Rome, Naples et sa baie (Procida, Ischia, Capri) – 2018.

Alors, ça te dirait de repartir avec moi à la découverte de ce pays sublime appelé Italie? En 2018, je m’étais encore concocté un sacré périple. La première partie du voyage va nous emmener à la découverte de Rome la « Ville Eternelle », ensuite on ira voir Naples, sa baie, ses îles, ses sites archéologiques… Tu es prêt(e)? Que le spectacle commence!

ROME: 1er jour.

Samedi 16 juin. Après 2h de vol, j’atterris à l’aéroport de Rome-Fiumicino. Bien qu’éloigné du centre (30 km), avec le train on relie la gare de Termini en 30 minutes, après quoi on a le choix entre un vaste réseau de bus et 3 lignes de métro bougrement efficaces! Les « pass » de 1 à 3 jours vont de 7 à 18€, c’est vite amorti.

Pour l’hébergement, je suis bien placé: ma chambre Airbnb est à 500m du Capitole et à deux pas du circo Massimo! Premier contact avec Rome! Pour l’instant ce sont de larges avenues au trafic parfois intense et débridé (bus, voitures et SURTOUT les scooters qui roulent aussi vite qu’à Milan); je verrai bientôt des coins plus tranquilles.

Ah, Rome! Ce nom donne autant de frissons au voyageur qu’à l’amateur d’Histoire. Elle a même ses propres expressions: elle ne s’est pas faite en un jour, tous les chemins y mènent… Justement, mon chemin à moi va d’abord me mener à la découverte du Capitole, une des sept collines de Rome; c’était le centre religieux de la ville. La Place du Capitole (Piazza del Campidoglio) est super belle, avec ses musées et sa statue équestre; on y accède par une rampe monumentale dominée par les statues de Castor et Pollux. Tout près, face à la Piazza Venezia, se dresse le colossal monument à Vittorio Emanuele II, appelé en italien Altare della Patria ou Vittoriano. Tout de marbre blanc vêtu et surnommé « la machine à écrire » (tu imagines le format de la feuille??). Il fut bâti pour rendre hommage à Victor Emmanuele II, le premier roi d’Italie, et il abrite la tombe du soldat inconnu. Dans le style grandiloquent, c’est pas mal du tout!

Rome: Place du Capitole.
Rome: Teatro Marcello.
Rome: Oratorio San Giovanni Decollato.
Rome: Teatro Marcello.
Rome: Chiesa di Sant’Omobono.
Rome: monument à Vittorio Emanuele II.

Rome est une cité qui « transpire » l’Histoire par tous les pores. Et j’entre justement ici dans le vif du sujet en découvrant les « Forums Impériaux », sortes d’épicentres politiques et commerciaux crées successivement par plusieurs empereurs: César, Auguste, Vespasien, Trajan… A côté, le Forum « originel », le Forum Romain (Foro Romano), vrai centre névralgique de la Cité… mais devenu finalement trop exigu, d’où la création des Forums Impériaux, entre autres le Forum de Trajan. La Via Sacra, artère principale à l’époque, reliait le Colisée au Capitole. Les colonnes (dont la Colonne Trajane), les temples, les bâtiments plus ou moins bien conservés, arcs en pierre… franchement il faudrait un carnet à part pour tout détailler! Mais cette avenue qui coupe effrontément ces sites, en ligne droite jusqu’au Colisée? Hé bien c’est la Via dei Fori Imperiali, inaugurée en 1932 par Mussolini… qui ne se gêna pas pour raser un quartier et traverser les forums impériaux! Il en a pas raté une, le mec…

Rome: Forum de Trajan.
Rome: Forum de Trajan.
Rome: Colonne de Trajan.
Rome: Forum Romain.

Et maintenant, une bouffée d’excitation m’accompagne lorsque j’ai dans mon champ visuel LE monument emblématique de Rome, son symbole, son mythe: le Colisée (Colosseo)! On a beau l’avoir vu dans les livres, à la télé, en photos, rien ne vaut la stupeur qui te gagne quand tu t’en rapproche et finalement tu te retrouves face à lui « en réel »! Son vrai nom est l’amphithéâtre Flavien, plus tard nommé « Colosseo », ce nom dû à la proximité d’une statue gigantesque de l’empereur Néron. Il fut achevé en 80 après JC. Ce monstre de pierre (188 m de long pour 50 m de haut!) pouvait accueillir maximum 70.000 personnes sur 4 étages. Juste pour comparer, le Zénith de Paris a une capacité d’accueil de 6804 places. Mouais…

L’intérieur du Colisée est aussi incroyable, malgré la foule, on reste halluciné par la taille et la majesté des vestiges! Que de combats de gladiateurs ou d’animaux sauvages ont eu lieu ici! Il y a même un sous-sol avec des mécanismes pour élever les cages ou les combattants. Quand le soleil tapait, un immense voile pouvait être tendu au-dessus des gradins. Quant aux jeux variés, ils étaient un symbole de prestige et servaient à l’empereur pour augmenter sa popularité.

Alors, et ce fameux « pouce en haut ou en bas » de l’Empereur à l’issue des combats? En fait, non. La mort était demandée par la main et les doigts tendus, dirigés vers le vaincu… La grâce était souvent demandée par les spectateurs en agitant des mouchoirs (« Tourner les serviettes » de Patrick Sebastien n’existait pas encore, je te le concède).

Rome: le Colisée.
Rome: le Colisée.

Une première journée bien remplie! En soirée, petit tour dans le quartier Monti, en amont de la Piazza Venezia, Il est un peu moins touristique, plein de petites ruelles pavées et de petits restos bon marché. Une petite lasagne dans une enoteca fera l’affaire pour cette douce soirée… en attendant demain!

ROME: 2ème jour.

Ce dimanche, c’est mon deuxième jour à Rome et voilà que je vais déjà changer de pays! Ah bon? Ben oui, ce matin je me rends au Vatican, le plus petit état du monde avec ses 0,44 km² (pour 900 habitants), complètement enclavé dans la ville de Rome. Le Vatican est le centre spirituel pour des millions de catholiques à travers le monde.

Un excellent moyen de rallier à pied le Vatican, en joignant l’utile à l’agréable, est de longer le Tibre, le fleuve qui traverse Rome. Les arbres permettent de se balader en matinée à la fraiche, et en 30 minutes j’atteins le ponte Sant’Angelo qui franchit le Tibre. En face, le Chateau Saint-Ange (en italien Castel Sant’Angelo), d’abord mausolée de l’empereur Hadrien, puis tour à tour édifice militaire et prison, cet édifice a été très…polyvalent. Actuellement c’est un musée.

Rome: Chateau Saint-Ange.
Rome: Chateau Saint-Ange.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une fois dépassé le Chateau Saint-Ange, voilà la Via della Conciliazione, une avenue extra-large qui rejoint la mythique Place Saint-Pierre! Le point de vue est sublime! C’est non sans émotion que je me rapproche peu à peu du « plus petit État du monde »; mais attention on n’y entre pas comme dans un moulin: les préposés aux contrôles scannent les sacs et peuvent refouler les personnes aux shorts ou débardeurs trop courts. Il y a un « code vestimentaire » à respecter! J’entre enfin sur la Place Saint-Pierre; moins de monde que je pensais, mais il n’est que 9 heures. Elle est immense, avec son obélisque, ses deux fontaines, et sa double rangée de colonnes qui l’encercle; les colonnes sont surplombées de 140 statues de Saints.

Place Saint-Pierre depuis la Via della Conziliazione.

 

 

Le Vatican possède aussi son propre drapeau…

 

 

 

 

… et ses distributeurs de billets en LATIN!

Me voilà maintenant face à la Basilique Saint-Pierre, l’édifice le plus important de la chrétienté, et la plus grande église du monde! Son nom est issu du premier Pape de l’histoire, Saint-Pierre, dont le corps est enterré dans la basilique. D’autres papes sont inhumés sous l’édifice, ainsi que Jean-Paul II (récemment en 2005). Dimensions pharaoniques, profusion de marbre et de statues, les rayons du soleil qui se glissent à travers les interstices… on ne peut qu’être estomaqué devant cette splendeur, sans compter la dimension « émotionnelle » d’être à l’intérieur de ce lieu saint du christianisme! On peut également voir le dôme de plus près en grimpant à la coupole, soit par ascenseur, soit par escalier. Après avoir gravi un étroit escalier en colimaçon, la terrasse offre une vue plongeante sur la Place Saint-Pierre.

Vatican: Basilique Saint-Pierre.
Vatican: Basilique Saint-Pierre.

Incontournable aussi, la fameuse Garde suisse pontificale, l’une des plus petites armées du monde avec 135 militaires, tous citoyens suisses catholiques, chargée de veiller à la sécurité du Pape et du Vatican.

Vatican: Garde Suisse pontificale.

