Malte et Gozo – 2021.

La veille de mon départ, après ma petite check-list, j’attrape mon bon vieux sac de voyage pour commencer à le remplir. « Wow, il se passe quoi, là? On s’en va quelque part? », me dit-il un peu surpris. « Qu’est-ce que tu crois, on reprend nos vieilles habitudes, tu sais qu’on part toujours une semaine en septembre », je lui réponds. « Ouais mais le covid? Tu va encore devoit subir le coton-tige dans le pif? » rétorque-t-il. « Y a moins d’astreintes, je suis vacciné et je fais gaffe. Stresse pas », je luis dis. « Oh ça va faire du bien! Et on va où, comme çà? », me demande-t-il. « Je t’emmène quelque part entre l’Italie et l’Afrique, on va explorer deux îles minuscules sur la carte du monde, mais leur taille est inversément proportionnelle à leur histoire et leur beauté. Ok maintenant sois gentil et laisse-moi te charger, sinon demain on est encore là…

Mais d’abord, les présentations…

Pour situer Malte sur la carte, c’est pas bien difficile: tu vois la Sicile? OK. Va vers le sud, maintenant; pas trop bas, sinon tu tombes sur l’île italienne de Lampedusa. Disons à une centaine de km à vol d’oiseau de la Sicile, et à environ 300 km des côtes tunisiennes. Il y a là 3 petites îles: Malte, Gozo et Comino, faisant partie d’un archipel. Et pour bien les détailler, tu devras un peu zoomer sur Google Maps, étant donné leur taille; à l’échelle du monde (et même de l’Europe) ce sont des confettis! 246 km² pour Malte, 67 km² pour Gozo et 3 km² pour la microscopique Comino! Il y a quelques autres îlots, mais inhabités. L’histoire de Malte a été riche et intense, mais je ne vais pas te faire un cours approfondi. En vrac, elle a connu plusieurs dominations: les romains, les arabes (tu verras que sicertaines localités se nomment Rabat ou Mdina, c’est pas par hasard), la Sicile… Au 16ème siècle, les ottomans arrivent, mais pas de chance, ils seront repoussés par les fameux chevaliers-hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, autrement dit l’Odre de Malte (créé durant les Croisades siècle pour subvenir aux besoins des pèlerins allant en Terre Sainte, puis transformé en ordre militaire). Plus tard, c’est Napoléon qui déboule (celui-là, alors…), faisant dégager l’Odre de Malte. Les maltais appellent les anglais au secours. Mais là, gros souci: les britanniques se rendent maîtres de malte, en imposant leur langue et leur politique! Malte s’est tiré une balle dans le pied… Elle se relèvera: après plusieurs aléas et un reférendum, Malte obtient l’indépendance en 1964 (mais appartient encore au Commonwealth), et devient une République en 1974. Elle intègre l’Union Européenne puis la zone euro en 2008. Voilà… Tu vois, la vie n’a pas été un long fleuve tranquille dans l’archipel maltais!

L’histoire de Malte a été riche et intense, mais je ne vais pas te faire un cours approfondi. En vrac, elle a connu plusieurs dominations: les romains, les arabes (tu verras que sicertaines localités se nomment Rabat ou Mdina, c’est pas par hasard), la Sicile… Au 16ème siècle, les ottomans arrivent, mais pas de chance, ils seront repoussés par les fameux chevaliers-hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, autrement dit l’Odre de Malte (créé durant les Croisades siècle pour subvenir aux besoins des pèlerins allant en Terre Sainte, puis transformé en ordre militaire). Plus tard, c’est Napoléon qui déboule (celui-là, alors…), faisant dégager l’Odre de Malte. Les maltais appellent les anglais au secours. Mais là, gros souci: les britanniques se rendent maîtres de malte, en imposant leur langue et leur politique! Malte s’est tiré une balle dans le pied… Elle se relèvera: après plusieurs aléas et un reférendum, Malte obtient l’indépendance en 1964 (mais appartient encore au Commonwealth), et devient une République en 1974. Elle intègre l’Union Européenne puis la zone euro en 2008. Voilà… Tu vois, la vie n’a pas été un long fleuve tranquille dans l’archipel maltais!

On y parle quelles langues? Le maltais est la langue officielle; elle a des origines arabes mais s’écrit en caractère latin, avec des influences italiennes et anglaises. La monnaie? C’est ce bon vieil euro.

Tu verras que les anglais y ont bien laissé leur empreinte: les fameuses cabines téléphoniques rouges comme à Londres, la conduite à gauche (çà je t’en parle plus tard), et surtout les prises électriques, de type G, avec 3 broches, comme au pays de Shakespeare! Laisse une petite place dans tes bagages pour un adaptateur, il y a même des modèles « universels » à 4 prises différentes et compatibles dans des tas de pays (pas de placement de produit, à toi de te faire ton idée)!

Prise de type G.
Fiche de type G.
Tu vas en voir une floppée, sur Malte et Gozo!

Son drapeau:

Croix de l’Ordre de Malte.

Son hymne:

Son code d’immatriculation:

Bon, reste plus qu’à sortir ma phrase-fétiche: le décor est planté, on peut y aller!

