Le musée de l’Air et de l’Espace du Bourget.

Pour changer une fois des longs voyages (oh t’inquiètes , il y en aura d’autres!), une petite virée d’une journée, de temps en temps, c’est pas désagréable. Tu t’intéresses à l’histoire de l’aviation? Tu aimes bien les « coucous » de toutes les époques, que ce soit un antique « Blériot » ou le légendaire Concorde? Alors je vais te faire découvrir un musée exceptionnel, à quelques kilomètres de Paris…

Pour aller jusque là, j’ai laissé la voiture se reposer et pris un TGV au départ de Lille. Une fois arrivé à la gare du Nord à Paris, c’est le réseau de la RATP qui prend le relais avec son arsenal de lignes de métro, RER ou autres tramways. Ça ne change pas, toujours des travaux, des portions fermées… faut savoir improviser avec des trajets alternatifs!

Bref, la commune du Bourget se trouve à une quinzaine de km de Paris. Son aéroport est le plus ancien de France consacré aux vols commerciaux, les premières liaisons y ont débuté en 1919! Il s’en est passé ici: Charles Lindbergh s’y est posé, bouclant ainsi sa traversée de l’Atlantique, et les pilotes Nungesser et Coli y décollèrent pour tenter le même exploit, mais ça se finira tragiquement… Air france y installa son siège en 1933 et l’aérogare fut inaugurée à l’occasion de l’Expo Universelle de 1937.

Dans les années 1970, les compagnies aériennes lui préfèrent Orly ou le tout récent Roissy Charles de Gaulle, ouvert en 1974. Le Bourget va rebondir en se consacrant à l’aviation d’affaires, dont il est le premier « spot » en France. Ce n’est pas impossible que tu entendes rugir les réacteurs de l’un ou l’autre jet privé sur les pistes! Et, d’une pierre deux coups, Roissy permet de libérer pas mal d’espace au bourget, permettant de rassembler des engins de collection disséminés dans la région et d’y créer le musée de l’Air et de l’Espace!

Illustration 3D du musée et de l’aéroport.

Avant d’attaquer la découverte de ces nombreux aéronefs qui ont construit l’histoire de l’aviation, tu vas déjà en prendre plein les yeux en admirant l’intérieur de l’aérogare, au style art déco avec son immense horloge et ses colonnes. Elle a été reconvertie en différentes galeries d’exposition.

Intérieur de l’aérogare.

La visite s’articule autour de plusieurs « halls ». Ça commence fort avec le hall des pioniers, qui présentent les premiers balbutiements de l’aviation: dirigeables, montgolfières, modèles de légende comme Blériot XI, Voisin-Farman, « Demoiselle » de Santos-Dumont… Ça me rappelle la vieille série TV « Les faucheurs de marguerites »!

Hall des pionniers.
Hall des pionniers.

Le hall de la Grande Guerre se trouve de l’autre côté de l’entrée principale de l’aérogare et expose les modèles d’avions de guerre de cette époque. Leur design est plus beau que leur finalité (et c’est toujours d’actualité, au final)…

Au-delà du bâtiment principal de l’aérogare, c’est un défilé de plusieurs « halls », tous plus captivants les uns que les autres. Voilà le hall de l’Espace, qui couvre l’épopée de la conquête spatiale: fusées, satellites, tenues de cosmonautes… Combien de gosses ont-ils pu dire « quand je serai grand je serai astronaute »?

Le terme « astronaute » est employé par la Nasa aux U.S.A, alors que l’agence spatiale russe Roscosmos préférera le terme « cosmonaute ». Alors qu’en france on dira « spationaute » et en Chine, « taïkonaute »! Ils sont pas un peu fous, ces gens qui vont dans l’espace?

Alors, qu’est-ce qu’on a ensuite? Le voyage continue avec le hall de l’Entre-deux-guerres, avec les transports commerciaux qui s’affirment ou l’aventure du transport par courrier (Saint-Exupéry, le Petit Prince… souvenirs d’école, hein!). La gueule du « Farman Goliath » est unique!