Midi approche, j’attends sur la Place, comme des centaines d’autres fidèles. Il faut savoir que tous les dimanches à midi, le Pape (plus précisement François Ier) apparaît à une fenêtre de ses appartements pour une courte allocution suivi de la prière de l’Angélus (« je vous salue Marie » etc…) et de sa bénédiction sur la foule. De loin, on distingue seulement une petite silhouette blanche au balcon, mais il y a un écran géant pour mieux le voir. C’est une sensation unique de le savoir si proche… Ni photos ni vidéos de l’Angélus même : ce n’est pas un spectacle.

C’est de cette fenêtre que le Pape apparaît pout l’Angélus.

Pour l’après-midi, je vais m’excentrer un peu de Rome; après 20 minutes de métro et 10 minutes de bus (ligne 218), je vais arpenter la Via Appia Antica, un des témoignages les mieux conservés de la Rome antique. Elle fut construite en 312 av. J-C. pour relie Rome à Brindisi. Ce qui est chouette le dimanche, c’est qu’elle n’est réservée qu’aux piétons et cyclistes; les autres jours, les voitures y circulent. Je vais la parcourir sur quelques km. Mon dieu quel calme par rapport au brouhaha des grandes artères romaines! Excepté le chant des oiseaux et le vent dans les arbres, pas de bruit. Les pavés sont parfois très irréguliers, ce qui ne fait pas l’affaire des cyclistes (heureusement pour eux il y a une petite piste de terre battue qui longe la voie). On y voit encore quelques vestiges de villas et monuments antiques. C’est même émouvant de voir les sillons formés par le passage des chariots; on s’attendrait presque à voir débouler à toute allure un fougueux centurion sur son char!

Via Appia Antica.
Via Appia Antica.

Retour en ville en soirée, petit repas dans une osteria bien planquée: spaghetti « cacio e pepe » (facile: des pâtes, du pecorino et du poivre noir), et saltimbocca (tranches de veau très fines avec de la sauge et du vin blanc). Excellente, cette cuisine romaine!

Osteria La Quercia – Piazza della Quercia, 23.

Spaghetti « cacio e pepe ».
Saltimbocca.

ROME: 3ème jour.

Ce lundi matin je pars explorer une partie du « centre historique » de Rome. Cette ville est vraiment très étendue, et de bonnes chaussures de marche ne sont pas de trop! Je m’enfonce dans les petites ruelles du quartier du Ghetto. Oui, à l’instar de Venise, il y eut un ghetto juif à Rome. En 1555, le Pape Paul IV décrète une série de lois contraignant les juifs de Rome à s’y installer.. et ce jusqu’en 1870! C’est un coin encore authentique, pas encore trop touristique.

J’arrive sur le Campo dei Fiori, une des places les plus connues de Rome, surtout pour son grand marché qui se tient quotidiennement. Fais gaffe toutefois aux faux produits « made in Italy » (de l’huile d’olive en fioles de 100ml, ah bon?!). Il fait déjà chaud ce matin, heureusement la ville compte de nombreuses fontaines d’eau potable, les nasone, pour se désaltérer. On voit un petit trou sur la partie supérieure de leur bec; en bouchant d’un doigt la sortie principale, l’eau jaillit vers le haut, ça permet de boire plus facilement et de façon plus « hygiénique »…. ou de s’en mettre partout quand on n’a pas la bonne technique!

 

Rome: quartier du Ghetto.
Rome: quartier du Ghetto.
Rome: Piazza Farnese.
Rome: Palazzo Farnese.
Rome: Campo dei Fiori.
Rome: Campo dei Fiori.
Fontaine (nasone) à Rome.

Un peu plus loin, Le Largo di Torre Argentina est un vaste espace rectangulaire entièrement occupé par un site antique, l’Area Sacra, où l’on retrouve les ruines des temples les plus anciens encore conservés de Rome. Ce petit océan de tranquillité possède une autre particularité: des centaines de chats ont décidé d’en faire leur petit paradis. Ici, il est tout à fait normal de voir des chats se promener en toute liberté entre les ruines.

Et au détour de plusieurs petites rues, voici le « choc visuel » de l’entrée sur la splendide Piazza Navona, une des plus belles de Rome! Très allongée, elle est située sur l’ancien emplacement du Stade de Domitien (dont on peut voir de rares vestiges dans un musée souterrain). Ce qui renforce encore son charme, ce sont ses trois fontaines en enfilade (belles perspectives pour les photos!), surtout celle des Quatre-Fleuves, carrément surmontée d’un obélisque. Les statues représentent le Danube pour l’Europe, le Nil pour l’Afrique, le Gange pour l’Asie et le Río de la Plata pour l’Amérique. Une place magnifique mais touristique, avec de nombreux restos et terrasses! Mais quand-même, par ce temps sublime, déguster un tartufo (* un genre de glace noisette avec un coeur de chocomat) en terrasse sur la Piazza Navona, ce serait dommage de passer à côté, non?

Rome: Piazza Navona.

Mon dieu, il y a tant de choses à voir dans cette ville, si je voulais tout détailler, je crois que ce carnet aurait la taille d’un roman de Balzac… Alors reprenons notre balade vers l’est de la Piazza Navona, avec entre autres la basilica Sant’Eustachio couronnée d’une tête de cerf avec une croix entre les cornes, ou encore l’église Saint-Louis-des-Français (chiesa San Luigi dei Francesi), à deux pas du Panthéon. Le Panthéon: voilà encore un bâtiment incroyable de la Rome antique, et un des mieux conservés! C’était un temple dédié aux divinités antiques, avant de servir de mausolée aux rois d’Italie et à certaines « stars » comme le peintre Raphaël. Son « atout séduction », c’est son immense dôme de 43m de haut, percé d’un oculus en son sommet qui laisse passer un puits de lumière à l’intérieur… et la pluie par mauvais temps!

Quand on dit Panthéon, on pense aussi à celui de Paris: mais il est plus récent (18ème siècle), et il a une fonction de « mausolée » dédié aux grands hommes et femmes de France. L’édifice originel devait être une église destinée à abriter les reliques de sainte Geneviève.

Rome: Panthéon.
Rome: chiesa Sant’Ivo alla Sapienza.
Rome: Eglise Saint-Louis-des-Français.
Rome: Basilica di Sant Eustachio (avec la tête de cerf au sommet).
Rome: Eglise Saint-Louis-des-Français.

J’avais déjà été marqué, l’année d’avant, par la débauche de monuments qu’on pouvait rencontrer à Florence en Toscane. Mais force est de constater que Rome n’est pas en reste! Le show continue avec le Temple d’Hadrien, tès bien conservé, la Piazza Colonna avec en son centre la fameuse colonne de Marc Aurèle, et encore la chiesa Santa Maria Sopra Minerva avec sa coupole en trompe-l’oeil… Faut avoir la santé pour visiter la Ville Eternelle!

Rome: Temple d’Hadrien.
Rome: Piazza Colonna.
Rome: Temple d’Hadrien.
Rome: Piazza Colonna.
Rome: Piazza Colonna – colonne de Marc-Aurèle.
Rome: chiesa Santa Maria Sopra Minerva, coupole en trompe-l’oeil.

L’après-midi je retourne au Vatican, pour une bonne raison: les musées sont ouverts aujourd’hui lundi (mais pas dimanche!). Pas la peine d’entrer sur la Place Saint-Pierre, il suffit de longer les hauts murs de la Cité pour rallier l’entrée du musée. Je te conseille vivement de réserver ton billet sur internet… regarde plutôt la file interminable sur la photo! Bref, comme je suis seul je passe assez vite avec mon billet coupe-file, les guides essayant de rassembler leurs « troupeaux ». Et je consacre tout l’aprem à passer d’un musée à l’autre; en tout il y en a 12, rends-toi compte! Y a pas qu’à florence qu’on rique une « overdose muséographique »! Je n’ai donc pas tout visité, c’est trop pléthorique, toutes ces collections d’œuvres d’art accumulées au fil des siècles par les papes! Et encore c’est difficile d’apprécier la visite quand on est entraîné par une marée humaine bruyante toujours en mouvement. J’ai jamais vu un tel monde!! En comparaison, même le Louvre et la Galerie des Offices sont calmes.

Mais le « clou du spectacle » se rapproche: j’entre dans la mythique Chapelle Sixtine (du nom du Pape Sixte IV qui la fit aménager)… qui ressemble plutôt à une grande salle. Elle est célèbre pour son plafond orné des sublimes fresques de Michel-Ange (par exemple, « La Création d’Adam », tu sais, les deux doigts qui se touchent). MAIS: 1) comme la salle est haute les fresques semblent petites 2) « No photos, please! » C’est ce que les gardiens de la chapelle aboient 100 fois par jour. Sans oublier la foule compacte! J’avoue que les musées du Vatican m’ont laissé un petit goût amer…

Et pourquoi donc, « no photos! » dans la Chapelle Sixtine? Rien à voir avec les flashs des appareils! En 1980, la restauration générale de la Chapelle fut en grosse partie financée (plusieurs millions de dollars) par la société japonaise Nippon Television Network Corporation, en échange des droits d’image. Mais après 1997, année de l’expiration de cet accord, le Vatican a décidé de maintenir la règle du « no photo ». CQFD!