Les Trois Cités.

Après un vol d’environ 3 heures (sans applaudissements à l’atterrissage, ça fait du bien), je peux poser les pieds sur l’île de Malte. Je suis à l’aéroport de Luqa, à 7 km de la capitale, Valletta (la Vallette en français). Les lignes de bus sont efficaces et le réseau quadrille très bien la région, ainsi que toute l’île. Pour l’aéroport, ce sont les lignes commencant par X (X1, X2, X3, X4… on se croirait en plein cours de maths!). Le système de taxis n’est pas mal, bien que je ne sois pas fan de ce transport. On paie d’avance un tarif fixe selon la destination au comptoir de l’aéroport, et on se laisse conduire. Pas de mauvaises surprises une fois arrivé!

Je ne vais pas foncer tout de suite vers Valletta, d’ailleurs je n’y passe même pas mes 3 premières nuits. C’est en face, de l’autre côté de ce long bras de mer, que je vais établir mes quartiers. Sur la carte, avec un peu beaucoup d’imagination ça ressemble à un trident géant. Non, on dirait plutôt la gueule d’un dragon géant, tu trouves pas? Hé ben çà, ce sont les Trois Cités. En fait, ces trois petites villes fortifiées étaient déjà là avant que Valletta ne soit bâtie! C’est ici que s’étaient établis les chevaliers de l’Ordre de Malte et qu’ils repoussèrent les assauts des ottomans. Donc, dans l’histoire de l’île on n’est pas n’importe où ici!

C’est dans la Cité de Bormla, appelée aussi Cospicua, que je poserai mon sac. Mais avant tout, je fais une petite parenthèse pour éclaircir ce petit mystère du double nom des Trois Cités. Isla se nomme aussi
Senglea et Birgu, Vittoriosa. En fait , les maltais utilisaient le premier et les chevaliers de l’Ordre utilisaient le second. Il paraît que c’était pas vraiment le grand amour entre les deux parties, ceci explique celà…

Je suis en airbnb chez Francis, une « pile électrique » de 75 ans qui fait partie de la catégorie des « gars en or »; quelle belle rencontre! Il m’a même accompagné au minimarket 30 m plus loin, et j’ai plus appris sur Malte en l’écoutant qu’en lisant les paragraphes insipides de certains guides. La petite dépendance où je loge est à son image: vieux murs en pierre, grande chambre qui donne sur la ruelle avec un vieux balcon de fer forgé, et même un escalier de pierre en colimaçon pour accéder à l’étage. Spartiate, mais dépaysant et authentique. Bormla, c’est la plus « jeune » des Trois Cités, et la plus grande. Elle est séparée de Birgu par un ensemble de fortifications. Elle n’est pas très visitée (c’est Birgu qui rafle la mise!), et c’est tant mieux; ses petites ruelles fleuries sont d’un calme absolu, et j’y ai peut-être croisé davantage de chats que de touristes!

Bormla.
Borlma (* dédicace spéciale à Émilia 😊).

Pour aller voir la « cité » d’en face, Isla (ou Senglea), il te faudra traverser une rue où les bus et voitures s’en donnent à coeur joie. Alors rappelle-toi bien qu’ici on roule à gauche, ça signifie quoi: qu’on regarde d’abord à droite pour franchir le passage piétons! Ensuite tu passes sur une moderne passerelle piétonne, franchissant l’anse maritime qui se termine en bassin. Ne laisse pas cette rangée de bâtiments abandonnés et décrépis guider ta première impression, et longe les quais. Tu repères ainsi l’embarcadère du ferry qui fait la navette entre les Trois-Cités et Valletta. Au fur et à mesure qu’on progresse, la vue devient sublime: de l’autre côté, c’est Birgu et son fort Saint-Ange qui s’avance comme un éperon dans la mer; en face, les incroyables remparts de Vallette dégagent une vraie impression de puissance. Je pensais avoir tout vu avec Dubrovnik, mais en fait, non…

L’anse maritime entre Isla et Birgu.
Isla (Senglea).

Et ces petits bateaux colorés, qui ressemblent un peu à des gondoles, c’est quoi donc? Le nom pour les désigner, c’est dgħajsa ou bien luzzu (c’est une manie les double-noms à Malte! En même temps le second nom est plus facile à prononcer). Ça sert essentiellement de bateau-taxi pour passer des Trois-Cités à Valletta, et c’est beaucoup moins cher qu’à Venise, en plus le pilote ne chante pas O Sole Mio avec des tremolo dans la voix…

À l’extrémité de Isla, un petit parc avec une échauguette (* un genre de petite guérite d’observation en avant d’une fortification) offre une vue spectacuaire sur Valletta. Quant à la cité même, elle ne fait pas dans le style « ruelle sinueuse », c’est plutôt tracé au cordeau, façon quadrillage. Pas de panique, il y a quand-même quelques ruelle cachées et des volées d’escaliers fleuris!