Le suivant est le hall des voilures tournantes; euh, les quoi? Ben oui, les hélicos! De toutes les tailles, toutes les formes et toutes les utilités!

Le hall de la Cocarde, c’est pour les fans des avions de l’armée de « l’après-guerre »: La vedette des lieux, c’est ce Mirage 2000 du constructeur Dassault. Et on termine cette longue galerie avec le hall des protoytypes et ses modèles aux formes de cigares volants, qu’on aurait pu aisément attribuer au Professeur Tournesol!

Bon, j’espère que tu as encore des réserves d’énergie, parce qu’on n’en a pas encore fini! Maintenant on va sortir un instant, histoire de voir cet alignement d’anciens avions de chasse, avant de s’intéresser à deux grands hangars situés en face de la grande galerie. Je vais commencer – intentionnellement, j’ai mes raisons – par le hall 1939-1945, avec des modèles d’avions de guerre de cette époque. Le « Spitfire » côtoie le célèbre Douglas « Dakota » C-47A (on peut en visiter l’intérieur). C’était la version militaire de l’emblématique DC-3, qui était à l’aviation civile ce que le Nokia 3310 était aux téléphones mobiles: intemporel et indestructible…

Et le hangar d’à côté, y a quoi dedans? Comme dans un coffret on trouve un diamant, comme dans une huître on trouve une perle, ici c’est un peu ce bâtiment qui en joue le rôle. Viens, on entre. Je n’ai même pas à le présenter, cet avion blanc aux ailes fuselées et au nez d’ibis royal. Un mythe, une légende. Voici le hall du Concorde!

Devant les nombreux modèles de la galerie, on est surpris, étonné, admiratif… Ici il se passe autre chose: on est bluffé, mis K.O par la beauté et le charisme des deux appareils qui se trouvent dans le hangar! D’autres exemplaires sont en exposition en France ou en Angleterre (en lien, les endroits où on peut les voir). Cet oiseau exceptionnel pouvait voler à « Mach 2 », soit un peu plus de 2000 km/h, et avaler Paris – New york en 3h30. Gros revers de la médaille, ses 4 moteurs brûlaient 20 tonnes de kérosène par heure (dont 450 litres par minute au décollage!!). Quant au prix du billet… En 2003, l’aller-retour Paris – New York coûtait la bagatelle de 8000 Euros! Non, je te jure que je n’ai fait aucune faute de frappe! N’empêche qu’il faut avoir vraiment la motivation… ou les moyens!!

Hé oui, on n’en fait plus des comme çà…
Celui-là était un modèle « prototype ».

Le billet d’entrée inclut le privilège de monter à bord de ces deux exemplaires. Ses performances sont inversément proportionnelles au confort de la cabine! Mon dieu, que c’est étroit et bas de plafond! Deux gars balèzes assis côte à côte ne devaient pas vraiment faire un bon vol… Le Concorde aura été un des plus fameux épisodes de l’histoire aéronautique. Et je me suis souvent demandé: si ce foutu morceau de métal n’avait pas traîné sur une piste à Roissy, les vols en Concorde existeraient-ils encore actuellement?

On va maintenant aller un peu prendre l’air, sur le « tarmac », terme utilisé pour désigner les parties extérieures du musée, où sont exposés d’autres gros joujoux. Quand je te dis que ce musée est d’une richesse pas croyable! Les deux maquettes (grandeur nature quand-même!) des fusées Ariane 1 et 5 te feront peut-être attraper un torticolis, tant leur hauteur est ébouriffante. Quelques avions militaires, un gros Canadair, des avions civils comme le méconnu Dassault Mercure (qui fut un flop commercial) ou une Caravelle placée un peu à l’écart, je sais pas trop pourquoi.

Les deux fusées Ariane.

Fusée Ariane et avion C160 Transall.

