Le tour de la Sardaigne – 2019.

À peine remis de mes émotions que m’a procuré ce beau et intense voyage en Sicile, voilà que ma « voyagite aigüe » me reprend ( y a pas de traitement pour çà),pour partir à la découverte de cette autre île italienne incontournable: la Sardaigne! Alors si tu as récupéré de l’ascension du Stromboli, on démarre quand tu veux! En plus, il fera moins chaud, c’est tout bon!

Arrivée sur l’île – L’archipel de la Maddalena.

Si tu arrives par les airs, il y a 3 portes d’entrée en Sardaigne: Cagliari, Alghero et Olbia. C’est l’aéroport d’Olbia qui sera le point de départ (et de fin) de ce grand tour de l’île, qu’on fera dans les sens inverse des aiguilles d’une montre.

La Sardaigne est très facile à situer: tu vois la Corse? Tout juste en-dessous, cette île beaucoup plus grande, c’est elle! On la voit déjà très bien depuis Bonifacio. Par la superficie, c’est la deuxième plus grande île de la Méditerranée.

L’ancien drapeau sarde.
Le drapeau sarde (depuis 1999).

Tu commences à me connaitre maintenant, tu sais que j’évite au possible les coins qui puent le luxe et le fric. C’est pourquoi je te dis d’emblée que, pour remonter vers Palau, je ne longerai pas cet étalage ostentatoire d’hôtels luxueux et de yachts hors de prix, j’ai nommé: la Costa Smeralda! Le « Saint-Tropez » sarde, qu’ils disent… La « jet set » internationale y a ses habitudes. Un petit historique quand-même: au début des années 1960, un prince richissime, Karim Aga Khan, découvre ce bout de littoral sarde et c’est le coup de foudre. Il achète d’immenses terrains pour faire sortir de terre une zone de villégiature très huppée, dont Porto Cervo et Porto Rotondo seront les deux points névralgiques.

Allez, on va partir à 30 km au nord-ouest, dans les environs de Arzachena, à l’intérieur des terres, pour aller saluer mon premier nuraghe sarde: le nuraghe La Prisgonia. Et là tu me demandes: qu’est-ce qu’un nuraghe? Bonne question. La civilisation nuragique apparut il y a un bail, vers 1800 av. J-C, laissant comme témoignage ces étranges tours coniques un peu tronquées, qui a priori servaient de tours défensives; une autre hypothèse leur attribue la fonction de temples religieux. Toujours est-il qu’il y en a environ 7000 répartis sur toute l’île; certains restaurés à des fins touristiques (comme celui-ci), d’autres à l’abandon, en ruines en pleine nature (on en saisit davantage l’aspect historique et authentique de cette façon).

Arzachena: nuraghe la Prisgonia.

Par un petit sentier qui serpente à travers bois sur 700m, je rejoins un autre type de monument de l’époque nuragique: le Coddu Vecchiu, ou tombe des Géants; cet imposant ensemble de mégalithes était en fait une chambre funéraire collective, et c’est sa taille imposante qui lui a donné ce nom. Encore une particularité sarde, il en reste environ 800. Ça a quand-même plus de valeur culturelle que les hôtels 4 étoiles de Porto Cervo, non?

Je pars maintenant vers l’extrémité nord-est de l’île, distante de 20 km, jusqu’à la petite ville portuaire de Palau; de là, les car-ferries de la compagnie Delcomar assurent la liaison avec l’archipel de la Maddalena en 20 minutes à peine. On peut acheter et imprimer son billet à l’avance, à la veille d’un weekend c’est même conseillé!

Ferry de Delcomar.
Traversée entre Palau et La Maddalena.

L’archipel de la Maddalena, c’est ce groupe de petites îles entre la Sardaigne et la Corse; c’est même un reliquat de l’époque où, géologiquement, les 2 îles ne formaient qu’une seule terre, se séparant ensuite il y a des millions d’années. La traversée est plaisante: le bleu de la mer et du ciel ont l’air d’enlacer les vertes pentes boisées de ces impressionnants rocs granitiques. L’île principale, la Maddalena, est en vue. Le bateau accoste à la Maddalena, cette petite ville qui choisit la facilité en portant le même nom que l’île! Le centre historique n’est pas immense mais agréable, avec son petit port de plaisance et ses petits rues piétonnes entrecoupées de volées d’escaliers, bordées de maisons colorées. J’y passerai une nuit, avant de faire le tour de l’île demain matin.