Un détail architectural typiquement maltais va te sauter aux yeux: ces balcons en encorbellement, de toutes les couleurs possibles, majoritairement en bois. Au début construits en pierre ou en fer forgé, le développement du commerce maritime a favorisé l’utilisation du bois pour fabriquer ces petits bijoux, qu’on appelle communément bow-windows. Il y en a déjà pas mal dans les Trois Cités, attends un peu de voir Valletta, c’est la folie pure! Si beaucoup sont amoureusement entretenus, d’autres malheureusement ont une triste mine…

Isla.
Isla.

J’ai encore une « Cité » à explorer, et pas la moindre, c’est Birgu, appelée aussi Vittoriosa, « la victorieuse », en souvenir de cette baston dantesque qui eut lieu ici entre les chevaliers maltais et les ottomans. C’est aussi celle des trois où il y a le plus de trucs à voir. À commencer par le fort Saint-Ange, l’une des plus anciennes fortifications de l’île; il en impose, perché sur son éperon rocheux! Ou encore l’église Saint-Laurent, le musée maritime (encore fermé temporairement, because situation sanitaire) ou le Palais de l’Inquisiteur (oui, les esprits tordus n’ont pas de frontières…). Et toujours ces remparts « bodybuildés » qui ont dû en intimider plus d’un au cours de l’histoire!

Birgu.
Birgu.

Mais ce qu’il y a de mieux à Birgu, c’est ce petit labyrinthe de ruelles entrecoupées d’escaliers, sinueuses comme je les aime! Et comme je te disais plus haut, comme les touristes se concentrent surtout à Valletta, la tranquillité règne toujours ici et la cité appartient encore vraiment à ses habitants. Le linge qui sèche, les gosses qui font des courses en trottinette… Au moins ils n’ont pas à slalomer entre des groupes de gogos avec un gros appareil photo reflex accroché au cou! J’aime beaucoup la couleur jaune si caractéristique des maisons bâties avec la pierre extraite sur l’île (çà je t’en parle plus tard). On pourrait se croire dans une petite ville d’Italie du sud, Italie qui finalement n’est pas si loin que çà!

Birgu.

Birgu.

La soirée s’installe, je sais pas pour toi mais de mon côté je vais entrer dans ce petit resto sympa aux gros murs de pierre, pour mon premier contact avec la cuisine maltaise. Crois-moi bien, elle est très diversifiée, copieuse et goûteuse! On y va pour le 1er round avec une petite entrée: bigilla et ġbejna. Fronce pas les sourcils, voilà la traduction: la bigilla, c’est une purée de haricots avec de l’huile et des morceaux de poivrons. Quant au ġbejna, c’est un petit fromage traditionnel de chèvre, souvent relevé de sel et de poivre noir dans les restos.

Bigilla.
Fromage ġbejna.

Ça démarre bien, non? Le gong du 2ème round retentit, voici le plat principal, sans que ce soit réellement un plat: le bil-gunglien. Là, on m’apporte un gros pain garni de sésame. Euh, un pain, comme çà, sans rien? Non, il faut l’ouvrir, c’est à l’intérieur que ça se passe. Il est garni de ricotta et de viande de porc! Mais attention, celui-là il est copieux de chez copieux! Même moi, épicurien averti, je ne l’ai pas fini complètement! Sans compter que le dessert ne va pas tarder. Île flottante, profiterole? Noon, du local, du maltais je te dis! Ce sera un imqaret , une petite tuerie de pâtisserie fourrée aux dattes et parfumée à l’anis!

Bil-gunglien.
Imqaret.

Et pour faire glisser tout ce petit monde en douceur, quoi de mieux qu’une bonne bière maltaise? Je te présente la Cisk (prononcer « chisk »), la plus populaire des nombreuses bières brassées sur Malte et Gozo, une petit pils très sympa et rafraîchissante. La version lemon par contre ne m’a pas transcendé…

Bière Cisk.

Del Borgo – Triq (* rue en maltais) San Duminku, 33.

À quelques pas de là, une porte avec un couloir d’entrée plutôt monumental; je vois quelquies petites tables avec des gens qui boivent un verre. J’entre, on verra bien… Au fond du couloir, une vaste pièce avec un billard sert de bar. Singulier comme endroit! Voilà encore une tradition bien maltaise: je me trouve dans le local d’un band-club, autrement dit un genre de fanfare locale qui sort durant les nombreuses fêtes qui s’égrènent dans l’année sur l’île. Un vrai phénomène social ici, il y en a facilement une centaine, répartis sur l’archipel; même le plus petit village a son band club. Parfois bien cachés, souvent confidentiels, le touriste y est toléré mais sans plus; les band clubs appartiennent d’abord aux maltais, donc faut pas débouler ici avec un esprit « tripadvisor »…

Prince of Wales Own Band Club – Triq Il-Milna Kbira (à 20 m de Del Borgo).

L’entrée du bar, c’est la porte juste avant l’escalier.

Il faut que je place un p’tit mot sur une autre boisson populaire de Malte: le Kinnie. Pas d’alcool, c’est une boisson gazeuse à base d’oranges amères et quelques herbes aromatiques. En bouteille ou en canette, les maltais en sont dingues. La première fois qu’on y goûte, on aime ou on déteste, c’est pas compliqué! Perso, j’ai bien aimé, ça me fait penser à un mix de Spritz et de Schweppes, et la note sucrée de départ s’harmonise super bien avec la petite amertume qui suit…

Valletta.

