembre la nuit tombe vite!) avant une bonne nuit de repos… Car demain mes guibolles vont avoir du boulot!

Rimplas.
Rimplas.
Piste aux environs de Rimplas.

Une rando dans les Mercantour…

Hier soir lors de ma balade à pied, j’avais repéré au loin un ouvrage fortifié. Je vais aller voir celà de plus près ce matin. Le fort (ou ouvrage) de Rimplas a été construit dans les années 1930 et faisait partie des ouvrages de la Ligne Maginot. Il est visitable, et juste à côté on trouve des petites attractions pour enfants et un chateau gonflable. Une cohabitation insolite…

Je n’ai pas encore pris de petit-déj’, à partir de 9 heures c’était un peu tard pour moi. En passant par Saint-Sauveur-sur-Tinée, je repère un petit bar tranquille, le genre de petit rade de village où quelques locaux viennent s’envoyer un petit café avant d’aller au boulot. J’aime bien cette ambiance détendue et conviviale. Deux petits croissants et un café noir, excellente méthode pour bien démarrer cette journée!

L’itinéraire que j’emprunte, je l’ai déjà fait hier: je repasse par Roubion et Beuil. C’est en passant par les gorges du Cians et la vallée du Var que j’ai effectué une « boucle » jusque Rimplas. À Beuil je prends cette fois la direction de Valberg, que je passerai sans m’arrêter. Cette station de sports d’hiver n’a pas vraiment de charme avec son parking XXL et ses immeubles modernes. Je poursuis en traversant Guillaumes, un petit village auquel on s’intéressera demain étant donné que j’y repasserai. Oui, je préfère avancer pour ne pas débuter ma randonnée trop tard; j’ai encore une trentaine de km de grimpette « motorisée » avant de mettre mes mollets en action.

Le paysage devient vraiment grandiose; c’est le Mercantour dans toute sa splendeur, avec des forêts de conifères, des pâturages et des sommets. La beauté des montagnes, qui commencent à se dénuder de végétation, est sidérante. Et tiens donc, revoilà le Var, que je vais longer sur quelques km! Il prend sa source à Estenc, tout près d’ici. La route se rétrécit ensuite et resserre ses lacets, la végétation se raréfie et le décor se fait vraiment plus dur, plus minéral. Voici une stèle et un petit parking. Mon but est atteint: voici le sommet du col de la Cayolle, à 2326 m d’altitude, qui joue au funambule entre les Alpes-Maritimes et les Alpes-de-Haute-Provence. Et une cayolle, c’est un petit chalet d’altitude dans les alpages. Clin d’oeil culture générale!

Route du col de la Cayolle.
Route du col de la Cayolle.