La Maddalena.
La Maddalena.
La Maddalena.
La Maddalena.

Le tour de l’île, justement, ne prendra pas trop de temps; sur 20 km seulement, la petite route louvoie à travers un décor très minéral, fait de rochers granitiques auxquels s’accrochent une végétation basse mais fournie et ponctuée d’arbustes. Ça me rappelle le maquis corse (qui est si proche, en même temps). De nombreux points d’arrêts offrent des vues panoramiques de toute beauté sur les côtes déchiquetées, d’un aspect assez sauvage. Quelques petites plages et criques secrètes se dissimulent çà et là.

Île de la Maddalena.
Île de la Maddalena.
Île de la Maddalena.

Je n’irai pas sur la petite île voisine de la Caprera, reliée à la Maddalena par un pont. Elle doit sa renommée à l’illustre Giuseppe Garibaldi, qui y vécut ses 25 dernières années; après une vie politique et militaire bien remplie, on ne peut qu’approuver ce choix de passer ses vieux jours dans ce petit paradis. Il y est d’ailleurs enterré.

09H30. Le car-ferry m’attend, pour le retour vers Palau et la suite du voyage!

Le nord-ouest de la Sardaigne.

Santa Teresa di Gallura se trouve à 30 km à l’ouest de Palau. Je te ferai visiter, promis, mais avant çà il faut que je te fasse voir la côte de plus près, en poussant jusqu’au Capo Testa.

On y accède par une petite route qui finit en cul-de-sac, et il n’est pas trop difficile de se garer, même si c’est un peu anarchique. Ensuite, on continue à pied, au milieu d’énormes blocs granitiques aux formes parfois assez biscornues et qui plongent dans la mer. La nature a été fantaisiste par ici!

Capo Testa.
Capo Testa.

Un courte grimpette par un sentier m’amène au phare, entouré de grillages (je sais pas trop pourquoi); heureusement, un peu plus loin, l’ancien phare, plus petit et désaffecté, a été transformé en belvédère. Le panorama est sublime; au loin, se dessinent des falaises blanches, avec à leur sommet des maisons qui ont l’air de s’y accrocher: Bonifacio! La Corse (ah, souvenirs de 2013!) est là-bas, à 13 km à peine, séparée de la Sardaigne par les « Bouches de Bonifacio ». Des ferries assurent des liaisons régulières entre les deux îles.

Capo Testa.
Capo Testa.
Capo Testa en « panoramique ».

Santa Teresa di Gallura est tout près, à 4 km du Capo Testa. J’avoue que c’est une petite ville bien sympa, à l’aspect un peu particulier que lui a donné la Maison de Savoie, qui a oeuvré à son « remodelage » au 19ème siècle. Ni ruelles étroites ni venelles dérobées ici, mais une cité à l’espace bien aéré où les rues se coupent à angle droit. La jolie Piazza Vittorio Emanuele en est l’épicentre; bien que touristique, il y règne cependant une ambiance familiale et sereine. Et la mer n’est jamais loin. On trouve également une ancienne tour, la Torre Longonsardo, d’où le panorama est d’anthologie! Coucou, la Corse, tu sais que j’ai fait un carnet sur toi?

Santa Teresa di Gallura.
Santa Teresa di Gallura.
Santa Teresa di Gallura en « panoramique ».

12H30, il est temps d’aller manger! Alors voilà, je t’invite à faire connaissance avec la fabuleuse cuisine sarde. Voici d’abord un plat typique de pâtes: les malloredus: petites pâtes rondelettes, elles ressemblent à des gnocchi et sont garnies de saucisse sarde et de sauce ragù. Et tu vas me demander quel est ce truc bizarre à côté, qui ressemble à des feuilles de papier parcheminées? Hé bien, c’est du pain! Le fameux pane carasau, surnommé « carta musica » (papier à musique) en raison de son extrême minceur et de sa légèreté. Ça craque sous la dent comme des chips, et on pourrait penser un peu à la texture d’une hostie quand ça fond en bouche. Etonnant.

Pâtes malloredus.
Le pane carrasau sarde.