Tu veux prendre un petit-déj’ pour trois fois rien? Rien de plus facile à Malte. Il suffit de trouver une pastizzeria, sorte de mini boutique « snack à emporter ». Il y en a partout sur l’archipel, et à Valletta et dans les Trois Cités, c’est presque à chaque coin de rue! On y vend quoi? Des pastizzi, gros chaussons feuilletés fourres à la purée de pois ou au ricotta légèrement sucré. C’est le truc à grignoter « made in Malta » par excellence! Et l’argument choc, c’est le prix d’un pastizz (son nom au singulier): 0,40€! Alors deux pastizzi + un café à 0,50€, je te laisse faire l’addition! Un petit-déj’ dans un bar parisien, c’est combien, déjà…?

Pastizz maltais.
Jeff’s est une chaîne de pastizzeria à Malte.

Aujourd’hui je pars à la découverte de Valletta (La Vallette en français, Il-Belt en maltais). Pour y aller depuis les Trois Cités, il y a le ferry qui fait la navette depuis à Isla. Mais une façon plus originale de faire le trajet est de prendre une dgħajsa, cette gondole à moteur que je t’ai montré hier. Si tu vas sur les quais de Birgu, l’embarcadère est facilement repérable aux deux ou trois bateaux en attente de clients. Une traversée agréable de 5 minutes te conduira au pied des remparts de Valletta. Seulement, pas de clapotis de rames ici, c’est un petit moteur qui fait tout. Cher? Tu plaisantes! 2,50€ le trajet! On est loin de Venise…

En quittant les quais de Birgu…

Me voici arrivé, je débarque et me retrouve déjà face aux imposantes fortifications entourant la cité. Et la façon d’y accéder est aussi insolite que la balade en dgħajsa. En suivant l’inscription « barrakka lift », on pénètre dans une cour entre les remparts, où s’élève une construction de métal et de verre: un ascenseur (ce qui explique le « lift »)! Pour 1€ la montée, on se retrouve au niveau des Upper Barrakka Gardens. Ce petit parc agréable, avec sa fontaine et ses arcades, offre un vue démentielle sur les Trois cités! Mais vers midi et 16 heures, il se remplit de monde, qui s’agglutine au bord de la balustrade. Qu’est-ce qui leur prend? L’explication se trouve en contrebas: tu vois cette rangée de canons, pointés vers la mer? C’est la Saluting Battery, une armada de canons vieille de plusieurs siècles qui ont eu beaucoup de boulot par le passé pour défendre la cité. Plus tard, ils ont servi à marquer les cérémonies ou les visites officielles, et à présent, ils tonnent une fois à midi pile, une fois à 16 heures, ce qui attire évidemment pas mal de touristes. Et tu te doutes de leur délicatesse pour être aux premières loges…

Vue depuis les Upper Barrakka Gardens.
Vue depuis les Upper Barrakka Gardens.

Et les visiteurs qui arrivent à Valletta par le bus? Ils ne seront pas déçus non plus! La gare routière n’est déjà pas mal, avec sa grande fontaine au centre. Et pour entrer dans Valletta, la City Gate, c’est stylé aussi! Les anciennes fortifications semblent fusionner avec l’architecture audacieuse du nouveau Parlement de Malte inauguré en 2014, concu par Renzo Piano (qui dans son art, n’est pas un stagiaire du premier jour!).

Valletta: City Gate et nouveau Parlement.

Valletta est de taille modeste, on est à l’opposé des méga-villes comme Paris ou Londres. Les petites rues adorent se couper à angle droit, et la surface plane n’est pas à l’ordre du jour! Certaines ruelles ont l’air de vouloir plonger dans la mer, alors que d’autres rues montent, descendent, remontent… On dirait parfois un mini San Francisco! Tu te souviens des bow-windows, ces balcons en pierre ou en bois? Tu vas tellement en voir à Valletta, de toutes formes et tous coloris, que tu risques d’en rêver la nuit!

Bow-windows à Valletta.
♫ ♬ If you’re going to San Francisco Valletta…

L’ancienne influence britannique est toujours là: les cabines téléphoniques, les boîtes aux lettres… Par contre, si la couleur ocre te déplaît, tu feras pas long feu à Valletta: c’est LA couleur prédominante des édifices et bâtiments de la cité. C’est de la globigérine, une pierre tendre et calcaire extraite dans des carrières sur Malte et Gozo, qui leur donne cette belle et chaude couleur « miel ».

À Valletta, très peu de boutiques de luxe, où le moindre achat coûte un bras. On trouve encore un tas de vieilles boutiques qui ont l’air de venir d’une faille spatio-temporelle tant elles sont désuètes, et les tout petits magasins d’alimentation étalent leurs stands de fruits et légumes sur leur devanture. Quelques kiosques vert foncé, intemporels eux aussi, vendent aussi bien des boissons que des jouets ou des sacs.

Malte est catholique à presque 95%, et la ferveur religieuse est très palpable. Ces petits autels de rue, ces statues m’ont un peu rappelé le vieux Naples. Et même si tu parcours les ondes radio maltaises, tu tomberas inévitablement sur l’une ou l’autre station diffusant des chants religieux ou des prières.