Musées du Vatican: cool, y a pas trop de monde!

Le soir, une petite trattoria, à 300 m de la Piazza Navona, me tend les bras pour goûter une autre petite spécialité romaine, les spaghetti all’amatriciana, avec du pecorino, de la tomate et de la viande de porc salée.

Cucina del Teatro – Vicolo di San Simeone, 70. https://www.cucinadelteatro.it/

ROME: 4ème jour.

Quatrième – et dernier – jour à Rome, crois-moi il y a encore à voir! Mon logement se trouve à deux pas du Circo Massimo, c’est l’occasion ce matin d’aller le voir. Enfin, ce qu’il en reste, c’est-à-dire quelques maigres vestiges. De nos jours il a plutôt l’air d’un immense terrain vague qui a conservé la forme se son enceinte d’autrefois. Dire qu’il mesurait 600m de long pour une capacité de 300 000 spectateurs! Pas facile de s’en faire une idée!

À deux pas du Circo Massimo, se dresse la chiesa Santa Maria in Cosmedin; elle n’a l’air de rien comme çà, elle abrite cependant un des monuments les plus visités de Rome: la Bocca della Verità, une énorme sculpture de visage d’homme barbu, en forme de disque, dont la bouche grande ouverte invite les touristes crédules à y plonger la main. Si par hasard on se fait mordre, c’est qu’on aime bien les mensonges! Hé oui! Depuis ce temps, je regarde à la télé si l’un ou l’autre politicien n’a pas de traces de morsure sur la main 😁😁🤔.

Je rejoins ensuite les Thermes de Caracalla, un des plus grands ensembles thermaux de l’Antiquité. Les thermes faisaient partie des passe-temps préférés des Romains, qui y allaient autant pour leur hygiène que pour leurs relations sociales. Malgré les siècles, les vestiges sont encore impressionnants; de plus, le site est moins fréquenté que les forums impériaux, alors le matin à l’heure d’ouverture, j’ai eu l’impression que le site était rien que pour moi.

Rome: Thermes de Caracalla.
Rome: Thermes de Caracalla.

Je prends maintenant le métro, bien pratique, pour aller à la rencontre de deux édifices religieux majeurs de la ville. D’abord la Basilique Saint-Jean-de-Latran (Basilica San Giovanni di Laterano), qui est en fait la cathédrale de Rome, et la plus ancienne église bâtie à Rome, elle est de ce fait la « mère de toutes les églises ». Elle est l’une des 4 basiliques majeures. Ensuite, la Basilique Sainte Marie Majeure (Basilica Santa Maria Maggiore), près de la gare Termini, la plus grande des églises consacrées à la Vierge Marie à Rome.

Rome: Basilique Saint-Jean-de-Latran.

Rome: Basilica Santa Maria Maggiore.

Je reviens vers le nord par le quartier du Quirinale (connu pour son immense Palazzo), pour pénétrer en un lieu très touristique: la Piazza di Trevi. Trevi… ça te parle? Bien sûr! La « star » des fontaines romaines, le film « La Dolce Vita » où Anita Ekberg y prenait un bain… La Fontaine de Trevi! Malgré la foule, elle est clairement spectaculaire! Regarde un peu: 26 m de large, 20 m de haut, les jets d’eau, les cascades… Mais tiens donc, pourquoi ces braves touristes jettent-ils des pièces dedans? Retiens bien: si tu lances une pièce le dos tourné, tu reviendras à Rome; si tu en lances deux, tu te marieras dans l’année! Suffit d’y croire. Bien que ces coutumes « touristiques » ne trouvent pas grâce à mes yeux, ici je ne peux que l’encourager: les pièces sont récupérées en fin de nuit (à l’aide de longues brosses et d’un système d’aspiration) puis étaient redistribuées à l’association Caritas. Belle initiative. Mais apparemment ça aurait changé…

Rome: Palazzo Barberini.
Rome: Fontaine de Trevi.

Allez, on continue? On se rapproche de la très belle Piazza di Spagna, une des plus célèbres de Rome avec sa forme en triangle et sa curieuse Fontana della Barcaccia en forme de barque un peu évasée. Elle est aussi très courue pour son majestueux escalier qui mène à la chiesa Trinità dei Monti avec un chouette panorama. Si tu as vu le film « Vacances Romaines » avec Audrey Hepburn et Gregory Peck, une des scènes-clés du film s’est déroulée ici!

Rome: Piazza di Spagna.
« Vacances Romaines » (1953) avec Audrey Hepburn et Gregory Peck.

Pas loin de la Piazza di Spagna, un petit marché couvert propose quelques stands pour manger pas cher. J’aime bien l’ambiance de ces petits endroits où on croise plus de locaux que de touristes. 3 parts de pizza, une bière, 6€ le tout, ok je suis calé pour ce midi!

À 10 minutes à pied, la Piazza del Popolo, très vaste, avec son obélisque et ses fontaines, est connue pour ses curieuses églises « jumelles ». Au-delà commencent les Jardins del Pincio et l’immense parc de la Villa Borghese, mais ayant fait l’impasse, ce sera pour une autre fois!

Rome: Via Margutta.
Rome: statue de la Via del Babbuino.
Rome: Via Margutta, cour intérieure (*celle du N°51, du film « Vacances Romaines »).
Rome: Piazza del Popolo.

Je vais souffler un peu avant de repartir en début de soirée. Il suffit de franchir le Tibre et traverser la petite île Tiberine pour découvrir le quartier du Trastevere (qu’on peut traduire justement comme « au-delà du Tibre »). Voilà un quartier populaire typique de Rome, avec des petites ruelles pavées tortueuses, des petits bars et trattorias, et des fleurs aux balcons des maisons! Pas de monuments grandioses, mais plus d’authenticité. Encore que certains coins se « boboïsent » tout doucement, dommage… Il fait encore chaud: un petit kiosque en bord du fleuve, je m’offre une « grattachecca », tout simplement de la glace grattée puis nappée de sirop (pas mal de choix, allez, à tout hasard, ce sera pastèque!). Je dois dire que j’ai passé une super soirée à flâner dans ce quartier qui possède encore (pour l’instant) une âme, une vie de quartier. Peut-être pas partout, mais dans des petites rues discrètes ou une placette cachée, on le ressent.

Comme je disais, plein de petits restos pas encore trop onéreux, certains bien cachés, comme la petite trattoria où j’ai goûté à la coda alla vaccinara, un morceau de queue de boeuf avec du lard, des légumes et de la sauce tomate; ce nom un peu étrange tire son origine des vaccinari, ces ouvriers des anciens abattoirs de Testaccio qui étaient payés en partie « en nature » (non, ne te fais pas d’idées saugrenues, il s’agissait de morceaux de viande moins nobles).

La Gattabuia – Via del Porto, 1. https://www.lagattabuia.it/

Une « gratachecca ».
Rome: quartier de Trastevere.
Rome: quartier de Trastevere.
Rome: quartier de Trastevere.

BILAN: C’est clair que je n’aurai pas tout vu en 4 jours, mais ce passage à Rome, si court fut-il, a été un enchantement, même si l’on a affaire à une des destination les plus touristiques d’Europe. Le Colisée, les forums antiques qui sont comme un livre d’histoire qu’on feuillette, les édifices religieux… mais Rome c’est aussi des quartiers encore vivants, une petite ruelle où est garée une Vespa, un petit bar où le vrai romain expédie son café ristretto en une minute… Et le Vatican, qui est tout un symbole pour la chrétienté (qu’on soit pratiquant ou pas)!

u0022Le véritable cœur de Rome n’est pas dans le marbre du Sénat, mais dans le sable du Coliséeu0022.
Sénateur Gracchus, dans le film u0022Gladiatoru0022 de Ridley Scott.

Je quitte Rome demain matin. Une aventure s’achève, une autre va commencer. Destination: NAPLES!

Arrivée à Naples – 1er jour.

Départ en matinée de la gare Termini pour un peu plus d’une heure de train rapide, direction la gare Centrale de Naples! J’entre dans la région de Campanie, dont Naples est justement la capitale. Ver 11 heures, me voilà arrivé à la Stazione Centrale, très grande, et connectée à la ligne 1 du métro, qui fait comme une boucle autour de la ville.