Un petit dessert? Goûte donc aux seadas, ces petits gâteaux feuilletés fourrés au fromage de brebis et recouverts de miel. Et enfin, je te présente LA bière de Sardaigne: la Ichnusa! Légère (4,7%), elle tient son nom de l’ancienne nomination grecque de l’île, « Hyknusa »; et en sarde ichnusa signifie empreinte de pas, la légende voulant qu’à la suite d’un tremblement de terre l’île ait été sauvée en restant protégée sous le pied de Dieu. Toujours brassée sur l’île, mais rachetée en 1986 par le géant Heineken. Tout fout le camp…

Seada de Sardaigne.
La bière Ichnusa.

Ristorante Da Thomas – Via Valle d’Aosta, 22.

Partons maintenant vers le sud, en suivant la côte ouest de l’île, sans toutefois la longer même si de temps à autre la mer apparaît au loin. Castelsardo est prévu au programme, mais pas tout de suite. Non, on va faire un petit crochet par l’intérieur des terres, vers l’est, en rejoignant Tempio Pausania par de belles petites routes où le relief montagneux commence à s’affirmer. Le granit fait encore la loi ici avec des formations rocheuses se découpant sur l’horizon. Tu remarqueras que cette région est aussi très boisée. Un peu avant Tempio Pausania, je m’arrête à Aggius, petit village diablement coquet avec ses ruelles pavées et ses solides maisons de granit, cette roche dont le bourg est lui-même entouré sous la forme de massifs impressionnants.

Paysage de l’intérieur de l’île, vers Tempio Pausania.
Aggius.
Aggius.

Tempio Pausania est une petite ville à l’écart des « sentiers battus » touristiques de la Sardaigne. Et c’est tant mieux, car il s’en dégage une vraie sérénité, et je me délecte d’explorer ces petites rues, qui débouchent sur une petite église ou sur l’imposante cathédrale en … granit (on se doute bien qu’elle n’est pas en massepain, aussi). Ça fait du bien de dénicher des endroits comme çà, en retrait du tourisme de masse!

Tempio Pausania.
Tempio Pausania.

Castelsardo et Stintino.

Je vais à présent rattraper la côte ouest pour rejoindre Castelsardo. A travers la campagne, j’aperçois à plusieurs reprises des nuraghi plus ou moins bien conservés, souvent à l’abandon, plantés soit dans un champ ou au milieu des broussailles. Si tu veux répertorier sur une carte IGN tous les nuraghi sardes, il faudra t’armer de patience, le nombre en est pléthorique!

Rocca del’Elefante.
Un nuraghe perdu dans la campagne.

Et voilà enfin Castelsardo, ce superbe village perché qui me fait tout de suite penser à Manarola, dans les Cinque Terre.Et c’est vrai que ces maisons colorées qui s’accrochent à un promontoire rocheux, dominé par un spectaculaire chateau fortifié, a de quoi susciter l’émerveillement vu de loin.

Castelsardo.

Castelsardo fut fondé au 12ème siècle par une puissante famille génoise (s’appelant d’abord Castelgenovese, comme de juste), avant de passer sous le giron de la Maison de Savoie pour prendre son nom actuel. Bon, assez de blabla, il est temps d’aller arpenter ou plutôt de grimper au gré de ces étroites ruelles à la déclivité digne d’un funiculaire. Beaucoup de petites boutiques d’artisanat, mais c’est plutôt calme en ce début de septembre. J’arrive à la Cathédrale Sant’Antonio Abate, flanquée d’un campanile à la toiture bigarrée, d’où on profite d’un panorama qui, par temps clair, peut porter jusqu’à la Corse!

Castelsardo.

Je continue ma route vers l’ouest, dépassant Porto Torres pour me diriger vers cette une excroissance qui, sur une carte, évoque un peu le Cap Corse. C’est là que je poserai mon sac cette nuit, plus précisément à Stintino, un petit village de pêcheurs qui a su garder une certaine authenticité malgré le tourisme de masse qui a gagné ses alentours, vers le nord, les hordes d’estivants attirées par la beauté paradisiaque de ses plages.

Un bien joli coin, avec ses deux petits ports, ses vieilles demeures et le Parc National de l’île d’Asinara à 10 km. Cette petite île est connue pour sa petite population d’ânes albinos, et son histoire est justement liée à celle de Stintino: le bourg fut créé en 1885 quand les autorités déménagèrent les 45 familles de l’île d’Asinara afin d’y construire un pénitencier. Une population qui en chasse une autre, quoi. Dans les années 1970, ce pénitencier accueillit des membres de la mafia et des terroristes. Le chef de mafia Totò Riina y fut un temps emprisonné. Charmant voisinage pour Stintino! Il ferma ses portes en 1998.