En parlant de chrétienté, l’édifice principal de Valletta, c’est la cocathédrale Saint-Jean. Pourquoi avoir mis « co » devant? Simplement parce qu’il y a une autre cathédrale à Mdina, sur l’île de Malte, et que cette dernière en est la principale et le vrai siège du diocèse maltais. Mais comme aujourd(hui c’est dimanche et c’est son jour de fermeture, je m’y intéresserai demain plus en détail. Je vais plutôt poursuivre jusque St George’s Square, la place principale de Valletta, avec ses jeux d’eau sortant du sol et surtout ce long bâtiment à la façade austère, qui n’est pas n’importe quelle bicoque: me voici face au Palais des Grands Maîtres. Bâti au 16ème siècle, c’était première résidence officielle du fondateur de la capitale Jean Parisot de Valette (tu comprends à présent le nom de la ville) et abrite aujourd’hui les bureaux présidentiels de Malte, ainsi qu’un musée d’armurerie. Juste à côté, la Republic Square, un coin très reposant avec ses rangées d’arbres, sa cabine téléphonique rouge et sa statue de la reine Victoria.

St Georges Square et Palais des Grands Maîtres.
Republic Square.

Un mot sur ce qu’on appelle les auberges de langues: ces bâtiments ont été créés pour accueillir les chevaliers de toute l’Europe, qui se réunissaient selon la langue parlée. Exemples: l’auberge de Castille, de Provence, d’Italie… Il y en a d’autres aussi à Birgu.

Valletta: Auberge de Castille.

Presque midi, déjà?! Ça passe trop vite… Je me prends pas la tête, je mange léger. En France, c’est le jambon-beurre, en Italie c’est le panino… Et à Malte? Ici ça s’appelle la ftira, un pain rond cuit au levain et garni d’un tas de bonnes choses, très souvent de la viande ou du thon, avvec des oignons, des câpres et de l’huile d’olive. Porchetta et patates en ce qui me concerne, accompagné d’un shandy, le « panaché » maltais!

The Submarine – Triq Il-merkanti, 42.

Ftira maltaise.

Bien mangé pour pas cher, je suis calé et prêt à repartir. J’ai encore quelques trucs à te faire découvrir. Comme les Lower Barakka Gardens, petit parc avec sa fontaine et son petit temple. C’est un peu le « petit frère » de celui en surplompb de la Saluting Battery (upper → haut, lower → bas, fallait pas être prof de logique pour piger). Et juste à côté, le Siege Bell War Memorial et son énorme cloche qui sonne à 21 heures, commémore les victimes de la Seconde Guerre. Valletta a pris cher avec les bombardements intenses qu’ellle a eu à subir. Les points de vue sur Grand Harbour et les Trois-Cités à partir de ces deux endroits sont sublimes!

Valletta: Lower Barakka Gardens.

Vue sur Birgu.

Les petites rues sont plus calmes dans ce secteur, je crois qu’une fois que les touristes ont vu la cocathédrale et le Palais des Grands-Maîtres, ils sont contents et ils vont pas plus au-delà. Pourtant, tout au bout de la cuité, il y a cet incroyable système défensif, le fort Saint-Elme. Construit au 16ème siècle, il a connu lui aussi le fameux Grand Siège. Beaucoup de morts, tant du côté maltais que du côté ottoman. Il fut une prison à l’époque des français et une caserne du temps des anglais. C’est dire si il a vécu! Il résista plus tard aux bombardements aériens italiens et allemands de la Seconde Guerre. L’endroit est tellement symbolique de Valletta qu’il abrite le musée national de la guerre.

Valletta: fort Saint-Elme.
Valletta: fort Saint-Elme.

Les cinéphiles reconnaîtront le lieu de tournage du film Midnight Express, réalisé par Alan Parker en 1978, une vision effroyable et sans concession du milieu carcéral en Turquie. Ce pays a d’ailleurs censuré le film durant des années. Le fort Saint-Elme fut choisi pour la prison, après le refus de la Turquie d’accueillir le tournage.

Dans le « langage » des prisons, le Midnight Express (l’Express de minuit) est un terme employé pour désigner une évasion.

Affiche du film.

Je retraverse la cité dans toute sa longueur pour rejoindre la gare routière. J’ai bien envie d’autre chose que des armes, des forts et de la guerre. Un tour en bus, ça te branche? Ne lève pas les yeux au ciel en disant que c’est affligeant de banalité, et laisse-moi te dire un mot sur les anciens bus maltais. Pendant des décennies, jusqu’en 2011, année du renouvellement total de la flotte, circulaient encore des modèles de bus de vieilles marques anglaises (Leyland, Thames, Commer…). Les chauffeurs avaient le droit de les personnaliser: ajout de peintures, de chromes, de petites statues religieuses, de rideaux… C’étaient finalement les cousins éloignés des bus jeepneys des Philippines.