Face à la gare, me voilà sur sur la Piazza Garibaldi; le premier contact est assez brutal: pour rejoindre mon logement, je descends à pied l’artère principale qui part vers le port. Holà… voici un joyeux bordel de voitures, scooters qui zigzaguent, piétons qui se foutent des feux rouges… Tout celà n’est que passager, en peu de temps, première ruelle, premiers escaliers; sans transition, je pénètre dans le vrai Naples: le linge qui sèche sur des fils, des gosses jouant au ballon, des cours intérieures où ça parle ou ça gueule parfois… Je sens déjà battre le pouls frénétique de la Cité Parthénopéenne (le nom d’origine de Naples…mais tu le savais, hein?).

Super logement Airbnb: un « basso », maison typique de Naples à deux étages en plein coeur du Vieux Naples! Filippina, la proprio, est artiste de rue avec son mari, elle organise des petits spectacles théâtraux en rue; et leurs costumes se trouvent dans la maison, ça donne une déco originale! Je sens que je vais être bien, ici… Hé bien, si tu es d’accord, il est temps d’aller se perdre dans le « centre historique » et prendre le pouls de la ville!

Mon logement pour 3 nuits!

C’est une débauche de petites ruelles qui se coupent souvent à angle droit, parfois sombres, pas toujours propres aussi, malheureusement (une couche pour bébé usagée, écrasée par une roue de scooter, pas très poétique)… un petit air décrépi qui pourrait être interpellant, mais si ces petites rues étaient archi-rénovées et « ripolinées » à outrance, ce ne serait plus vraiment Naples!! Et ça déborde de vie, ça grouille de napolitain(e)s mêlés aux touristes (parfois un peu déboussolés par cette exubérance!)… Après tu as les scooters qui se faufilent au milieu de la foule, parfois à 4 dessus (papa, maman et deux mômes!!); rends-toi compte, j’en ai même vu un qui trimbalait… un sommier de matelas! Dingue, non? Un peu déroutant pour « la première fois » avec Naples, mais au final on s’y habitue vitesse grand V!

Naples.

Je constate aussi que Naples est une ville qui « transpire » la religion. Le nombre d’édifices religieux et incroyable, et un peu partout, au coin d’une ruelle, on voit des petits autels dédiés à un saint ou même à un habitant du quartier. Le soir ils sont éclairés de nombreuses ampoules, effet flashy garanti! Tu sais que certains « fous du scooter » apposent un autocollant de Saint Gennaro (*patron de Naples) sur leur machine?

J’adore aussi les cours d’entrée des habitations, il faut y pénétrer discrètement, ce sont de vrais épicentres de vie pour les habitants; l’une d’entre elles a servi de scène de tournage au « Corniaud » (la Cadillac de Bourvil qui va au garage)!

Tiens, j’ai une ‘tite faim, ce serait bien de goûter à cette célèbre douceur sucrée napolitaine: la sfogliatelle, qui a une texture de millefeuille sans en avoir la forme, fourrée de ricotta à la vanille ou à la cannelle, avec des fruits confits. Pour ma part, j’ai dégoté un petit stand bien caché au fond d’une petite cour intérieure toute en longueur. Il se trouve sur la Via San Gregorio Armeno.

Je te montrerai plus de détails demain, c’est déjà le soir; un petit plat de pâtes « alla ragù » (je repense à Bologne!) et une errance à travers les vieilles ruelles. Il faut savoir quitter les rues les plus touristiques comme la Via dei Tribunali, et s’aventurer plus au nord pour ne plus voir ces boutiques de fringues ou de pseudo-artisans (les marchands de fruits et légumes comme dans le temps, ça devient rare!), et arpenter des ruelles presque désertes, avec un scooter qui file ou de la musique qui s’échappe d’une maison où la « famiglia » mange, toutes portes et fenêtres ouvertes! Etonnant, on voit tout ce qui se passe chez eux… peut-être sommes-nous trop timorés, trop coincés chez nous? J’ai presque l’impression que la ruelle, c’est le corridor principal de l’habitation!

Ou alors, du haut du balcon d’une ruelle, voilà un gars qui chante des mélodies italiennes au micro avec un baffle, récupérant une petite obole avec un panier accroché à une cordelette. Tu ferais çà à Paris, les voisins appelleraient les flics…

Tandem Ragù – Via Giovanni Paladino, 51.

Et l’insécurité? Allons allons, on peut se balader dans Naples sans problème, les touristes « fragiles » n’ont nul besoin de jouer les vierges effarouchées! Il ne faut pas se voiler la face cependant, la Camorra (mafia napolitaine) est toujours là…mais pas qu’ici, elle se ramifie dans toute la région! Avec les problèmes qu’elle engendre aussi: drogue, racket, gestion « sauvage » des déchets… problèmes qu’il ne faut pas occulter, je le reconnais. Il est toutefois rarissime que les voyageurs en fassent les frais. Il faut prendre la peine de connaître Naples, de s’en imprégner, de l’apprivoiser.

Naples: 2ème jour.

Je me demandais ce qu’était cette cordelette qui pendouillait à la maison d’à côté; en fait elle est attachée à un bol et relié au balcon, c’est simplement pour donner à manger aux chats en bas dans la rue! Astucieux!

Après 4 journées chargées à Rome, je n’ai pas trop envie de musées (il y a bien l’immense musée archéologique, mais bon); j’aspire plutôt à voir l’animation, la vie dans les rues, l’instant présent, quoi! Je vais encore me balader ce matin dans le centre historique, où on trouve des édifices religieux non dénués d’intérêt: comme la Basilica San Lorenzo Maggiore, une des plus anciennes de Naples, avec son musée et son site archéologique souterrain; ou le Duomo (cathédrale)), célèbre pour abriter les reliques de San Gennaro, saint patron de la ville.

Naples: Duomo.

Au-delà de la Via dei Tribunali, pas loin de la Piazza Dante et de la Basilica di San Domenico Maggiore, la chiesa del Gesù Nuovo est facilement repérable à sa façade en pointes de diamant. J’avais vu une façade assez similaire en 2016 à Lisbonne. Une petite chapelle émouvante rend hommage à Giuseppe Moscati. Appelé le « médecin des pauvres », on culte attire des milliers de fidèles, qui viennent prier pour le rétablissement d’un proche. En face, sur la Piazza del Gesù Nuovo, voici le complesso monumentale di Santa Chiara qui regroupe un monastère, un couvent, une basilique et surtout, un magnifique cloître avec des bancs en faïence peinte, des fleurs et des agrumes; un vrai repaire de sérénité!

Naples: Basilica di San Domenico Maggiore.
Naples: chiesa del Gesù Nuovo.
Naples: Basilica di San Domenico Maggiore.
Naples: Piazza del Gesù Nuovo.
Naples: monastère Santa Chiara.
Naples: monastère Santa Chiara.

Allez, je vais me boire une petite bière au bar Nilo; il a l’air d’un bar comme les autres… si ce n’est qu’il abrite un autel dédié à Diego Maradona, la légende du foot, « El Pibe de Oro », qui a joué à Naples où il a joué de 1984 à 1991, et décédé en 2020! Malgré ses diverses frasques, le gars est toujours un dieu vivant ici.

Bar Nilo: sur la Via San Biagio dei Librai, près de la statua del Dio Nilo.

Le petit « autel » du bar Nilo.
Naples: statua del Dio Nilo.

Tu sais qu’on peut manger pour trois fois rien dans les rues de Naples? La « cibo da strada » (cuisine de rue) fait partie de la tradition napolitaine, un peu comme en Sicile! Dans la vieille ville, on trouve nombre de petits stands ou kiosques qui vendent des petits « snacks » goûteux tels les arancini (une petite boule de riz frite farcie de légumes et de viande) ou les crocche (une croquette de pomme de terre frite et aplatie); avec une bière, avec moins de 10€ tu peux te faire un petit en-cas à midi.

Cibo da strada à Naples: les crocche.

Pour l’aprem on va quitter le centre historique pour se diriger vers le bord de mer, en passant notamment par la galleria Umberto I (qui ressemble pas mal à la galerie Vittorio Emanuele II de Milan), et la Piazza del Plebiscito, majestueuse avec ses colonnes et des édifices comme le Palazzo Reale et la Basilica San Francesco di Paola.

Et voilà enfin le bord de mer, le lungomare! Cette Baie de Naples qui annonce la mer Tyrrhénienne, bordée d’immeubles colorés avec en toile de fond, le mythique Vésuve! Je pourrais même oser une comparaison avec la Promenade des Anglais à Nice. Posé sur un îlot s’avançant dans la mer, voici un autre symbole de la ville, le Castel dell’Ovo (château de l’Oeuf), qui offre un super panorama sur la baie et qui de plus est gratuit d’accès. Chateau de l’Oeuf, pourquoi? Virgile, poète latin et considéré comme un magicien. La légende veut qu’il ait caché un œuf dans les fondations du chateau et que si cet œuf se cassait, la ville subirait un tas de catastrophes. Au 16ème siècle une partie du château s’écroula et on pensa aussitôt à l’œuf qui se serait cassé. La reine de la ville Giovanna D’Angiò, fut obligée de jurer qu’elle avait substitué l’œuf de Virgile, pour éviter la panique. Peut-être aussi une bonne dose de crédulité de la part des habitants, non? Plus loin, en face du port, le Castel Nuovo en impose de par son aspect massif, mais il a plutôt l’air sinistre et peu avenant.