Stintino.

Stintino.

Je passe une soirée paisible à Stintino, c’est animé sans être tapageur, et les restos ne sont pas hors de prix. On ne mangerait pas un morceau, dis? OK. Une petite terrasse avec le port et la mer en point de mire, et en avant pour une petite assiette de pâtes, des spaghetti alla bottarga, la « poutargue » étant une poche d’œufs de mulet, salée et séchée. Très savoureux, avec un vin blanc Vermentino di Gallura (du nom d’un cépage bien présent en Sardaigne).

Ristorante Lu Fanali – Lungomare Cristoforo Colombo, 89.

Le lendemain matin, je me dirige au nord de Stintino afin de découvrir une des plus belles portions côtières de l’île. La route devient à sens unique, décrivant une boucle, sans doute pour mieux réguler le trafic qui doit être infernal l’été. Je remarque déjà, sur les côtés, ces lignes bleues que je déteste: les places payantes! J’active mon sixième sens, en mode « place gratuite », ça marche: un petit espace planqué, à 500 m de la célèbre plage de la Pelosa. Allons l’admirer de plus près. Il faudrait être sacrément blasé pour ne pas la trouver sublime: ce sable blanc face à cette mer cristalline aux reflets turquoise (sans s, j’ai vérifié), et surtout la cerise sur le gâteau, cette ancienne tour aragonaise. Au-delà se profile l’île d’Asinara.

C’est dimanche, il n’est que 8 heures du matin, mais le monde afflue déjà, et les vendeurs de bimbeloterie (tapis, parasols…) sont déjà en place. J’aimerais pas y être en plein mois d’août…

Plage de la Pelosa.

Sassari et sa région.

Je reprends ma route vers le sud, pour arriver à Argentiera. La côte est encore sauvage, les paysages sont ébouriffants; mais c’est quoi, Argentiera? Une station balnéaire à la mode? Pas du tout. C’est une ancienne ville minière abandonnée, faisant partie d’un des nombreux témoignages du passé minier et industriel de l’île. Il y a encore bien une poignée d’habitants, mais ces bâtiments à l’abandon, certains en ruines, de surcroît face à la mer donnent à l’ensemble un aspect surprenant de décor de cinéma. Steven Spielberg ou même Sergio Leone se seraient bien plu ici! Argentiera comptait de grandes réserves de plomb, d’argent et de zinc, cependant le village de mineurs a cessé son activité en 1962.

Argentiera.
Argentiera.

Je pourrais déjà partir vers l’est en direction de Sassari, mais la curiosité aiguille mes pas (mes roues, devrais-je dire) encore un peu plus vers le sud, vers le Capo Caccia où se trouve une des curiosités les plus visitées de Sardaigne: les Grottes de Neptune. Accessibles en bateau depuis Alghero, on peut aussi les atteindre en allant jusqu’au Capo Caccia en voiture. J’improvise, on verra bien…

Seulement voilà, on est dimanche aujourd’hui! Je m’en rends vite compte en parvenant au début de la petite route qui mène au Capo Caccia. Une procession de voitures et camping-cars, plaques étrangères comme italiennes, qui se garent à la « barbare » sur le moindre mètre carré libre, car le parking du point de vue panoramique est déjà saturé! Alors tu sais quoi? Je choisis de « zapper » les grottes (l’affluence doit être une vision de l’Enfer!), trouve un mouchoir de poche pour me garer et me rapproche des falaises pour me délecter d’un panorama à tomber… au propre comme au figuré, car aucune protection au bord du vide, il s’agit d’être prudent!

Capo Caccia.

Je reprends mon petit bonhomme de chemin en direction de Sassari, à 45 km vers l’est. Sassari est la deuxième ville de Sardaigne, mais il faut dire que la « capitale » Cagliari lui fait pas mal d’ombre! Dommage, car j’ai découvert une ville attachante et non dénuée de charme, même si ses abords ne sont pas très glamour. Je me gare devant un bâtiment à l’étrange façade décorée d’une gigantesque fresque de tortue. Que fait-elle là? Que symbolise-t-elle?