Ce sont des bus modernes maintenant, c’est vrai, mais certaines associations ont entrepris une campagne de restauration et préservation de certains de ces monuments roulants. Il y en a qui circulent encore, soit pour des mariages, soit pour des tours en boucle d’une heure autour de Vallette (un bus différent chaque jour), pour le prix ridicule de 4€. C’est çà que je te propose! Le truc ne semble pas très connu, il n’y a pas grand-monde; certaines personnes âgées, un brin nostalgiques, font même arrêter le bus à un arrêt, dont le chauffeur s’exécute complaisamment, pour descendre 5 minutes plus tard, à l’oeil… Moi j’ai trouvé çà chouette comme balade!

C’est dans celui-ci qu’on va se balader!

Ça a été une sacrée journée bien remplie! Là, c’est le soir, je me cherche un petit resto pas trop racoleur, que je trouve pas loin du marché couvert Is-Suq. Tiens c’est vrai, je t’en ai pas parlé, de cet endroit. Pas vraiment un marché, mais une halle couverte avec un supermarché en sous-sol, et au rez-de-chaussée divers petits restos et stands de produits bien d’ici. Bref, qu’est-ce que je vais goûter de bon ce soir? Sans trop savoir, je prends un bragioli. Ah, il arrive: c’est un plat de viande, et copieux, si tu suis un régime, arrête de lire! Ce sont de grosses paupiettes de boeuf, avec du bacon, des morceaux d’oeuf dur, des légumes (pois, carottes, ail…), le tout recouvert d’une sauce tomate au vin rouge. Quoi? T’es pas au régime? Tu as bien raison, carpe diem!

That’s Amore – Triq Il-merkanti, 28.

Bragioli maltais.

Il ne me reste plus qu’à revenir à Bormla en prenant, pour le retour, le petit ferry qui fait le trajet entre Valletta et les Trois-Cités (* horaires et prix en lien).

Les alentours de Valletta.

Oh, la petite pastizzeria est fermée ce matin… Tant pis, je mangerai quelque chose plus tard. J’attends le bus de la ligne 2, qui va me conduire à Paola, distant seulement de 4 km de Valletta. Pour les lignes régulières, ce sont de bus plus modernes, un ticket simple coûte 2€, mais vaut mieux faire l’appoint, les chauffeurs n’aiment pas trop les gros billets… Enfin que soit, après 15 minutes de trajet, je débarque à Paola, petite ville « satellite » de Valletta. La ville en elle-même n’a rien d’exceptionnel, quoique la place, qui accueille un petit marché, soit bien animée avec ses petits commerces. Non, si on vient à Paola, c’est pour un rendez-vous avec l’Histoire. Attention, endroit myhtique de Malte: je vais découvrir l’hypogée de Ħal Saflieni!

Alors déjà, c’est quoi un hypogée? Celà désigne une construction souterraine, plus particulièrement une sépulture, voire un temple. L’hypogée de Ħal Saflieni a été découverte par hasard en 1902 par des ouvriers maçons. Ce réseau de galeries et de chambres souterraines descend sous terre à 11 m de profondeur, sur 3 niveaux; on y a exhumé les ossements d’environ 7000 personnes. Résa obligatoire (il y a un quota de 80 visiteurs par jour pour ne pas dégrader les lieux) et visite guidée avec un audioguide, mais explorer ces salles creusées dans la roche, avec les bruits façon « écho », rend la visite incroyable. Mi-catacombes, mi-sépultures antiques, c’est comme un retour aux sources de l’humanité… Images d’illustration en bas, les photos étant interdites à l’intérieur!

Il est un peu plus de 10 heures, et j’aimerais bien avaler vite fait un truc. Je jette un oeil sur la place de Paola, et dégote une toute petite pastizzeria (qui n’avait même pas d’enseigne, si je me souviens). Dans les pastizzeria on ne vend pas que des pastizzi, il y a aussi des petites viennoiseries, des parts de pizza, et ces petits raviers en alu remplis de pâtes coûtant à peine 3€. En fait, c’est de la timpana, un genre de petite tourte aux macaronis garni de viande et de sauce tomate. La street food maltaise a le chic pour caler même les plus gros appétits, sans dépenser une fortune! Une certaine influence sicilienne, sans doute?

Timpana maltaise.

À partir de Paola, je vais rejoindre Valletta par le bus (moins pittoresque qu’une dgħajsa, mais ça m’évite de repasser par Birgu). Je t’avais promis la visite d’un édifice de première importance dans la capitale maltaise, c’est là qu’on va. On va aller voir de plus près cette cocathédrale Saint-Jean!

Il ne faut pas se laisser démonter par son aspect extérieur simple et austère; on n’est pas dans le délire architectural de certaines cathédrales d’Italie ou d’Espagne! De plus, elle est vraiment « enchâssée » dans la ville, pas de vaste « Piazza del Duomo » ici non plus! Mais une fois à l’intérieur, c’est un choc visuel, façon uppercut à la Mike Tyson tellement on s’y attend pas… Par où commencer? J’ai pas des yeux de caméléon, donc une chose à la fois! D’abord le sol, composé d’un vrai damier de pierres tombales (presque 400!), avec du marbre et de l’or, sépultures des chevaliers les plus haut gradés de l’époque. Les premiers « Grands Maîtres », eux, sont dans une crypte non visitable. Maintenant, levons les yeux vers le haut de la nef: le show continue, gare au torticolis! Ces nombreuses peintures relatent la vie de Saint-Jean-Baptiste. Çà c’est du plafond!