Naples: lungomare.
La baie de Naples et le Vésuve.
Naples: Castel dell’Ovo.
Naples: Castel Nuovo.

Naples est étagée sur plusieurs collines; on va s’intéresser à l’une d’entre elles, le Vomero. Les vieilles maisons serrées et l’ambiance de la vieille ville font place à un quartier plus moderne et résidentiel. C’est l’idéal pour voir tout Naples d’un peu plus haut! Il y a même des funiculaires dans ce coin, par exemple pour aller voir la Certosa (chartreuse) di San Martino, avec son beau cloître et ses musées, ou le Castel Sant’Elmo en forme d’étoile.

Naples: Certosa di San Martino.
Naples: Castel Sant’Elmo.

Je redescends dans le vieux Naples pour souffler un peu, avant de repartir en soirée pour savourer LA spécialité indissociable de Naples: la VRAIE pizza napolitaine! Elle a une pâte moelleuse aux bords plus épais que son homologue romaine; les deux vraies « traditionnelles » locales sont la marinara, garnie d’ail, d’origan, de tomate et d’huile d’olive, et la margherita, qui comprend également de l’ail et de l’huile d’olive, mais accompagnés de mozzarella et de basilic. Des pizzerias, il y en des dizaines en ville, certaines très touristiques, d’autres étant de véritables icônes, comme celle où je m’installe, sur la Via dei Tribunali.

Pizza de chez Sorbillo.

Pour rendre hommage à la reine Marguerite de Savoie (Margherita en italien), un chef pizzaiolo napolitain imagina une pizza aux couleurs du drapeau italien, le pays venant tout juste d’être unifié. Il a donc choisi des ingrédients de couleur verte (basilic), blanche (mozzarella) et rouge (tomate). La pizza Margherita était née!

Pizzeria Gino Sorbillo – Via dei Tribunali, 32. https://www.sorbillo.it/ (* à 200 m , la pizzeria di Matteo est super bien aussi).

Herculanum – Pompei – retour à Naples: les « Quartiers Espagnols ».

Aujourd’hui, je quitte (momentanément) Naples pour la journée, je ne vais pas bien loin (25-30 km de distance), mais je pars découvrir deux sites qui ont été à jamais marqués par l’Histoire, et pas de la façon la plus agréable… J’arrive à la gare centrale et repère les panneaux indiquant le Circumvesuviana, un genre de TER qui va, entre autres, jusqu’à Sorrente à horaires fréquents, pour pas trop cher.

Premier arrêt dans la petite ville d’Ercolano, mieux connue sous son ancien nom latin d’Herculanum. Oui, ça te dit quelque chose: une ville antique dévastée par l’éruption cataclysmique du Vésuve en 79 après J.C, qui fut recouverte d’une considérable masse de boue et de cendres, qui se sont solidifiées en une couche compacte d’une épaisseur de 15 mètres! Plus proche du Vésuve, les cendres ont touché plus durement Herculanum, qui a été entièrement ensevelie et finalement mieux conservée encore que Pompéi. Et je dois dire que la visite est plus « émotionnelle » que Pompéi: les maisons sont mieux conservées (ce reste de lit carbonisé dans une chambre, cette ancienne taverne… c’est troublant), le site est plus petit et surtout moins fréquenté que sa (trop) touristique voisine! Il y a aussi ce curieux contraste entre les nouvelles maisons bâties en surplomb du site.

Site d’Herculanum.
Site d’Herculanum.
Site d’Herculanum: vestiges d’une ancienne taverne.
Site d’Herculanum: vestiges d’un lit « carbonisé ».

Après 20 minutes de train, je descends à Pompéi, mondialement connue pour avoir elle aussi subi la colère du Vésuve en 79 avant J.C. La ville actuelle n’est pas trop moche avec sa cathédrale et ses petites rues, mais elle reste peu visitée, les ruines raflant tous les visiteurs! Et pour éviter l’alignement de restos sans âme le long de la rue principale, il faut savoir se perdre au hasard, et comme moi, tomber sur une placette et un petit resto-buffet 100% familial où on mange copieux et bon marché en choisissant parmi les plats proposés en vitrine!

Todisco – Piazzale Schettini, 19.

Et maintenant, direction les ruines de Pompéi! Sa destruction et son ensevelissement on été fulgurants (couche de cendres, nuées ardentes de gaz et débris brûlants dévalant à 400km/h!); et pourtant, elle ne fut redécouverte qu’au 17ème siècle! Mais attention, ce n’est plus Herculanum: le site est beaucoup plus vaste, plus médiatisé donc vachement plus touristique. Groupes guidés, préposés-robots aux billetteries, ça sature dans certaines allées! Certes, les rues pavées, les maisons et les fresques sont superbement conservées, mais pour vraiment ressentir ce qui s’est produit ici, il faut sortir des sentiers battus pour trouver au hasard une allée déserte et une cour de maison solitaire. Et là, au fond de soi-même, on sent qu’il se passe quelque chose…

Certains bâtiments ont subi des retouches au ciment, tu parles d’un sacrilège! Un des endroits les plus courus est le lupanar, une maison de passe (pour pas dire autre chose) où l’on peut voir des lits en pierre de l’époque (noon, je ne connais pas les tarifs!). Curieux aussi, ces passages piétons en grosses dalles pour traverser en cas d’inondation. Mais le choc émotionnel ultime, c’est sûrement le Jardin des Fugitifs, où on peut voir des moulages de ces corps humains pétrifiés en une fraction de seconde par la nuée ardente. Ascenseur émotionnel. Et au loin, en toile de fond, le Vésuve, imposant, semble dire « alors, c’est qui le boss? ». Tu avais vraiment besoin d’entrer en éruption et de causer tout çà, toi?

Site de Pompei.
Site de Pompei.

Site de Pompei.
Site de Pompei: jardin des Fugitifs.

Retour à Naples en fin d’aprem, et j’ai encore un quartier à explorer, à la réputation sulfureuse, qui effraie toujours le touriste en sandales-chaussettes: les Quartiers Espagnols (Quartieri Spagnoli), de l’autre côté de la Via Toledo. Si tu n’as pas vu ce secteur de la ville, t’as pas vraiment vu Naples! Construit quand les espagnols ont débarqué (Naples appartenait alors à la Castille) pour y héberger leurs soldats, c’est un des plus vieux quartiers de Naples. C’est un damier de petites ruelles pentues, où le linge sèche partout, où les vieilles dames installent leurs chaises sur les trottoirs, où des monticules de cageots s’entassent près de boutiques… Côté ambiance et circulation, c’est le centre historique puissance 10!! Petites voitures, scooters, commerçants et clients qui s’interpellent en gueulant, gamines en scooter qui partent le soir à la « chasse aux mecs »… une fourmilière, mais genre que tu aurais donné un coup de pied dedans pour les exciter. Tu sens quand-même qu’à la base c’est un quartier pauvre, pas forcément dangereux, mais c’est ici qu’on peut vraiment être témoin de la vie privée des Napolitains, sans fard, sans tricherie. Des « tranches de vie » en direct live, qui valent 100 fois une visite au musée…

Naples: Quartiers Espagnols.
Je me suis souvent demandé ce qu’elles étaient devenues, ces deux-là…

Pour manger ce soir, une bière et une part de pizza fritta, pliée en deux et frite à l’huile. Grasse et brûlante, mais si bonne! Ne mords pas dedans à pleine dents tout de suite, c’est vachement trop chaud; fais une petite opuverture dans la pâte, pour laisser s’échapper la vapeur (* il paraît que ça symboliserait la fumée du Vésuve).

Pizza Fritta da Fernanda – Via Speranzella, 180.

BILAN: Cette fascinante et virevoltante cité de Naples m’a offert des souvenirs et des sensations ineffacables, gravés pour toujours dans ma mémoire. Si Rome te donne l’impression de parcourir une encyclopédie ou un gros livre d’histoire, Naples me ferait plutôt penser à un grimoire de magie ou sorcellerie qui, en s’ouvrant, libérerait un sort incontrôlable. Ou encore à cette scène de « Mary Poppins » où les meubles de la maison prennent vie et commencent à déconner!!

u0022Voir Naples et puis mourir, dit le proverbe italien ; et nulle part la vie et la mort ne sont mises dans une si brusque et si prochaine opposition.u0022
Jules Michelet (historien français, 1798 – 1874).

Mais dès demain, on va quitter cette exubérance pour des coins plus tranquilles…

L’île de PROCIDA.