Bref, au gré de petites rues calmes, j’arrive sur la Piazza Duomo où se trouve la cathédrale baroque San Nicola. Un petit bar sympa (ouvert le dimanche, c’est appréciable), panino-bière, et on peut y aller pour flâner au hasard de ces vieilles ruelles piétonnes, encore habitées par une vraie population sans fard, aux nombreux petits commerces, où les Vespa déambulent en passant sous les cordes où le linge sèche entre deux immeubles. Mais ce dimanche, je dois reconnaître que c’est super calme, je croise très peu de monde! Sont-ils partis aussi au Capo Caccia?

Sassari.
Sassari.
Sassari: la « fresque à la tortue ».

La transition est assez soudaine quand d’un coup je débouche sur l’immense Piazza d’Italia, bordée de majestueux palais et où se dresse fièrement la statue de Vittorio Emanuele II. Magnifique, l’une des plus belles de Sardaigne, paraît-il. Les arcades à son entrée rappellent celles de Bologne ou Turin.

Sassari: Piazza d’Italia.
Sassari.

Sassari m’a laissé une bonne impression, sa région recèle aussi son lot de trésors architecturaux, à travers un paysage rural idyllique, alternant prairies, champs et petits villages isolés. Je rends d’abord visite à la basilica de Saccargia, un chef-d’oeuvre de l’art roman, perdue en pleine campagne. À côté subsistent les ruines d’une ancienne abbaye. Je lui trouve une ressemblance avec l’église San Michele de Murato, en Corse (qui est si proche). A 15 km, le tout petit village d’Ardara abrite l’austère et imposante chiesa Santa Maria del Regno, bâtie au 12ème siècle en basalte volcanique; sa taille, pour une si petite localité, se justifie par le fait qu’autrefois s’y déroulaient les couronnements des rois. C’est à Ardara que je verrai mes premières fresque murales, mais je reparlerai de cet art lors de ma visite à Orgosolo. Chaque chose en son temps…

Basilica de Saccargia.
Ardara: chiesa Santa Maria del Regno.

Aux environs d’Ardara, voici la basilica Sant’Antioco de Bisarcio, près d’Ozieri, paumée dans les champs et construite en trachyte rouge (c’est pas le nom d’une maladie, mais encore un truc d’origine volcanique). Enfin, la basilica San Pietro di Sorres se targue d’avoir été cathédrale du 12ème au 16ème siècle. Elle jouxte un monastère encore en activité, et le petit village de Borutta, à côté, cache quelques fresques évoquant le passé artisanal et agricole de la région.

Basilica Sant’Antioco de Bisarcio.
Borutta.
Borutta: fresque murale.
Borutta.
Basilica San Pietro di Sorres.

Alghero.

C’est le moment pour moi de regagner la côte ouest, à environ 50km, pour mon étape de cette nuit. J’ai rendez-vous avec une des plus belles villes de Sardaigne, connue pour ses remparts et son centre médiéval d’une beauté hallucinante: Alghero!

Pour se garer, l’immense parking de la Piazzale della Pace est à 15 minutes du centre; mais attention, c’est payant. Par contre, dans les petites rues autour, on peut trouver des places gratuites.

J’ai loué une petite chambre pour une nuit au coeur de la vieille ville. Difficile de ne pas succomber au charme fou de ces petites ruelles, débouchant quelquefois sur une placette discrète, avec quelques églises parsemées çà et là.

Alghero.

Les différents tons des maisons, ocre ou rose, subliment encore la découverte des lieux. Mais la rançon du succès d’Alghero se traduit par une grosse fréquentation touristique, avec sa légion de restos et boutiques de souvenirs. Il ne faut pas espérer s’y retrouver seul un dimanche! Pour « respirer » un peu, rien de tel que de faire la promenade (entièrement piétonne) le long de ces incroyables remparts, superbement conservés, au gré des tours et bastions portant, pour la plupart, le nom d’explorateurs célèbres comme Marco Polo, Colomb ou Magellan. Il y a même quelques antiques machines de guerre qui se laissent admirer. Sont-elles là pour tenter de lancer des projectiles sur la Capo Caccia, en face? Heureusement non, il est trop éloigné! Par contre, le coucher de soleil est mémorable vus d’ici!

Alghero.
Alghero.