Valletta: cocathédrale Saint-Jean.
Valletta: cocathédrale Saint-Jean.

Et on n’en a pas fini, car des deux côtés de la nef, s’alignent encore les chapelles des langues! tu te souviens que les chevaliers se regroupaient par langues; le concept s’est transposé ici, chacune chapelle étant attribuée à une langue. Les décrire une à une? Noon… il me faudrait écrire un carnet à part.

Enfin, last but not least, dans l’oratoire on peut contempler deux oeuvres du peintre Caravage: le « Saint Jérôme écrivant », et surtout la très réaliste « Décollation de Saint Jean Baptiste », qui fait dans le glauque avec la signature de l’artiste tracée dans le sang même du supplicié (« Fra Michel Angelo », preuve de la récente entrée du Caravage au sein des chevaliers de l’ordre)!

Pas loin, près du Palais de Justice dans la Triq Il-repubblika, je suis intrigué par un petit mémorial, avec des bougies, des mots écrits – dont JUSTICE qui revient souvent – et surtout la photo d’une femme. Une femme symbole, une femme martyre: c’est Daphne Caruana Galizia, cette journaliste morte assassinée en 2017 dans l’explosion d’une voiture piégée. Elle avait mené de sérieuses investigations sur l’esprit de corruption et d’impunité qui règne dans les plus hautes sphères sur l’archipel maltais: comptes offshores (des gros friqués qui placent leur argent dans des paradis fiscaux), blanchiment d’argent, implication dans l’affaire des Panama papers… Les derniers mots écrits sur son blog on été « Il y a désormais des escrocs partout où vous regardez. La situation est désespérée ». Cette histoire a secoué Malte et beaucoup d’encre a coulé et coulera encore à ce sujet. C’est çà aussi, apprendre à connaître le pays que l’on visite…

Et maintenant, on va repartir en direction du bord de mer, mais du côté opposé à celui qui regarde vers les Trois-Cités. Et là, il faut avouer que la vue n’est plus du tout la même: les remparts, les vieilles maisons ocre, tou çà est désormais derrière mon dos. Face à moi, c’est Sliema, une ville balnéaire à part entière, et non pas un faubourg de Valletta comme certains le croient. Bon, la vision de ces hauts immeubles modernes et insipides ne m’emplit pas d’enthousiasme, mais il y a peut-être des petites pépites cachées à découvrir? alors, pour y aller, un petit ferry fait la navette entre Valletta et Sliema; il fonctionne aux mêmes horaires et tarifs que son « frère » des Trois-Cités.

L’embarcadère du ferry, côté Valletta.

Sliema était seulement un petit village de pêcheurs, mais l’expansion démographique et Valletta devenant trop exigüe ont fait que les immeubles ont poussé comme des champignons; Sliema est devenue une grosse ville qui fait un peu office de quartier résidentiel de Valletta. Un front de mer très touristique, avec une floppée d’hôtels et restos, mais quelques vestiges du passé, comme cette vieille tour qui regarde la mer, ou le Fort Tigné, non visitable. En furetant bien, tu trouveras bien quelques vieilles maisons à bow-window, mais ça n’a pas la même magie qu’en face…

Sliema.
Sliema.

Je prends le ferry retour pour Valletta en fin d’aprem, en savourant l’instant d’une dernière soirée à Valletta. Un petit repas du soir, qui me permet de goûter aux pâtes maltaises, quoique l’inspiration de la cuisine italienne soit une évidence. Quand on goûte aux ravjul, on pense forcément aux raviolis de la Botte. Avec de la sauce tomate et fourrés à la ricotta ou au ġbejna, c’est comme si on avait un pied posé dans chacun des deux pays… Une autre bière maltaise, la Hopleaf, servira de lubrifiant à mon appareil digestif. 😊

Nenu, The artisan Baker – Triq San Duminku, 143.

L’île de Malte en voiture: 1er jour.

Je retourne ce matin à l’aéroport, en bus, pour aller chercher ma voiture de location pour 4 jours. C’est le moment que j’attendais pour te parler de la conduite à gauche à Malte, héritage britannique. Conduite à gauche = volant à droite! Quand c’est la première fois, une petite pointe de stress peut s’installer. Je vais déjà te rassurer sur deux points: 1) les pédales, ça ne change pas, embrayage à gauche, accélérateur à droite 2) le dessin de la boîte de vitesses (1ère en haut à gauche, etc…), c’est pareil aussi! Le seul truc à s’habituer, c’est de changer les vitesses à la main gauche, et au pire si on ne le sent pas, on peut aussi louer une boîte automatique! Et la circulation? Mis à part une bonne vigilance dans les ronds-points (les maltais ont parfois le coup de volant assez sec), et certains chauffeurs de bus qui se la jouent « cowboy », il faut à peine quelques minutes pour être totalement « dans le bain ». À tel point qu’à mon retour en Belgique, sur l’autoroute j’ai été à deux doigts de vouloir dépasser un camion… par la droite! C’est tout moi, çà…

Conduite à droite.