Ce matin, direction le Molo Beverello, principal port de voyageurs de Naples. Qui dit port dit bateau, et la Baie de Naples comporte 3 îles: Procida, Ischia et l’archi-connue Capri! C’est sur Procida que je vais d’abord me rendre, avec un ferry de la compagnie Caremar pour une traversée d’une heure. La mer est calme, au loin, Capri affiche ses reliefs. Mais voilà que se profile le port principal de l’île, avec son alignement de belles maisons colorées et son église jaune au dôme d’allure grecque. Des petites ruelles grimpent vers le village et l’intérieur de l’île; c’est dans l’une d’entre elles que ma chambre Airbnb m’attend (Anna et sa famille me laisseront d’excellents souvenirs de par leur gentillesse).

Arrivée sur l’île de Procida.
Et çà c’est la vue depuis ma chambre airbnb!

Procida c’est la plus petite des trois îles de la Baie de Naples, elle mesure à peine 4km² pour 10.000 habitants, surtout des familles de pêcheurs. Oui, Procida est très « confidentielle » au niveau du tourisme, il n’y a pas de gros hôtels moches et elle est encore très paisible et authentique! Mais malgré sa taille, je constate avec surprise qu’il y a quand-même un certain nombre de voitures. Les inévitables scooters sont là aussi, ainsi que ces marrants vélos électriques à grosses roues.

Marina di Procida.
Marina di Procida.
Un vélo électrique utilisé sur l’île.

Etant donné que sa taille est sensiblement inférieure à celle de l’Australie, je vais me permettre de la visiter à pied! Je compte rallier sa partie sud, jusqu’à Marina Chiaiolella. Il ne faut pas longtemps pour quitter le village et se retrouver à déambuler via des petites rues étroites, bordées de petites vignes et de jardins plantés de citronniers et d’orangers. Attention quand-même, de temps à autre un scooter trace sa route, quand ce n’est pas une voiture qui t’oblige presque à te coller au mur! Heureusement, on est loin de la folie napolitaine! Après deux petites heures de marche, voici le petit village de Marina Chiaiolella et son petit port de plaisance. Pas de foule, pas d’excès, c’est chouette de trouver de ces coins épargnés par le tourisme de masse!

À l’occasion, j’aime bien utiliser les transports locaux; pour le retour, je prends un de ces minibus qui sillonnent l’île. Ces vénérables véhicules ne sont pas tous de première jeunesse, le mien a même un « rafistolage » au fil de fer et un levier de vitesses très joueur… mais le trajet coûte moins de 2€, et c’est assez intense de foncer dans les ruelles étroites et de croiser un scooter au centimètre!!

Intérieur de l’île.
Intérieur de l’île.
Procida: Marina Chiaiolella.

En soirée, je pars explorer Terra Murata, le « noyau historique » de l’île, sur un promontoire en surplomb du port, avec sa petite église, son abbaye et sa forteresse (une ancienne prison, qu’on peut visiter). Puis soudain, voici que du parapet d’une ruelle, tout en contrebas, apparait la magnifique Marina Corricella! Viens, on descend voir de plus près. Ce superbe étagement de maisons bariolées, ce petit port de pêche le long d’un quai où des pêcheurs réparent encore leurs filets, tout çà me rappelle un peu les villages des Cinque Terre que j’ai pu voir en 2017! quelques bars et restos avec terrasses s’alignent sur le quai, mais ça va, ils ne sont pas touristiques à outrance. Un plat de poisson avec du citron (c’est l’agrume « fétiche » dans cette région!) et un bon limoncello glacé en fin de repas, avec le soleil qui se couche là-bas au loin… La vita è bella!!

Bar Graziella – Via Marina di Corricella, 14.

Procida: Terra Murata.
Procida: Terra Murata – l’ancienne prison.
Procida: Marina Corricella.
Procida: Marina Corricella.

L’île d’ISCHIA.

Une courte traversée de 20 minutes suffit à relier Procida à l’île d’Ischia. Après la minuscule Procida, voici la plus grande des trois îles avec ses 47 km² pour plus de 60.000 habitants (ce qui en fait, l’air de rien, la 3ème île italienne en population, après la Sicile et la Sardaigne). C’est en fait une île volcanique, formée par les laves du Monte Epomeo, qui culmine à presque 800m, ce qui en fait le point culminant de l’île.

Comparé à Procida, il y a beaucoup plus de circulation à Ischia Porto, et l’arrivée sur le port a sans doute moins charmante. C’est le port principal d’Ischia, et excepté une assez longue rue piétonne commerçante, il n’y a pas forcément grand-chose à voir, quoique la vue sur les collines de l’intérieur de l’île n’est pas mal du tout! En longeant plus ou moins la mer et ses multiples plages familiales sur 2 km, on rejoint le quartier d’Ichia Ponte, plus authentique avec ses ruelles cachées et fleuries et surtout son « joyau »: le Castello Aragonese. Perché fièrement sur son éperon rocheux, sur une sorte de presqu’île, il me ferait penser à un « cousin napolitain » du Mont-Saint-Michel. Dire qu’au 18ème siècle, environ 2000 familles y vivent conjointement avec un couvent, une abbaye et une garnison. C’est le monument le plus visité de l’île, mais le donjon n’est pas accessible, dommage. Pour les mous du mollet, il y a même un ascenseur (pas d’époque, cela s’entend!).

À Ischia Porto, tu peux aussi trouver une petite plage de sable fin, et un alignement de restos le long du port.

Ischia Ponte: Castello Aragonese.
Ischia Ponte.
Ischia Ponte.
Ischia Porto.
Ischia Porto.

Le lendemain, je pars explorer l’île. Je ne louerai pas de voiture, car le réseau de bus sur Ischia est très efficace, avec plusieurs lignes dont la CS (Circolare Sinistra) et la CD (Circolare Destra) qui font le tour de l’île dans un sens ou dans l’autre, d’où leur nom. Ticket journalier: 4,50€.

Je vais d’abord longer la côte en m’arrêtant à Casamicciola Terme, petite ville thermale, puis à Lacco Ameno. Il faut avouer que la circulation est autrement plus dense qu’à Procida, mais le bord de mer est superbe.

Prochain stop: Forio, deuxième ville de l’île, avec son petit centre historique et sa belle église blanche sur un promontoire. Le tourisme de masse n’a pas encore dicté sa loi sur Ischia… du moins pour l’instant.

Ischia: Forio.
Ischia: Forio.

L’avantage du bus, c’est qu’il n’y a qu’à se laisser mener tout en profitant du paysage, ça change pour une fois. En début d’aprem j’arrive dans le sud de l’île, à Sant’Angelo, un petit village de pêcheurs, tout blanc, encore intact et pas encore trop fréquenté. Après Sant’Angelo, le bus prend de la hauteur pour sillonner l’intérieur de l’île, au relief beaucoup plus montagneux, parsemé de petits villages tranquilles comme Serrara et Fontana. C’est à Fontana que je descends pour entamer l’ascension de ce fameux Monte Epomeo (un ancien volcan, faut-il le rappeler). Grimpette plutôt facile, juste faire gaffe aux parties de sentiers en cailloux qui parfois se dérobent sous les semelles! Après, le sentier devient un genre d’escalier taillé dans la roche blanche; le sommet n’est pas loin! Et quel panorama à 360 degrés de là-haut!

Ischia: Sant’Angelo.
Ischia: Sant’Angelo.
Ischia: Serrara.
Ischia: Serrara.
Ischia: ascension du Monte Epomeo.

Je redescends vers le village, pour revenir vers Ischia Porto en bus. Hé bien, ce parcours via des routes de montagne sinueuses et étroites, traversant des villages de poche, offre des croisements de véhicules vraiment épiques! Surtout quand un autre bus arrive en face et que mon bus doit reculer sur un parking, guidé par une passagère à l’arrière!! Mais me voilà arrivé, le temps de me reposer avant de repartir en soirée pour aller me sustenter (manger, quoi)!

Je retourne sur Forio, et après 15 minutes de marche, sans transition je suis en pleine campagne, sur un petit chemin entouré de vignes qui me conduira à un charmant petit resto dont l’intérieur est taillé dans la pierre de tuf. Excellent décor pour déguster LA spécialité de l’île: le coniglio (lapin) all’ischitana, qui a mijoté avec des tomates et des herbes. Et en digestif, on peut tester le curieux rucolino, une liqueur verte fabriquée à partir de feuilles de roquette! La cuisine italienne me surprendra toujours!

Ristorante Terra e Sapori – Cava Campo, 32 (15 minutes à pied du centre de Forio).

Spécialité de l’île: le coniglio all’ischitana.

L’île de Capri.

Je quitte donc Ischia en matinée pour un trajet d’une heure, direction la « star » des îles de la baie de Naples, l’île-glamour, et accessoirement celle qui a permis à Hervé Vilard de lancer sa carrière: CAPRI! Et la voilà, qui se rapproche peu à peu, ses hautes falaises abruptes se dressent, contrastant avec le bleu azur de la mer. Les nombreuses maisons et villas blanches partent à l’assaut de ses pentes boisées.