Il est possible de grimper à bord d’un autre « monument » de l’aviation commerciale, dans tous les sens du terme, charisme et dimensions incluses! lui aussi il se vend tout seul, avec ses quatre réacteurs et sa célèbre « bosse » à l’avant, reliquat d’un projet avorté de double pont pour transporter plus de passagers: le Boeing 747. Une partie de l’appareil montre ses vastes possibilités en transport de type cargo (ça explique la présence de la petite voiture sans la soute!), alors qu’une partie des sièges passagers sert encore parfois à tourner des scènes de films! Même si la version commerciale se raréfie dans les airs, des compagnies comme Lufthansa ou British Airways l’utilisent encore (mais jusqu’à quand?). Derrière lui, un autre monstre, l’Airbus A380, attend son réaménagement pour être visité.

Boeing 747.
Airbus A380.

En conclusion, un musée très riche et diversifié, qui mérite qu’on y consacre facilement une journée. Et tout est prévu, il y a même un petit resto, l’Hélice, pour reprendre des forces à la mi-journée.

Un autre super musée: l’Aeroscopia de Toulouse.

Le musée Aeroscopia est à quelques centaines de mètres de l’aéroport de Blagnac, près de Toulouse. Il est tout jeune, puisqu’il a ouvert ses portes en 2015. On n’est pas loin des immenses hangars abritant les chaînes d’assemblage d’Airbus; on les voit d’ailleurs de loin. Le hangar d’Aeroscopia a du style, avec sa forme futuriste et semi-circulaire. La collection est sans doute moins fournie, moins foisonnante qu’au Bourget, mais reste captivante à découvrir. Quelques exemples: l’immense soute et la carlingue amovible d’un super Guppy, ancêtre de l’Airbus Beluga; un Airbus A300b, modèle par lequel l’aventure Airbus a commencé; et bien sûr, un exemplaire du mythique Concorde. Et ce qui ne gâche rien, on peut pénétrer à l’intérieur! Très chouette aussi, cette collection de maquettes de nombreux modèles d’avions, ainsi que des panneaux explicatifs sur les divers métiers de l’aéronautique.

musée Aeroscopia.
Super Guppy.

Sur le « tarmac » de l’Aeroscopia, il y a également du beau monde: un autre Concorde, une Caravelle d’Air Inter, un Airbus A400M, monstre militaire à 4 hélices qui peut transporter 30 tonnes de matériel… Mais les regards sont inévitablement attirés par le « big guy » de l’aviation civile: l’Airbus A380. L’Aeroscopia a une longueur d’avance sur Le Bourget, puisqu’ici on peut monter à l’intérieur.

Concorde.
Caravelle.
Airbus A340.

En face de l’Aeroscopia, tu remarqueras un espace encombré d’avions plus ou moins détériorés, disposés là de façon hétéroclite. Un cimetière? Un rebut? Cet endroit fascinant, c’est le siège de l’association « Les Ailes Anciennes », un groupe de passionnés qui, depuis 1980, restaure sans relâche une collection unique d’avions et hélicoptères de tous genres. Même si nombre d’entre eux ne voleront probablement plus jamais, leur passion et leur investissement forcent le respect. Une Caravelle défraîchie côtoie un antique DC-3, un groupe d’hélicos (dont ce modèle très marrant, surnommé la « banane volante ») s’aligne près d’anciens avions de guerre ou de tourisme… Un avion m’a spécialement fasciné: c’est ce Bréguet « Deux Ponts », lointain ancêtre de l’Airbus A380, qui volait dans les années 1950. Il n’en reste que trois exemplaires dans le monde. Une excellente visite complémentaire du musée Aeroscopia!

Ailes Anciennes: Caravelle.

Ailes Anciennes: DC-3.
Ailes Anciennes: Bréguet « Deux-Ponts ».
(* sans son, désolé).

Deux chouettes et fascinants musées à découvrir donc, en cas de pluie, ou avec des gosses ça peut être très sympa. Et en supplément d’Aeroscopia, Toulouse, la « Ville Rose », est sensationnelle à visiter, et on y mange super bien!

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