L’avantage de rouler à Malte: les courtes distances! Finis les 100-150 km à se taper comme en Croatie! Inconvénient: l’urbanisation parfois bordélique; un festival de sens interdits, de bifurcations et autres pattes-d’oie; et la signalisation souvent hasardeuse, voire absente sur les petites routes. Alors c’est le GPS, ou rouler « à l’ancienne », moitié carte routière moitié à l’instinct. Méthode que j’utilise encore pour pimenter le voyage!

Ceci étant dit, il me suffit de 10 km pour atteindre mon premier arrêt, à Marsaskala, une petite ville côtière sympa avec son petit port et les petits bateaux (dont quelques luzzus) se laissent bercer par les flots. Les alentours recèlent quelques petites chapelles et églises cachées dans la campagne.

Marsaskala.

Je t’entends d’ici: « il a pas encore parlé de ses bouteilles d’eau et des supermarchés ». Et hhopp, j’attrape la balle au bond! Des gros supermarchés comme chez nous, y en a pour ainsi dire pas, excepté quelques Spar qui se comptent sur les doigts d’une main. C’est plutôt des minimarkets de proximité, mais il y a aussi une chaîne de petits magasins appelés The Convenience Shop.

Supermarché The Convenience Shop.

À 5 km à peine (les pompistes maltais doivent s’ennuyer!), le port de pêche de Marsaxlokk est encore un cran au-dessus au niveau beauté et pittoresque. Je me demande même si il n’y a pas davantage de luzzus ici qu’à Valletta! Le long du port, il y a un petit marché avec des petits stands qui proposent un peu de tout, alimentaires ou pas. Le dimanche, vrai jour de marché, celui-ci s’agrandit. J’y ferai un tout par parès, j’ai repéré des petites pâtisseries locales qui m’ont fait de l’oeil… À propos, tu prononceras « marsachlok », ça t’évitera une entorse de la langue!

Marsaxlokk.

Marsaxlokk.

Qui dit port de pêche dit poisson, c’est l’occasion de tâter un peu de la cuisine maltaise mettant celui-ci à l’honneur. Ce petit resto sur le quai, avec sa porte en bois, a une bonne tête. Ce sera ici que je ferai ripaille. J’aime bien les soupes de poisson; ici à Malte, c’est l’aljotta, avec du poisson (ben oui), de l’ail et des tomates. Elle est parfois servie avec des croûtons de pain grillé. Alors, dans les menus, tu verras très souvent des plats à base de lampuki: en maltais, c’est de la daurade, servie de nombreuses manières. La plus originale est certainement la torta tal-lampuki, une tourte à base de ….. (* compléter les pointillés, pour voir si tu suis 😈), d’épinards et de chou-fleur.

Soupe aljotta.
Torta tal-lampuki.

Sans trop savoir ce que c’est, je goûte un digestif maltais appelé bajtra. Cette saveur ne m’est pas inconnue: en fait, c’est de la liqueur de figues de Barbarie. Ah, les figuiers de Barbarie, cette sorte de gros cactus avec ses fruits rouge-orangé, les figues! De vieilles connaissances, maintes fois rencontrées en Espagne ou en Italie! ensuite, comme promis, je fais un tour au marché, et jette mon dévolu sur un honey ring, une grosse pâtisserie en forme d’anneau, au miel et à la mélasse. Ça me rappelle le bolo de mel de l’île de Madère!

Honey ring maltais.

Ta’ Mattew – 66 Xatt is-Sajjieda (sur le port).

Les routes maltaises sont agréables, bordées de temps en temps par des murets en pierre. Les alentours de l’aéroport, alternant usines et zones urbaines insipides, ne sont pas d’une folle gaieté. Heureusement, quelques villages de l’intérieur de l’île ont du charme à revendre, comme Qrendi, un coin très tranquille aux petites rues où les anciennes maisons de pierre couleur miel sont encore décorées de bow windows en bois ou en pierre.

Qrendi.

Dans le même style, à 3 km, voilà Siggiewi avec son église Saint-Nicolas, un peu monumentale par rapport à la taille du village. Je regrette de n’avoir pas eu l’occasion de visiter le Limestone Heritage, une carrière reconvertie en musée qui met à l’honneur l’extraction de la globigérine, cette pierre calcaire qui a servi à la construction de la majorité des bâtiments maltais. Il existe encore quelques carrières en activité sur Malte et Gozo.

Et si on allait voir un peu la côte sud de Malte? Elle est plus préservée, plus sauvage parfois, beaucoup moins urbanisée que du côté nord de l’île. Le point culminant de l’île se trouve dans ce secteur, ce sont les falaises de Dingli, qui s’élèvent à 250 m d’altitude. Oui, il faut se dire aussi qu’entre Malte et les Alpes, le combat est inégal… Celà reste néanmoins impressionnant, tout comme le panorama. Quant à la station radar à côté, je suppose qu’elle a ses raisons d’être là, mais c’est quand-même incongru dans le paysage…

Falaises de Dingli.
Falaises de Dingli.