Relief impressionnant, ça va de soi. Impressionnante aussi, la circulation maritime le long de ses côtes: un trafic dingue de petits bateaux privés ou d’excursion (sûrement pour la Grotte Bleue); celà me rappelle la frénésie du Grand Canal de Venise! Pour rappel, on est sur l’île la plus touristique de la « bande des 3 »!

Arrivée sur Capri.
Arrivée sur Capri.

Le débarquement n’est pas mal non plus: finie la quiétude de Procida et Ischia, ici on retrouve les flots de touristes (parfois des groupes…) qui vont soit se jeter sur le funiculaire qui monte au village de Capri, soit assaillir les petits bars à Marina Grande, pour se taper un bon panino plus cher que sur Ischia. Mais Capri, ce sera pour demain, car moi je monte à Anacapri, tout en haut à 4km, l’autre village de l’île, plus calme et authentique. Qui plus est, c’est là-haut que je passerai deux nuits!

Pour aller à Anacapri, rien de mieux que le bus! Crois-moi, c’est une aventure. Déjà l’attente au quai, tu as une file de plusieurs mètres. Pourtant, la fréquence des bus est de 15 minutes! Alors quoi? Que je te décrive un bus capriote: un mix de camion, de bus scolaire et de boite à chaussures, d’une capacité plutôt limitée. Alors on entasse, on exploite au maximum la compressibilité du corps humain… et on y va! Mais tu n’es pas au bout de tes peines: ça grimpe sec, sur une route étroite tout en virages; les croisements entre bus sont « millimétrés », on croise aussi ces curieux taxis ressemblant à des limousines décapotables. Tu arrives à Anacapri, tu sens une odeur de caoutchouc brûlé émanant du bus, et là tu te poses des questions…

Je pense qu’il y a des modèles de frigos américains plus grands… non?

Bref, me voilà au coeur d’Anacapri, c’est ici que je poserai mon sac dans un genre de B&B pas trop cher (c’est-à-dire moins de 80€). Une petite église, des ruelles calmes, pas de magasins à vitrine tapageuse, c’est moins « m’as-tu vu » qu’en bas. Tant mieux! On est situé plus haut que Capri, et le point culminant de l’île, le Monte Solaro, est à proximité. On peut aller au sommet, soit à pied, ou par l’amusant télésiège (8€ la montée simple, 11€ l’A/R) qui, en 10 minutes de grimpette, m’amène à presque 600m d’altitude, et offrant une vue d’anthologie sur toute l’île. Toujours marrant, les telésièges, avec sa petite dose de sensations! Ensuite je suis descendu à pied jusqu’au village, je me suis baladé au hasard, en soirée petit resto tout simple fréquenté par les locaux (ou j’ai mangé deux fois, sympathisant avec le personnel au point d’avoir deux limoncello offerts cou sur coup!)… D’un belvédère, on a une autre super vue sur Capri en bas, le soir la marina est éclairée.

La Taberna degli Amici – Via Caprile, 5 à Anacapri.

Il fait nuit, les ruelles sont quasi désertes, pas un chat (ah si… un ou deux!), le vent s’engouffre dans les ruelles… Irréel quand on pense à l’effervescence d’en bas.

Anacapri.
Vue depuis Monte Solaro.
Vue sur la marina depuis Anacapri.

Le lendemain, je descends à Marina Grande, non pas en bus, mais par le Scali Fenici (l’Escalier Phénicien), une incroyable dénivelée de 200m comptant quelque 900 marches parfois hautes ou taillées dans la roche. Au port, je vais remonter sur Capri, c’est l’occasion de tester le funiculaire qui, en quelques minutes, m’amène à deux pas de la Piazza Umberto I (avec un beau panorama), presque déjà au coeur du village. C’est un lacis de petites ruelles, bordées de maisons blanches… et de divers magasins de luxe; le contraste avec Anacapri, je te dis pas! Dieu merci, pas de voitures ici, juste quelques mini véhicules, du genre porte-bagages dans les aéroports. Le matin c’est encore assez calme.

Capri: Marina Grande.
Capri: Marina Grande.

J’aime mieux fuir un peu tout ce ramdam, je vais faire une balade par un sentier en boucle pour voir certaines merveilles naturelles de l’île. Entre autres, l’Arco Naturale, la grotte Matermania ou les célèbres trois rochers Faraglioni, qui offrent un point de vue magique sur la mer! Un peu avant, on entrevoit la Villa Malaparte, lieu de tournage du film de Godard, « Le Mépris ». Ou encore l’étrange Via Krupp (elle était fermée au public en 2018), concue dans les années 1900 par Friedrich Alfred Krupp, industriel allemand, qui passa plusieurs hivers à Capri. En revenant ver le village, on peut encore visiter la chartreuse San Giacomo et son vaste cloître, à côté des jardins d’Auguste, un agréable parc ombragé et fleuri.

Capri: l’Arco Naturale.
Capri: vue sur la mer.
Capri: la grotte Matermania.
Capri: rochers « Faraglioni ».
Capri: rochers « Faraglioni ».
Capri: la Via Krupp.

Le temps de reprendre des forces avec un plat de pâtes aux courgettes dans une petite trattoria à l’écart, je repars vers le Monte Tiberio et la Villa Jovis (enfin, ce qu’il en reste!), l’une des villas que l’empereur Tibère possédait sur l’île. La balade par un sentier dallé permet de faire connaissance avec une Capri différente, paisible, plus agreste (les citronniers alternent avec les vignes) et nettement moins touristique. Et le panorama du Monte Tiberio est absolument sidérant!

Ristorante Buca di Bacco – Via Longano, 35 à Capri.

Vue sur la péninsule de Sorrente.

Après cette journée fantastique, retour en soirée à Anacapri, je retourne une 2ème fois dans ce petit resto où j’ai sympathisé avec les serveurs, pour un p’tit plat de ravioli alla Caprese et un surprenant Finocchietto, un digestif au fenouil sauvage, au goût anisé; je me vois offrir un limoncello, on parle football ensemble (Coupe du Monde 2018 oblige)… La soirée est belle. Demain, on retourne sur l’Italie « continentale »!

Le Vésuve – Sorrente – Nocelle.

Tôt le matin, je redescends en bus (seul passager!) jusqu’à Marina Grande. Je retourne à présent vers Naples avec un ferry de la SNAV, pour une heure de trajet. Sur des écrans, les consignes de sécurité de la compagnie sont données de façon hyper originale, avec ce petit « rap »; ce serait bien si si on faisait pareil dans les avions… regarde çà:

Arrivée au Molo Beverello et retour dans la cacophonie napolitaine; oh pas longtemps, un petit coup de métro pour rallier la gare centrale, d’où je vais démarrer, en voiture de location, la deuxième grande partie de mon périple. On va ensemble sillonner une partie du sud de l’Italie!

Première petite appréhension: sortir de Naples en voiture! Ben non, ça s’est bien passé, c’était pas plus difficile qu’à Milan. Et ça va démarrer fort, car je pars à la rencontre de celui qui a figé Pompéi et Herculanum pour l’éternité, cet impressionnant volcan de 1281 m de haut, endormi mais aux phases de sommeil-réveil imprévisibles: le Monte Vesuvio, le Vésuve! Et pourtant, bien que sa dernière éruption date de 1944, on voit que les habitations les plus proches s’accrochent parfois aux début de ses versants! En cas d’évacuation, je sais pas trop comment ça va se gérer…

Le paysage montagneux autour du volcan est splendide, la montée au cratère relativement facile; la vue sur celui-ci est ahurissante, ainsi que la vue extra sur toute la baie de Naples! Tout autant ahurissant est le bizness touristique outrancier qui s’est développé autour du lieu! Le porte-monnaie ne s’en sort pas indemne: 5 Euros le parking, un service de navettes-taxis qui t’avance au pied du sentier… pour ne parcourir que 2 malheureux kilomètres… Sérieusement, moi je l’ai fait à pied aller-retour et je me suis garé gratos plus loin (non je suis pas radin mais je suis pas pigeon non plus!). Et enfin les 10€ pour gravir le sommet avec soi-disant un guide; ouais, seulement pour les groupes! Même si le cratère reste impressionnant et le panorama fantastique, mon ressenti général est plutôt mitigé, je dois l’avouer.

Le Vésuve.
Le Vésuve.

Je rejoins la côte au sud de Naples pour faire un stop à Sorrente, le long de la péninsule du même nom. Jolie petite ville, mais au final pas grand-chose à voir, si ce n’est la superbe vue plongeante sur le port et la mer, et la petite église San Francesco avec son cloître. Je poursuis ma route, en rattrapant la route SS-163 qui va bientôt longer… la mythique Côte amalfitaine (qui débute réellement à Positano)! En attendant, c’est déjà un ravissement de longer la mer au plus près, sur cette route sinueuse à flanc de rocher. Ah, Positano en vue! Mais on verra çà demain, car je vais bifurquer vers une toute petite route étroite qui grimpe tout en virages vers le minuscule village de Nocelle, vraiment perché à 400 m au-dessus de Positano. Je me pose à la Villa Sofia, accessible via un sentier qui dégringole jusqu’à la côte (1700 marches seulement pour Positano, allez quoi ça descend…); ma terrasse de chambre offre une vue plongeante sur Positano et la mer, un petit-déj’ mémorable et un super accueil en prime! Un bon plan, pas encore trop cher.

Sorrente.
Sorrente.
Sorrente.

Comment ne pas parler du limoncello? Cette liqueur de citron, obtenue par la macération d’écorces de citron dans l’alcool, est la star des digestifs dans la péninsule de Sorrente! Mais on en trouve aussi en Sicile, en Sardaigne ou en Ligurie. Sur Capri, j’ai même goûté son alter ego à l’orange, l’arancello!

Nocelle.
Villa Sofia, à Nocelle.
Villa sofia, à Nocelle.

Un seul resto, un peu huppé, au village, pas trop mon style. Je me rabats donc sur la supérette où je me fais faire un panino mortadelle, et un autre garni d’un étonnant fromage local, fumé et fourré aux olives. Le village est charmant avec ses escaliers, ses étroites venelles et son église faisant face à un paysage grandiose. En fait, Nocelle est un « cul-de-sac », mais c’est d’ici que démarre (ou finit) le Sentiero degli Dei (Sentier des Dieux), qui surplombe la côte de très haut sur 8 km jusqu’à Bomberano. Belle occasion pour un fana de rando comme moi pour aller le titiller sur une partie de son tracé, en soirée! Les panoramas sont à couper le souffle; de plus, en soirée il fait moins chaud, et le soleil amorce son coucher sur la mer. C’est magique! Attention toutefois, le sentier est parfois irrégulier avec de soudaines dénivelées, et sans garde-fou sur le vide. Vaut mieux donc avoir le pied sûr et ne pas débouler ici en espadrilles ou tongs…

Vue sur la côte depuis le sentier.
Vue sur la côte depuis le sentier.
Vue sur Nocelle depuis le sentier.
Vue sur la côte le matin, depuis Nocelle.

La côte amalfitaine: Positano et Amalfi.

Après un petit-déj’ de rêve sur la terrasse panoramique, je redescends cette route où les croisements sont souvent difficiles (surtout quand c’est un de ces petits bus qui vont jusque Nocelle!). Et je me confronte à un gros problème de la côte amalfitaine: se garer! Soit on se choisit un petit parking payant le long de la route d’accès (tarifs « fluctuants », attention), soit se garer « à l’arrache », le long de la route avant le village. Je choisis cette option, en me plaçant, bien sur le côté, au début de la route qui va vers Nocelle. Croisons les doigts…

Positano, c’est un gros village dont les maisons colorées ont l’air de se retenir au flanc de la montagne pour ne pas finir dans la mer! Et bien sûr la topographie s’en ressent, avec un festival d’escaliers et de ruelles très pentues. Pour rallier la plage, je n’ai fait QUE descendre (je me doute bien ensuite qu’il faudra tout remonter!). Jolie plage de sable noir, avec le village qui s’étage en face, entourant sa jolie petite église au dôme doré. Cela m’a rappelé un peu Manarola dans les Cinque Terre. Un cadre enchanteur, c’est clair, mais pour l’authenticité c’est moins évident quand on voit toutes ces boutiques à touristes…

Positano.
Positano.

Je quitte Positano (sans contravention, ouf!) pour reprendre cette superbe route qui longe certainement un des plus beaux paysages côtiers d’Italie. J’évolue dans un décor de rêve le long de la mer, mais attention à la conduite, du point de vue du conducteur, c’est moins rose: la route se rétrécit parfois on ne sait pourquoi, les virages succèdent aux virages, et les « arrêts-photos » des touristes motorisés arrivent sans crier gare! Et quand tu croises un bus en plein virage, c’est pas triste non plus…

Bref, me voilà arrivé à Amalfi, où le stationnement et le trafic sont encore plus bordéliques (la traversée du bas du village est… homérique!). Oh, tant pis, je déroge un peu à mes habitudes en prenant un parking payant (je resterai pas la journée non plus!). Mais point positif, ce parking est relié directement au village par un tunnel.

Amalfi a donné son nom à la côte amalfitaine, c’est un village beaucoup moins escarpé que Positano, d’accès côtier plus aisé. Enserrée par les montagnes, elle s’étire plutôt en longueur avec une longue rue principale d’où partent plein de ruelles. Impossible de rater sa belle cathédrale, tout en haut d’un impressionnant escalier (ce qui la met en valeur). Amalfi est très touristique aussi, tu ne seras pas seul(e), mais il me semble voir moins de boutiques à touristes ou de luxe qu’à Positano. Il fait plus calme quand on s’éloigne un peu de l’artère principale.

On croirait pas comme çà, mais Amalfi fut un des principaux ports d’Europe et une République maritime du 9ème au 12ème siècle, rivalisant avec Pise, Venise et Gênes pour le contrôle de la Méditerranée. Mais les Pisans, en 1137, brisèrent définitivement ce leadership.

Amalfi.
Amalfi.

Je quitte donc Amalfi, toujours par la route SS-163 qui accentue encore plus sa sinuosité. Du point de vue conduite uniquement, ça devient un peu éprouvant. Mais la fin de cette « épreuve » au volant se termine, car au loin se profile la ville de Salerne; ensuite la côte continue et se perd à l’horizon, vers le sud. Bien au-delà, commence la Calabre.

Mais ce n’est pas en Calabre que je t’emmène pour la suite du périple… Et ce sera pour le prochain carnet!

LE « DEBRIEF » DU VOYAGE:

Magique et fascinante Italie! Ce fut encore une première partie de voyage fabuleux, tant par la richesse historique et culturelle que par la diversité magnifique des paysages! Ce véritable livre d’Histoire que représente la ville de Rome, ce panachage de folie, d’insolence et de dévotion à Naples, l’identité spécifique de chaque île de la baie, et cette côte amalfitaine! Comme disait le peintre Renato Fuccini: « Quand les habitants d’Amalfi gagnent le paradis, pour eux, ce n’est qu’un jour comme un autre ».

« On m’a proposé une villa gratuite à Hollywood, mais j’ai dit non merci, je préfère vivre en Italie ».
Ennio Morricone (compositeur et musicien, 1928 – 2020).
  • • Rome: sa pléthore de monuments, ses coins plus secrets, sa cuisine…
  • • Naples: son exubérance déroutante (on s’habitue ou pas!), les napolitain(e)s qui sont de vrais « électrons libres », ses pizzas à tomber par terre!!
  • • Les îles de la baie, c’est clair! Procida la secrète, Ischia la gourmande (mmh, ce lapin…), Capri la « double-face » (Marina Grande et anacapri, deux univers différents)!
  • • La beauté de la côte amalfitaine (plus calme si on prend de la hauteur vers Nocelle) et une randonnée le Sentier des Dieux.
  • • Les musées du Vatican: « no photos!! » à la Chapelle Sixtine, détendez-vous, on va pas la démonter et partir avec…
  • • Le Vatican et la Place Saint-Pierre: c’est un lieu de respect et de recueillement, alors les smartphones tendus pendant l’angélus, hé c’est pas Disneyland! Tu sais que j’ai même aperçu deux crétins en torse nu sur la Place??
  • • Les problèmes liés à la Mafia « Camorra » autour de Naples (racket, gestion abusive des déchets…); même si ça ne touche pas le tourisme, il faut en prendre conscience!
  • • Les « troupeaux de moutons » sur le site de Pompéi. Va plutôt d’abord à Herculanum, c’est plus tranquille et il y a un meilleur « ressenti » au niveau de ce qui s’est passé ici!
  • • La côte amalfitaine, certes d’une beauté renversante… mais quand la longe en voiture, c’est une sacrée épreuve qui t’attend!

La suite du voyage? Suis-moi, c’est par ici > > > > > > > >

3 réflexions sur “Rome, Naples et sa baie (Procida, Ischia, Capri) – 2018.”

  1. Encore un beau voyage !
    Magnifiques paysages d’Italie !
    Vos photos de Rome m’ont rappelé mes souvenirs d’il y a 20 ans (déjà 😀 )
    Mon rêve : Capri et la Côte Amalfitaine … mais quand ???

  2. Merçi beaucoup. Rome n’est-elle pas à juste titre surnommée la « Ville Eternelle »?
    La situation s’améliore progressivement à travers l’Europe, le « certificat vert » pointe le bout de son nez pour juillet. On peut, je pense, recommencer à rêver d’escapades…

  3. Ping : Italie: la Basilicate et la Pouille – 2018. – Bentectravels

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